Blanche Gardin

actrice et humoriste française From Wikipedia, the free encyclopedia

Blanche Gardin, née le à Suresnes, est une humoriste, comédienne et scénariste française. Elle se fait connaître du grand public grâce à sa participation au Jamel Comedy Club et pour son rôle dans la série télévisée WorkinGirls sur Canal+, puis devient populaire avec ses spectacles en stand-up. Elle remporte deux années de suite un Molière de l'humour pour ses spectacles Je parle toute seule et Bonne nuit Blanche en 2018 et 2019. Comme scénariste, elle a notamment coécrit le programme court Parents mode d'emploi, diffusé sur France 2.

Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (49 ans)
Suresnes (France)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Blanche Ariel Marie GardinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Nom de naissance ...
Blanche Gardin
Blanche Gardin en 2014.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (49 ans)
Suresnes (France)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Blanche Ariel Marie GardinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web
Distinctions
Molière de l'humour ( et )Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Fermer

Biographie

Débuts et révélation

Née le [1],[2] à Suresnes dans les Hauts-de-Seine[3], d'un père professeur de linguistique[4], communiste[5], et d'une mère romancière et traductrice, Blanche Ariel Marie Gardin obtient un DEA de sociologie à l'université Paris-Nanterre en 2001[3],[6], sur l’incorporation de la culture policière, au sens bourdieusien du terme : comment on intègre dans son corps le fait d’être policier[7].

Après des débuts en tant qu'éducatrice en banlieue parisienne[3], elle est repérée grâce à un DVD de sketchs[8] faits avec un ami, Ali Arhab, envoyé à l'animateur de Canal+ Karl Zéro. Il l'intègre sur les derniers mois de son émission Le Vrai Journal[9]. Kader Aoun la présente alors à Jamel Debbouze[10].

Durant l'été 2006, l'humoriste est révélée par la première saison du Jamel Comedy Club. Elle participe aux spectacles et tournées organisés sous ce nom durant trois ans.

Parallèlement, la chaîne Comédie! lui confie les rênes d'une émission hebdomadaire de vingt-six minutes diffusée à partir du . Blanche Gardin anime l'émission Ligne Blanche[11] et joue dans des sketchs à personnages récurrents (Marjorie Poulet[12], la grand-mère, etc.). Dix-huit épisodes sont diffusés jusqu'en 2008.

Avant d'entamer des carrières solo, les membres de la bande du Jamel Comedy Club se retrouvent pour deux projets : le doublage d'un film des studios Walt Disney, Le Chihuahua de Beverly Hills de Raja Gosnell ; une série télévisée parodique, Inside Jamel Comedy Club, diffusée en 2009 par Canal+. Blanche Gardin fait non seulement partie de la distribution principale, mais elle est coscénariste de tous les épisodes de l'unique saison, aux côtés de Fabrice Éboué et Thomas Ngijol.

Carrière en solo

Elle enchaîne avec des rôles secondaires dans des longs-métrages, sortant tous en 2011 : le drame La Lisière ; puis les comédies Low Cost, de Maurice Barthélemy, et surtout Case départ, de Lionel Steketee, Fabrice Éboué et Thomas N'Gijol. Elle y joue la femme du personnage incarné par Éboué. Elle participe également à des téléfilms.

Après deux apparitions dans la série Bref, elle revient en 2012 à la télévision, dans la nouvelle série WorkinGirls, diffusée sur Canal+. Elle joue Hélène Grilloux, une employée de bureau naïve au grand cœur[10]. Après trois saisons, un téléfilm spécial de Noël est diffusé en . C'est la dernière participation de Blanche Gardin à la série.

En 2013, elle participe à la création de la short-com Parents mode d'emploi pour France 2, dont elle écrit plusieurs épisodes. Le programme est un succès. Elle retrouve Fabrice Éboué avec qui elle coécrit Le Crocodile du Botswanga, satire d'une dictature africaine. La même année, elle participe au film 20 ans d'écart avec Virginie Efira et Pierre Niney où elle interprète une photographe de mode odieuse.

En 2015, elle joue son one-woman-show, Il faut que je vous parle ![13], mis en scène par Alain Degois, alias Papy[14]. Elle en tire un livre du même nom, publié l'année suivante. En , elle dit, dans un entretien, avoir été très influencée dans son travail par Louis C.K.[4].

Blanche Gardin en 2016.

En 2016, elle participe à deux comédies : Adopte un veuf, de François Desagnat, et Tamara, d'Alexandre Castagnetti, adaptation d'une bande dessinée. Elle écrit avec Noé Debré le scénario du troisième film d'Éric Judor en tant que réalisateur : Problemos. Elle y joue aussi le rôle de Gaya (cette écriture faisant partie de la satire ; l'orthographe correcte étant Gaïa)[15].

Elle crée en 2016 sa propre entreprise de production : « White Spirit »[16].

En 2017, elle joue au théâtre parisien L'Européen Je parle toute seule[6], stand-up mis en scène par Maïa Sandoz. Ce seule-en-scène lui vaut le Molière du meilleur spectacle d'humour, face à Jérôme Commandeur, Jamel Debbouze, Fabrice Éboué et Manu Payet.

Le , dans une actualité marquée par le procès du producteur américain Harvey Weinstein, accusé de multiples agressions sexuelles et viols, mais aussi par le vent de polémiques et débats apportés par la vague #BalanceTonPorc, Blanche Gardin présente elle-même la remise de ce Molière, et se remet donc le trophée[17]. Elle déclare d'ailleurs ironiquement dans son discours : « Attendez, je suis la seule femme nommée, l'année de l'affaire Weinstein… C'est tout moi ça, c'est l'histoire de ma vie : le jour où j'ai un prix, il a aucune valeur. J'ai l'impression d'être un rebeu du 9-3 qui vient d'être admis à Sciences Po ».

En 2018, Blanche Gardin joue Bonne nuit Blanche, stand-up mis en scène par Maïa Sandoz, qui lui vaut en 2019 le Molière du meilleur spectacle d'humour.

En 2021, Blanche Gardin offre un rôle secondaire à Louis C.K. dans sa série La Meilleure Version de moi-même, diffusée sur Canal+[18], une série qui « trouble à force de jouer avec insistance sur la frontière entre rire avec et rire contre », selon Marc Weitzmann[19],[20].

Depuis 2025, Gardin met en location ses principaux spectacles sur son site[21].

Prises de position

En , concernant l’humoriste américain Louis C.K., accusé par plusieurs comédiennes de s’être masturbé en leur présence ou d’avoir proposé de le faire, elle déclare dans Télérama : « Le fait qu'on puisse mettre dans le même sac un producteur qui viole des actrices et un mec dont le fétichisme, c'est de se masturber devant des femmes en leur demandant s'il peut le faire, ça veut bien dire qu'il y a un gros problème de nuances dans notre société moderne »[22].

Elle est engagée à la Fondation pour le logement des défavorisés (anciennement Fondation abbé Pierre), qu'elle parraine et soutient financièrement pour le logement pour tous[23]. Ainsi, elle participe à la cérémonie Les Pics d'Or, organisée par la fondation Abbé-Pierre, pour dénoncer, avec ironie, le mobilier urbain anti-SDF[24].

Le , elle refuse d'être distinguée dans l'ordre des Arts et des Lettres, décoration proposée à l'artiste par le ministre de la Culture Franck Riester[25] : « Je ne pourrai accepter une récompense que sous un gouvernement qui tient ses promesses et qui met tout en œuvre pour sortir les personnes sans domicile de la rue »[26].

En , elle signe une tribune avec deux mille autres personnalités[27], dans laquelle elle appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon en vue de l'élection présidentielle française de 2022.

En février 2023, elle soutient l'auteur Bastien Vivès accusé de promouvoir la pédopornographie dans ses ouvrages, en signant une tribune publiée dans Le Monde, soutenue par une quarantaine d'auteurs, éditeurs, réalisateurs, comédiens, journalistes et personnalités politiques parmi lesquels, Oxmo Puccino, Charlotte Gainsbourg, les auteurs Enki Bilal, Jean-Marc Rochette, Riss et Coco ou l’ex-ministre Françoise Nyssen, s'alarme d'un « climat de peur menaçant la liberté de création »[28],[29].

Elle refuse de participer à la série d'Amazon Vidéo LOL : qui rit, sort ![30],[31] en , en raison notamment du salaire excessif du propriétaire Jeff Bezos et du management des employés et l’empreinte carbone de l'entreprise Amazon [30]. Elle critique le mouvement woke[18], en de la même année[32].

Le , dans une intervention scénique lors de la soirée « Voices for Gaza » à La Cigale, dont les fonds récoltés doivent être reversés à l'ONG Medical Aid for Palestine, avec Aymeric Lompret et d'autres artistes dont Zaho de Sagazan, Gardin crée la polémique en se moquant de ceux qui l'accusent d'être antisémite en raison de sa dénonciation de la situation subie par les Palestiniens[33]. Elle y déclare, entre autres : « Bonsoir, je m’appelle Blanche et depuis le , je suis antisémite [...] il faudrait que je sois islamophobe, comme Sophia Aram. Mais je peux pas être islamophobe, parce que je suis antisémite. L'un exclut l'autre en fait. Si tu es islamophobe, ça te protège contre l'antisémitisme, c'est comme l’herpès. Si tu l'as à la bouche, tu peux pas l'avoir au cul »[33]. À la suite de ce sketch, elle reçoit diverses menaces d'agressions criminelles[34].

En , la rabbine libérale Delphine Horvilleur relaie une vidéo intitulée « Blanche Gardin ou l'humanisme façon Dieudonné » de la journaliste Elishéva Gottfarstein sur le site Akadem, qui accuse l'humoriste de s'inscrire dans une « safe place antisémite » de gauche et la compare à Dieudonné  condamné pour antisémitisme et incitation à la haine raciale [35], tout en considérant que la comédienne méconnaît le sens du « sionisme » et ne mesure pas « l’effroi que son sketch a provoqué dans la population juive »[36]. La comédienne déplore une « analyse mensongère et diffamatoire » de ce qu'elle est, réaffirme son horreur de l'antisémitisme et de la guerre à Gaza[35],[37] ; elle considère en outre que la meilleure façon de lutter contre l'antisémitisme est de « s’opposer aujourd’hui au régime israélien et à tous les suprémacismes ethnoreligieux »[37]. Delphine Horvilleur accuse la comédienne de « solidarité avec des collectifs antisionistes qui jouent si souvent de la rhétorique antisémite traditionnelle », aussi de « ne pas percevoir combien [sa] parole — qui n’est pas antisémite — crée de désinhibition d’autres paroles tout à fait antisémites » ; elle ajoute que « mettre en avant une instrumentalisation de l'antisémitisme par les juifs sans jamais rappeler... la terrible réalité dans notre pays de cette haine, (v)oilà ce que la "non-antisémite" (qu'elle est) doit interroger »[36].

Dans un entretien à Télérama, elle affirme avoir été « écartée » du monde du cinéma duquel elle ne reçoit plus de proposition[38]. Dans un entretien au Monde, elle affirme encore que le producteur Alain Goldman lui aurait retiré le rôle qu'elle devait tenir dans un projet de Valérie Donzelli, en raison de son engagement en faveur des Palestiniens dans la guerre de Gaza depuis 2023[39]. En 2025, en l'absence de proposition de rôle, elle se trouve en difficulté financière et doit quitter son logement[34]. Blanche Gardin revient longuement sur tout ce qu’elle a vécu depuis ce sketch dans un entretien conduit par Daniel Schneidermann sur Arrêt sur images[40]. Elle déclare qu'« au-delà des répercussions médiatiques de ce sketch, j’ai reçu des menaces de viol, de meurtre, des campagnes de téléphone en provenance d’Israël, des tags sur ma porte, même mon frère a été agressé. Je ne dis pas ça pour me plaindre, mais c’est un état de fait »[41].

Vie privée

Elle se marie une première fois à La Frette-sur-Seine avec le peintre Nicolas Deconinck en 2004 qui relate sa relation dans la biographie publiée en 2020, La Vie rêvée de Blanche Gardin, écrite par Nathalie Simon[42]. Le couple qui avait emménagé à Clichy divorce à Paris en 2009[43].

En 2018, l'humoriste Louis C.K. officialise leur liaison, alors qu'ils ont été vus main dans la main dans les rues de New York le mois précédent, alors que l'humoriste évoque leur relation dans ses sketches[44]. Dans un entretien pour Le Point en , elle indique être célibataire[45],[46].

Filmographie

Actrice

Cinéma

Télévision

Courts métrages

  • 2009 : Cathy d'Elsa Barrère : Cathy
  • 2010 : There is the War d'Olivier Laneurie : Léa
  • 2017 : Sur un AirBnb de Zazon Castro

Clips

Scénariste

Réalisatrice

Théâtre

Publications

Prix et récompenses

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI