Edda (revue)

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Edda est une revue poétique et artistique belge de la seconde moitié du XXe siècle, de mouvance surréaliste.

Edda naît à Bruxelles en 1957 d’un groupe de jeunes peintres, sculpteurs ou artistes pratiquant l’assemblage et le collage et d’une revue éponyme comptant cinq numéros dont le premier paraît en et le dernier le . La publication qui présente des textes et des illustrations, porte en sous-titre Cahier international de documentation sur la poésie et l’art d’avant-garde ; son directeur en est Jacques Lacomblez, peintre, dessinateur et poète habitant Bruxelles. La revue compte plusieurs correspondants à l’étranger qui y collaborent dès son premier numéro.

Le dernier numéro a vu son sous-titre modifié en Bureau d’activités du Mouvement Phases en Belgique, : Phases est un mouvement international dans la mouvance surréaliste - et une revue du même nom - créé par Edouard Jaguer à Paris en 1951. En effet, tant le groupe d'artistes de la première heure d'Edda que la revue furent, dès le départ, adhérents de Phases. Cependant, sa direction a le souci de conserver une liberté de choix et d'action : ainsi, la présence des artistes héritiers de Cobra est minime, de même que celle des anciens "Surréalistes révolutionnaires".

Constitué à l'origine de Jacques Lacomblez, Jacques Zimmermann, Marie Carlier, Remo Martini, Camille Van Breedam et Jacques Matton, Edda reste dans la tradition de la poétique surréaliste et d'une ouverture aux données du rêve et de l’inconscient, comme de l’automatisme. Les liens sont réels avec André Breton, que Lacomblez rencontre en 1958 et auquel il dédie un texte, Fragment pour une vie d’Eugénie, dans le quatrième numéro, illustré d’une œuvre de l'auteur de Nadja intitulée Le Hasard objectif (1960) (voir la notion du hasard objectif).

Poètes et plasticiens se mêlent donc et se répondent des quatre coins de l’horizon géographique, générant un mouvement de révélation artistique et non de consécration : des illustrations proposent des œuvres d’artistes déjà confirmés comme Wifredo Lam, Toyen, Pierre Alechinsky, E.L.T. Mesens, Carl-Otto Götz, Enrico Baj, mais aussi de jeunes, ou de peu connus, promis souvent à la notoriété, de Hans Meyer Petersen à Jo Delahaut (de l’époque informelle) en passant par Adrien Dax, Antoni Zydroñ, Konrad Klapheck, Raoul Hausmann, Johannes Molzahn, Servranckx ou Joostens et bien d’autres, dès le premier numéro.

Edda organisa à Bruxelles plusieurs expositions, notamment à la Galerie Toussaint (dont La face inconnue de la Terre en 1960), au château Malou de Woluwé (Regards sur les paysages intérieurs, 1974) ou, avec Phases, au Musée d'Ixelles en 1964, et lors de l'exposition rétrospective "Phases belgiques - courant continu" au Musée des Beaux-Arts de Mons en 1990.

Edda, à l'instar de Phases, "est un pluriel, lieu de conjonction des singularités, où le multiple conquiert son unité, où la solitude découvre ses dialogues, où la question ne cesse de se poser et la réponse de l’éveiller. "[1].

Revues

Bibliographie

Notes et références

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