Anjou (AOC)

région viticole From Wikipedia, the free encyclopedia

Un anjou[note 2] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur une vaste partie de Maine-et-Loire, ainsi qu'une petite partie des Deux-Sèvres et de la Vienne. Un anjou peut être un vin tranquille rouge (avec le cas particulier de l'anjou-gamay) ou blanc, ou encore un vin mousseux rosé ou blanc.

Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1936 (pour les vins tranquilles),
1938 (pour les mousseux)
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Type d'appellation(s), Reconnue depuis ...
Anjou
Image illustrative de l’article Anjou (AOC)
Verre et bouteille d'anjou rouge.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1936 (pour les vins tranquilles),
1938 (pour les mousseux)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Anjou
Localisation Maine-et-Loire, Deux-Sèvres et Vienne
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 845 heures (à Angers)
Sol schistes ardoisiers et sols crayeux[1]
Superficie plantée 1 414 hectares (en 2023)[2]
Cépages dominants cabernet franc N[note 1], cabernet sauvignon N et chenin B
Vins produits 54 % rouges, 41 % blancs et 5 % mousseux
Production 72 920 hectolitres (en 2023)[2]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 56 hl/ha en rouge, 46 en blanc et 66 en mousseux (en 2023)[2]
Fermer

Il partage son aire d'appellation, ainsi qu'un même cahier des charges, avec les appellations cabernet d'Anjou et rosé d'Anjou, qui sont eux des vins tranquilles rosés. Ces appellations régionales font partie du vignoble de la vallée de la Loire. Par ailleurs, d'autres appellations, produits sur des aires plus restreintes, comportent également « anjou » dans leur dénomination : anjou villages, anjou brissac et anjou-coteaux-de-la-loire, avec un cahier des charges propre à chacune. Ils ne doivent donc pas être confondus avec l’anjou, le cabernet d'Anjou et le rosé d'Anjou.

Histoire

Au Moyen Âge, le vignoble angevin était essentiellement situé autour des villes d'Angers et de Saumur. Il existait également un vignoble de coteaux le long de la Loire. Au XVIe et XVIIe siècles, la canalisation des affluents de la Loire, dont le Layon, permet d'étendre le vignoble, notamment sous l'impulsion du négoce batave[4].

Comme ailleurs en France et dans le monde, la fin du XIXe siècle voit le phylloxéra ravager le vignoble angevin.

Ce vignoble est classé appellation d'origine contrôlée par le décret du . L'appellation cabernet d'Anjou, quant à elle, a originellement été reconnue AOC par le décret du (à l'époque sous le nom « anjou-saumur rosé de cabernet »[5]. L'appellation prend son nom de cabernet d'Anjou par le décret du . Le cahier des charges est commun aux appellations « anjou », « cabernet d'Anjou » et « rosé d'Anjou », les derniers datant de [6], de [7] et de [3].

Étymologie

Le nom du vignoble provient évidemment de l'ancienne province française homonyme. Cette province tire elle-même son nom du peuple gaulois qui l'occupait avant l'arrivée des Romains : les Andécaves[8].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC
Vignoble angevin au printemps.

La superficie produisant de l'anjou (c'est-à-dire l'anjou blanc, l'anjou rouge, l'anjou-gamay, l'anjou mousseux blanc et l'anjou mousseux rosé) est approximativement de 1 500 hectares ces dernières années[2] mais l'aire d'appellation est bien plus vaste, couvrant la majorité du vignoble angevin, sur 68 communes de Maine-et-Loire, onze du département des Deux-Sèvres et neuf de la Vienne[3]. En 2009, la superficie déclarée en production était d'un total de 4 693 hectares[9].

Outre l'anjou, le cabernet d'Anjou et le rosé d'Anjou, qui ont la même aire d'appellation, le vignoble angevin comprend d'autres AOP, qualifiées de « sous-régionales » par l'INAO, sur des superficies d'appellation plus limitées et éventuellement des cahiers des charges plus exigeants : l'anjou villages, l'anjou brissac, l'anjou-coteaux-de-la-loire, le bonnezeaux, le coteaux-du-layon (et ses appellations communales, ainsi que le chaume), le coteaux-de-l'aubance, le quarts-de-chaume, le savennières (ainsi que le coulée-de-serrant et le savennières-roche-aux-moines), le saumur et le saumur-champigny.

L'AOP anjou peut être suivi de l'indication « gamay » pour les vins rouges issus du seul cépage gamay. Les cabernet d'Anjou et rosé d'Anjou forment des appellations spécifiques pour les vins rosés, mais avec le même cahier des charges que l'appellation anjou[3]. Les noms des vins AOC anjou peuvent également être suivi de l'indication géographique « Val de Loire »[3].

Géologie et orographie

L'Anjou se situe exactement entre deux grandes structures géologiques majeures : le massif armoricain à l'ouest et le bassin parisien à l'est. Ses paysages en sont donc d'autant plus variés. Cependant, d'un point de vue géologique, la région peut se découper en trois ensembles :

  • l'Anjou noir composé de schistes ardoisiers et carbonifères dans le Segréen et les Mauges à l'ouest d'Angers. C'est le terroir des grands vins « villages » des coteaux-du-layon qui donnent leur caractère inimitable aux blancs angevins issus du chenin ;
  • l'Anjou blanche du tuffeau dans le Saumurois, à l'est, marque l'extrémité sud-ouest du bassin parisien ;
  • la vallée de la Loire, apportant son lot de sables et graviers au gré de ses crues millénaires, constitue le trait d'union entre l'est (le bassin parisien) et l'ouest (le massif armoricain)[10],[11].
vignobles de la vallée de la Loire.

Climat

L'Anjou est située en zone tempérée, sous influence océanique. Ce climat se caractérise par des hivers doux et pluvieux, ainsi que par une faible amplitude thermique. Pour la station météorologique d'Angers-Beaucouzé50 mètres d'altitude : 47° 28′ 44″ N, 0° 36′ 51″ O)[12], les relevés climatiques moyens sont :

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Angers-Beaucouzé de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 8,8 9,9 13,3 16,4 19,9 23,5 25,8 25,9 22,4 17,4 12,3 9,2 17,1
Moyenne 6 6,4 9 11,3 14,7 18,1 20 20,1 16,9 13,4 9,1 6,3 12,6
Minimale moyenne 3,3 2,9 4,6 6,3 9,6 12,6 14,3 14,3 11,4 9,3 5,9 3,5 8,2
Nombre de jours avec gel 7,9 7,9 3,7 0,8 0 0 0 0 0 0,4 2,9 8 31,6
Précipitations
Hauteur (mm) 69,9 54,4 52,8 54,7 59,4 48,7 45 48,2 56,5 71,9 72,9 74,9 709,3
Ensoleillement
Heures 68,4 97,7 142,3 179,6 205 224,2 235,3 225,3 191,7 120,9 84,1 70,8 1 845,1
Fermer
Source : Météo-France[13].
8,8
3,3
69,9
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
9,9
2,9
54,4
fév.
13,3
4,6
52,8
mars
16,4
6,3
54,7
avril
19,9
9,6
59,4
mai
23,5
12,6
48,7
juin
25,8
14,3
45
jui.
25,9
14,3
48,2
août
22,4
11,4
56,5
sep.
17,4
9,3
71,9
oct.
12,3
5,9
72,9
nov.
9,2
3,5
74,9
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Vin blancs

Les cépages autorisés pour les vins blancs tranquilles sont le chenin B[note 1], en cépage principal, et le chardonnay B et le sauvignon B comme cépages accessoires[14]. Le chenin doit représenter au moins 80 % de l'encépagement d'un anjou blanc[15].

Concernant les vins blancs mousseux, le chenin est le cépage principal. Les cépages accessoires sont le cabernet franc, le cabernet sauvignon, le chardonnay, le gamay, le grolleau, le grolleau gris et le pineau d'Aunis[14]. La proportion de chardonnay doit être inférieure à 20 % de l'encépagement[15].

Vins rouges

Pour les anjou rouges, le cabernet franc et le cabernet-sauvignon sont autorisés comme cépages principaux ; le pineau d'Aunis et le grolleau comme cépages accessoires[14]. La proportion des cépages accessoires doit être inférieure ou égale à 30 % de l'encépagement d'une exploitation. Concernant le seul grolleau, sa proportion doit être inférieure ou égale à 10 %[15]. Le gamay est l'unique cépage autorisé pour l'anjou-gamay[14].

Vins rosés

Les vins rosés tranquilles (cabernet d'Anjou et rosé d'Anjou) sont traités dans les articles dédiés.

Pour les vins rosés mousseux de l'appellation anjou, les cépages autorisés sont le cabernet franc, le cabernet sauvignon, le gamay, le grolleau, le grolleau gris et le pineau d'Aunis, sans contrainte d'assemblage[14].

Méthodes culturales

Réglementairement, les parcelles de vigne présentent une densité minimale de 4 000 pieds à l'hectare[16].

Concernant la taille de la vigne, c'est une taille de type Guyot qui est utilisée. Celle-ci doit être effectuée au plus tard le , et selon les règles suivantes[16] :

Davantage d’informations Cépages, Règles de taille ...
Cépages Règles de taille
Cot, gamay, pineau d'Aunis- soit avec un maximum de 10 yeux francs par pied et un maximum de 6 yeux francs sur le long bois ;
- soit avec un maximum de 12 yeux francs par pied et un maximum de 4 yeux francs sur le long bois.
Chenin- soit avec un maximum de 12 yeux francs par pied et un maximum de 5 yeux francs sur le long bois ;
- soit avec un maximum de 14 yeux francs par pied et un maximum de 4 yeux francs sur le long bois.
Grolleau et grolleau gris- soit avec un maximum de 10 yeux francs par pied et un maximum de 5 yeux francs sur le long bois ;
- soit avec un maximum de 12 yeux francs par pied et un maximum de 4 yeux francs sur le long bois.
Cabernet franc et cabernet-sauvignonavec un maximum de 14 yeux francs par pied et un maximum de 8 yeux francs sur le long bois.
Chardonnay et sauvignon- soit avec un maximum de 12 yeux francs par pied et un maximum de 8 yeux francs sur le long bois ;
- soit avec un maximum de 14 yeux francs par pied et un maximum de 5 yeux francs sur le long bois.
Fermer

Rendements

Les rendements visés par le cahier des charges sont fixés à 60 hectolitres à l'hectare pour les vins blancs et rouges tranquilles et à 67 hl/ha pour les vins mousseux. Les rendements butoirs sont de 65hl/ha pour les vins blancs tranquilles rouges et blancs, de 72 hl/ha pour l'appellation anjou-gamay et de 72 hl/ha pour les vins mousseux blancs et rosés[3].

Vins

Le volume produit en 2009 était d'un total de 270 457 hectolitres[9]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[2], sont :

Davantage d’informations vins tranquilles, Année ...
vins tranquilles
Annéeanjou rouge anjou-gamay anjou blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
202278631 39546431 6503957525 98045
202367637 74356281 4575265129 82546
202462529 62347281 1894270227 82040
Fermer
Davantage d’informations vins mousseux, Année ...
vins mousseux
Annéeanjou mousseux rosé anjou mousseux blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
2022221 39164472 55354
20231069370493 20266
2024181 04859422 28455
Fermer

Titres alcoométriques volumiques

Les titres alcoométriques volumique (anciennement appelé degré du vin) minimal et maximal que doivent respecter les exploitants de cette appellation pour que leurs vins soient commercialisables sont les suivants :

Davantage d’informations AOC, Titre alcoométrique volumique ...
AOC Titre alcoométrique volumique
minimal[17] maximal[18]
anjou blanc11 %12,5 %
anjou rouge10,5 %12,5 %
anjou gamay10,5 %12,5 %
vins mousseux (blancs et rosés)10,5 %13 %
Fermer

Vinification et élevage

Avant toute vendange et vinification, « un contrôle de maturité (densité, richesse en sucre, acidité totale) ou une fiche de dégustation des baies sur au moins une parcelle par type de produit (vin tranquille, liquoreux, mousseux) »[19].

Il est obligatoire, pour tous les vins avant d'être commercialisés, de réaliser un examen analytique concernant l'acidité volatile, le titre alcoométrique volumique acquis, l'acide malique (pour les vins rouges exclusivement), l'anhydride sulfurique total, l'acidité totale, les sucres (glucose et fructose) ainsi que la surpression pour les vins mousseux[19].

Gastronomie

Vins blancs

Secs, les anjous blancs s'illustrent autant par leur fraîcheur que par une étonnante finesse aromatique. Celle-ci est dominée par des senteurs de pomme et d'agrumes avec, selon le degré de maturité, des notes de coing, de tilleul, d'amande grillée ou de cannelle. Les vins issus exclusivement de chenin vendangé bien mûr sont complexes et présentent des arômes de fruits blancs surmûris et une structure presque onctueuse. Les vins blancs d'Anjou sont parfois aptes à vieillir (jusqu'à dix ans). L'anjou blanc s'associe très bien avec les coquilles Saint-Jacques gratinées, le homard, la sole, les poissons de rivière, le saumon, le veau à l'ancienne ou encore la poularde. Le vin doit être servi entre 8 et 10 °C.

Vins rouges

Les anjous rouges ont en général une robe rubis et présentent des arômes de fruits rouges, parfois épicés. Sa fraîcheur et la finesse de ses tanins permettent de le boire rapidement, ou dans les trois ans[4]. L'anjou rouge se marie avec les charcuteries, le lapin, le magret de canard, le veau, les viandes rouges grillées et les volailles rôties. La température de service idéale est située entre 12 et 13 °C. L'anjou-gamay se déguste aux alentours de 12 °C. Le primeur se boit à une température un peu plus basse.

Économie

Structure des exploitations

L'aire d'appellation comprend 810 viticulteurs et 570 vinificateurs (555 caves particulières, 4 caves coopératives et 11 négociants)[4].

Confrérie des Chevaliers du Sacavin d'Anjou et de Saumur

La Confrérie des Chevaliers du Sacavin est la plus ancienne confrérie bachique des temps modernes, fondée en 1904 par le baron de Grandmaison dans les caves du château de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). Cette confrérie a pour devise une citation de Raoul Ponchon : « Quand mon verre est plein, je le vide et quand il est vide je le plains. »[20]Son siège est à Angers, capitale historique de l'Anjou. Très active et ouverte au monde, la Confrérie installe une Commanderie à Londres en 1970 et une Commanderie en Chine, dans la province du Hebei, au nord de Pékin, le . En , la Confrérie participe au Colloque de l'université de Reims Champagne Ardennes : " Patrimoine immatériel et identités. Entre terroirs et territoires : les confréries et leurs discours", avec le sujet : "La Confrérie des Chevaliers du Sacavin d'Anjou et de Saumur : un ancrage local, une ouverture au monde."

Confrérie des Fins Gousiers d'Anjou

Créé en 1952, la Confrérie des Fins Gousiers d'Anjou, dont le siège social est à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire), est sans doute un des représentants les plus actifs du terroir français et plus particulièrement celui de l’Anjou.

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI