Duché d'Albret
histoire de France
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Le duché d'Albret est un duché français créé en 1550 au bénéfice de la maison d'Albret. Il s'étendait au nord de la Gascogne. Nérac en fut la capitale.
(oc) Labrit / Albret
Seigneurie d'Albret
Duché d'Albret
| Capitale |
Labrit Nérac |
|---|---|
| Langue(s) | gascon |
| 1556 | duché-pairie |
|---|---|
| 1589 | Henri IV, roi de France |
| 1590 | domaine privé d'Henri IV |
| 1607 | domaine de la couronne |
| 1651 | au duc de Bouillon |

Histoire
Les Albret émergent à la fin de XIe siècle avec Bernard Eiz Ier d'Albret : vers -, celui-ci est mentionné parmi les nobiles (« nobles ») gascons apparaissant dans l'entourage des ducs d'Aquitaine[1] ; puis, en , il est mentionné parmi les principes (« princes ») assistant le duc Guillaume IX lors de la tenue de la cour de Gascogne au port de Tivras[1]. Vers -, le fils de Bernard Eiz, Amanieu d'Albret, est le premier des vingt-cinq barones (« barons ») cités, après les vicomtes, dans l'acte confirmatif de la charte de fondation de la sauveté de La Sauve-Majeure[1]. Entre et , les Albret deviennent des castellani (« châtelains ») en acquérant le contrôle, à Casteljaloux, d'un château d'origine épiscopale[2]. Le titre de seigneur de Labrit n'est attesté qu'à la fin de XIIe siècle : sa première occurrence connue figure dans un acte de qui l'applique à feu Amanieu IV d'Albret[1].
Jusqu'en et la mort d'Alain d'Albret, dernier seigneur d'Albret à ne pas être roi de Navarre, les seigneurs de Labrit s'intitulent « sire d'Albret » et placent ce titre en tête de leur titulature complète, devant leurs titres de comte[N 1] et de vicomte[N 2],[3]. L'Albret, dont les seigneurs de Labrit sont les sires, désigne alors un « ensemble de terres recouvrant le cœur historique des possessions » des Albret[4]. Cet ensemble est connu comme le « pays d'Albret »[5],[6].
Les sires d'Albret portent le titre de seigneur d'Albret jusqu'en 1550.
À cette date est constitué le duché d'Albret par et pour le roi de Navarre Henri II, à titre personnel[7].
Par lettres patentes données le , le roi de France, Henri II, érige l'Albret en duché simple[5],[8]. Mais les lettres patentes ne sont pas enregistrées[8]. Par suite, à la mort d'Henri II Henri d'Albret le , l'Albret revient à son état antérieur[8].
Mais, par lettres patentes données à Saint-Germain-en-Laye le mois de , le roi de France, Henri II, érige l'Albret en duché-pairie, en faveur du roi de Navarre, Antoine de Bourbon, et de son épouse, Jeanne d'Albret[7],[8]. L'érection comporte la création perpétuelle d'un sénéchal et d'un lieutenant général ainsi que de quatre sièges, à savoir : Nérac (siège principal), Tartas, Casteljaloux et Castelmoron.
Le duché d'Albret comportait la baronnie de Nérac, les vicomtés de Castelmoron-d'Albret, de Tartas, du Marsan, de Boulogne (Saint-Pé-Saint-Simon), les seigneuries de Sainte-Maure (Sainte-Maure-de-Peyriac), de Torrebren (Labarrère), etc. Il s'étendait donc sur une partie des départements actuels des Landes (Marsan, Maremne, Aguais, Gabardan), de Gironde du Gers et du Lot-et-Garonne (Agenais).
Au XVIe siècle, le duché d'Albret fut terre huguenote :
- 1513 – 1534 : Alain d'Albret.
- 1523 : Jean d'Albret, ensuite donation à ses filles Marie d'Albret, veuve de Charles de Clèves, comte d'Eu, et à Charlotte d'Albret, mariée à Odet de Foix, comte de Nevers.
En , le roi de France, Henri IV, unit le duché au domaine royal[9].
En , Louis XIII l'engage au prince de Condé, Henri II[9].
Par lettre-patentes du mois de , le pays de Guiche, qui était mouvant du duché, en est distrait.
Par le contrat d'échange de , Louis XIV cède l'Albret au duc de Bouillon, Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, en échange de la principauté de Sedan et Raucourt[10].
En 1836, Toussaint Jean Hippolyte de Cornulier rachète ce qu'il reste de l'ancien duché d'Albret.
Territoire
Le duché d'Albret comprend notamment les paroisses suivantes, aujourd'hui situées dans le département des Landes[11] : Arengosse, Argelouse, Arjuzanx, Audon, Bas-Beylongue, Bégaar, Belhade, Beylongue, Bézaudun, Biganon, Boos, Bouricos, Carcarès, Carcen, Cassen, Clermont, Commensacq, Escource, Gamarde, Garrosse, Goos, Gousse, Labouheyre, Labrit, Laharie, Laurède, Lesgor, Lesperon, Louer, Lüe, Mimbaste, Morcenx, Onard, Ordize, Ousse, Ponson, Pontonx, Poyanne, Poyartin, Préchacq, Richet, Rion, Sabres, Saint-Geours-d'Auribat, Saint-Jean-de-Lier, Saint-Pierre-de-Lier, Saint-Saturnin, Saint-Yaguen, Le Sen, Sore, Suzan, Tartas, Trensacq, Vert, Vicq, Villenave, Ychoux et Ygos.
Il comprend aussi :
- le Born, pays et prévôté, composé des treize paroisses d'Aureilhan, Bias, Biscarrosse, Gastes, Lévignacq, Mézos, Mimizan, Parentis-en-Born, Pontenx, Sainte-Eulalie-en-Born, Saint-Julien-en-Born, Saint-Paul-en-Born et Sanguinet[12] ;
- le Gosse, pays, composé des dix paroisses de Biarrotte, Biaudos, Josse, Orx, Saint-Barthélemy, Saint-Jean-de-Marsacq, Saint-Laurent-de-Gosse, Sainte-Marie-de-Gosse, Saint-Martin-de-Hinx et Saubrigues[13] ;
- le Marensin, pays, composé des quinze paroisses d'Azur, Castets, Escalus, Léon, Linxe, Lit, Maa, Messanges, Mixe, Moliets, Saint-Girons-du-Camp, Saint-Girons-de-l'Est, Saint-Michel, Taller et Vieux-Boucau[13].
Le Marsan, le Tursan et le Gabardan, possessions des Albret, ne sont pas compris dans le duché[14],[15].
Titulaires
De à , le duché d'Albret a dix titulaires, à savoir[16] :
- Maison d'Albret :
- : Henri II, roi de Navarre ;
- : Jeanne III, reine de Navarre ;
- : Henri III, roi de Navarre ;
- Maison de Condé, branche cadette de la maison capétienne de Bourbon :
- : Henri II de Bourbon, prince de Condé ;
- : Louis II de Bourbon, prince de Condé, dit le Grand Condé ;
- Maison de La Tour d'Auvergne :
- : Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon ;
- : Godefroy-Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon ;
- : Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon ;
- : Charles-Godefroy de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon ;
- : Godefroy de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon.
Députés
Aux états généraux de 1789, le duché d'Albret est représenté par trois députations :
- sénéchaussée de Nérac[17] :
- clergé : César d'Anterroches, évêque de Condom ;
- noblesse : Jean-Pierre, baron de Batz, grand sénéchal ;
- tiers état : Jean-Baptiste Brostaret, avocat à Casteljaloux ; et Pierre Brunet de Latuque, juge royal de Puch de Gontaut ;
- sénéchaussée de Castelmoron[18] :
- clergé : Jean Malartic, curé de Saint-Denis-de-Pile ;
- noblesse : Jean-Charles Hardouin, chevalier de Chalon ;
- tiers état : Pierre de Belle-Isle, maire de Castelmoron ; et Gabriel Peyruchaud, avocat ;
- sénéchaussée de Tartas[19] :
- clergé : Jean Lanusse, curé de Saint-Étienne d'Aribelabourt ;
- noblesse : néant ;
- tiers état : Jean-Baptiste de Larreyre, conseiller au sénéchal de Tartas ; et Bertrand Castaignède, notaire et juge à Labouheyre.
Héraldique
| Figure | Blasonnement |
|---|---|
| L'Albret ancien, de gueules plain. | |
| L'Albret moderne, écartelé en 1 et 4 d'azur aux trois fleurs de lys d'or et en 2 et 3 de gueules. |


