Coupe Warren

From Wikipedia, the free encyclopedia

Coupe Warren, scène A

La coupe Warren est une coupe à boire datant de l'empire romain, sur la surface de laquelle sont représentées deux scènes érotiques de nature homosexuelle.

Elle est considérée comme unique en son genre. Son nom provient de son premier propriétaire, le collectionneur et écrivain Edward Perry Warren. Elle est entrée en 1999 dans les collections du British Museum.

Constituée d'argent métal repoussé et ciselé, l'objet est haut de 11 cm et large de 9,9 cm, et possède un pied en argent poli, sur lequel est soudé le récipient.

Coupe Warren, scène B.
Coupe Warren, vue en pied : scission entre les scènes A et B.

La coupe Warren fut, selon toute vraisemblance, commandée par un riche client romain auprès d'un orfèvre grec, au cours des vingt premières années du premier siècle de notre ère. Elle présente les traits hellénisants de l'art qui devient à la mode sous Néron mais qu'affectionne toute la dynastie julio-claudienne[réf. nécessaire].

Cette coupe peut se décomposer en cinq parties :

  • la surface extérieure de la coupe qui présente un bas-relief ;
  • l'intérieur qui est fait d'une feuille de métal plus épaisse et lisse afin de faciliter le nettoyage ;
  • le pied en argent massif ;
  • enfin deux anses qui ont disparu.

Il est probable que certaines parties aient été recouvertes d'or, dont on garde la trace.

La coupe montre des signes d'utilisation répétée sur une longue période. Malgré l'absence des dorures et des anses, elle est dans un excellent état de conservation.

Les Romains utilisaient de tels objets pour alimenter la conversation lors des repas. L'homosexualité n'était pas pour eux un état (et ils ne disposaient pas de mot pour cela) mais un acte très codifié : le citoyen romain devait garder son rôle dominateur durant l'acte qu'il accomplissait uniquement (en théorie) avec des hommes d'un rang inférieur, soit avec un esclave soit avec un prostitué.

L'une des faces montre un homme mûr, barbu, couronné de branches de myrte (il est dit actif, ou « éraste ») en train d'avoir un rapport avec un jeune homme (dit passif, ou « éromène ») au corps en partie couvert d'une toge et qui s'aide d'une corde suspendue pour se positionner. On aperçoit un autre garçon (il porte au cou une bulla, signe qu'il a moins de 17 ans et n'est pas un esclave) qui regarde cette scène en « voyeur » par une porte entrouverte. Il y a là trois acteurs : ce dispositif est présent dans de nombreuses représentations de l'art érotique, et pas seulement occidental.

L'autre face présente le même acte, mais sans témoin, les corps étant disposés autrement et sur une couche bien visible : l'actif n'est pas le même, il est plus jeune, sa tête est toujours cernée de branches de myrte mais son visage est glabre.

Deux instruments de musique, d'origine grecque, sont figurés, un pour chacune des scènes, à savoir une kithara (lyre) et un aulos (deux tuyaux percés de trous préfigurant le hautbois). Ils indiquent que l'on a affaire à une élite raffinée aimant l'art et les plaisirs.

Les représentations d'actes sexuels de nature hétérosexuelle sont fréquentes dans l'art romain. Les actes de nature homosexuelle sont plus rarement représentés.

Edward Warren

Edward Perry Warren () naît au sein d'une riche famille de Boston. Il fait ses études à Harvard où il rencontre John Marshall qui devient son compagnon. Ils s'installent à Lewes dans le Sussex et forment le centre d'un cercle littéraire et artistique. La plupart de ses objets seront vendus au musée des beaux-arts de Boston.

Ned Warren (ainsi qu'il était connu) écrit, entre autres, un livre sur la Défense de l'amour uranien (A Defense of Uranian love), c'est-à-dire de l'amour entre hommes, publié sous le pseudonyme d'Arthur Lyon Raile en 1928.

Il commanda à Auguste Rodin une version de son célèbre Baiser et le légua à la ville de Lewes, qui refusa le don comme étant « trop grand et trop nu ». La statue fait aujourd'hui partie des collections de la Tate Gallery.

Il reste néanmoins célèbre pour avoir été le premier acquéreur, en 1911, à Rome, pour la somme de 2 000 dollars, de la coupe romaine qui porte désormais son nom.

Entrée dans les collections du British Museum

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI