Er-Reineh

village palestinien d'Israël From Wikipedia, the free encyclopedia

Er-Reineh, Reineh ou Er-Reina (arabe : الرينة ; hébreu : רֵינָה) est une ville palestinienne du nord d'Israël. Située en Galilée[1] entre Nazareth et Kafr Cana, le village obtient le statut de conseil local en 1968. En 2017, sa population était de 20 653 habitants, dont la majorité était musulmans (85 %), avec une minorité chrétienne de 15 %[2].

Pays
Sous-district
sous-district de Jezraël (en)
Superficie
10,9 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Pays, District ...
Er-Reineh
Bâtiment du conseil local
Géographie
Pays
District
Sous-district
sous-district de Jezraël (en)
Superficie
10,9 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
352 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
19 001 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
1 743,2 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Fermer

Géographie

En 1945, la superficie totale d'Er-Reineh était de 16 029 dounams (soit 16 kilomètres carrés), dont 15 899 appartenant à des Arabes, le reste étant des terres publiques[3].

Transports

Chantier du Nofit à Er-Reineh.

Er-Reineh doit être desservi par la ligne Nofit actuellement en construction entre Haïfa et Nazareth.

Histoire

Les fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges des époques du Bronze moyen[4], de l'empire achéménide (Ve – IVe siècle av. J.-C.s)[1], hellénistique (IIe siècle av. J.-C.)[1], romaine (1er siècle av. J.-C. et 2e siècle)[1],[4],[5],[6], byzantine[4],[6], des débuts de la période arabo-musulmane[5],[6], des Croisades[6] et des Mamelouks[6],[7].

Un atelier de fabrication de vaiselle kasher en craie âgé de deux millénaires a notamment été mis au jour. L'analyse des vestiges suggère que les règles de pureté du judaïsme rigoureusement par les juifs de Galilée, à l'instar de ceux du royaume de Juda[8].

De la céramique importée de Syrie et de Grèce aux 14e – 16e siècles atteste de la prospérité du village à l'époque mamelouke[7].

Empire ottoman

Carte de la région d'Er-Reineh dans les années 1870 situant la source d'Ain Kana, identifiée par Claude Reignier Conder comme le lieu de la Cana biblique[9],[10].

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.

Selon le defter (registre fiscal) ottoman de 1596, Er-Reineh relevait de la nahié de Tabariyya (Tibériade) et de la liwa de Safed. La population imposable était de 139 foyers et six célibataires musulmans, plus six foyers chrétiens. Ils payaient des impôts sur leurs productions agricoles : 5 200 akçe sur le blé, 2 100 sur l'orge, 350 sur les arbres fruitiers, 200 sur les jardins potagers et les vergers, 250 sur les chèvres et les ruches, plus des taxes diverses et 480 akçe de djizya[11],[12].

Des découvertes archéologiques de l'époque ottomane ont aussi été faits à Er-Reineh[7].

Une carte issue de la campagne d'Égypte et de Syrie du général Napoléon Bonaparte dessinée par Pierre Jacotin montre le lieu sous le nom d'El Raineh.[13]. En 1806, Ulrich Jasper Seetzen note la présence d'une source à Reni, et estime que la population est partagée pour moitié entre musulmans et chrétiens orthodoxes[14].

En 1838, la population d'Er-Reineh est décrite comme mixte entre chrétiens orthodoxes et musulmans sunnites[15] ; une église orthodoxe est signalée en 1852[16].

En 1875, Victor Guérin note la source abondante à A'in er Reineh, dotée d'un bassin qui voisine avec un sarcophage utilisé comme abreuvoir et orné de sculptures. Les jardins sont plantés de figuiers et de grenadiers. Il estime la population de Reineh à 800 habitants, pour moitié musulmans et pour moitié chrétiens orthodoxes, plus quelques anglicans, sous l'effet d'une mission anglicane qui a fondé une école[17].

En 1881, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit Er-Reineh comme un grand village aux maisons bien construites peuplé d'environ 500 chrétiens et 500 musulmans et doté de deux sources. La première est appelée 'Ain Kana[18].

Une liste de population de 1897 recense environ 1150 habitants, pour moitié chrétiens et pour moitié musulmans[19].

Période du mandat britannique

Église Saint-Joseph charpentier.

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d'Er-Reineh est conquise fin 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Reineh a une population de 787 habitants, dont 423 chrétiens et 364 musulmans[20]. Parmi les chrétiens, 203 étaient orthodoxes, 87 catholiques, 101 de l'Église grecque-catholique melchite et 32 anglicans[21]. Au recensement de 1931, la population augmente à 1015 habitants vivant dans 243 maisons. Il y avait 625 musulmans, 389 chrétiens et un juif[22].

Le tremblement de terre de 1927 touche Er-Reineh plus que les villages voisins. Les chrétiens reconstruisent leurs maisons dans un secteur qui prend le nom de New Reineh[23].

Selon les Statistiques de Village de 1945, la population d'Er Reina est estimée à 1290 habitants, dont 500 chrétiens et 790 musulmans[24].

Guerre de 1948 et massacre

L'école du patriarcat latin à Er-Reineh.

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Er-Reineh est attribué à l’État arabe[25].

L'armée israélienne s'empare d'Er-Reineh en juillet 1948, pendant l'opération Dekel[26]. En septembre , 14 habitants sont massacrés par les autorités israéliennes après avoir été détenus près du village, menés à Er-Reineh et accusés de contrebande. Parmi les victimes se trouvaient une jeune femme et Yousouf al-Turki, membre du Parti des travailleurs de la Terre d'Israël, le parti de David Ben Gourion[27],[28].

En décembre 1948/janvier 1949, le gouvernement israélien décide de déplacer les derniers habitants de Saffuriya à Er-Reineh, les colonies juives voisines de Saffuriyya convoitant leurs terres[29]. Quand les derniers habitants de Saffuriya sont expulsés en 1949, 14 le sont vers le Liban, les autres dispersés entre Nazareth, Ilut, Kafr Cana et Er-Reineh. Les trois kibboutz voisins de Saffuriyya se sont partagé 630 hectares des terres de Saffuriyya[30].

Démographie

En 2022, la totalité de la population était des Palestiniens d'Israël : 85,4 % de musulmans et 14,8 % de chrétiens[31].

Les principales familles musulmanes vivant à Er-Reineh étaient les Al-Bassoul, Al-Zidan, Al-Jiyussi, Al-Khutba, Al-Zaroura, Al-Sbarja Arabs, Al-Saydi, Al-Tatur, Al-Asila – Al-Hashma, Al-Othmanah – Al-Othamla, Tatur, Al-Gharaba, Al-Maghariba (Al-Maghrabi, Algériens), Al-Mu‘ammar, Al-Munasirah, Mansour et Al-Mustrihi.

Les chrétiens d'Er-Reineh appartiennent à quatre confessions : la principale est l'Église orthodoxe, puis l'Église grecque-catholique melchite, l'Église catholique et l' Église anglicane. Parmi les familles chrétiennes on compte les Abou Hanna, Abou Khadra, Ayoub – Boulos, Bransi, Jubran, Khamis, Khouri, Rashid, Rawashdeh, Rizq, Al-Sakran, Al-Sayegh, Arram, Karim, Mazzawi, Muslim, Nawatheh, Nweesrah et Worour[32]

Archéologie

L'atelier de taille de vaiselle de craie de période romaine découvert à Er-Reineh est le quatrième de ce type mis au jour en Israël avec ceux d'Hizma et de Jebel Mukaber (tous deux proches de Jérusalem) et le quatrième proche d'Er-Reineh[8].

Sports

Le club de football local, le Maccabi Bnei Reineh F.C., participe au championnat d'Israël de football de première division depuis la saison 2022-2023 (soit quatre championnats.disputés à ce jour) après avoir remporté le titre de champion de 2e division israélienne en 2021-2022.

Galerie

Personnalités liées à Er-Reineh

  • Dareen Tatour, poétesse et militante née à Er-Reineh en 1982
  • Eyad Hutba, joueur de football professionnel au club local et en équipe d'Israël
  • Salem Hanna Khamis (1919-2005), économiste palestinien, il soutient sa thèse à l'University College de Londres lors de la guerre de Palestine de 1948 et se vit interdire l'entrée en Israël ensuite.

Voir aussi

Références

Annexes

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