Guerre sino-indienne

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Date
(1 mois et 1 jour)
Issue Victoire militaire chinoise
Changements territoriaux L'Aksai Chin devient un territoire chinois de facto
Guerre sino-indienne
Description de cette image, également commentée ci-après
Soldats indiens patrouillant à Spanggur Tso à la frontière sino-indienne en janvier 1962
Informations générales
Date
(1 mois et 1 jour)
Lieu Aksai Chin et North-East Frontier Agency
Issue Victoire militaire chinoise
Changements territoriaux L'Aksai Chin devient un territoire chinois de facto
Belligérants
Inde Chine
Commandants
Jawaharlal Nehru
V. K. Krishna Menon
Brij Mohan Kaul
Mao Zedong
Zhou Enlai
Forces en présence
22 000 80 000
Pertes
1 383 morts
3 968 prisonniers
1 696 disparus
722 morts

La guerre sino-indienne est un conflit ayant opposé la Chine et l'Inde en 1962, pour le contrôle de territoires himalayens.

Carte des revendications indiennes et chinoises de la frontière dans la région occidentale (Aksai Chin), la Frontière Macartney–MacDonald (en), la frontière du Foreign Office, ainsi que la progression des forces chinoises qui occupaient des zones pendant la guerre sino-indienne.

Le conflit territorial opposant l'Inde à la Chine est hérité de partages coloniaux. En 1914, le Royaume-Uni, qui avait colonisé l'Inde, impose comme frontière la ligne McMahon, qui incorpore à l’Inde britannique des territoires que la Chine considère comme historiquement siens : l’Aksai Chin et l’Arunachal Pradesh.

La ligne McMahon ne sera jamais reconnue par les pouvoirs chinois successifs, mais la faiblesse de la Chine jusqu'aux années 1950 ne permet pas à Pékin de faire valoir ses droits face à l'Empire britannique.

Soldats indiens en patrouille pendant la guerre frontalière sino-indienne de 1962.
Soldats indiens en patrouille pendant la guerre frontalière sino-indienne de 1962.

Après l'annexion du Tibet en 1951, la Chine a repoussé sa frontière sud-ouest au détriment de l'Inde. L'armée populaire de libération pénétra au Ladakh le , dans l'Himalaya occidental, et y construisit une route reliant l'Aksai Chin à la région autonome du Xinjiang[1]. En réaction, le gouvernement indien envoie une expédition militaire dans les territoires contestés de l’Arunachal Pradesh, suscitant l’inquiétude de la RPC, qui craint un encerclement issu d’une alliance militaire de l’Inde avec les États-Unis. Zhou Enlai, ministre chinois des Affaires étrangères, propose à Nehru des négociations, qui aboutissent en 1954 à la signature d’un accord d’amitié et de non-agression, lequel ne résout toutefois pas la question des frontières.

En , l'Inde reprend Goa à l’Empire colonial portugais, ce qui renforce les craintes de Pékin vis-à-vis des intentions indiennes dans l’Himalaya. Celles-ci se manifestent à travers la Forward Policy, une nouvelle orientation stratégique, considérée par la suite comme l’élément déclencheur des hostilités, qui consistait à édifier des postes et bases militaires les plus avancés possible dans les territoires disputés.

Conflit de 1962

Des soldats indiens se rendent aux forces chinoises pendant la guerre sino-indienne de 1962.
Des soldats indiens se rendent aux forces chinoises pendant la guerre sino-indienne de 1962.
Prisonniers militaires indiens au Tibet devant le Potala.
Prisonniers militaires indiens au Tibet devant le Potala.

Le , l’Armée populaire de libération lance 80 000 soldats à l’attaque du territoire indien simultanément en Aksai ChinRezang La (en)[2]) et en North-East Frontier Agency, devenu en 1972 l'Arunachal PradeshTawang[2])[3].

Les faibles garnisons des forces armées indiennes le long des 2 500 km de la frontière dont l'altitude dépasse parfois les 5 000 mètres ne sont pas préparées à répondre à cette agression et battent rapidement en retraite, 80 % des soldats défendant les postes avancés périssent ou sont faits prisonniers[4].

L'armée chinoise occupe les territoires de l'Aksai Chin au Cachemire et du futur État indien de l'Arunachal Pradesh, dans l'Assam, des zones très montagneuses revendiquées par la Chine. Nehru réclame dans deux lettres envoyées au président américain John Fitzgerald Kennedy l’intervention aérienne des États-Unis[5]. Le conflit coïncide avec la crise des missiles de Cuba[6]. Selon Ted Sorensen, un des proches conseillers de Kennedy à l'époque, celui-ci craint que cette guerre n’aboutisse à « une guerre totale entre les deux nations les plus peuplées au monde pouvant rivaliser avec la confrontation dans les Caraïbes en termes d’implications sur le long terme »[5].

Le , le premier ministre indien Nehru demande l'appui des forces aériennes des États-Unis alors que le programme d'acquisition de MiG-21 soviétiques est gelé par Moscou. Même si le président Kennedy n'a pas accepté la demande de Nehru concernant l'envoi de 12 escadrons d'avions de chasse américains, il a chaleureusement accueilli le geste amical de l'Inde et a accepté de fournir immédiatement aux Indiens une aide aérienne significative, ordonnant aux moyens de la marine américaine de s'approcher de l'océan Indien, près de l'Inde.

La Chine décrète unilatéralement un cessez-le-feu le [3], au lendemain du jour où les États-Unis ont mis fin à toutes leurs actions de quarantaine contre les Soviétiques dans les Caraïbes, mettant fin à la crise des missiles de Cuba[7].

Elle conserve – jusqu’à présent – la région de l’Aksai Chin, depuis revendiquée par l’Inde, et lui rend l’Arunachal Pradesh, qu’elle continue à revendiquer[3].

Le bilan, côté indien, est de 1 383 soldats morts, 1 696 disparus et 3 968 prisonniers ; les Chinois n’ont jamais donné le leur[5].

Suites et conséquences

Notes et références

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