Drapeau de la Belgique
drapeau national
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Le drapeau de la Belgique (en néerlandais : vlag van België; en allemand : Flagge Belgiens) est composé de trois bandes verticales ; noire, jaune et rouge.
| Drapeau de la Belgique | |
Drapeau d'État de la Belgique. | |
| Utilisation | |
|---|---|
| Caractéristiques | |
| Proportions | 13:15 |
| Adoption | |
| Éléments | Tricolore de bandes verticales noire, jaune et rouge. |
| modifier |
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Sa création remonte aux premiers jours de la révolution belge. Il est officiellement adopté le par un arrêté du Gouvernement provisoire de Belgique, avec une disposition horizontale des couleurs : le rouge en haut, le jaune au milieu et le noir en bas. La disposition verticale est actée par un arrêté du et inscrite dans l’article 193 de la Constitution belge le . Toutefois, le , le ministère de l'Intérieur suit l'instruction du département de la Marine qui préconise de placer le noir à la hampe sans faire réviser l'article 193. Depuis lors, le drapeau belge ne respecte pas la disposition officielle des couleurs, telle qu'inscrite dans la Constitution.
Les dimensions du drapeau ont été fixées à 2,60 m de haut pour 3 m de large, ce qui donne à l’origine la proportion des anciennes bannières, représentant les armes des armoiries de la Belgique.
Histoire
Contexte
Après la période française de l'histoire de la Belgique et la fin du Premier Empire de Napoléon Ier, le congrès de Vienne acte, en 1815, la création d'un nouvel état regroupant les trois pays de l'actuel Benelux sous la couronne de la maison d'Orange-Nassau. Guillaume Ier devient ainsi le roi du Royaume uni des Pays-Bas et le grand-duc de Luxembourg. Mais le mariage imposé aux populations protestantes des anciennes Provinces-Unies avec celles, catholiques, des anciens Pays-Bas autrichiens et de la principauté de Liège, ne se passe pas comme prévu. Le régime « hollandais » de La Haye et la personnalité despotique du souverain agacent de plus en plus la population qui demande le « redressement des griefs de la nation ».
La révolution belge finit par éclater le lors de la représentation de La Muette de Portici, donnée au théâtre de la Monnaie de Bruxelles à l’occasion du 59e anniversaire du roi. De violentes émeutes s'ensuivent et se propagent rapidement dans les autres villes des Pays-Bas méridionaux, menant à une insurrection généralisée.
Les premiers drapeaux
Le drapeau français

Le premier drapeau déployé par les révolutionnaires belges en est le drapeau révolutionnaire français[1], qui vient à nouveau de remplacer le drapeau du royaume de France après la Deuxième Révolution française survenue un mois plus tôt à Paris. Il est donc un symbole révolutionnaire par excellence et le signe de ralliement à un désir de changement de monarchie. Il est porté en avant par les nombreux Français qui participent activement à l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux, marquant le début de la révolution belge.
Le premier drapeau « bleu blanc rouge » de Bruxelles est confectionné le à partir des rideaux de l’appartement de Georges Libri-Bagnano, rédacteur en chef d’un journal orangiste Le National, qui avait été détruit par les révolutionnaires lors des émeutes de la nuit[1]. Il est arboré au balcon de l'hôtel de ville de Bruxelles avant qu'Édouard Ducpétiaux ne le remplace par le futur drapeau belge « rouge jaune noir ». Dans la province de Liège, l'insurrection prend des proportions considérables : à Verviers, les ouvriers, chantent La Marseillaise[2], forcent les portes de l’hôtel de ville et placent un drapeau français au faîte de l’édifice au grand dam des notables locaux[3],[4]. À Liège, des placards sont affichés partout en ville demandant le rattachement de la Belgique à la France et des cocardes sont prêtes à être distribuées[5]. On voit également apparaitre des drapeaux français à Namur[6]. Selon Surlet de Chokier, l’état d’esprit est le même dans toutes les provinces du sud[7],[8] et un mouvement rattachiste est particulièrement présent à certains endroits, dont à Liège et Verviers[9]. Selon Jean Stengers, « la Belgique de 1830 est francophile avec ardeur »[10] ; à l’inverse Jacques Logie pense que « l’adoption des couleurs françaises par les ouvriers et les sans-travail ne reflétait […] pas des sentiments francophiles, mais représentait une aspiration vers la liberté et un certain progressisme, dont les trois couleurs n’étaient que le symbole »[11]. Édouard Ducpétiaux raconte :
« En 1830, dès le premier jour des troubles et lorsque les troupes néerlandaises étaient refoulées vers le haut de la ville, on arbore, à Bruxelles, sur plusieurs points, le drapeau tricolore français. Mais cette manifestation, due aux agents français qui essayaient alors d’entraîner la population, est répudiée par un cri unanime de réprobation[12]. »
Les drapeaux locaux

Faute de drapeau « national », différents drapeaux locaux sont ressortis en guise de symbole de révolte contre le pouvoir « hollandais » et la maison d'Orange-Nassau, au fur et à mesure du développement de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux.
À Bruxelles et dans d’autres villes de la province du Brabant-Méridional, on exhibe les couleurs de l'ancien duché de Brabant, rouges jaunes et noires, déjà utilisées lors de la révolution brabançonne de 1787 qui avait conduit à l'indépendance des Pays-Bas autrichiens de la maison de Habsbourg et à la création des éphémères États belgiques unis.
À Verviers, c’est l’étendard franchimontois vert et blanc qui flotte au vent et dans toute l’ancienne principauté de Liège, de Dinant à Ciney en passant par Thuin, le drapeau jaune et rouge de l’ancien territoire est arboré. À Mons et Tournai, ce sont respectivement les drapeaux blanc et rouge avec une tour blanche qui sont arborés pour empêcher les rattachistes d’y placer un drapeau français[13].
Dans le Grand-duché de Luxembourg, on arbore le drapeau luxembourgeois pour remplacer les couleurs oranges de la monarchie néerlandaise, comme à Bouillon ou à Luxembourg-ville[14].
Apparition du drapeau belge


Le premier drapeau belge est conçu à Bruxelles le par l’avocat Lucien Jottrand, rédacteur du Courrier des Pays-Bas, et le journaliste Édouard Ducpétiaux afin de remplacer le drapeau révolutionnaire français arboré au balcon de l'hôtel de ville de Bruxelles. Ceux-ci s'inspirent des cocardes « rouges-jaunes-noires », couleurs de l'ancien duché de Brabant, distribuées pour remplacer la cocarde orange, symbole de la monarchie néerlandaise. Ils disposent les couleurs à l'horizontal, avec le rouge en haut, le jaune au milieu et le noir en bas. Ducpétiaux se rend dans une mercerie au coin de la rue de la Colline et de la rue du Marché aux Herbes, où Marie Abts en confectionne deux exemplaires du drapeau ainsi voulu[15]. Le premier est placé par Ducpétiaux à l’hôtel de ville de Bruxelles où il remplace le drapeau révolutionnaire français, alors que le second est promené dans les rues par Alexandre-Theodore Van Hulst, un employé du ministère de la Guerre[16], à la tête de la première compagnie de la garde bourgeoise de Bruxelles, criant[17] : « Nous sommes Belges ! Nous voulons rester Belges, voilà nos couleurs, pas de préfecture française ».
Lucien Jottrand raconte son expérience comme suit dans le journal Le Droit du [18] :
« Nous étions, Edouard Ducpetiaux et moi, le 26 août au matin, dans le bureau de la rédaction du Courrier des Pays-Bas, lorsque l'on vint y rapporter que le drapeau tricolore français était arboré au balcon de la façade de l'hôtel de ville, par une main demeurée inconnue : nous comprîmes sur-le-champ toute la gravité du fait, et nous résolûmes de pourvoir, sans perdre de temps, aux conséquences fatales qu'il pouvait entraîner.
La question du « comment faire » nous jetait dans quelque perplexité. Presque tout le monde, surtout parmi les jeunes Belges, avait oublié les vieilles couleurs de la révolution des patriotes de 1789. Des souvenirs de famille avaient, toutefois, servi à me faire garder la mémoire de ces couleurs, tout à la fois nationales et démocratiques ; je possédais les insignes militaires d'un parent qui avait servi dans l'armée du général Vander Mersch ; ils étaient aux trois couleurs : rouge, jaune et noir, de l'étendard de notre république de 1789-90, la première importation, sur notre continent d'Europe, des idées américaines : à preuve, l'appellation République des États belgiques unis. Je proposai à Ducpetiaux de réarborer notre drapeau d'alors. Il s'en chargea, et courut sur-le-champ vers l'hôtel de ville ; acheta sur sa route, dans un magasin d'aunages, trois bandes de mérinos aux couleurs susdites, qu'il fit coudre à la hâte, et alla les arborer, au bout d'une perche grossière, à la place du drapeau français, qu'il abattit sans opposition de personne.
Ducpetiaux vint rendre compte au bureau du Courrier des Pays-Bas des heureux résultats de son expédition improvisée. Cela s'était passé de 9 à 11 heures du matin ;je m'en souviens comme si c'était d'hier ; le soir tout Bruxelles avait adopté les anciennes couleurs brabançonnes. »
L’écrivain Auguste De Wargny, contemporain des faits, décrit également la scène dans ses Esquisses historiques de la révolution de la Belgique en 1830[19] :
« Vers trois heures de l'après-diner, quand il y avait plus de 4000 personnes réunies sur la Grand’-Place, deux jeunes gens bien mis et chaussés d'épérons se saisirent de l'échelle du réverbère placé au-dessus de la grande porte d'entrée de l'Hôtel-de-Ville, et attachèrent sur ce réverbère un drapeau aux trois couleurs, rouge, jaune et noir. On cria beaucoup, l'on applaudit ; mais il est bien certain que personne alors n'aurait pu dire ce que signifiaient ces trois couleurs ; on les prit sans nul doute pour les couleurs tricolores françaises. Depuis, on les expliqua, et elles furent adoptées comme couleurs brabançonnes. Ce fut là qu'elles virent le jour pour la première fois. »
La confection du premier drapeau belge est rappelé par une plaque commémorative à l'endroit où se trouvait la mercerie, ainsi que dans un célèbre tableau d'Émile Vermeersch[20].
Genèse du « rouge-jaune-noir »

Les couleurs rouges jaunes et noires sont d'abord arborées sous la forme de cocardes à la suite de la deuxième Révolution française de juillet 1830 et avant le déclenchement de la révolution belge par les émeutes d'août 1830 à Bruxelles, comme par exemple le dans un cabaret de Virton, une ville alors située dans le Grand-Duché de Luxembourg[21].
Le drapeau belge élaboré par Lucien Jottrand diffère de celui des États belgiques unis par le fait que la tricolore horizontale place le jaune au milieu et le noir en bas (le rouge restant au haut). Il existe toutefois des doutes quant aux origines des couleurs de ce premier drapeau, qui ne seraient pas inspirées de la révolution brabançonne de 1787, qui avait conduit à l'indépendance des Pays-Bas autrichiens de la maison de Habsbourg. En effet, les drapeaux utilisés lors de ces évènements étaient ornés d’armoiries, de figures religieuses ou allégoriques[22]. Pas un seul drapeau à bandes « noire-jaune-rouge » n’est mentionné dans les inventaires des emblèmes pris par les Autrichiens lors de la reconquête des États belgiques unis[22].
Une autre légende veut que les couleurs noires jaunes et rouges symbolisent chacune une richesse de la Belgique : le noir pour le charbon de Wallonie, le jaune pour le blé de Flandre, et le rouge pour le sang des révolutionnaires versé pour la patrie, mais il s'agit là d'une légende urbaine[23].
Adoption progressive

Jusqu'à la création du gouvernement provisoire de Belgique le , l’étendard orange de la monarchie néerlandaise reste l’emblème officiel en vigueur dans l'ensemble du Royaume uni des Pays-Bas, et le mot d’ordre n’est pas encore l’indépendance de la Belgique, mais plutôt la « séparation administrative » des provinces du nord et du sud, en maintenant l’union dynastique[24],[3]. Dans cette atmosphère révolutionnaire et face aux émeutes qui s’intensifient et se propagent, des notables bruxellois, inquiets, imitent d'autres villes et créent une milice bourgeoise[2] : la garde bourgeoise de Bruxelles. Celle-ci arbore le drapeau de Lucien Jottrand et des cocardes aux couleurs du duché de Brabant, guidée par un souci de différenciation par rapport au gouvernement et par un sentiment national « belge »[11]. Elle popularise ainsi les couleurs « rouge-jaune-noir »[24] et son commandant, Emmanuel d'Hooghvorst, déclare au prince d’Orange le que la garde avait adopté les couleurs brabançonnes pour contrer l’apparition çà et là des couleurs françaises et pour éloigner toute idée de rattachement à la France[25].
Le drapeau belge de Jottrand est recopié à de nombreux exemplaires, qui se transmettent rapidement comme signe de ralliement à la cause révolutionnaire par les différentes communes des Pays-Bas méridionaux. Le il flotte à Louvain[26], le à Ath[27], le à Charleroi[28], le à Nivelles, le à Binche et sur la butte du Lion de Waterloo[29], le à Alost, Deinze et Ninove, le à Namur et Tournai, le à Courtrai[30], etc. etc.
Le Grand-duché de Luxembourg, se rallie également à la révolution et adopte progressivement les couleurs belges. Le premier drapeau est ramené à Bastogne le par François d'Hoffschmidt[31] et est hissé en haut du clocher de l'église Saint-Pierre avant de se propager dans tout le quartier wallon, d'abord à Bertrix, puis le à Marche-en-Famenne, le à La Roche-en-Ardenne et le à Houffalize[32]. L'adoption se généralise avec les Journées de Septembre, y compris dans le quartier allemand : on voit apparaitre le drapeau belge à Arlon le , à Diekirch le [33], ou encore à Vianden le [34], avant l'annexion du Grand-duché de Luxembourg par la Belgique, proclamée le .
Le , le gouvernement provisoire adopte officiellement le drapeau national dans son format de l'époque : « rouge-jaune-noir », horizontal. Après la déclaration d'indépendance de la Belgique du , les nouvelles forces armées belges engagées dans la guerre belgo-néerlandaise, arborent officiellement l'emblème national dès le La Garde civique, qui remplace la schutterij, est quant à elle tenue de porter la cocarde nationale noir-jaune-rouge. Le Congrès national confirme ces dispositions peu après son élection en .
Disposition horizontale puis verticale

Le , un arrêté du gouvernement provisoire de Belgique décrète la disposition verticale des couleurs[35], le rouge à la hampe. D'aucuns prétendent que cette décision vient de la confusion avec le drapeau des Pays-Bas lors des batailles de la guerre belgo-néerlandaise[36]. D'autres que cette disposition verticale fait écho au drapeau révolutionnaire français[37], symbole d'insurrection qui a définitivement remplacé le drapeau royal après la Deuxième Révolution française de . D'autres encore prétendent qu'il s'agissait de se distinguer du drapeau de la confédération germanique[38].
Toujours est-il que les couleurs sont disposées dans l'article 193 (à l'époque 125) de la Constitution de la Belgique, daté du [39] :
« La Nation belge adopte les couleurs rouge, jaune et noire, et pour armes du Royaume le Lion Belgique avec la légende : L'UNION FAIT LA FORCE »
Or, le de la même année, la couleur noire est mise à la hampe, sous l’impulsion de la marine belge qui veut faire concorder le drapeau avec le pavillon maritime. Celui-ci est en effet arboré avec le noir à la hampe suivant une instruction ministérielle du département de la Marine, datée du [35]. L’article de la Constitution[39] n’ayant jamais été modifié, le drapeau ne suit pas littéralement l’ordre de la Constitution[40],[41]. Le la première réunion des chambres législatives donne lieu à une cérémonie au cours de laquelle la diversité des couleurs et des drapeaux belges qui y sont arborés fait dire au journal Le Belge[42] :
« Des étrangers qui se trouvaient hier sur le passage du cortège faisaient observer qu'il était assez étrange que, dans la capitale même de la Belgique, on n'aperçût pas deux drapeaux belges dont les couleurs fussent placées de même. Nous espérons qu'on fera cesser au plus tôt cette différence ridicule. Il a été décidé par le gouvernement provisoire que, pour le drapeau de l'armée, les trois couleurs seraient placées horizontalement ; ce n'est que sur les pavillons des navires qu'elles peuvent être disposées verticalement, comme les couleurs du drapeau français. »
L’ancienne disposition horizontale des couleurs fait encore plusieurs apparitions, comme lors de la remise des Drapeaux d'Honneur, le .
Description

Les couleurs du drapeau belge sont celles de l’écu de l’ancien duché de Brabant, qui étaient également tant qu'elle a existé celles de la province de Brabant et qui sont toujours les petites armes de la Belgique. Il représentait un lion d’or (jaune) sur fond de sable (noir), armé (griffes) et lampassé (langue) de gueules (rouge).
Accessoirement, les mêmes couleurs, disposées différemment, étaient aussi celles du comté de Flandre, première des principautés des « plats pays » à faire définitivement partie des États des ducs de Bourgogne de la maison de Valois grâce au mariage du duc Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre (mariage célébré en 1369 mais c'est en 1384 que Marguerite devient proprio jure comtesse de Flandre, d'Artois, de Nevers, de Rethel et de la (Franche-)Comté de Bourgogne à la mort de son père Louis de Male). Le comté de Flandre portait, et les actuelles province de Flandre-Orientale et Communauté flamande portent encore, d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules c'est-à-dire les mêmes armoiries que le Brabant moyennant la permutation du jaune et du noir.
De façon officielle, les dimensions du drapeau ont été fixées à 2,60 m de haut pour 3 m de large, ce qui donne une proportion insolite de 13:15[43]. Pour l’usage civil, une proportion de 2:3 est plus commune et d’ailleurs la proportion exacte n’est pas précisée par la Constitution.
Au-dessus du palais royal de Bruxelles, on peut trouver un drapeau de dimensions 4:3[43]. Ceci est dû à des raisons esthétiques, tenant compte de la perspective sur le drapeau qui est regardé d’en-dessous. Un large drapeau de conception similaire se retrouve souvent sous les arcades du Cinquantenaire.
Autres drapeaux belges
Drapeaux antérieurs à la Belgique
Le royaume de Belgique n'existe que depuis 1830, mais les Pays-Bas bourguignons puis espagnols qui recouvraient une grande partie du territoire de la Belgique avaient comme drapeau la croix de Bourgogne.
Les Pays-Bas autrichiens avaient un drapeau composé d'un aigle à deux têtes noir sur une croix de Bourgogne, le tout sur un fond de rouge sur blanc sur jaune.
En 1787, lors de la révolution brabançonne, les États belgiques unis utilisèrent déjà un drapeau tricolore aux couleurs brabançonnes qui devinrent les couleurs de la Belgique, mais ce n'est pas le drapeau belge actuel étant donné que les bandes étaient horizontales et que l'ordre des couleurs n'était pas le même.
Drapeau des Pays-Bas bourguignons.
Drapeau des Pays-Bas espagnols.
Drapeau de la révolution brabançonne.
Drapeaux d'Honneur de 1830
Le pavillon de la Marine

Pavillon de guerre (Composante marine).
Forme du pavillon civil réservée aux navires membres d'un club nautique fédéré.Par décision du , un pavillon de la marine militaire nettement différent des drapeaux nationaux est créé. Il a les proportions 2:3 et reprend les trois couleurs nationales, en les associant avec du blanc. Le dessin reprend la croix de saint André en hommage à la Croix de Bourgogne qui était l’emblème du grand État bourguignon de la fin du Moyen Âge[44]. L’apôtre saint André était en effet le saint patron de cet ensemble politique qui s’étendait sur les États actuels de Belgique et d’Espagne et sur la Bourgogne située en France[45].
Ce pavillon est hissé pour la première fois le .
Pavoisement des édifices publics


Pavillon d’État.Le pavoisement des édifices publics belges est réglementé par un arrêté royal datant du [46]. Celui-ci dispose, entre autres, que le drapeau doit flotter au-dessus des bâtiments publics lors des occasions suivantes (tous ne sont pas des jours fériés)[47].
| Date | Nom | Raison |
|---|---|---|
| 20 janvier | Anniversaire de la Reine Mathilde | Anniversaire de naissance de la Reine Mathilde le 20 janvier 1973 |
| 17 février | Commémoration de tous les membres défunts de la famille royale | Anniversaire du décès d’Albert Ier le 17 février 1934 |
| 7 avril | Hommage aux militaires belges décédés lors de missions de paix | Anniversaire de l’assassinat des dix paras belges au Rwanda le 7 avril 1994 |
| 15 avril | Anniversaire du roi Philippe | Anniversaire de naissance du Roi Philippe le 15 avril 1960 |
| 1er mai | Fête du Travail | Célébration de la fête du travail |
| 5 mai | Journée du Conseil de l’Europe | Anniversaire de la création du Conseil de l’Europe le 5 mai 1949 |
| 8 mai | Victoire des Alliés en 1945 et fin du génocide | Anniversaire de la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945 |
| 9 mai | Journée de l’Europe | Anniversaire du discours fondateur de l’Union européenne, prononcé par Robert Schuman le 9 mai 1950 |
| 6 juin | Anniversaire du Roi Albert II | 6 juin 1934 |
| 2 juillet | Anniversaire de mariage du Roi Albert II et de la Reine Paola | 2 juillet 1959 |
| 21, 22 et 23 juillet | Fête nationale | Prestation de serment du Roi Léopold Ier, le 21 juillet 1831 |
| 11 septembre | Anniversaire de la Reine Paola | 11 septembre 1937 |
| 24 octobre | Journée des Nations unies | Anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte des Nations unies le 24 octobre 1945 |
| 11 novembre | Armistice de 1918 | Anniversaire de la capitulation de l’Allemagne le 11 novembre 1918 |
| 15 novembre | Fête du Roi | Célébration du jour de la Saint Léopold. Léopold I étant le premier roi des belges |
| 4 décembre | Anniversaire de mariage du Roi Philippe et de la Reine Mathilde | 4 décembre 1999 |
| Date mobile | Élection du Parlement européen | Élu au suffrage universel depuis 1979 |
| Source : Gouvernement Fédéral Belge | ||
Le drapeau peut également être hissé lors d’importantes cérémonies, lorsque les usages locaux le demandent, ou encore lors de la visite officielle d’un chef d’État étranger. Les Régions et les Communautés, en plus du drapeau tricolore, hissent leur propre drapeau le jour de leur fête.
Dans la culture
Cantate
En 1834, un concours musical est organisé par Charles Rogier, alors ministre de l'intérieur, afin de créer une cantate avec pour thème le drapeau belge. L'objectif est de de rehausser l'éclat de la Fête nationale belge, alors célébrée le , pour commémorer la victoire des Quatre Jours de Bruxelles. Un arrêté ministériel est pris en ce sens le et trente-six partitions sont reçues et analysées par un jury composé d'Auguste de Peellaert (nl), Louis Niedermeyer, Joseph-François Snel (nl), Joseph Daussoigne-Méhul et François-Joseph Fétis[48]. Le concours est remporté par Jules Busschop[49] de Bruges, lauréat du premier prix : une médaille en or d'une valeur de 600 francs belges de l'époque. Le second, quant à lui, est décerné à Monsieur Ermel, de Gand avec une médaille en or d'une valeur de 300 francs.
La cantate de Jules Busschop est insérée au Moniteur belge du [50] puis exécutée lors d'un concert au temple des Augustins à Bruxelles, le , en présence du couple royal belge.
Récitatif
C'est lui ! c'est le drapeau de nos grandes journées !
Il étale dans l'air ses couleurs blasonnées.
Payé par tant de pleurs, conquis par tant d'efforts,
Il porte dans ses plis, troués par les mitrailles,
La poussière de nos batailles,
L'éclair de nos canons et le sang de nos morts.
Chant
Oh ! quand il s'ouvre et se déplie,
De joie on a l'âme remplie,
Et toute souffrance on oublie,
Tant il charme l'œil ébloui.
On le regarde, sous sa lance,
Qui se déroule et se balance ;
Toutes les haines font silence ;
Toutes les voix disent : « C'est lui ! »
Chœur
C'est lui qui, dans nos jours de combat ou de fête,
Brille en arc-en-ciel sur le faîte
De la tente ou de la cité.
C'est par lui qu'au passé l'avenir se marie ;
C'est le drapeau de la patrie,
Le drapeau de la liberté.
Récitatif
Comme on respire à l'aise à l'abri de son ombre !
Dans notre ciel, hier si couvert et si sombre,
Le soleil resplendit plus riant et plus beau.
Et, libre enfin du joug dont on l'avait meurtrie,
La Belgique est notre patrie ;
Elle a repris son nom, ses lois et son drapeau.
Chant
Son nom qu'à nos cris de victoire,
Septembre fit de notre histoire
Ressusciter si beau de gloire :
Ses lois qui veillent sur nos droits ;
Son drapeau dans nos cathédrales,
Au front de leurs tours à spirales
Ont vu les couleurs fédérales,
Monter, au son de nos beffrois.
Chœur
C'est lui qui, dans nos jours de combat ou de fête,
Brille en arc-en-ciel sur le faîte
De la tente ou de la cité.
C'est par lui qu'au passé l'avenir se marie ;
C'est le drapeau de la patrie,
Le drapeau de la liberté !
Musique
- Dans sa Nouvelle Brabançonne, datée du , date de la victoire des Quatre Jours de Bruxelles, Jenneval mentionne que : « Sur Bruxelles, aux pieds de l'archange, Son Saint Drapeau pour jamais est planté » ;
- Le , Jean-Baptiste Vautier fait publier un poème intitulé Les Trois Couleurs, qu'il propose en musique sur l'air Des plaisirs permis à la terre[51]. Celui-ci s'inscrit dans le contexte de la révolution belge : il exalte l'épisode des Journées de Septembre et la victoire surprise des combattants volontaires sur les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas. Dans le contexte de la guerre belgo-néerlandaise naissante et peu avant la déclaration d'indépendance de la Belgique, le ton est particulièrement va-t-en-guerre et patriotique à excès, haranguant les Belges, unis contre les « Bataves » et le roi Guillaume, derrière leur nouveau drapeau aux « trois couleurs » (à l'épque encore horizontales « rouge-jaune-noir »). Voici le texte :
Nous disions tous:« Que Nassau vienne!
Qu'il ose attaquer nos foyers !
Une milice citoyenne
Suffira contre ses guerriers. »
Elle a suffi cette milice
De Nassau nous sommes vainqueurs ;
Et laliberté protectrice
Fixe chez nous les trois couleurs.
Si le despotisme a son glaive,
Amis, la justice a le sien ;
Et quand un peuple se soulève,
Ce peuple est tout, un roi n'est rien.
En vain de la sainte alliance
Guillaume implore la faveur ;
Ses droits ainsi que sa puissance
Tombent devant les trois couleurs.
J'ai pris ma part de la victoire
Qui vengeait le public affront ;
Et j'attends un brevet de gloire
Que tous les braves signeront.
Pour mon bras plus d'efforts stériles,
Pour mon pays plus de malheurs :
Je vois sur les tours de nos villes
Flotter l'enseigne aux trois couleurs.
Près de moi, durant la bataille,
Combien de soldats de quinze ans,
Affrontaient gaîment la mitraille
Pour mieux combattre nos tyrans !
Ton sang, ô jeunesse guerrière!
A payé tes premiers honneurs,
Et par toi la Belgique entière
Arbore enfin les trois couleurs.
De la commune délivrance
Saluons le jour glorieux ;
Et renaissons à l'espérance
Sous le drapeau de nos ayeux.
Contre les tyrans et l'orage
Ce drapeau défendit nos cœurs ;
Ne redoutons plus de naufrage
A l'abri de ses trois couleurs.
On nous dit que Nassau pardonne
A la reine de nos cités ;
Qu'importe, puisqu'elle abandonne
Le bourreau de ses libertés!
Plus de paix avec le Batave,
Guerre à mort à nos oppresseurs!
Le Belge a cessé d'être esclave
En adoptant les trois couleurs.
Des martyrs d'une sainte cause
Les mânes dorment parmi nous ;
Aux lieux où leur cendre repose
Allons fléchir les deux genoux.
Mais en attendant que la pierre
Y témoigne de nos douleurs,
Déployons sur eux la bannière
Où rayonnent les trois couleurs.
- Le premier couplet de La Bruxelloise, qui se chante sur l'air de La Marseillaise, fait référence au drapeau de la Belgique :
Drapeau brillant de la Belgique,
Étendard rouge-jaune-noir,
Offre-nous ton aspect magique,
Et nous renaîtrons à l'espoir. (bis)
Rouge-jaune est feu du courage,
Le noir, c'est mort aux ennemis.
Hommes libres, soyons unis ;
Honte éternelle à l'esclavage !
Courage, citoyens ! parlez et montrez-vous ;
Bientôt, bientôt, la Liberté reviendra parmi nous !
- En 1916, le Chansonnier du soldat belge (« Liederenboek van de Belgische soldaat ») publié par Théophile Quoidbach mentionne un chant nommé en français « Le Drapeau National » et en néerlandais « De Belgische vlag »[52].