Collégiale Saint-Georges de Vendôme
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ruine |
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Château de Vendôme |
| Région historique |
La collégiale Saint-Georges de Vendôme est un monument historique du XIe siècle construit dans la cour du château de Vendôme. Elle conserva du XIe siècle à sa destruction à la Révolution, les sépultures de la quasi-totalité des comtes et ducs de Vendôme, dont les plus célèbres sont les parents d'Henri IV, Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, en faisant une véritable nécropole. Elle fut presque entièrement détruite en 1793.
Le Moyen Âge
La collégiale, et en particulier la nef, fut peut-être bâtie à l'emplacement, et en l'incorporant, de l'ancienne aula comtale des Xe siècle et XIe siècle, comme tendrait à le supposer le changement d'axe entre la nef et le chœur de l'édifice[1].
La légende de la fondation
Selon la légende de la fondation, Agnès de Bourgogne, comtesse de Vendôme, fatiguée de devoir descendre du château pour aller prier à la paroisse Saint-Martin, décida de construire une petite église en l'absence de son époux Geoffroy Martel, vers 1037. Cette légende n'est attestée par aucun texte sérieux, mais la collégiale dut forcément être bâtie avant la dédicace de l'abbaye de la Trinité de Vendôme le , puisqu'un chanoine de la collégiale, du nom de Guillaume y fut présent[2].
Du XIe siècle à la fin du XIIe siècle l'église est dotée d'un transept et d'un chœur à cinq chapelles échelonnées. D'importants travaux sont effectués à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle en supprimant deux des chapelles du chœur (celles donnant sur le transept), en rehaussant le niveau du sol et en ajoutant un clocher à l'église. Des contreforts furent ajoutés le long de la nef pour voûter l'édifice qui ne l'était pas.
À la fin du XIVe siècle, le comte Jean de Bourbon offrit une statue de saint Jean-Baptiste, qui orna le centre d'un retable aux volets peints, installée dans la chapelle Saint-Jean qu'il avait fondée, et où il fut enterré. Cette statue existe toujours et est conservée dans l'église de la Trinité de Vendôme depuis la Révolution[3].
Vers 1430, après sa captivité en Angleterre, le comte Louis de Bourbon, augmenta le nombre de chanoines, passant ainsi de 12 à 20, en créant 8 hebdomadiers. La mesure fut prise pour satisfaire les nombreuses fondations et anniversaires à commémorer dans l'église[4].
Le XVIe siècle
La fin du XVe siècle et la première moitié du XVIe siècle sont marquées par les diverses libéralités que prodigue la comtesse Marie de Luxembourg (1472-1547), en fondant des chapelles et en agrandissant l'édifice, notamment par une chapelle au nord[5]. Elle fait couvrir la nef d'un lambris, et dote l'église de stalles et d'un buffet d'orgue[6].
Probablement peu après 1547 le corps de Marie de Luxembourg est ramené à la collégiale en même temps que celui de son fils Charles de Bourbon duc de Vendôme et de son petit-fils le comte d'Enghien. Cette triple inhumation fut célébrée par plusieurs évêques et abbés[7].
Le , la collégiale est saccagée par la garnison de Suisses et de Gascons huguenots que Jeanne d'Albret avait installée dans le château. Les divers biens (reliquaires, vases sacrés, croix...) de l'église furent spoliés.
Nous ne savons pas si Jeanne d'Albret, fut réellement en cause dans ce désastre, ou s'il s'agit d'un débordement qu'elle ne souhaitait pas. Toujours est-il que le lendemain, le , pour empêcher toute révolte de la population vendômoise, elle fit désarmer la ville. Et pour calmer les esprits et donner réparation aux chanoines, Jeanne leur permit de dresser un inventaire des biens spoliés de la collégiale, inventaire daté du suivant[2].
Mais l'église ne fut jamais dédommagée du vol commis, et de fait perdit une grande partie de sa richesse.
Le XVIIe siècle
Vers 1620 ou 1630 le duc César de Vendôme entreprend la modernisation du château, il construit une grande rampe d'accès, ponctuée de trois portes monumentales. Il fit percer une nouvelle porte, la porte de Beauce, au sud de l'enceinte médiévale, et construisit un nouveau logis contre l'ancienne porte d'entrée du château, sur la face ouest. Il fit déplacer l'église paroissiale Saint-Lubin, qui encombrait la cour du château, dans le quartier du même nom.
Dans ce contexte la collégiale bénéficia d'une restructuration, elle acquit le rang d'église paroissiale pour les personnes vivant dans le château en 1626[8].
Le XVIIIe siècle
La collégiale fut, surtout à partir du rattachement du duché de Vendôme (et donc du château) au domaine royal en 1724, de plus en plus pauvre, et privée de ses bienfaiteurs, le chapitre a vu diminuer ses ressources rapidement. Les chanoines ne pouvaient subvenir à leurs propres besoins. En 1784 la flèche de la collégiale fut abattue par la foudre et remplacée par un simple toit[4]. Les tombeaux des comtes et ducs n'étaient, comme le reste de l'édifice, faute de moyens, pas entretenus.
Vers 1780, Alexandre de Thémines évêque de Blois, souhaita réunir les revenus de L'abbaye de la Trinité de Vendôme à ceux du chapitre de la cathédrale de Blois. Les chanoines de Saint-Georges l'apprirent et voulurent réunir ces revenus aux leurs, devenus bien maigres. L'affaire se solda partiellement en faveur de la collégiale, puisque la moitié des revenus de l'abbaye lui furent accordés (l'autre moitié allant à l'évêque). Une bulle du pape Pie VI confirmait cette réunion de revenus le . Mais ce rattachement ne se fit pas, la révolution commençant, ainsi la décadence de la collégiale s'accéléra. Elle fut déclarée bien national. Le le château était vendu à M.Fournier, et en vue de la suppression de nombre d'églises, les chanoines demandèrent le maintien de la collégiale, elle devint ainsi l'un des deux oratoires desservant l'unique paroisse conservée à Vendôme (siégeant à la Trinité). Fournier ne payant pas la somme due, il ne prit pas possession du château, ce dernier, ainsi que la collégiale furent livrés au vandalisme.
Le château fut remis en vente au mois de . Le nouvel oratoire qu'était devenue la collégiale fut finalement délaissé par le clergé constitutionnel, car trop peu nombreux.
Les tout derniers chanoines quittèrent vraisemblablement la collégiale à la fin de l'année 1791[9].
La collégiale livrée à elle-même fut l'objet de nombreux pillages à tel point que le Directoire soutint une pétition demandant le transfert des restes des Bourbon à la Trinité de Vendôme. Ainsi un arrêté fut promulgué le . Mais ce transfert fut retardé par de nouveaux actes de vandalisme, nécessitant la présence des tombeaux comme pièces à conviction. Ce délai fut celui de trop, puisque le , le 3e bataillon des Volontaires de Paris saccagea définitivement la collégiale, urinant sur les squelettes des défunts, traînant les dépouilles au sol[2]...
Le , en pleine Terreur, la collégiale fut vendue pour 10 500 livres, adjugée à plusieurs particuliers qui la détruisirent pour en vendre les matériaux. En 1814 ne subsistait que la voûte du chœur, qui fut renversée par une troupe anglaise qui occupait le site[2].
Liste des sépultures
Liste non exhaustive
La collégiale[2] est réputée pour avoir abrité les tombeaux de la majorité des comtes et ducs de Vendôme
- Foulques l'Oison
- Geoffroy III de Vendôme dit Grisegonelle
- Jean Ier de Vendôme
- Pierre de Vendôme
- Bouchard V de Vendôme, fils du précédent
- Bouchard VI de Vendôme
- Bouchard VII de Vendôme, Isabelle de Bourbon sa femme et Jeanne de Vendôme leur fille
- Jean Ier de Bourbon-La Marche et Catherine de Vendôme son épouse, héritière du comté
- Louis Ier de Bourbon-Vendôme, Blanche de Roucy et Jeanne de Laval ses épouses
- Jean VIII de Bourbon-Vendôme et Isabelle de Beauvau sa femme
- François de Bourbon-Vendôme et Marie de Luxembourg son épouse
- Charles de Bourbon premier duc de Vendôme, Françoise d'Alençon son épouse et Louis leur premier enfant
- François de Bourbon comte d'Enghien, fils des précédents
- Antoine de Bourbon, Jeanne d'Albret son épouse, (parent d'Henri IV) et Henri de Bourbon, duc de Beaumont, leur premier fils mort nourrisson
- Louis Ier de Bourbon-Condé, frère d'Antoine
- Catherine de Bourbon, fille d'Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, sœur d'Henri IV
- César de Vendôme, fils légitimé d'Henri IV
- Louis II de Vendôme, fils du précédent
- Portraits des comtes et ducs, et leurs épouses et enfants enterrés dans la collégiale
- Jean de Bourbon, comte de La Marche et de Vendôme.
- Catherine de Vendôme, comtesse de La Marche et de Vendôme.
- Louis Ier de Bourbon-Vendôme, comte de Vendôme et Blanche de Roucy comtesse de Vendôme.
- Jean VIII de Bourbon-Vendôme comte de Vendôme.
- Isabelle de Beauvau comtesse de Vendôme.
- François de Bourbon-Vendôme comte de Vendôme et de Saint-Pol.
- Marie de Luxembourg comtesse de Vendôme et de Saint-Pol.
- Charles de Bourbon Ier duc de Vendôme.
- Françoise d'Alençon duchesse de Vendôme et de Beaumont.
- François de Bourbon comte D'Enghien.
- Antoine de Bourbon roi de Navarre, duc de Vendôme.
- Jeanne d'Albret reine de Navarre, duchesse de Vendôme.
- Louis de Bourbon Ier prince de Condé.
- Catherine de Bourbon duchesse d'Albret.
- César de Vendôme duc de Vendôme.
- Louis II de Vendôme, duc de Vendôme et de Mercoeur.
Les reliques
- Le bras de saint Georges
- Un fragment de la vrai Croix
- Le bras gauche et la tête de sainte Opportune
- Des reliques de saint Sébastien
- Des reliques de saint Blaise
- Des reliques de saint-Étienne
- Des reliques de saint Jean

- Des reliques de sainte Marguerite

- Des reliques de sainte Catherine
- Des reliques de saint Philippe
Ces reliques furent dispersées lors du sac de la collégiale le , beaucoup furent par la suite mélangées ensemble. Mais d'autres encore complétaient le trésor de la collégiale :
- Des reliques de saint Mérat
- Corps de saint Agil
- Des reliques de saintjJoudry (ou Gilderic)
- Plusieurs ossements de bras, jambes et cuisses de saint Godegrand (frère de sainte Opportune, apporté en même temps qu'elle)
La collégiale fut enrichie de nouvelles reliques au XVIIe siècle :
- Le corps entier de saint Théopiste
- Des reliques de sainte Candide
Les possessions de la collégiale
Le chapitre de la collégiale possèdait de nombreux biens dans la région, en particulier dans la Beauce et le Val de Loir.
Liste non exhaustive[10] :
Dans le Perche Vendômois
- Azé : 58,13 sétrées de terres et 1 bois ;
- Espéreuse : 2 bois ;
- Épuisay : 11 sétrées de terres ;
- Mazangé : 1,33 sétrées de terres ;
- Lunay : 1 sétrée de terres ;
- Rahart : la métairie de L' Arrêté ;
- Savigny : la métairie de Villéaux.
Dans le Val de Loir
- Areines : 5 sétrées de terres ;
- Naveil : les métairies de La Foucaudière, La Grelordière, La Vove et de Villaria, et 14 sétrées de terres ;
- Saint-Rimay : 2 sétrées de terres ;
- Thoré : métairie de La Fontaine et son moulin[11], 2 maisons, 4 caves et 54 sétrées de terres ;
- Lavardin : le moulin de Feubrun[11] ;
- Lignières : 4 quartiers de terres ;
- Villiers : 11,5 sétrées de terres ;
- Saint-Ouen : la métairie de Nioche ;
- Morée : la métairie de Bretonnières.
Dans la Beauce Vendômoise
- Rocé : les métairies de La Béginière, La Boucherie, Coine, L'Ormeau, La Pallue et Crevecé, 9 maisons et aîtres, et 89 sétrées de terres ;
- Sainte-Gemmes : 1 bois ;
- La Chapelle-Enchérie : 22 quartiers de bois ;
- Faye : les métairies du Chapitre, La Perrine et Vallée-Bescher ;
- Villetrun : 3 maisons et 45,75 sétrées de terres ;
- Coulommiers : les métairies de Grange-Rouge et Roche-Isoart, 2 maisons, un bois et 38, 25 sétrées de terres ;
- Selommes : la métairie de La Chanoinerie, 3 maisons, et 60,5 sétrées de terres ;
- Sainte-Anne : les métairies de L'Anglechère et Guignardière, et 0,5 quartier de terre ;
- Périgny : le Moulin-Bezard et 52 sétrées de terres ;
- Villemardy : la métairie de La Gressière et 38,5 sétrées de terres ;
- Villerable : les métairies de Rochehaye et Tessière, 4 maisons et 19 sétrées de terres ;
- Marcilly : les métairies des Bordes, La Vicaire, et Chapitre, 1 maison et 16 sétrées de terres ;
- Villiersfaux : les métairies du Chapitre, du Cimetière, Coudray, La Cour, la Grande-Métairie, La Méaltière et La Ratellerie, 1 maison et 24,5 setiers de terres ;
- Crucheray : 2 aîtres et 38,83 sétrées de terres ;
- Villeromain : la métairie du Coudray-Turbault ;
- Gombergean : les métairies des Farinières et de La Fortinière.
Dans la Gâtine
Autre
- L'église de Lisle
Description
La collégiale était composée d'une nef d'environ 25 mètres de longueur pour 10 mètres de largeur, d'un transept et d'un chœur à absidiole long de 24,30 mètres et large de 6,30 mètres (sans absidioles)[2], le tout surmonté au niveau de la croisée du transept d'un grand clocher.
