Crête à cayaux
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Les crêtes à cayaux sont des murs de clôture ou de soutènement au couronnement de pierres de chant, observables à Blaton, village de la commune de Bernissart dans le Hainaut occidental (Belgique). Maçonnés à sec ou au mortier de chaux, ils servent à délimiter des propriétés au quartier de la Montagne, le long des rues de l’Enfer, de la Montagne, de Condé, et Émile Zola[1]. Un mur ancien, maçonné au mortier de chaux et long de 240 m, est visible le long du canal Blaton-Ath.
Au sens premier, « crête à cayaux » (c'est-à-dire « crête à cailloux ») désigne en wallon picard un couronnement formé de pierres posées de chant. Par métonymie, l’expression en est venue à désigner l’ensemble du mur[2].
Matériau
Extraction
Les habitants piochaient dans la roche affleurante pour en retirer les pierres plates destinées à monter les murs[4]. Des trous d’exploitation sont encore visibles à la rue de l’Enfer, dernier lieu d’extraction, mais aussi dans les propriétés des habitants. Chaque trou avait un nom : « el trau Magnon », « el trau Bachy », etc.[5]. Des archives du XVIIIe siècle relatent des travaux d’extraction de « platoux » dans l’ancienne sablière de la Grande Bruyère (« el Grand’ Bruyère »), aujourd’hui réserve naturelle, au sud-est du village[3].
Typologie
Les murs à « crête de cayaux » sont de deux types :
- les murs de séparation (entre deux parcelles), aux deux faces visibles,
- les murs de soutènement (le long d’un talus), à une seule face visible[6].
Technique de construction

Il n’existe pas de tradition écrite concernant la façon de monter les murs. La technique, qui était oubliée, a été ré-inventée à la fin des années 1990 par un ancien mineur, Théo Bruneel, ayant eu à démonter et remonter un mur frappé d’alignement. On place en parement le côté le plus rectiligne de la pierre. On donne aux deux parements du mur autonome un fruit de quelques centimètres par mètre. Dans le cas d’un mur de soutènement, seule la paroi visible est marquée par un fruit[7]. Le couronnement est réalisé par la juxtaposition de pierres triangulaires plus grandes, posées de chant, à la verticale ou avec une légère inclinaison d’un côté ou de l’autre, ce qui donne au couronnement l’aspect d’une crête de coq, d’où l’appellation « crête à cayaux »[8].
La hauteur des murs de pierre sèche, crête comprise, est variable. Elle peut aller jusqu'à 1,50 m plus ou moins. Les murs maçonnés au mortier sont plus élevés que les murs à sec[6].
Datation
Il s’agit de murs qui, souvent, datent d’avant la Première Guerre mondiale. Certains d’entre eux auraient été érigés vers la fin du XVIIIe siècle[4].
