Caselle (Aveyron)
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Une caselle ou casèle est une cabane en pierre sèche sur le causse Comtal et le causse Rouge dans l'Aveyron[1]. Le terme est la forme francisée de l'occitan casèla.
Remarque : Le terme sert à désigner également les cabanes en pierre sèche dans le Lot (sur le causse quercynois au nord de la rivière Lot), en Lozère (sur le causse Méjean occidental), dans l'Hérault (sur les communes du Cros et de Saint-Michel, sur la continuation du causse du Larzac). La forme palatalisée chasèle ou chaselle se rencontre en Lozère sur le causse Méjean oriental.
Situé au nord de Rodez, à une altitude de 600 m, le causse Comtal – un des « petits causses » – est limité au sud par la vallée de l'Aveyron, au nord par le Dourdou, à l'ouest par le Rougier de Marcillac. Il se fond, à l'est, avec le causse de Sévérac.
Le causse Comtal comporte plusieurs zones à cabanes, situées près de villages, sur les parties caussenardes et le plus souvent sur des terrains communaux, ainsi sur les communes de Muret et de Rodelle au nord, et de Gages au sud (avec de 15 à 20 cabanes par zone).
Ce sont des bâtisses rudimentaires, petites, construites en matériau d'épierrement (pierres calcaires plates brutes). Elles ont servi à des bergers ou à des cantonniers. De par leur forme extérieure, elles font penser, vues de côté, aux capelines de bure des anciens bergers caussenards[2].
Les plans au sol sont
- soit circulaires ou subcirculaires, avec une entrée aux côtés généralement ébrasés vers l'extérieur,
- soit rectangulaires ou subrectangulaires, avec une entrée occupant la totalité ou la majeure partie d'un petit côté.
Dans les cabanes de plan en fer à cheval et à ouverture ébrasée, la voûte oblongue se présente sous la forme de deux parois d'abord verticales puis encorbellées se rejoignant au sommet ; elle fait penser à la nef renversée d'un navire. Sur la commune de Rodelle, deux cabanes sont bâties sur les vestiges d'un dolmen dont elles réutilisent les dalles latérales servant de support à la table disparue. Sur la commune de Bezonnes, deux cabanes ont pour couvrement un pan de dalles ou de grosses lauses reposant sur des pièces de bois. D'autres abris sont construits à des angles de murs ou dans des clapas (pierriers).
Comme aménagements on note, dans certaines cabanes, des pierres saillantes faisant office de siège, dans d'autres, un fenestron.
Sur le causse Rouge
Situé à l'ouest de Millau, à une altitude oscillant entre 600 et 700 m, le causse Rouge est un des « petits causses ». Au nord, il se perd dans le causse de Sévérac; à l'est, il est séparé du causse de Sauveterre par la Lumansonesque ; au sud-est et au sud, il est bordé par le bassin du Tarn ; à l'ouest, il est interrompu par la vallée de la Muze. Il a une vocation agricole et pastorale (moutons, vaches).
Répondant au nom de caselles, les cabanes en pierre sèche du causse Rouge se répartissent en trois grandes zones de la partie sud du causse :
- entre Navas et Thérondels et entre Caudas et Comprégnac, deux zones qui comportent une cinquantaine d'édifices, de plans et de formes diverses ;
- vers Soulobres, une zone qui comporte une dizaine d'édifices, plus une trentaine de clapas parementés sur 1 m à 1,70 m de haut et remplis de pierres brutes[3],[4].
Si toutes les caselles sont bâties en pierres calcaires, les plus grandes et les plus belles font appel à de grosses pierres de grès taillées pour les encadrements d'ouvertures (entrées, fenêtres) et, dans le cas de bâtisses quadrangulaires, pour les chaînes d'angle. Ces pierres de grès proviennent des Monts du Lévézou proches ou ont été récupérées sur des constructions anciennes en ruine.
Le calcaire local étant gélif, certaines caselles, bâties uniquement en pierres calcaires, sont plus ou moins ruinées.
Le plan au sol prédominant est circulaire ; la forme prédominante est le cylindre surmonté d'un couvrement très aplati (généralement délesté de sa couverture de lauses par des récupérateurs[5]).
Une quinzaine de caselles, notamment à Comprégnac, Millau, Saint-Beauzély, ont fait l'objet d'un relevé et d'une description dans des publications.
Au nombre des aménagements à l'intérieur, on note :
- des dalles en larmier au-dessus du linteau de l'entrée ;
- des pierres trouées en saillie dans les parois (pour attacher un animal) ;
- des niches murales ou placards ;
- des fenestrons aux points cardinaux.
Aucune inscription (date, initiales) n'a été remarquée à l'extérieur ou à l'intérieur.
En , lors de la débâcle des Allemands et de son sillage d’exactions dans l’Aveyron, des habitants du village d’Azinières sur le causse Rouge, sachant la présence de Résistants et craignant que leur village ne fût incendié, se résolurent à aller coucher deux nuits de suite dans une grande caselle. Ils s’y retrouvèrent, munis de couvertures, à 8 ou 9 personnes, ne retournant au village qu’après y avoir envoyé un des leurs en reconnaissance. Ce fut une fausse alerte[6].