Delphine Horvilleur

femme rabbin, directrice de la rédaction du journal Tenou'a, essayiste française From Wikipedia, the free encyclopedia

Delphine Horvilleur, née le à Nancy, est une femme rabbin, écrivaine et journaliste française[1]. Elle est rabbin de 2008 à 2026 au sein de l'organisation juive libérale Judaïsme en mouvement, issue du Mouvement juif libéral de France et de l'Union libérale israélite de France[2],[3].

Faits en bref Rédactrice en chef Tenoua, depuis 2009 ...
Delphine Horvilleur
Delphine Horvilleur (2019)
Fonction
Rédactrice en chef
Tenoua
depuis
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (51 ans)
NancyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Michel Horvilleur (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
RCJ (-)
France 2 (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Elle est directrice de la rédaction de la revue en ligne Tenoua et membre du Conseil des rabbins libéraux francophones.

Biographie

Origines

Delphine Horvilleur naît à Nancy. Ses grands-parents paternels sont originaires d'Alsace-Lorraine et ses grands-parents maternels sont issus des Carpates, « survivants des camps de concentration, où ils avaient perdu chacun conjoint et enfants », ayant migré ensuite en France et y ayant fondé une famille[4],[5].

Son grand-père paternel a mené des études rabbiniques au séminaire israélite de France avant de renoncer à devenir rabbin pour passer l'agrégation de lettres puis devenir proviseur de lycée[6].

Formation

L'un de ses premiers enseignants du judaïsme est Haïm Korsia, lorsqu'elle était enfant et lui rabbin de Reims[7].

Elle entame des études de médecine à l'université hébraïque de Jérusalem, qu'elle ne complète pas, mais obtient une licence de cette université[8], période pendant laquelle elle est également mannequin[9], puis étudie le journalisme au CELSA à Paris[10].

Étudiante en Israël, elle participe le au rassemblement pour la paix de Tel-Aviv à l'issue duquel Yitzhak Rabin est assassiné[11].

Journalisme

Elle travaille comme journaliste à France 2 de 2000 à 2003, notamment au bureau de la chaîne à Jérusalem avec Charles Enderlin[7], et comme reporter pour le journal de 20 heures[12], puis comme correspondante de RCJ de 2003 à 2008 à New York[13].

En 2009, elle est nommée rédactrice en chef de la revue trimestrielle d'art, de pensée et de créativité juive Tenou'a.

Rabbinat

Installée à New York de 2002 à 2008[14], elle étudie trois mois à la Drisha Institute, une école talmudique pour femmes, puis intègre le séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College. En , elle en reçoit son ordination rabbinique (semikha) et devient rabbin du Mouvement juif libéral de France.

À ses débuts, elle officie auprès des rabbins Daniel Farhi, Stephen Berkovitz et Celia Surget. Depuis 2019, elle travaille avec les rabbins Yann Boissière, Floriane Chinsky, Philippe Haddad, Jonas Jacquelin et Gabriel Farhi au sein de Judaïsme en mouvement.

En juin 2026, elle annonce son départ de Judaïsme en mouvement pour la rentrée suivante, afin de développer son enseignement de la pensée juive[15].

En , elle est l'invitée de la Central Synagogue (en) de New York, où elle prononce l'allocution de l'office de shabbat[16].

Activités communautaires

Lors d'une conférence à la librairie d’Épernay (2019)

En 2003, elle fonde un cercle d'étude juive interactif, le Café biblique, et, en , rejoint le Mouvement juif libéral de France[17]. Avec Célia Surget, elle organise les offices de Shabbat Alef (office pour les jeunes enfants sous forme de conte musical) et de Shabbat Zimra (office musical mêlant mélodies traditionnelles et créations contemporaines).

En 2018, elle crée avec l'association Tenoua l'Atelier Tenou'a, cercle d'étude mensuel autour des textes de la tradition juive, en partenariat avec Akadem, également organisé dans d'autres villes, notamment à Bruxelles[18],[19].

Avec le rabbin Yann Boissière, elle produit des vidéos pédagogiques sur le judaïsme, intitulées Pssshat[20].

Elle est membre fondatrice du KeReM, le conseil des rabbins libéraux francophones[21].

Mandat institutionnel

Par décret présidentiel du , Delphine Horvilleur devient la première femme rabbin à être nommée au Conseil national du sida[22],[23].

Elle est membre du comité de lecture de la Comédie-Française, au titre des quatre personnalités désignées par la ministre de la Culture sur proposition de l'administrateur général[24].

Vie privée

Elle a été mariée à l'économiste Ariel Weil, maire du 4e arrondissement de Paris (2017)[25], puis maire de Paris Centre (2020)[26]. Le couple a trois enfants[27].

En 2024, des articles de la presse people indiquent qu'elle est la compagne du comédien Stéphane Freiss[28].

Interventions médiatiques et prises de position

Delphine Horvilleur intervient dans l'émission La Source de vie de Josy Eisenberg sur France 2. Elle participe à Akadem, campus numérique juif en ligne[29]. Elle écrit dans Le Monde[30], Le Figaro[31] ou Elle qui publie deux entretiens avec elle, en 2010[32] et en 2020, et affiche sa photographie en couverture du magazine, sous le titre « Sa parole peut-elle apaiser l'époque ? »[33].

En , elle est choisie par le magazine L'Express comme une des neuf jeunes intellectuelles françaises constituant « la relève »[34].

En , elle prononce la leçon inaugurale de la rentrée de Sciences Po à Paris, consacrée à la transmission[35],[36].

En , The New York Times lui consacre un portrait, « French Feminist Rabbi Captivates Multifaith Crowds With Musings on Mortality »[37].

Sur le voile

« Le voile islamique n’est pas le seul à sous-entendre que le corps découvert des femmes contaminerait les hommes. Dans toutes les religions, les fondamentalistes s’emparent de la pudeur, et plus particulièrement celle des femmes, pour tenter de les contenir et les restreindre aux frontières de leur corps, comme si leurs fonctions physiologiques les définissaient entièrement et devaient être placées sous contrôle, enveloppées par la loi[27]. »

Sur la guerre de Gaza et la montée de l'antisémitisme

En , elle qualifie l'attaque du Hamas contre Israël de « pogrom »[38],[39].

Interrogée sur RMC le , elle déclare à la fin de son interview à propos de l'appel à la manifestation contre l'antisémitisme :

« Je rêve d'un temps où pour parler de l'antisémitisme, on invitera tout le monde sauf les Juifs[40]. »

En , relaie une vidéo intitulée « Blanche Gardin ou l'humanisme façon Dieudonné » de la journaliste Elishéva Gottfarstein du site Akadem, qui accuse l'humoriste Blanche Gardin de s'inscrire dans une « safe place antisémite » de gauche[41]. Elle affirme que la comédienne, ciblée par des accusations d'antisémitisme pour son opposition à la guerre de Gaza, ne mesure pas « l’effroi » que son sketch joué en lors de la soirée « Voices for Gaza » à la Cigale et débutant par « (...) depuis le , je suis antisémite », a provoqué dans la communauté juive[42]. Gardin prie alors la rabbine de retirer cette vidéo relayant, selon elle, une « analyse mensongère et diffamatoire » et réitère son horreur de l'antisémitisme et de la guerre à Gaza[41],[43] ; elle considère en outre que la meilleure façon de lutter contre l'antisémitisme est de « s’opposer aujourd’hui au régime israélien et à tous les suprémacismes ethnoreligieux »[43]. Horvilleur lui répond[44] en reprochant à la comédienne sa « solidarité avec des collectifs antisionistes qui jouent si souvent de la rhétorique antisémite traditionnelle », aussi de « ne pas percevoir combien (sa) parole - qui n’est pas antisémite - crée de désinhibition d’autres paroles tout à fait antisémites »[42]. Elle ajoute que « Mettre en avant une instrumentalisation de l'antisémitisme par des Juifs sans jamais rappeler avec force la terrible réalité dans notre pays de cette haine. (...) Voilà ce que la 'non-antisémite' que vous êtes doit interroger »[41].

En , après l’annonce par le gouvernement israélien d’un plan de « conquête » et du déplacement de la population de Gaza, elle reconnait s’être « tue trop longtemps » sur « la tragédie endurée par les Gazaouis » et que c'est « par amour d’Israël » qu'elle appelle à un « sursaut de conscience » et exprime sa « douleur » de voir Israël « s’égarer dans une déroute politique et une faillite morale ». Elle dit son refus de « l'annihilation d'un peuple » pour réaliser « le rêve de survie d'un autre peuple » et « soutenir ceux qui savent que, sans avenir pour le peuple palestinien, il n’y en a aucun pour le peuple israélien ». Son manifeste est soutenu par plusieurs personnalités[45],[46],[47]. Il lui vaut en revanche des menaces de mort venant de partisans du gouvernement israélien[48]

Sur les élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024

Delphine Horvilleur considère que l’extrême droite représente un danger pour la France tout en accusant l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire d'antisémitisme. Elle souligne que, comme Serge Klarsfeld, elle fera tout « pour tenir à distance » les « deux extrêmes », qui représenteraient selon elle un danger pour la communauté juive, en votant pour le « bloc central » d'Emmanuel Macron au premier tour des législatives le . Mais elle se distancie de la position de Klarsfeld en n’appelant pas, comme lui, à voter pour le Rassemblement national en cas de duel avec La France insoumise[49].

Décorations

Œuvres

Livres

Articles

Théâtre

Filmographie

Télévision

  • 2018 : 50 Shades of Greek de Jul : Sirène.
  • 2025 : Le Sens des choses (série HBO Max), adaptation de son livre Vivre avec nos morts[66],[67].

Cinéma

Notes et références

Voir aussi

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