Edmund Barton

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Gouvernementgouvernement Barton
PrédécesseurPoste créé
Edmund Barton
Illustration.
Edmund Barton en 1902.
Fonctions
1er Premier ministre d'Australie

(2 ans, 8 mois et 23 jours)
Monarque Victoria
Édouard VII
Gouverneur John Hope
Hallam Tennyson
Gouvernement gouvernement Barton
Prédécesseur Poste créé
Successeur Alfred Deakin
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Sydney (Colonie de Nouvelle-Galles du Sud)
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Medlow Bath (en) (Nouvelle-Galles du Sud, Australie)
Nature du décès Insuffisance cardiaque
Sépulture Cimetière de Waverley
Nationalité Australien
Parti politique Parti protectionniste
Père William Barton
Mère Mary Louisa
Conjoint Jane Mason Ross
Diplômé de Université de Sydney
Profession Avocat
Juriste
Religion Chrétien anglican

Signature de Edmund Barton

Image illustrative de l’article Edmund Barton
Premiers ministres australiens

Edmund Barton, né le à Sydney et mort le à Medlow Bath (en) est un homme d'État australien qui est le premier titulaire du poste de Premier ministre d'Australie.

Comme dirigeant fédéral, il est devenu un symbole national dont on retiendra la citation : « For the first time, we have a nation for a continent, and a continent for a nation » (« Pour la première fois, nous avons une seule nation pour un continent et un continent pour nation »).

Sa principale contribution à l'histoire australienne est d'avoir dirigé le mouvement qui a abouti à la création de la fédération dans les années 1890. Élu premier Premier ministre aux premières élections fédérales de 1901, il démissionna de son poste en 1903 pour devenir juge à la Haute Cour d'Australie.

Barton à 17 ans.

Barton est né à Sydney dans le quartier de Glebe. Il est le neuvième enfant de William Barton, un agent de change et de sa femme Mary Louise. Il fait ses études primaires et secondaires à Sydney et est les deux fois major de ces écoles et c'est là qu'il rencontre son ami de toute sa vie qui est par la suite son collègue politique Richard O'Connor. Il fait ses études supérieures à l'université de Sydney où il s'illustra comme joueur de cricket. C'est d'ailleurs sur un terrain de cricket qu'il rencontre en 1870 Jane Mason Ross qu'il épouse en 1877[1]. Il est nommé avocat en 1871.

En 1879, Barton arbitre une partie de cricket entre la Nouvelle-Galles du Sud et une équipe anglaise conduite par Lord Harris. Après une décision contestée de l'autre arbitre, la foule envahit le terrain ce qui était une première pour un match de cricket international. La participation de Barton aux discussions est un des éléments qui permit de calmer la situation et lui fait une très bonne publicité pour ses talents de négociateur et certains disent que ceci l'a aidé par la suite dans sa carrière politique.

Débuts politiques

En 1876, Barton est candidat à l'Assemblée Législative pour l'Université de Sydney mais il est battu par William Charles Windeyer par 49 voix contre 43[2]. Il est battu de nouveau en 1877 mais est élu en . Quand son siège est supprimé en 1880, il est élu pour le siège de Wellington de à puis pour celui de Sydney Est de à . À cette époque il estime qu'il n'est pratiquement pas nécessaire de justifier son soutien au libre commerce[1]. En 1882, il devient "Speaker" de l'Assemblée et en 1884, est élu président de l'Université de Sydney Union. En 1887, Barton est nommé au Conseil législatif sur proposition de Henry Parkes[3]. En , il accepte d'être nommé Ministre de la Justice dans le gouvernement Protectionniste de George Dibbs et ceci malgré ses engagements antérieurs pour le libre commerce. Ce gouvernement ne dure que jusqu'en mars quand Parkes forme un nouveau gouvernement[4].

Campagne pour la Fédération

Barton à l'âge de 34 ans.

Convention nationale australasienne de 1891

L'idée reçue est que Barton est très tôt un fervent partisan de la création d'un État fédéral australien, qui devint un sujet politique très important après le discours de Henry Parkes à Tenterfield. Il est choisi comme délégué à la Convention nationale australasienne en . À cette convention il apporte un soutien appuyé à la liberté complète de commerce et de communication dans une Australie fédérale. Il se fait le partisan de deux chambres parlementaires élues et à la suppression du droit d'appel au Conseil Privé de la Reine. Il participe aussi à un projet de Constitution qui est très proche de celui voté en 1900[1].

Cependant les protectionnistes étaient de tièdes partisans d'un état fédéral et en , Barton démissionne du conseil et se représente devant ses électeurs de Sydney-Est et déclare qu'aussi longtemps que les protectionnistes formeraient un gouvernement hostile à la Fédération, il ne les soutiendraient pas. Il remporte le siège et soutient Parkes mais refuse un poste dans son gouvernement minoritaire. Après le retrait du soutien des travaillistes, le gouvernement est renversé en et Parkes persuade Barton de prendre la tête du mouvement en faveur de la Fédération en Nouvelle-Galles du Sud[1].

Ministre de la Justice

Dibbs forme un gouvernement Protectionniste et Barton accepte le poste de Ministre de la Justice en continuant de pouvoir exercer sa carrière d'homme de loi. Il accepte le poste car Dibbs s'était engagé à soutenir les projets de loi pour la création d'un état fédéral dans la session parlementaire à venir. Son espoir de voir avancer les projets fédéraux s'évanouit quand le gouvernement doit faire face à des problèmes plus urgents notamment avec la grève des mineurs de 1892 et la mise en place d'une réforme complexe de la loi électorale. Il présente ses propositions de loi au parlement le mais est incapable d'obtenir qu'elles passent en commission. Aussi commence-t-il à mener une campagne publique pour soutenir la création de cette fédération en organisant des réunions à Corowa et Albury en . Il réussit à faire passer ses projets de loi en commission en mais il ne peut pas en faire débattre en séance plénière. En , Richard O'Connor, le Ministre de l'intérieur et lui-même sont interrogés sur leur possibilité d'agir contre le gouvernement en tant que juristes privés dans l'affaire Proudfoot v. the Railway Commissioners. Barton se retire aussitôt de l'affaire mais une motion est votée pour interdire aux membres du gouvernement d'agir en tant que juristes privés dans des affaires les opposant à l'État et Barton démissionne sur le champ de son poste de Ministre[1].

Convention fédérale australasienne et référendums

En 1897, Barton est facilement élu en tête des délégués de Nouvelle-Galles du Sud chargés de participer à la Convention Constituante chargée d'élaborer une Constitution pour la fédération. C'est Samuel Griffith qui en rédige la plus grande partie mais Barton est le principal homme politique à la défendre à la Convention[1],[3].

En , Barton est nommé pour la deuxième fois au Conseil Législatif sur proposition de Reid afin de s'occuper des lois fédérales à la Chambre Haute. Ceci permet de donner au Ministre de la Justice de Reid, John Henry Want (en) les mains libres pour s'opposer à la Constitution. En , la convention, se réunit à Sydney pour étudier 286 amendements déposés par les différentes colonies. Le projet de Constitution est achevé en et Barton revint en Nouvelle-Galles du Sud pour mener campagne pour le oui au référendum de juin. Le oui a la majorité des voix, mais il en totalise seulement 71 595 voix alors qu'il en fallait 80 000 pour que la Constitution soit adoptée[1].

En , Barton démissionne de la Chambre Haute pour affronter Reid aux élections législatives mais il perd de peu. En septembre, il remporte l'élection partielle de Hastings et Macleay et est immédiatement nommé chef de l'opposition qui comprend un mélange de pro et d'anti-fédéraux. En Reid obtient suffisamment de concessions de la part des autres États pour rejoindre Barton dans le camp du oui et faire campagne pour le oui au second référendum de , campagne pendant laquelle Barton fit le tour de l'État. Le oui l'emporte par 107 420 voix contre 82 741[1],[4].

En , le parti travailliste change de position et il devient vite évident qu'il voulait renverser le gouvernement Reid. Barton démissionne de son poste de chef de l'opposition car il sait que le parti travailliste refusera de s'associer avec lui et William Lyne prend sa place. Il refuse d'occuper à nouveau le poste de Ministre de la justice dans le nouveau gouvernement et il démissionne de son poste de député en pour pouvoir aller à Londres avec Alfred Deakin et Charles Kingston expliquer le projet fédéral au gouvernement britannique. Celui-ci se montre intransigeant dans sa volonté de refuser la suppression de l'appel au Conseil Privé de la Reine comme la future Constitution australienne le prévoit mais finalement les deux parties se mettent d'accord pour que les affaires internes australiennes relèvent en dernier appel de la Haute Cour australienne et que les autres affaires relèvent du Conseil Privé[1].

Premier ministre

Photo d'Edmund Barton (à gauche) et d'Alfred Deakin en 1898.
Buste d'Edmund Barton à Ballarat.

Presque tout le monde prévoit que Barton, chef du mouvement fédéraliste du plus ancien et puissant état de la fédération, sera le premier Premier Ministre fédéral. Mais le nouveau gouverneur général d'Australie, Lord Hopetoun, tout fraichement débarqué d'Angleterre, charge William Lyne, le Premier Ministre de Nouvelle-Galles du Sud, de former le gouvernement. Aucune élection au parlement fédéral n'ayant encore eu lieu, il ne pouvait pas nommer comme cela se fait traditionnellement, le chef de la majorité parlementaire. Mais Lyne, opposant à la fédération ne peut former un gouvernement et après d'intenses négociations, Barton  est nommé Premier Ministre et il forme le premier gouvernement[1],[3]. L'historien australien McMinn, qui s'est livré à une analyse sans concession de la question nationale, note que lorsque Barton est nommé premier ministre fédéral, sa biographie de fédéraliste est relativement maigre. On soupçonne les Néo-Gallois du Sud d'avoir davantage applaudi un des leurs qu'un premier ministre australien, alors qu'ils étaient relativement réservés sur la création de la fédération[5].

La première tâche du gouvernement Barton est d'organiser les premières élections fédérales qui se déroulent en . Son gouvernement est formé de lui-même qui assurait les fonctions de Premier Ministre et de Ministre des Affaires Étrangères, de George Turner comme Ministre des Finances, d'Alfred Deakin comme Ministre de la Justice, de John Forrest comme Ministre de la Défense, de William Lyne comme Ministre de l'Intérieur, de Charles Kingston comme Ministre du Commerce et des Douanes, de James Drake comme Ministre des Postes, de Richard O'Connor comme Vice-Président du gouvernement et d'Elliott Lewis comme Ministre sans portefeuille. Aux élections législatives, Barton est élu sans adversaire en face de lui dans la circonscription de Hunter et le parti Protectionniste obtient suffisamment de sièges pour pouvoir gouverner en s'alliant avec les travaillistes. À ces élections, tous les ministres sont élus à l'exception d'Elliott Lewis qui est battu et remplacé au gouvernement par Philip Fysh[1].

Un des premiers textes de lois votés est la « Loi sur la restriction de l'immigration » qui applique la politique d'une Australie blanche. Le parti travailliste met comme condition à sa participation au gouvernement une limitation de l'immigration en provenance de l'Asie mais, en pratique, Barton s'est déjà engagé pour cette loi lors de la campagne électorale. Barton déclare : « la doctrine de l'égalité des hommes n'a jamais eu pour vocation de s'appliquer à l'égalité entre un Anglais et un Chinois » (« The doctrine of the equality of man was never intended to apply to the equality of the Englishman and the Chinaman »)[1]. Une des principales réformes est l'introduction du droit de vote pour les femmes aux élections fédérales de 1903[6].

Barton passe la plus grande partie de l'année 1902 en Grande-Bretagne où il assiste au couronnement du roi Édouard VII. Ce voyage est aussi l'occasion de négocier le remplacement des accords de défense navale entre le Royaume-Uni et les colonies australiennes (accords qui prévoyaient la protection de la Royal Navy en cas d'attaque navale de l'Australie par une puissance étrangère) par un accord entre le Royaume-Uni et la fédération australienne[1]. Deakin n'apprécie pas cet accord et l'écarte pour développer à partir de 1908 une véritable flotte de guerre australienne[7].

Barton est un conservateur modéré et bon nombre de vrais libéraux de son parti n'apprécient pas son attitude décontractée dans la vie politique. Barton est un homme corpulent, élégant, jovial, amateur de bonne chère à qui l'on donnait le surnom de "Toby Tosspot" (Cruche ivrogne)[8] dans The Bulletin. En , Barton quitte le Parlement pour devenir l'un des premiers juges de la Haute Cour. Il est remplacé au poste de Premier Ministre par Deakin le .

Juge à la Haute Cour

Références

Annexes

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