Née dans une famille modeste d'Eure-et-Loir, Serrouin exerce comme couturière et épouse le charronJoseph Chauveau en 1876. Elle rejoint ensuite le mouvement anarchiste en France, étant remarquée comme très radicale et prête à l'action. Plus politisée que son époux, elle participe à de nombreuses réunions et rassemblements dans les groupes qu'elle rejoint, en banlieue Nord et Est de Paris. Elle soutient d'autres compagnons, comme Émile Dodot, qu'elle vient aider à l'usine pendant sa maladie. Surtout, elle prend un rôle nouveau pendant l'affaire de Clichy, portant le drapeau noir en tête de cortège, qui mène au conflit, à la fusillade et à l'affaire. Elle adopte la fille d'Henri Decamps pendant son incarcération pour l'aider à survivre.
Serrouin est arrêtée pendant la répression de 1894 pour association de malfaiteurs puis remise en liberté. Elle exprime sa satisfaction de l'assassinat de Sadi Carnot, mais se lamente du fait que celui-ci serait remplacé par un nouveau président.
Arsène Elvire Serrouin naît le à Janville-en-Beauce[1],[2]. Sa mère, sans profession, est nommée Marie Arsène Genty et son père est quant à lui nommé Charles François Serrouin[1].
Elle exerce comme couturière, trouvant un salaire là où les circonstances lui permettent de travailler un temps[1],[2]. Le , elle épouse le charronJoseph Chauveau à Janville[1],[2]. Leur couple, qui s'installe à Levallois-Perret, est très pauvre, Chauveau doit coucher à son travail et elle ne peut donc le voir qu'une fois par semaine[1],[2].
Elle rejoint le mouvement anarchiste en France à cette période et se rend aux réunions et rassemblements anarchistes en région parisienne[1],[2]. Elle est accompagnée de son époux pendant ces activités, mais est notée comme «plus politisée que lui», selon les historiens Rolf Dupuy et Dominique Petit[1],[2]. Les groupes qu'elle rejoint, à Saint-Denis et des espaces environnants sont alors des groupes marqués par une population jeune et ouvrière et relativement radicaux, défendant des idées comme la reprise individuelle ou la propagande par le fait[3].
Surtout, Serrouin prend une importance nouvelle pendant l'affaire de Clichy[1],[2]. En effet, lors de l'événement de violences policières et d'affrontements violents entre anarchistes et policiers, elle est au premier rang, étant celle qui porte le drapeau noir à l'origine du conflit et de la fusillade[1],[2]. Chauveau participe aussi à la manifestation avec elle; les deux parviennent à s'enfuir après les premiers coups de feux[4].
Elvire Chauveau est une exaltée qui fréquentait assidûment les réunions anarchistes où elle entraînait son mari, un brave ouvrier dont la police n'a jamais eu à s'occuper jusqu'ici. Au cours de son interrogatoire, elle a développé des théories insensées et a déclaré qu’elle avait travaillé pour l'humanité. Elle et son mari, toutefois, ont affirmé qu'ils n'étaient pas armés et qu'ils ont pris la fuite aux premiers coups de revolver. Bien que ces déclarations semblent exactes, l'arrestation du couple Chauveau a néanmoins été maintenue.
Elle est arrêtée et reste deux mois en prison préventive, avant d'être libérée[1],[2].
À la suite de la condamnation d'Henri Decamps pour l'affaire, elle recueille sa fille chez elle[1],[2]. Elle aussi est remarquée comme rendant souvent visite au compagnonÉmile Dodot à son travail, le voyant à l'usine pour lui apporter de quoi manger lorsqu'il est malade[1],[2].
Dernières années et disparition
Le , pendant la répression des anarchistes, elle est arrêtée pour «association de malfaiteurs» et perquisitionnée[1],[2]. Lors de cette perquisition, elle confie la fille de Decamps à sa voisine et la police ne trouve aucun élément compromettant[1],[2]. Elle est incarcérée à la prison de femmes de Saint-Lazare puis remise en liberté le 18 suivant sans suites[1],[2].