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Coteaux-d'ancenis

vin français From Wikipedia, the free encyclopedia

Un coteaux-d'ancenis[note 2] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit à cheval sur une partie de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, dans le pays Nantais, au sein du vignoble de la vallée de la Loire.

Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1954 (VDQS) et 2011 (AOC)
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Type d'appellation(s), Reconnue depuis ...
Coteaux-d'ancenis
Image illustrative de l’article Coteaux-d'ancenis
Vignes à Bouzillé.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1954 (VDQS) et 2011 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Pays nantais
Localisation Loire-Atlantique et Maine-et-Loire
Climat océanique
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 873 heures (à Nantes)[1]
Sol schisto-argileux, avec quelques secteurs granitiques
Superficie plantée 145 hectares (en 2023)[2]
Cépages dominants pinot gris G[note 1] et gamay N
Vins produits 70 % blancs, 22 % rouges et 8 % rosés
Production 7 545 hectolitres (en 2023)[2]
Pieds à l'hectare minimum 6 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 51 hl/ha (en 2023)[2]
Fermer

Il s'agit surtout du vin blanc sec (deux-tiers de la production en 2020-2024)[2], ainsi que du rouge et du rosé. Cette appellation VDQS depuis le est devenue AOC le [4].

Histoire

Les origines

L'empereur romain Probus qui autorise la culture de la vigne dans la région.

Une étude admet la présence de vignes sauvages genre Vitis dans l'aire des coteaux d'Ancenis qui remonterait aux environs de 6000 av. J.-C. L'espèce Vitis vinifera est quant à elle importée d'Aquitaine dans la région pendant l'Antiquité, il y a un peu moins de 2000 ans. La vigne est alors cultivée en treilles aux abords des villes dont celle d'Ancenis[5].

La tradition de la viticulture, dans la région nantaise où est produit le coteaux-d'ancenis, daterait d’un décret de l’empereur romain Probus dont les soldats sont réputés avoir planté les premières vignes sur le territoire[6],[7]. Les plantations progressent alors le long de la Loire. Cependant les vignobles seront souvent victimes des raids normands au cours des invasions successives par l'estuaire du fleuve[5].

Plus tard, l’expansion du christianisme est l’occasion pour le vignoble nantais de se développer. Sous l’impulsion des moines des abbayes du Pays nantais, dont Saint-Martin-de-Vertou des vignes sont plantées dans tout le sud Loire de la région nantaise[8].

Il est difficile de définir précisément les cépages qui constituent alors le vignoble local. Il semblerait qu'on rencontre majoritairement du pinot gris (localement appelé comme la malvoisie) ainsi que du pineau de Loire (chenin). Les vins alors produits sont généralement des blancs secs et moelleux ou rosés secs[5].

Période moderne

Le port d'Ancenis se développe grâce à sa position frontalière avec la barrière d'Ingrandes[9] évitant ainsi la taxe douanière à sa frontière à l'exportation. Les vins du Pays nantais, exportés depuis les ports de Nantes et Ancenis sont plus rentables que leurs voisins angevins ou tourangeaux[8]. Avec L'intégration de duché de Bretagne à la France, Ancenis continue de jouer le rôle de plate-forme commerciale entre Nantes et Angers[5].

Ce n'est qu'au XVIIe siècle que ces vins sont mentionnés pour la première fois. Le melon de bourgogne est implanté dans la région pendant cette période. Plus tard le cabernet franc provenant du vignoble bordelais fait son apparition ainsi que le gamay noir bourguignon[5].

Période contemporaine

Un syndicat viticole de la région d'Ancenis est créé en 1907[5]. Ce vignoble gagne son appellation d'origine vin délimité de qualité supérieure par l'arrêté du [10] ; son nom doit alors être complété par la mention d'un des quatre cépages que sont pinot, gamay, cabernet ou malvoisie[11]. Les conditions d'attribution de ce label VDQS sont modifiées en août 1973[12].

En décembre 2011, Le coteaux-d'ancenis est promu appellation d'origine contrôlée[13]. Le cahier des charges a été ensuite modifié en octobre 2019[14], puis en novembre 2025[3].

Étymologie

L'appellation tire son nom du lieu où est établi le vignoble, sur des coteaux de bord de Loire qui entourent la ville d'Ancenis.

Vignoble

L'appellation coteaux-d'ancenis est produite dans le vignoble nantais sur les bords de la Loire entre Nantes et Ancenis dans le département de la Loire-Atlantique et déborde sur le département de Maine-et-Loire. Son aire d'appellation correspond en grande partie dans celle du muscadet-coteaux-de-la-loire.

Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2023 sous l'appellation est de 145,498 hectares, dont 105,1 de malvoisie blanc, 29,4 de gamay vinifié en rouge et 10,9 ha de gamay en rosé[2]. En 2008, la surface déclarée était de 166 ha[15].

Vignobles de la vallée de la Loire.

Aire d'appellation

Carte de l'AOC coteaux-d'ancenis.
Images externes
Carte de l'aire d'appellation
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Seuls ont droit à l'appellation coteaux-d'ancenis les vins récoltés sur les terroirs des vingt communes suivantes :

Orographie et géologie

Les vignes sont pour la plupart implantées sur les coteaux aux abords du fleuve, à une altitude comprise généralement entre 20 et 70 mètres[5].

La nature du terrain sur lequel le vignoble est implanté est constitué de formations schisteuses (schisto-gréseuses et micaschistes) ainsi que les formations gneisseuses datant du Précambrien au Paléozoïque supérieur[5]. On trouve aussi quelques secteurs granitiques[16]. Ce sont des terrains bien drainants qui évacuent l'eau en excès. Leur fertilité réduite freine le développement de la vigne, créant les conditions à l'élaboration de bons vins.

Climatologie

Le secteur géographique couverte par la zone de l'AOC est principalement sous influence du océanique tempéré. La station météorologique de Nantes-Bouguenais (sur l'aéroport de Nantes-Atlantique, à 26 mètres d'altitude : 47° 08′ 59″ N, 1° 36′ 31″ O)[17] est représentative de la zone.

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Nantes-Bouguenais de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 9,3 10,5 13,5 16,2 19,6 23 25,1 25,4 22,4 17,6 12,9 9,8 17,1
Moyenne 6,4 6,7 9,2 11,4 14,7 17,8 19,7 19,8 17,1 13,5 9,4 6,7 12,7
Minimale moyenne 3,4 3 4,9 6,6 9,8 12,7 14,3 14,2 11,8 9,5 5,9 3,7 8,3
Nombre de jours avec gel 7,8 7,2 3,1 0,8 0 0 0 0 0 0,4 2,5 7,4 29,2
Précipitations
Hauteur (mm) 87,9 67,5 58,4 58,3 61 48,5 44,2 50,3 59,5 88,8 94,1 101 819,5
Ensoleillement
Heures 72,6 102,3 147,3 182,7 203,4 213,1 229 232,6 198,7 122,7 91,3 77,6 1 873,3
Fermer
9,3
3,4
87,9
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
10,5
3
67,5
fév.
13,5
4,9
58,4
mars
16,2
6,6
58,3
avril
19,6
9,8
61
mai
23
12,7
48,5
juin
25,1
14,3
44,2
jui.
25,4
14,2
50,3
août
22,4
11,8
59,5
sep.
17,6
9,5
88,8
oct.
12,9
5,9
94,1
nov.
9,8
3,7
101
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Les hivers sont doux (min −5 °C / max 10 °C) et pluvieux. Quoique relativement beaux et doux également (min 17 °C / max 35 °C), les étés connaissent chaque année au moins un épisode chaud de quelques jours. Sur l'ensemble de l'année, les pluies sont fréquentes mais peu intenses. Les chutes de neige y sont exceptionnelles.

La situation un peu plus éloignée de l'océan Atlantique modère le climat océanique. Les températures sont plus élevées l'été qu'à Nantes, l'ensoleillement y est plus important, le vent moins présent et les précipitations plus modérées. (entre 650 et 750 mm par an, avec une moyenne de 688 entre 1951 et 1980) Le climat se révèle intermédiaire entre ceux qui influencent les vignobles du muscadet (AOC) et de l'Anjou. Les vins sont fortement influencés par l'effet millésime, en particulier par la pluviométrie des mois d'août et de septembre[18].

Encépagement

Grappe de gamay N en cours de maturation.

Les vins blancs secs sont vinifiés uniquement à partir du cépage pinot gris G[note 1] (appelé localement malvoisie). Auparavant, le chenin était lui aussi autorisé.

Les vins rouges et rosés peuvent être vinifiés à partir de gamay N (cépage principal) et de cabernet franc N (cépage accessoire). La proportion de ce dernier doit être inférieure ou égale à 10 % de l’encépagement.

Les vins rouges et rosés peuvent encore être issus des cépages gamay de Chaudenay N et gamay de Bouze N, au titre de cépages accessoires, pour les parcelles de vigne en place à la date du 7 décembre 2011, et ce jusqu’à l’arrachage de ces parcelles. La proportion de ces cépages, ensemble ou séparément, doit être inférieure ou égale à 5 % de l’encépagement.

Méthodes culturales et réglementation

Le vignoble est planté à une densité minimale de 6 000 pieds par hectare[3]. Cette densité plutôt haute, est favorable à une bonne concentration des constituants qualitatifs du raisin. Les vignes sont généralement conduites en taille guyot[18].

Le rendement à la récolte est limité à un maximum de 50 hectolitres par hectare pour le blanc, ainsi que de 60 hl/ha en rouge et rosé ; le rendement butoir est respectivement de 55 et 66 hl/ha. Au-delà d'un certain volume, le vin risque de présenter une couleur et des arômes dilués. Les vignes doivent avoir au moins quatre ans pour que le produit de leur récolte puisse prétendre à être classé en coteaux-d'ancenis.

Vins

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[2] :

Davantage d’informations Année, malvoisie blanc ...
Annéecoteaux-d'ancenis malvoisie blanc coteaux-d'ancenis gamay rouge coteaux-d'ancenis gamay rosé
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20221024 48744502 240451571747
20231055 27250291 680571159254
20241043 88437321 062331363148
Fermer

En 2008, la production était de 10 001 hl, dont 80 % représentés par le gamay N[15]. La production était de 12 606 hl en 2005[19]. Les vins sont obligatoirement commercialisés avec le nom du cépage[18].

Les vins blancs doivent présenter un titre alcoométrique naturel minium de 11,5 % vol. et le moût doit présenter une richesse en sucre de 185g/l ; les vins rosés et rouges doivent présenter un titre alcoométrique naturel de 10 % et 10,5 % vol. respectivement et le moût doit présenter une richesse en sucre de 165 g/l et 180 g/l respectivement. Lorsque l'enrichissement est autorisé, les vins enrichis ne peuvent pas dépasser 13,5 % de volume pour les vins blancs, 12 % pour les rosés et 12,5 % pour les rouges[3].

Structure des exploitations

En 2005[18], 70 opérateurs étaient recensés par l'INAO. Parmi eux, sont comptabilisés 66 viticulteurs et 47 vinificateurs (43 caves particulières, deux caves coopératives et deux négociants).

Gastronomie

Les vins blancs sont secs, mais peuvent donner des vins moelleux les années favorables. Les vins rouges sont légers, vifs et fruités avec une couleur rouge sombre aux nuances violacées[18]. Ce rosé, de type sec, est élaboré uniquement à base de gamay N. Il se déguste entre 14 et 16 °C[20].

Les vins rouges peuvent trouver un accompagnement local avec la volaille d'Ancenis[21].

Notes et références

Voir aussi

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