Edward Stillingfleet

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Décès
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WestminsterVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Edward Stillingfleet
Portrait de l'évêque Stillingfleet par Mary Beale, circa 1690
Fonctions
Évêque de Worcester
-
Doyen de la cathédrale Saint-Paul de Londres
-
Chaplain to the Sovereign (d)
Biographie
Naissance
Décès
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WestminsterVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Enfant
Edward Stillingfleet (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Edward Stillingfleet ( à Cranborne, Angleterre - dans le quartier de Westminster, Londres) est un théologien anglican et érudit britannique. Remarquable prédicateur, il a été surnommé « la beauté de la sainteté[trad 1] » à cause de sa prestance en chaire[1],[2]. Il a aussi été un écrivain polémique dans sa défense de l'anglicanisme.

Edward Stillingfleet naît à Cranborne dans le comté de Dorset en Angleterre le . À l'âge de treize ans, il s'inscrit au St John's College de Cambridge, où il obtient son diplôme en 1652[3]. Cinq ans plus tard, en 1657, il est nommé vicaire de la paroisse de Sutton dans le Central Bedfordshire[4].

En 1665, après s'être taillé un nom en tant qu'écrivain, il est nommé vicaire de l'église St Andrew Holborn dans le nord-ouest de Londres. Il prêche à l'église Sainte-Marguerite de Westminster le , le lendemain du Grand incendie de Londres ; l'église est si pleine que les gens doivent se tenir debout. Samuel Pepys, haut fonctionnaire britannique, rapporte qu'il ne peut entendre le sermon et se rend dans un pub à la place[5].

Stillingfleet obtient ensuite plusieurs honneurs, dont celui d'être nommé chapelain royal (en) et doyen de la cathédrale Saint-Paul de Londres (1678), ce poste l'amenant à participer à la construction de la nouvelle cathédrale. Il est nommé évêque de Worcester en 1689. En tant qu'homme d'église, il est influent. Par exemple, il s'adresse régulièrement à la Chambre des lords.

Il héberge Richard Bentley, qui fait office de tuteur pendant plusieurs années peu après avoir complété sa formation en 1693. Bentley sera son chapelain et biographe. Il décrit Stillingfleet comme « l'un des meilleurs érudits universels qui a jamais vécu[trad 2] »[4],[6].

En 1691, à sa demande, la reine Marie II d'Angleterre écrit aux magistrats du Middlesex, exigeant d'appliquer plus vigoureusement les lois contre le vice. C'est l'un des premiers jalons de la campagne de la Society for the Reformation of Manners[7].

À sa mort, Stillingfleet laisse une bibliothèque de 10 000 ouvrages imprimés, qui fait maintenant partie de la bibliothèque Marsh à Dublin en Irlande. Sa collection de manuscrits a été achetée par Robert Harley (1661-1724) et donnée en 1753 avec les Harleian Manuscripts au British Mu🇧🇪, dont elle forme l'une des collections fondatrices.

Patronage, politique et opinions

Stillingfleet doit attendre plusieurs années avant d'obtenir une charge d'évêque, à cause de sa disgrâce auprès de la cour royale pendant les années 1680. Il ne manque pourtant jamais de puissants protecteurs. Le premier est Roger Burgoyne, un barrister et député du Long Parlement, qui lui fera la faveur du vicariat de Sutton dans le Bedfordshire. Vient ensuite Francis Pierrepont, un colonel parlementaire et plus jeune frère de Henry Pierrepont, marquis de Dorchester et royaliste, et de William Pierrepont, un homme politique. Les deux lui offrent des fonctions de tuteur. Il est aussi supporté par Harbottle Grimston, Master of the Rolls, qui lui a offert une fonction de prédicateur[8].

La Restauration anglaise ne se déroule pas sans difficulté pour les membres du clergé anglican. Thomas Wriothesley, 4e Earl de Southampton propose Stillingfleet pour occuper un poste de l'église St Andrew Holborn. Humphrey Henchman, évêque de Londres, lui fait rédiger une réplique à la réponse de William Laud à John Percy (alias Fisher)[4]. Stillingfleet démontre alors une aisance à adapter son discours en fonction des attentes politiques du moment. Cette compétence lui vaut d'être catégorisé parmi les « hommes de [grande] latitude[trad 3] » (dans le sens d'avoir une morale très extensible). Stillingfleet devient l'un des meneurs d'un groupe d'anglicans péjorativement surnommé « latitudinaires ». Cette doctrine est issue des enseignements des Platoniciens de Cambridge, mais elle est en défaveur pendant la Restoration. Plusieurs membres qui ont fréquenté l'université de Cambridge ont soit quitté la carrière religieuse devant de sombres perspectives d'emploi ou soit décidé de se fier au patronage pour obtenir une charge ecclésiastique.

Par son approche, Stillingfleet est lié à l'évêque Isaac Barrow (1613-1680), l'homme d'église Robert South et l'ecclésiastique John Tillotson. Ils sont d'accord, par exemple, sur une interprétation littérale de l'exégèse biblique, rejetant toute lecture allégorique[9]. Lui et Tillotson appuient la doctrine dite « érastienne », selon laquelle le chef de l'État détient de grands pouvoirs sur l'Église et ce depuis 1660. Cependant, après la Glorieuse Révolution, ils préfèrent épouser la doctrine de la Basse Église[10]. Stillingfleet applique aussi quelques aspects de la doctrine de la Haute Église avec Gilbert Burnet, Benjamin Hoadly, Simon Patrick, William Powell et William Whiston[11].

Avec Thomas Tenison, Stillingfleet et Tillotson prêche pour la raison la religion naturelle (c'est-à-dire que Dieu, l'âme, les esprits et tous les êtres surnaturels font partie de la Nature). Ils sont décrits comme des arminiens anglicans[12]. Ils sont plutôt arminien que calviniste, jugent que les croyances essentielles forment une partie minime des croyances fondamentales[13] ; de plus, Stillingfleet appuie la réconciliation avec les presbytériens.

« [...] défendent une attitude et une humeur plutôt qu'un credo précis. Même s'ils n'ont pas abandonné l'aspect objectif de la religion, ils insistent surtout sur une bonne perspective morale de la vie. Ils ont tenté de répondre à ce qu'ils croyaient être les plus grands besoins intellectuels et éthiques de leur génération. Ce faisant, ils ont contribué à modifier le caractère de la théologie, la faisant passer de dogmatique à rationnelle[trad 4],[14]. »

Ils jugent favorablement la nouvelle science de leur époque[15]. Lorsque Halley est proposé pour occuper la chaire savilienne d'astronomie en 1691, Stillingfleet analyse avec Richard Bentley la vision matérialiste d'Edmond Halley, qu'il rejette[16].

Œuvres

Notes et références

Annexes

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