Comparaisons entre Israël et l'Allemagne nazie

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Manifestants pro-palestiniens contre la guerre de Gaza, portant keffieh et arborant une affiche sur laquelle on peut lire « Isreal [sic] sont les nouveaux nazis » émaillée de mains ensanglantées, à côté d'un drapeau palestinien (Columbus en Ohio, octobre 2023).

Les comparaisons entre Israël et l’Allemagne nazie sont fréquentes dans le discours antisioniste[1],[2]. Compte tenu de l’héritage de la Shoah, leur caractère potentiellement antisémite fait l’objet d’un débat constant.

Des comparaisons entre le sionisme et le nazisme existent depuis avant la déclaration d'indépendance d’Israël de 1948. Elles ont été formulées par des universitaires, politiciens[3] et personnalités publiques, juives ou non[4],[5],[6]. Pour certains chercheurs, ces analogies seraient des outils rhétoriques, parfois nécessaires, sans intention antisémite. Pour d’autres, elles manquent de fondement historique et moral, et peuvent nourrir la haine des Juifs ou le déni ou minimisation de la Shoah[7].

Tout au long du XXe siècle, de nombreux responsables politiques, surtout à gauche, comparent Israël ou le sionisme au nazisme[8].

Au XXIe siècle, les hommes politiques qui ont fait de telles comparaisons incluent le président turc Recep Tayyip Erdoğan[9], le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva[10], le président vénézuélien Hugo Chávez[11], le président colombien Gustavo Petro[12], et d'autres[1].

Dans les années 1940

Les comparaisons entre le sionisme et le nazisme datent d'avant la fondation de l'État d'Israël en . Déjà en 1945, l'officier de l'armée britannique et homme politique Edward Spears compare le sionisme politique à l'idée nazie de Lebensraum (ou d'espace vital)[3].

Le linguiste juif allemand et antifasciste Victor Klemperer, survivant de la Shoah, choisit après 1945 de ne pas s'installer en Israël et de rester en Allemagne. Klemperer écrit dans son ouvrage LTI - Lingua Tertii Imperii (La langue du Troisième Reich ) que le sionisme et le nazisme sont essentiellement des idéologies nationalistes néoromantiques[5],[6].

En 1948, un certain nombre d'autres personnalités publiques juives dont Hannah Arendt et Albert Einstein, signent une lettre ouverte comparant Tnuat Haherut, un des premiers partis politiques nationalistes juifs fondé par Menahem Begin, au nazisme[4],[13]. Les opinions d'Hannah Arendt sur le sionisme et Israël varient considérablement au fil du temps[14]. Einstein, en revanche, soutient toujours l'idée d'une patrie juive en Israël (alors Palestine sous mandat britannique), mais pas celle d'un État juif[15].

Dans les années 1960

Pendant la guerre des Six Jours de 1967 et dans le contexte de la guerre froide, l'administration de l'Union soviétique compare officiellement les tactiques israéliennes à celles de l'Allemagne nazie[8].

Après la victoire du Likoud aux élections législatives israéliennes de 1977, les métaphores de l’Holocauste commencent à être utilisées par la droite israélienne pour décrire ses adversaires de gauche[16].

Dans les années 1980

Le philosophe israélien Yeshayahou Leibowitz en introduisant le terme « judéo-nazis », soutient que la poursuite de l’occupation militaire des territoires palestiniens conduirait à la dégradation morale des Forces de défense israéliennes (FDI), des individus commettant des atrocités au nom des intérêts de sécurité de l’État[17],[18]. En 1988, le philosophe et historien Yehuda Elkana, également survivant de la Shoah, avertit que la tendance en Israël à considérer toutes les menaces potentielles comme existentielles et tous les opposants comme des nazis conduirait à un comportement de type nazi de la part des Juifs[19].

Au cours de la Première intifada entre 1987 et 1993, l’historien israélo-américain Omer Bartov exprime son indignation face à l’appel du ministre Yitzhak Rabin à « briser les os » des Palestiniens. Il lui adresse une lettre dans laquelle il soutient que, d’après ses recherches, l’armée israélienne risque d’être brutalisée de manière similaire à l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale[20].

Selon le politologue Ian Lustick, professeur à l’Université de Pennsylvanie, de telles comparaisons constituent une « conséquence naturelle, bien qu’involontaire, de l’immersion des Juifs israéliens dans l’imaginaire de l’Holocauste »[21]. Il ajoute que l’expression « inversion de l’Holocauste », utilisée pour qualifier les comparaisons avec le nazisme, est généralement employée par ceux qui considèrent l’Holocauste comme un modèle structurant de l’expérience juive contemporaine[21].

En 1983, Richard Arens, professeur de droit international et droits civiques à l'Université américaine de Bridgeport, ainsi que frère du ministre israélien de la Défense Moshe Arens, compare - comme Edward Spears - la colonisation israélienne au lebensraum nazi[22].

Au XXIe siècle

Déclarations des Israéliens

« Les soldats israéliens ne font qu'obéir aux ordres » sous la forme d'une croix gammée, avec à gauche un soldat israélien « né pour tuer » et à droite un soldat nazi de la SS, par Carlos Latuff (2003).

Lors du désengagement israélien de la bande de Gaza en 2005 et de ses protestations, certains colons israéliens arborent des étoiles jaunes, en référence à celles imposées aux Juifs pendant la Shoah, afin de se comparer symboliquement aux victimes de l’Holocauste[18]. Dans un article de 2012 intitulé « La tache d'un léger nuage : les soldats israéliens, l'armée et la société dans l'Intifada », les universitaires israéliens (et anciens soldats de Tsahal) Nuphar Ishay-Krien et Yoel Elizur citent un soldat anonyme qui a servi pendant la Première intifada :

« Je me sentais comme un nazi... on aurait dit que nous étions les nazis et qu'ils étaient les juifs[23] ».

En 2016, Yaïr Golan, général israélien et chef d'état-major adjoint de Tsahal, suscite une vive controverse lors d'un discours à Yom HaShoah (commémorant les victimes de la Shoah). Golan y fait allusion à des dynamiques sociales observées en Europe à l’époque de l’Holocauste[24]. À la suite des critiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le général précise qu’il n’avait pas l’intention de comparer Israël à l’Allemagne nazie :

« C'est une comparaison absurde et sans fondement et je n'avais aucune intention d'établir un quelconque parallèle ou de critiquer les dirigeants nationaux. L'armée israélienne est une armée morale qui respecte les règles d'engagement et protège la dignité humaine[25] ».

Ensuite, il compare de nouveau la droite israélienne aux nazis, s'attirant les critiques de ces derniers[26]. En 2023, pendant la guerre de Gaza, faisant suite à l'attaque du 7 octobre sur le territoire israélien par le Hamas, le chef du Conseil de la ville de Metoula, David Azoulai, déclare dans une interview que :

« La bande de Gaza doit être entièrement vidée. Rasée. Comme à Auschwitz. Qu'elle devienne un musée où le monde entier puisse voir ce qu'Israël est capable de faire. Que personne ne réside dans la bande de Gaza à la vue du monde entier, car le 7 octobre a été, en quelque sorte, un second Holocauste[27]. »

Ces propos sont condamnés par un porte-parole du musée national Auschwitz-Birkenau, qui déclare qu'ils « pourraient être interprétés comme un appel au meurtre d'une ampleur comparable à celle d'Auschwitz[27] ». Le politicien Moshe Feiglin compare les Palestiniens aux nazis, en déclarant :

« Comme Hitler - que son nom soit effacé - l'a dit un jour : « Je ne peux pas vivre dans ce monde s'il reste un seul Juif », nous ne pourrions pas vivre sur cette terre si un seul de ces islamo-nazis restait à Gaza, et pas avant de retourner à Gaza et de la transformer en Gaza hébraïque[28] ».

Déclarations des Palestiniens

Caricature à l'occasion de la Journée du souvenir des victimes de la Shoah (Latuff, 2009)

En , lors d'une visite à Berlin, en Allemagne, le président de l'État de Palestine, Mahmoud Abbas, accuse Israël d'avoir commis « 50 Holocaustes ». Il répond ainsi à la question d'un journaliste sur le prochain 50e anniversaire commémoratif du massacre de Munich de 1972, commis par le groupe terroriste palestinien actif au niveau international Septembre Noir, qui était à l'époque affilié au parti Fatah d'Abbas. Lorsqu'on lui demande s'il a l'intention de s'excuser pour cette attaque disproportionnée, Abbas répond en énumérant les allégations d'atrocités commises par Israël. Olaf Scholz, le chancelier allemand, grimace à l'utilisation du mot « Holocauste » mais ne dit rien. Il condamne ces propos plus tard, en affirmant : « Surtout pour nous, Allemands, toute relativisation de l’Holocauste est insupportable et inacceptable ». La publication allemande Bild qualifie l'incident d'antisémite[29],[30].

En réponse, Abbas affirme que sa réponse n'avait pas pour but de nier la singularité de l'Holocauste, qu'il dit condamner dans les termes les plus forts, mais qu'il avait l'intention de discuter des « crimes et massacres commis contre le peuple palestinien depuis la Nakba aux mains des forces israéliennes », selon lui[31].

Déclarations de politiciens internationaux

En , le président turc Recep Tayyip Erdoğan, s'adressant aux députés de la Grande Assemblée nationale à Ankara, déclare que « l'esprit d' Hitler » survit en Israël, commentant spécifiquement qu'il croit qu'« aucune différence [n'existe] entre l'obsession d'Hitler pour une race pure et la compréhension que ces terres anciennes sont réservées aux Juifs ». Il qualifie également Israël d'« État le plus sioniste, fasciste et raciste du monde ». Ces déclarations sont condamnées par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui décrit le régime d'Erdoğan comme une « dictature sombre » et déclare qu'Erdoğan « massacre des Syriens et des Kurdes et a emprisonné des dizaines de milliers de ses propres citoyens[9],[32] ».

Le , le président brésilien Lula da Silva suscite une controverse en raison de sa déclaration comparant les actions d'Israël dans la guerre de Gaza à la Shoah[10].

Au Royaume-Uni

Manifestation contre la guerre israélienne dans la bande de Gaza de 2009, établissant une parité entre le traitement des Palestiniens par Israël et le traitement des Juifs par les nazis (Édimbourg, Écosse, 2009)

Au Royaume-Uni, l'ancien député de Bradford East, le libéral-démocrate David Ward, crée la controverse après avoir signé le Livre du Souvenir au Parlement, le jour de la commémoration de l'Holocauste de 2013, en écrivant :

« Je suis attristé que les Juifs, qui ont subi des persécutions inouïes pendant l'Holocauste, puissent, quelques années après leur libération des camps de la mort, infliger des atrocités aux Palestiniens du nouvel État d'Israël et continuer à le faire quotidiennement en Cisjordanie et à Gaza[33] ».

Il déclare plus tard qu'une « opération de grande envergure » a déformé ce qu'il voulait dire[1]. À la suite de l'examen minutieux de la controverse de , les dirigeants des Libéraux-démocrates menacent Ward de mesures disciplinaires formelles en raison de ses arguments[33]. Le musicien britannique Roger Waters, du groupe de rock Pink Floyd, connu notamment pour son antisionisme[34],[35],[36] et son soutien au mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël[37],[38] et parfois accusé d'antisémitisme[39],[40],[41],[42],[43],[44], compare à plusieurs reprises Israël à l’Allemagne nazie. Dans une interview accordée au magazine Counter Punch en 2013, il accuse le lobby juif d'être très puissant aux États-Unis et déclare :

« Nombreux étaient ceux qui prétendaient que l'oppression des Juifs n'existait pas. De 1933 à 1946. Ce n'est donc pas un scénario nouveau. Sauf que cette fois, c'est le peuple palestinien qui est assassiné[45],[46] ».

Le rabbin et écrivain américain Shmuley Boteach qualifie cette comparaison d'antisémite, écrivant dans The Observer :

« M. Waters, les nazis étaient un régime génocidaire qui a assassiné 6 millions de Juifs. Que vous ayez l'audace de comparer les Juifs à des monstres qui les ont assassinés montre que vous n'avez aucune décence, que vous n'avez ni cœur ni âme[47] ».

En 2017, lors d'une conversation vidéo en direct d'une heure sur Facebook, Waters compare de nouveau Israël à l'Allemagne nazie[48].

Aux États-Unis

Dans une émission spéciale de Netflix, le comédien Dave Chappelle fait une blague sur William Ellison, un ancien esclave de Caroline du Sud, qui est ensuite devenu propriétaire d'esclaves. La chute de la blague est : « Et, chose choquante, ils font un film sur lui. Ironiquement, il s’intitule “Juifs de l’espace”. » L’organisation britannique Campaign Against Antisemitism (CAA) déclare que la blague de Chapelle sous-entend que « les Juifs soumettent les autres aux atrocités qu’ils ont subies pendant l’Holocauste. » La blague est dénoncée par un porte-parole de CAA  :

« L’antisémitisme et la minimisation de l’Holocauste ne sont pas une plaisanterie. S’il y a toujours une place pour l’humour léger, la prétendue comédie de Dave Chapelle manque cruellement de cohérence et joue sur les préjugés ignorants de son public. C’est déjà assez odieux de le faire dans le cadre d’un comedy club, mais être diffusé dans les salons du monde entier grâce à Netflix est un privilège injustifié pour quelqu’un qui est prêt à se moquer du traumatisme de l’histoire juive et de la mémoire des six millions de victimes juives du génocide nazi[49] ».

L'acteur américain Wallace Shawn déclare dans une interview accordée à Katie Halper en 2025 :

« (Israël) commet un mal tout aussi grave que celui des nazis ». Il ajoute : « D'une certaine manière, c'est pire, car ils s'en vantent. Hitler a eu la décence de tenter de garder le secret. Pour une raison inconnue, Hitler ne voulait pas que les gens sachent qu'il faisait subir ces choses aux Juifs. Les Israéliens en sont presque fiers, et c'est diaboliquement maléfique. Et quiconque ne reconnaît pas que c'est mal, je ne peux probablement pas communiquer avec lui. C'est peut-être une folie passagère[50] ».

Le rédacteur en chef de Protean Magazine et contempteur d'Israël, Jake Romm, dans un article pour Parapraxis sur le rôle de la Shoah dans le sionisme, écrit :

« La Shoah était présente pour les premiers auteurs sionistes de la Nakba à la fois comme le crime à venger et comme le modèle de la barbarie – et de l'efficacité – nécessaire pour mener à bien cette vengeance[28] ».

L'historien israélo-américain Omer Bartov établit une analogie entre la déshumanisation de ses ennemis par l'armée allemande sous le nazisme et les attitudes affichées par les jeunes soldats israéliens lors de la guerre de Gaza en 2024[46]. Le politologue américain Ian Lustick rapporte que de nombreux Israéliens sont « déjà repoussés par les actions contre les Palestiniens qu'ils ne peuvent s'empêcher d'associer à la persécution nazie des Juifs »[24].

En Autriche, alors que l’antisémitisme manifeste s'est limité après la Shoah, le Parti de la liberté d'Autriche utilise des comparaisons entre l’Allemagne nazie et Israël pour délégitimer ses opposants politiques[24].

Réponses

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon figuré en SS avec une tête de mort à la place du visage (Latuff, 2003).

Les universitaires du monde entier se demandent si les comparaisons entre Israël et l’Allemagne nazie sont antisémites ou non[51]. La professeur de droit Lesley Klaff et le philosophe essayiste Bernard-Henri Lévy soutiennent que ces comparaisons manquent d’équivalence historique et morale et risquent d’inciter à un sentiment antijuif[52],[1]. L'auteur Yossi Klein Halevi estime que la comparaison est une forme de trope déshumanisant archaïque : « le Juif comme incarnation du mal » et le « Juif satanique », désormais transformé en « l'État juif satanique »[note 1].

Les comparaisons entre Israël et le nazisme sont décrites comme une forme de banalisation de la Shoah appelée « inversion de l’Holocauste »[52]. Le politologue Ian Lustick de Pennsylvanie estime que l’expression « inversion de l’Holocauste », utilisée pour qualifier les comparaisons avec le nazisme, est généralement employée par ceux qui considèrent l’Holocauste comme un modèle structurant de l’expérience juive contemporaine[21]. L'historienne Deborah Lipstadt, envoyée spéciale des États-Unis pour la lutte contre l'antisémitisme, décrit ce type d'inversion de l'Holocauste comme un déni « soft-core », par opposition au déni « hard-core » pratiqué par le Britannique complotiste David Irving. Elle dit que cela « dilue ce qu’était l’Holocauste » en utilisant une fausse comparaison[7].

Le juriste et fonctionnaire gouvernemental aux droits civils, Kenneth L. Marcus, affirme que l'inversion de l'Holocauste vise à « choquer, faire taire, menacer, isoler et légitimer », ce qui a « un effet dissuasif sur les partisans juifs d'Israël ». Il affirme que cela implique que le sujet mérite une certaine forme de punition, ce qui justifie alors tout antisémitisme qui pourrait survenir, tout en le déguisant en critique politique d’Israël. Cela sert également à protéger ceux qui utilisent de telles comparaisons des accusations de racisme[55]. Bernard-Henri Lévy affirme que cela érode les garanties sociales en fournissant « une toute nouvelle façon de justifier » l'antisémitisme, plus subtile que de crier « Juifs de l'argent » ou « Ils ont tué le Christ »[55]. Le sociologue britannique David Hirsh a décrit la (en)« formulation Livingstone »[56] comme la défense utilisée par ceux accusés d'antisémitisme selon laquelle leurs accusateurs tentent d'empêcher Israël d'être critiqué[57].

La définition pratique de l'antisémitisme – adoptée par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste, le Département d'État américain et d'autres organisations – offre plusieurs exemples pour aider à déterminer quand une critique d'Israël peut être antisémite, notamment « en établissant une comparaison entre la politique israélienne contemporaine et celle des nazis ». Les critiques de cette définition affirment qu’elle pourrait qualifier d’antisémites les critiques légitimes d’Israël et qu’elle est utilisée pour censurer l’activisme pro-palestinien, en particulier. Des définitions alternatives telles que la Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme[58] sont proposées sur cette base[59].

Le politologue Eyal Lewin suggère que l’inversion de l’Holocauste fait désormais partie de l’iconographie d’un nouvel antisémitisme qui s’est répandu à l’échelle mondiale – en particulier dans le monde arabe et musulman et en Europe occidentale et en Amérique – apparaissant souvent dans les manifestations et les représentations médiatiques[60]. L'historien Bernard Lewis considère que la conviction que « les nazis n'étaient pas pires qu'Israël » apporte également « un soulagement bienvenu à beaucoup de ceux qui portaient depuis longtemps le fardeau de la culpabilité pour le rôle qu'eux-mêmes, leurs familles, leurs nations ou leurs églises avaient joué dans les crimes d'Hitler contre les Juifs, que ce soit par participation ou complicité, acquiescement ou indifférence »[52].

Le chercheur britannique David Feldman suggère que les comparaisons avec la guerre de Gaza de 2014 ne sont pas motivées par une subjectivité antijuive plus large, mais par une critique ciblée de la politique israélienne dans les actions militaires[61].

Voir aussi

Notes de bas de page

Références

Lectures complémentaires

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