Corde dynamique
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Une corde dynamique est une corde de verticalité conçue pour absorber l’énergie du grimpeur durant sa chute en escalade ou alpinisme. C'est l'un des équipements de protection individuelle de la chaîne d’assurage du grimpeur en tête. Elle est constituée d'une âme relativement élastique qui amortit la chute et d'une gaine de protection qui garantit l'intégrité de ces propriétés face aux risques de rupture par cisaillement ou frictions sur le rocher.
Une corde dynamique possède une certaine capacité d'élasticité, située entre 8 et 10 % et jusqu'à 30 % lors d'une chute[pas clair][réf. nécessaire]. La conservation de cette propriété, qui permet de dissiper l'énergie de la chute et ainsi d'amortir les chocs, est la principale caractéristique de ces cordes.
Sur une voie d'escalade, un grimpeur progresse en tête en étant relié en permanence par une corde qui passe dans un point d'ancrage situé en dessous de lui. En cas de chute, il est retenu par l'assureur via la corde. Si celle-ci n'a aucune capacité d'allongement (corde dite statique), il court le risque d'être désarticulé par le choc que ses membres et surtout sa colonne vertébrale subissent au moment de la tension de la corde. Il risque aussi d'être précipité dans le vide, à la suite de l'arrachement, sous le choc, des points d'ancrage placés dans le rocher. Enfin, la corde elle-même peut rompre, laissant le grimpeur sans protection.
Norme
Pour correspondre à la norme européenne avec marquage CE EN-892/UIAA-101, une corde dynamique doit être capable, après vérification par des tests lors de son homologation, de résister et d'amortir correctement sans rompre.
Une corde à simple ou une corde jumelée sur les deux brins doivent résister à au moins cinq chutes de facteur 1,77 pour une masse de 80 kg avec une force de choc de 12 kN au premier essai.
Pour une corde à double, les essais s'effectuent sur un brin. La corde doit aussi résister à cinq chutes de facteur 1,77, mais avec une masse de 55 kg pour une force de choc de 8 kN.
Au-delà de ces forces maximum, les chocs causeraient des lésions irréversibles. Elles correspondent à la décélération maximum admise par le corps humain, qui est de 15 G[1].
Les fabricants annoncent cependant un plus grand nombre de chutes supportés, allant de 7 à 12, étant donné les conditions sévères du test[C'est-à-dire ?], qui ne prennent pas en compte l'élasticité du grimpeur[C'est-à-dire ?] et l'action dynamique de l'assureur.
Facteur de chute
Le facteur de chute est le rapport entre la longueur de la chute (hors allongement de la corde) et la longueur de corde sur laquelle sera amortie cette chute. Le temps de la chute n'intervient pas dans son calcul. Ce facteur varie de 0 à 2 sur une voie d'escalade ; il peut être beaucoup plus important en via ferrata notamment et nécessite un système d'amortissement spécifique à cette pratique.
Facteur de chute 0
Une chute de facteur 0 correspond à une chute en moulinette, la corde étant accrochée au-dessus du grimpeur.
Facteur de chute 1
Une chute de facteur 1 correspond à une chute de la longueur de corde qui sépare le grimpeur de son assureur. Par exemple, si le grimpeur chute à 5 mètres au-dessus du relais après avoir posé un premier point d'ancrage à 2,5 m ; il chutera de 5 m pour 5 m de corde.
Facteur de chute 2
Une chute de facteur 2 correspond à une chute du double de la longueur de corde qui sépare le grimpeur de son assureur ou son propre assurage que l'on retrouve dans deux situations particulières qu'il faut éviter.
Par exemple, au départ du relais, si le grimpeur chute juste de 1 m sans avoir posé de point, il chutera de 2 m pour 1 m de corde. Le choc à amortir sera donc bien plus important pour les 1 m de corde que pour les 10 m de l'exemple précédent, au risque aussi d'arracher les points du relais.
Autre exemple au relais, le grimpeur étant longé et grimpe au dessus du relais, la longe est alors tendue vers le haut ; le grimpeur chute alors du double de la longueur de la longe. Dans cet exemple, la force de choc entre en ligne de compte, ce qui permet à une longe dynamique de résister au choc mais pas à une longe statique effectuée avec un anneau de sangle nylon[2].
Force de choc
Toujours dans le cadre des normes européennes, la force de choc est une mesure qui vise à imposer un confort minimal lors du choc. Elle correspond à la force maximale (décélération) exercée sur le corps retenu dans sa chute, entre le début du freinage et l'arrêt du mouvement. Elle est habituellement exprimée en kilonewtons (kN). Cette valeur est limitée à 8 kN pour les cordes à double et à 12 kN pour les cordes à simple et jumelées[3].
Lors de l'utilisation en moulinette, les cordes perdent rapidement leur élasticité, car le grimpeur est souvent en tension sur la corde. Cela n'arrive pas avec un grimpeur qui grimpe en tête, car sa corde est généralement en dessous de lui. Une corde est choisie selon la pratique : les cordes adaptées à l'utilisation en moulinette amortissent moins les chocs, mais ont une durée de vie plus longue, et les cordes qui absorbent le mieux les chocs perdent rapidement leur capacité d'allongement si elles sont régulièrement utilisées en moulinette[réf. souhaitée].


