Liste des Carmina Burana
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Les Carmina Burana constituent un important recueil de poèmes médiévaux rédigés entre les XIe siècle et XIIIe siècle. Le manuscrit original, le Codex Buranus, a été découvert à l'abbaye de Benediktbeuern en Bavière[1]. Principalement écrit en latin, avec des passages en moyen haut-allemand et en vieux français, le codex rassemble plus de 300 pièces profanes abordant l'amour, la morale, la satire et les plaisirs de la table[2].
Cette liste des Carmina Burana présente les œuvres selon l'édition critique de Johann Andreas Schmeller (1847). Elle recense l'intégralité des pièces conservées dans le manuscrit original[1].
Poèmes moraux et satiriques (1–55)
Cette première section regroupe des pièces à caractère moralisateur et satirique qui portent un regard critique sur la société médiévale. Les auteurs, souvent des clercs ou des Goliards (étudiants errants), dénoncent l'avarice, la corruption ecclésiastique et les injustices sociales. L'ironie et le sarcasme servent à souligner l'écart entre les idéaux chrétiens et les pratiques de l'époque[3].
- De avaritia (1–25) : Critiques sur l'accumulation des richesses, considérée comme un vice majeur. Le texte fustige l'hypocrisie des laïcs et des clercs qui prônent la pauvreté tout en vivant dans l'opulence[3].
- De correctione hominum (26–28) : Appels à l'amendement des mœurs et à la vertu, sur un ton oscillant entre sévérité et dérision[4].
- De conversione hominum (29–32) : Exhortations à la repentance et au retour vers un chemin de droiture face aux dangers du péché[5].
- De ammonitione praelatorum (33–45) : Critiques directes envers la hiérarchie ecclésiastique. Les vers dénoncent la simonie, la luxure et l'abus de pouvoir, marquant une rupture avec les principes originels de l'Église[6].
- De cruce signatis (46–55) : Textes relatifs aux croisés, mêlant encouragements au combat sacré et plaintes sur les motivations réelles, parfois peu nobles, des expéditions en Terre sainte[7].
| Codex | Titre | Auteur | Langue | Sujet |
|---|---|---|---|---|
| CB 001 | Manus ferens munera | – | Latin |
L'argent est présenté comme une force corruptrice qui pervertit la justice et l'ordre social au profit des riches. |
| CB 002 | Responde, qui tanta cupis | – | Latin |
Réflexion sur l'insatiabilité humaine et l'incapacité des richesses matérielles à apporter le bonheur. |
| CB 003 | Ecce torpet probitas | Gauthier de Châtillon | Latin |
La probité décline face à la domination de l'avarice. Comparaison entre l'intégrité et la vacuité des apparences liées à la fortune. |
Carmina amatoria (56-186)
Cette section regroupe des poèmes d'amour qui, bien qu'influencés par la lyrique courtoise, se distinguent par une dimension charnelle marquée. Le sentiment amoureux y est abordé sous divers aspects, de la passion physique à la souffrance. Contrairement à l'idéalisation traditionnelle, ces textes explorent les réalités humaines et sensuelles des relations[8],[9],[10],[11],[12],[13].
- 56-70: poèmes sur l'amour de jeunesse, utilisant souvent le cadre printanier comme métaphore du désir naissant[8].
- 71-87: développement du thème du jeu amoureux et de la séduction, avec une tonalité parfois ironique ou malicieuse[9].
- 88-100: textes centrés sur le plaisir sensoriel, présentant un caractère plus explicite que les sections précédentes[10].
- 101-122a: exploration de la mélancolie amoureuse, incluant la trahison, l'attente et la douleur liée à l'absence[11].
- 123-154: croisement entre les codes courtois et le réalisme quotidien, évoquant notamment des rencontres secrètes et des amours interdites[12].
- 155-186: conclusion de la section traitant l'amour comme une expérience absolue, capable de mener à l'épanouissement comme à la déchéance[13].
Carmina potoria (187-226)
Cette section regroupe des poèmes consacrés au vin, à l'ivresse et à la sociabilité. Le ton y est goliardique, marquant une rupture avec les thématiques morales pour privilégier l'exaltation de la taverne et de la liberté individuelle[14],[15].
- 187-200: Les premières pièces présentent le vin comme une source d'inspiration poétique et un vecteur de convivialité[14].
- 201-226: Ces compositions adoptent un registre plus parodique, décrivant avec ironie les excès de l'ébriété et ses conséquences sociales[15].
Ludi (227-228)
Cette section regroupe deux pièces appartenant au genre dramatique. Ces textes, aux tons variés (sacré ou parodique), témoignent de la richesse des formes spectaculaires médiévales[16],[17].
- 227: Ce premier texte est vraisemblablement lié à une représentation, sacrée ou profane, s'appuyant sur un épisode biblique ou mythologique[16].
- 228: Le second s'apparente à une farce ou à un drame court, caractéristique des traditions théâtrales de l'époque[17].
Supplementum (1-26a)
Cette section rassemble des pièces qui, pour diverses raisons, n'ont pas été intégrées aux catégories précédentes. Il s'agit de textes de nature variée, incluant des poèmes philosophiques ou des fragments d'œuvres plus vastes[18],[19].
Notes et références
- 1 2 Schmeller 1847
- ↑ Rossi 2006
- 1 2 « De avaritia 1-25 »
- ↑ « De correctione hominum 26-28 »
- ↑ « De conversione hominum 29-32 »
- ↑ « De ammonitione praelatorum 33-45 »
- ↑ « De cruce signatis 46-55 »
- 1 2 « Carmina amatoria 56-70 ».
- 1 2 « Carmina amatoria 71-87 ».
- 1 2 « Carmina amatoria 88-100 ».
- 1 2 « Carmina amatoria 101-122a ».
- 1 2 « Carmina amatoria 123-154 ».
- 1 2 « Carmina amatoria 155-186 ».
- 1 2 « Carmina potoria 187-200 ».
- 1 2 « Carmina potoria 201-226 ».
- 1 2 « Ludi 227 ».
- 1 2 « Ludi 228 ».
- 1 2 « Supplementum 1-15 ».
- 1 2 « Supplementum 16-26a ».
Bibliographie
- (de) Johann Andreas Schmeller, Carmina Burana: Lateinische und deutsche Lieder und Gedichte einer Handschrift des XIII. Jahrhunderts aus Benedictbeuern,
- (it) Pietro Rossi, Carmina Burana. Testo latino a fronte, Milan, Tascabili Bompiani, , 8e éd. (ISBN 88-452-5307-4)
- Étienne Wolff, Carmina burana, Paris, Imprimerie nationale, , 560 p.
| Textes | Manus ferens munera (CB 1) Responde, qui tanta cupis (CB 2) Ecce torpet probitas (CB 3) O Fortuna (CB 17) In taberna quando sumus (CB 196) |
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