Ecce torpet probitas

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Ecce torpet probitas

Ecce torpet probitas (en français : Voici que l'honnêteté s'engourdit) est un poème goliardique en latin médiéval. Il s'agit du carme n°3 du recueil Carmina Burana (Codex Latinus Monacensis 4660). Le texte dénonce la corruption des mœurs et la disparition des valeurs morales au profit de l'avarice[1].

« 

Ecce torpet probitas, virtus sepelitur; fit iam parca largitas, parcitas largitur; verum dicit falsitas, veritas mentitur.
Refl. Omnes iura ledunt et ad res illicitas licite recedunt.

2. Regnat avaritia, regnant et avari; mente quivis anxia nititur ditari, cum sit summa gloria censu gloriari.
Refl. Omnes iura ledunt et ad prava quelibet impie recedunt.

3. Multum habet oneris do das dedi dare; verbum hoc pre ceteris norunt ignorare divites, quos poteris mari comparare.
Refl. Omnes iura ledunt et in rerum numeris numeros excedunt.

4. Cunctis est equaliter insita cupido; perit fides turpiter, nullus fidus fido, nec Iunoni Iupiter nec Enee Dido.
Refl. Omnes iura ledunt et ad mala devia licite recedunt.

5. Si recte discernere velis, non est vita, quod sic vivit temere gens hec imperita; non est enim vivere, si quis vivit ita.
Refl. Omnes iura ledunt et fidem in opere quolibet excedunt[1].

 »

« 

Voici que l'honnêteté s'engourdit, la vertu est enterrée ; la générosité devient rare, l'avarice est produe ; la fausseté dit le vrai, la vérité ment.
Refl. Tous violent les lois et se retirent légalement vers des choses illicites.

2. L'avarice règne, et les avares règnent aussi ; chacun s'efforce de s'enrichir avec un esprit anxieux, car la gloire suprême est de se glorifier de ses richesses.
Refl. Tous violent les lois et se retirent impies vers n'importe quelle méchanceté.

3. Le verbe "donner" est un lourd fardeau ; plus que tout autre mot, les riches savent l'ignorer, eux que l'on pourrait comparer à la mer.
Refl. Tous violent les lois et, dans le dénombrement des biens, dépassent toute mesure.

4. En tous est également ancrée la cupidité ; la foi périt honteusement, nul n'est fidèle au fidèle, ni Jupiter à Junon, ni Didon à Énée.
Refl. Tous violent les lois et se retirent légalement vers de mauvais chemins.

5. Si tu veux bien juger, ce n'est pas une vie que mènent si témérairement ces gens ignorants ; car vivre ainsi, ce n'est pas vivre.
Refl. Tous violent les lois et dépassent la foi dans n'importe quelle œuvre.

 »

Description

Le poème exprime une critique virulente contre la décadence éthique. L'auteur déplore la paralysie de l'honnêteté (probitas) et l'effacement de la vertu au profit du règne de l'avarice, désignée comme la racine de tous les maux. Le texte souligne le renversement des valeurs : la vérité devient mensonge et le droit est systématiquement bafoué. Une image satirique célèbre compare les riches à l'immensité de la mer en raison de leur avidité, soulignant leur refus d'utiliser le verbe « donner » (do, das, dedi, dare)[1].

Analyse du texte

Bibliographie

Notes et références

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