Edmée Chandon
astronome française
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Edmée Chandon, née le dans le 11e arrondissement de Paris[1] et morte le dans le 14e arrondissement de Paris[2], est une astronome française. Elle devient le 1er mars 1912 la première astronome professionnelle en poste en France, à l'Observatoire de Paris. Elle est aussi la première femme française obtenant un doctorat ès sciences mathématiques en mars 1930.
| Astronome | |
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| - |
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| Nom de naissance |
Edmée Marie Juliette Chandon |
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| Formation |
Université de Paris (en) |
| Activité |
Astronome (à partir du ) |
| Fratrie | |
| Parentèle |
Tancrède Vallerey (cousin germain) |
| A travaillé pour |
Observatoire de Paris ( - |
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| Directeur de thèse | |
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Biographie
Jeunesse et études
Elle naît à Paris de François Chandon, négociant, et de Marie Duhan. Elle est l’aînée de cinq enfants, Pierre-Marie-Jules, Juliette-Marie, Martial-Marie-Émile et Aurette-Marie.
Sa sœur, Juliette Marie, traductrice et auteure d'ouvrages pour la jeunesse sous le pseudonyme de Gisèle Vallerey, est l'épouse de leur cousin germain, le romancier Tancrède Vallerey.
Son frère Pierre, sous-lieutenant au 20e bataillon de chasseurs à pied, est tué pendant la Première Guerre mondiale et inhumé dans la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette[3],[4].
Bachelière ès-lettres et ès-sciences, elle obtient une licence de mathématiques et de physique[5] à la Sorbonne et est reçue première au concours d'agrégation de mathématiques de jeunes filles en 1908[6].
Entrée à l'Observatoire de Paris
Elle entre à l'Observatoire de Paris en tant que stagiaire en novembre 1908, où elle travaille sur des mesures et réductions de clichés photographiques[7]. L'année suivante, dans le courant du mois de janvier, Jacques Jean Trousset rejoint l'équipe des mesures en tant que stagiaire[8]. Il est lui aussi mathématicien agrégé en 1908[9] et membre de la Société astronomique de France depuis 1909[10]. Ils se marient le 6 avril 1910 à Saint-Cloud. Dans le courant de l'année 1910, Jacques Trousset est appelé à l'Observatoire de Bordeaux[11]. Le mariage tourne court, un jugement de divorce est prononcé le 26 avril 1911[12].
Elle est nommée par arrêté en date du 28 février 1912 à l'Observatoire de Paris comme aide astronome et attachée, à dater du 1er mars.
Elle devient ainsi la toute première femme astronome professionnelle française. Une autre femme admise à l'observatoire, Dorothea Klumpke n'a alors qu'une autorisation d'utiliser le matériel. L'Aurore annonce cette nomination en première page comme une « nouvelle victoire féministe »[13]. À cette époque en effet, de nombreuses femmes travaillent à l’Observatoire, notamment au Bureau international de l’heure et au Service de la carte du ciel, mais elles y effectuent des tâches subalternes de calcul et de service[14].
Carrière et travaux
Le 22 juin 1914, elle représente l'Observatoire de Paris à la Fête du Soleil organisé par la Société astronomique de France à la Tour Eiffel, en présence de Percival Lowell et de Camille Flammarion[15].
Elle améliore en 1916 la détermination de la latitude de l'Observatoire de Paris (48° 50' 11", 21) à partir d'observations d'étoiles avec l'astrolabe à prisme de Claude et Driencourt.
Elle est victime d'un harcèlement de la part d'un employé de l'Observatoire. Licencié en 1913 pour une autre affaire d'agression, ce dernier tente de la tuer en 1919[16].
En 1919, elle est admise à la Société mathématique de France. Dans les années 1920, ses travaux portent sur la mesure des étoiles doubles qu'elle observe avec l'équatorial de la Tour de l'Ouest.
À partir de 1922, elle est également chargée, avec Martial Simonin et Armand Lambert, des observations avec le nouvel instrument des passages commandé à Édouard Bouty par Benjamin Baillaud.
Elle est nommée astronome adjointe en 1924[17], mais n'obtiendra jamais le grade d'astronome titulaire, accordé en 1930 à ses collègues masculins[18].
Le , elle obtient le grade de docteur ès sciences mathématiques. Elle est la première femme française à soutenir une thèse d'État en sciences mathématiques ; les examinateurs sont Ernest Esclangon, Jean Chazy et Armand Lambert. Dans cette thèse, intitulée Recherches sur les marées de la Mer Rouge et du Golfe de Suez, elle montre que les marées de la Mer Rouge offrent un cas typique d'onde stationnaire. Le sujet abordé concerne l'astronomie et la géodésie, deux domaines à la marge du milieu mathématique académique traditionnel[19]. Sa thèse lui vaut le prix La Caille décerné par l’Académie des sciences[20].
En 1935, elle publie avec André Gougenheim un ouvrage bilingue, français et anglais, traitant notamment des astrolabes à prisme qui fera autorité pendant 25 ans[21].
Elle contribue à la diffusion de l'astronomie en donnant des conférences au sein de la Société astronomique de France, dont elle est membre depuis 1912[22].
Retraite et décès
La loi du 11 octobre 1940 sur le travail féminin édicté par le régime de Vichy oblige les femmes de plus de 50 ans à prendre leur retraite. Edmée Chandon est donc mise à la retraite[18] le , mais Ernest Esclangon propose de la réintégrer pour la présenter avec Bernard Lyot, André Couder et Daniel Chalonge afin de pourvoir deux postes d'astronomes titulaires à l'Observatoire de Paris. André Couder y est fermement opposé ainsi qu'il le dit dans un brouillon d'une lettre à l'attention d'André Danjon, datée du : « Je crois qu'Ernest, outre Bernard, tâchera de faire nommer Edmée réintégrée, candidate de son cœur. Ce serait un désastre. »[3]
Le , l'Académie des sciences présente les quatre candidats au ministre de l’Éducation nationale. Bernard Lyot est proposé en première ligne pour le premier poste. Edmée Chandon étant à égalité avec André Couder, 20 voix chacun, les deux sont présentés en première ligne pour le second poste et Daniel Chalonge en seconde ligne[23]. Si le choix du ministre désignait Mme Chandon, elle deviendrait alors la première femme astronome titulaire en France. Le journal Le Matin titre en première page « Pour la première fois une femme sera-t-elle astronome titulaire à l'observatoire de Paris[24] ? », tandis que le quotidien Paris-Midi se demande : « L’Observatoire de Paris va-t-il posséder la première femme astronome ? », alors qu'elle l'est, astronome, depuis 1912[25]. Mais le choix se porte finalement sur André Couder[18].
Elle décède le à l'âge de 58 ans à son domicile du 38 avenue de l'Observatoire. Il semble que, malgré sa mise à la retraite en 1941, elle ait continué à exercer à l'Observatoire de Paris car on trouve mention dans le Journal officiel de la République française de 1945 de son remplacement au poste d'astronome adjoint par Mme Rose Bonnet, docteur et aide astronome à compter du 1er octobre 1945[26].
Les circonstances exactes de sa disparition ne sont pas connues et on trouve très peu de mentions de son décès dans les comptes rendus et autres revues périodiques des associations scientifiques et astronomiques[27]. Dans une lettre à Couder datée du 24 avril 1944, Danjon écrivait : « Madame Chandon a eu une triste fin »[3]. Elle est inhumée au cimetière de Saint-Cloud.
Ses archives (ses notes de travail et papiers scientifiques, une partie de sa correspondance) sont conservées à la bibliothèque de l’Observatoire de Paris[28].
Récompenses
- 1930 : prix La Caille (Académie des sciences)[20].
- 1940 : prix d’Aumale pour ses travaux en mécanique céleste[20].
Hommages

L'astéroïde (1341) Edmée (1935 BA), découvert par l'astronome belge Eugène Delporte, lui est dédié[29].
Une rue porte son nom dans les communes de Guilers (Finistère), Le Pont-de-Claix (Isère), Vailhauques (Hérault), Guipavas (Finistère).
Une école primaire porte son nom dans la commune de Clichy (Hauts-de-Seine)[30].
Une place a été baptisée en son honneur à Nantes[31].
Une station de la ligne A du tramway de Grenoble, située à Pont-de-Claix, porte son nom[32].
Depuis 2018, une impasse de Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine) porte son nom[33].
Le square Edmée-Chandon lui rend hommage dans le 11e arrondissement de Paris, dans lequel elle est née. Il a été inauguré le [34].
Il est prévu d'inscrire son nom au fronton de la tour Eiffel en 2026[35].