Coup d'État somalien de 1969
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Victoire du Conseil suprême de la révolution
- Fin de la République somalie
- Siad Barre prend le pouvoir
- Début de la République démocratique de Somalie
| Date | 21 Octobre 1969 |
|---|---|
| Lieu | Mogadiscio, Somalie |
| Issue |
Victoire du Conseil suprême de la révolution
|
Le coup d'État somalien de 1969 marqua une rupture brutale dans l'histoire politique de la République somalie. Survenu le , il vit des officiers de l'armée nationale somalienne, regroupés au sein du Conseil suprême révolutionnaire sous la houlette du général Siad Barre, s'emparer du pouvoir par la force. Cet événement, consécutif à l'assassinat du président Abdirashid Shermarke à Las Anod, se déroula sans effusion de sang notable. Les troupes sous le commandement de Barre investirent Mogadiscio, s'emparèrent des édifices gouvernementaux et contraignirent les dirigeants du pays à abdiquer. Ce coup de force écarta du pouvoir le président par intérim Cheikh Mukhtar Hussein et le Premier ministre Mohamed Ibrahim Egal, inaugurant ainsi une longue période de régime militaire sous la férule de Siad Barre. Durant vingt et un ans, le pays fut soumis à un régime autoritaire, dont l'effondrement intervint en 1991.
Les tensions politiques, exacerbées par les controversées élections parlementaires de , ont finalement débouché sur un coup d'État. Cet événement, premier du genre à aboutir après un essai manqué en 1961, a mis fin à la République somalienne. Un Conseil suprême révolutionnaire s'est alors institué, donnant naissance à la République démocratique somalienne socialiste, régime qui perdurera jusqu'à sa chute en 1991.
En 1960, la Somalie accéda à l'indépendance, donnant ainsi naissance à la République somalie. Cette nouvelle entité politique résulta de l'union de deux anciennes colonies : la Somalie italien et la Somalie britannique. Les premiers à diriger cette jeune nation furent Aden Abdullah Osman Daar, investi de la fonction présidentielle, et Abdirashid Ali Shermarke, Premier ministre issu de la Ligue de la jeunesse somalienne[1].
En dépit de l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale, la Somalie a perduré dans un état de fragmentation profonde, minée par des dissensions ethniques, politiques et claniques. En 1961, une sédition militaire, fomentée par de jeunes officiers subalternes dans le nord du pays, fut réprimée dans le sang, causant la mort d’un officier. Les premières élections législatives, organisées en 1964, donnèrent une victoire éclatante à la Ligue de la Jeunesse Somalie, qui s’adjugea soixante-neuf sièges sur les cent vingt-trois que comptait l’Assemblée nationale. Les autres sièges furent répartis entre onze formations politiques. En 1967, Abdirashid Ali Shermarke, Premier ministre d’origine italienne et membre éminent de la Ligue, accéda à la présidence de la République. De nouvelles élections législatives furent convoquées en , avec une participation record de soixante-quatre partis. La Ligue de la Jeunesse Somalie fut la seule formation à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Ce foisonnement de partis était caractéristique du paysage politique somalien, marqué par une grande diversité clanique et ethnique. Les conditions d’accès à la compétition électorale étaient d’ailleurs des plus souples, puisqu’il suffisait d’obtenir le parrainage d’un clan ou de cinq cents électeurs. Les élections furent entachées de nombreuses irrégularités et donnèrent lieu à de violentes contestations. Des allégations de fraudes et de corruption envenimèrent le climat politique et plus d’une vingtaine de personnes perdirent la vie dans les émeutes. La Ligue de la Jeunesse Somalie, qui sortit largement victorieuse de ce scrutin contesté, fut accusée d’exercer un pouvoir de plus en plus autoritaire. Ces accusations furent renforcées par l’attitude du nouveau gouvernement, dirigé par le Premier ministre Egal, qui fit preuve d’une grande indulgence à l’égard des fraudes et des actes de corruption[2].
Siad Barre, général de division issu du clan Darod, ancien officier de police sous l'administration coloniale italienne, exerça les fonctions de commandant en chef des forces armées somaliennes. Ardent défenseur des idéaux marxistes et nationalistes, il prit la tête du Conseil Suprême de la Révolution, un directoire militaire composé d'officiers de haut rang, du général au capitaine, qui s'empara du pouvoir[3].
Le putsch

Le , Abdirashid Ali Shermarke, second président de la Somalie postcoloniale, périt sous les balles de son garde du corps, lors de sa descente d’un véhicule, dans la ville septentrionale de Las Anod. Cet attentat entraîna la nomination d’un président intérimaire, Cheikh Mukhtar Mohamed Hussein. L’édifice républicain fut cependant ébranlé dès le lendemain des obsèques de Sharmarke par un coup de force militaire[4].
En 1970, douze mois après avoir usurpé le pouvoir par la force, Siad Barre proclama la Somalie État socialiste et initia un vaste projet de « somalisation » du pays. Ce dessein ambitieux visait à atténuer les liens de fidélité claniques, séculaires et tenaces, afin de forger une nation somalie, unie et dévouée au bien commun[5],[6].
