Confirmation (protestantisme)

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Souvenir de confirmation de Philipp Mathis (1849). – Coll. BNUS.

La confirmation protestante désigne la cérémonie qui conclut l’éducation religieuse des catéchumènes, en général des adolescents, dans les Églises de la Réforme. Elle est assez proche de la profession de foi célébrée chez les catholiques, cependant elle n'est pas un sacrement. Elle confirme, comme son nom l’indique, les vœux du baptême et elle marque l’admission du confirmant à la cène et son passage à une vie de foi adulte[1].

Examen de confirmation, Allemagne 1949.

Au XVIe siècle, les Réformateurs ont réduit les sacrements au nombre de deux : le baptême et la cène. Tous les autres sacrements catholiques, c’est-à-dire la confirmation, le mariage, l’ordination sacerdotale, la pénitence et l’extrême onction n’ont pas été retenus parce qu’ils ne figurent pas dans la Bible : ils relèvent seulement de la tradition de l’Église. La confirmation n’est donc pas une cérémonie obligatoire.

Tous les Réformateurs n’étaient pas d’accord quant à sa signification. Jean Calvin, dans son Institution de la religion chrétienne, déclare que la confirmation « ne peut se nommer ainsi sans faire injure au baptême » et souhaite sa suppression au profit d’un examen. Durant celui-ci, les enfants de l’âge de dix ans auraient à faire profession de foi et à répondre aux questions qu’on leur poserait à propos de la doctrine[2]. Martin Luther la range parmi les usages ecclésiastiques, n’y accordant finalement peu d’importance. Pour lui, le baptême se suffit également à lui-même mais le catéchèse et la confession du catéchumène viennent le parachever. C'est pourquoi il est partisan à partir de 1523 d'un examen unique qui aurait lieu à la fin de l'instruction catéchétique, en même temps que la première participation à la cène[3].

C’est pour le Réformateur strasbourgeois Martin Bucer (1491-1551) que la confirmation se révèle importante, afin de réfuter les critiques des anabaptistes à propos du baptême des enfants[4]. Il a tenté de la valoriser en soulignant ses cinq aspects : confession de foi et engagement, imposition des mains et onction de l’Esprit, acceptation de la discipline ecclésiale (ordonnance ecclésiastique), admission à la cène et bénédiction[5]. Il souhaite qu'elle soit accessible à tous les enfants suffisamment instruits dans la foi chrétienne et qu'elle soit le fruit d'une démarche personnelle (et non dictée par les usages).

Pour autant, la confirmation ne fut pas adoptée si facilement par les protestants. En effet, Bucer lui-même n'a pas pu la maintenir dans un premier temps à Strasbourg. C'est tout d'abord dans l'État de Hesse en Allemagne qu'elle fut acceptée de manière durable (sa mise en pratique a été attestée par l'Ordonnance disciplinaire de 1539 et par l'Ordonnance ecclésiastique de Cassel). Bucer réussit finalement à rétablir la confirmation à Strasbourg peu de temps après (1539 ou 1543)[6].

Le successeur de Bucer à la tête de l'Église strasbourgeoise, Jean Marbach, continue de pratiquer la confirmation, ainsi que les pasteurs suivants. Cependant, elle tombe en désuétude au début du XVIIe siècle. Elle n'est à nouveau réellement pratiquée qu'au cours du XVIIIe siècle et surtout du XIXe siècle, grâce notamment au Réveil piétiste.

La pratique actuelle tend à ne reconnaître à la confirmation que le sens de la seule bénédiction[7]. C’est pourquoi, en 1990, le théologien bâlois Walter Neidhart a proposé de retenir cette idée de bénédiction pour définir la confirmation, afin de maintenir une cohérence théologique et de donner satisfaction à la demande sociale, étant donné que les communautés protestantes en ont souvent fait un rite de passage[5].

Un rite de passage

Notes et références

Voir aussi

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