Couronne de fer de Lombardie
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| Type | |
|---|---|
| Matériau | |
| Hauteur |
0,05 m |
| Profondeur |
0,2 m |
| Propriétaire |
| Localisation |
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La Couronne de fer (en italien : Corona Ferrea di Lombardia ; en latin : Corona Ferrea Langobardiae) est une couronne-reliquaire conservée dans la cathédrale de Monza. Elle est ainsi appelée parce que l'armature intérieure de la couronne aurait été forgé avec un clou en fer de la Croix du Christ[1].
Bien qu'il s'agisse très vraisemblablement d'une couronne votive et bien qu'elle n'ait sans doute jamais été portée par un roi lombard d'origine, elle devient l'un des plus forts symboles de la royauté italienne à partir de la fin du Moyen Âge et, surtout, à l'époque contemporaine.
Origine et transformations anciennes

La tradition moderne attribue à la Couronne de fer une origine byzantine ou tardo-antique. Selon une légende hagiographique, elle aurait été fabriquée à partir d’un des Saints Clous par Sainte Hélène, mère de Constantin Ier, après la découverte de la Vraie Croix à Jérusalem[2],[3].
Des recherches récentes, notamment les analyses du laboratoire ANTARES, ont identifié au moins deux phases de fabrication : certains composants organiques (comme la cire utilisée pour fixer les gemmes) datent des Ve et VIe siècles, tandis que d'autres éléments métalliques et décoratifs remontent à une période comprise entre le VIIe et le Xe siècle[4].
La forme et le décor de la couronne sont cohérents avec les objets d’orfèvrerie byzantins ou ostrogothiques. Elle pourrait avoir été à l’origine un casque-diadème similaire à celui figurant sur un médaillon de Constantin Ier, et avoir ensuite été réadaptée en couronne royale. Selon une hypothèse historique, elle aurait fait partie des regalia envoyés à Constantinople par Odoacre après 476, et restitués à Théodoric le Grand par l’empereur Anastase Ier vers 497, comme le rapporte l’Anonymus Valesianus[5].
À partir du VIIIe siècle, la couronne aurait subi des modifications, notamment en contexte carolingien. Elle aurait été utilisée pour la couronne du jeune Pépin d'Italie en 781, après avoir été réduite à sa taille actuelle, ou bien adaptée à un usage liturgique à partir d’un casque orné. D’autres chercheurs estiment qu’elle fut initialement conservée comme relique à la basilique Saint-Ambroise de Milan, puis transférée à Monza vers la fin du Xe siècle par l’archevêque Aribert d'Intimiano[6].
Couronnements et fonction cérémonielle

L'utilisation de la Couronne de fer pour les couronnements royaux est attestée de manière fiable à partir du Xe siècle. Les souverains lombards n’avaient pas de rite d’intronisation avec couronne : ils étaient acclamés par les guerriers dans le palais royal de Pavie, recevant une lance comme insigne de pouvoir[7].
La couronne fut associée aux cérémonies de couronnement royal dans l’Italie impériale à partir du règne d’Otton III (996). Des couronnements ultérieurs eurent lieu à Milan, Monza ou Pavie, comme ceux de Conrad II (1026), Frédéric Barberousse (1155), Charles IV (1355), Sigismond (1431) ou Charles Quint (1530). L’usage liturgique en Lombardie comportait l’onction, la remise de l'épée, du sceptre et de la verge, puis la remise de la couronne avec la formule latine Accipe coronam regni[8].
En 1310, l’empereur Henri VII demanda à être couronné à Milan, mais la Couronne était introuvable car détenue par les Umiliati de Sainte-Agathe. Une couronne en argent fut donc réalisée pour l’occasion par l’orfèvre siennois Lando di Siena[9].
Période moderne et contemporaine

Le , Napoléon Ier se fit couronner roi d’Italie dans la cathédrale de Milan. Il se plaça lui-même la Couronne de fer sur la tête en prononçant la phrase célèbre : Dio me l’ha data, guai a chi la tocca (« Dieu me l’a donnée, gare à qui y touchera »)[10]. Il fonda à cette occasion l’ordre de la Couronne de fer.
Après la chute de l’Empire, l’ordre fut rétabli par l’empereur François Ier d’Autriche en 1816. En 1838, Ferdinand Ier reçut la Couronne à Milan comme roi du Royaume lombard-vénitien, lors d’une cérémonie solennelle dans le dôme de Milan[11].
Pendant la Seconde guerre d’indépendance italienne (1859), la couronne fut transportée à Vienne pour des raisons de sécurité. Elle fut restituée à l’Italie en 1866, après la défaite autrichienne et l’annexion de la Vénétie au royaume d’Italie.
Statut actuel

Le , la Couronne fut officiellement remise aux autorités italiennes par le général Alexandre de Mensdorff-Pouilly à Turin, puis transférée à la villa royale de Monza et restituée au duomo de Monza le [12].
Elle ne fut plus utilisée pour des sacres, mais continua à être exposée lors de cérémonies d’État. En 1890, elle fut intégrée dans les armoiries officielles du royaume. Pendant les deux guerres mondiales, elle fut transportée hors de Monza pour être protégée — à Rome en 1918, puis au Vatican en 1943, sous la garde du cardinal Alfredo Ildefonso Schuster[13],[14].
La Couronne de fer est aujourd’hui desormais conservée dans la chapelle de la reine Théodelinde au sein du duomo de Monza. Elle fait l’objet d’études scientifiques dans les domaines de l’archéologie, de l’histoire de l’art et de la métallurgie, et est classée comme bien culturel d’intérêt national par le ministère de la Culture (Italie)[15].
