Quartier Schuman
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Cet article est une ébauche concernant la Région de Bruxelles-Capitale.
| Quartier Schuman | |
Le rond-point Robert Schuman. | |
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| Région | |
| Ville | Bruxelles |
| Arrondissement | Bruxelles-Capitale |
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Le quartier Schuman (en néerlandais : Schumanwijk) est un petit quartier de l'extension est de la ville de Bruxelles, en Belgique. Au début du XXIe siècle, il est presque entièrement occupé par des bureaux, principalement des institutions européennes[1], formant le noyau du quartier européen.
Le quartier est délimité à l'ouest par la vallée du Maelbeek, aujourd'hui occupée par la chaussée d'Etterbeek, à l'est par le parc du Cinquantenaire ou l'avenue de la Joyeuse Entrée, au nord par les rues Joseph II et Stévin, et au sud par la rue Belliard, qui marque la limite avec la commune d'Etterbeek.
1840-1870

L'urbanisation du quartier commence avec la construction d'un pont faisant traverser la rue de la Loi au-dessus de la vallée du Maelbeek, en 1855. Au bout de cette rue, un rond-point est alors construit, aujourd'hui appelé rond-point Schuman. Y s'articulent deux axes que deviennent les avenues de Cortenbergh et d'Auderghem[2].
1870-1880
Les années 1870 se traduiront par l'expansion progressive du quartier Lépold vers la campagne entre la chaussée de Louvain, l'avenue de Cortenbergh et la rue de la Loi, le futur quartier Schuman. Cependant, en 1875 on entame des travaux importants avec comme but d'enterrer les voies de la gare du Luxembourg sous le boulevard Charlemagne afin de garantir une continuité urbaine de la ville et résoudre d'importants problèmes de nuisance (bruit des trains et fumées) et de sécurité (traversée en pleine ville). Quant à la rue Belliard, elle sera prolongée jusqu'à la rue d'Auderghem.
Fin du XIXe siècle et XXe siècle

Les années 1950 amèneront un profond changement pour le quartier Schuman notamment dû à l'implantation des bâtiments de la Communauté Européenne. Ces constructions se poursuivront dans les années 1970 ce qui aura pour conséquence de modifier le parcellaire jusqu'à faire disparaître certains îlots au profit de ces dernières. De 1970 à 1974 ce seront principalement des infrastructures viaires qui verront le jour afin d'améliorer l'accessibilité. Parmi lesquelles, on retiendra la construction du tunnel de la rue Belliard ainsi que de la rue de la Loi.
Le tunnel de prémétro, passant sous la rue de la Loi, avait été inauguré en 1969. Il est transformé à cette époque pour accueuillir le métro lourd, dont les premières rames roulent à partir de 1976.
Le pensionnat de Berlaymont

Devant quitter leurs locaux au centre ville, dans le chemin pour la construction du nouveau Palais de Justice et l'aménagement de la future Place Poelaert, le couvent et le pensionnat du Berlaymont déménage, le 16 juillet 1864 dans un quartier campagnard. Elles s'installent, loin des fureurs de la vie citadine, à front de la rue de la Loi qui vient d’être prolongée jusqu’à la nouvelle plaine des manœuvres située au futur parc du Cinquantenaire. Leurs nouveaux bâtiments entourent à l’arrière un beau parc. Le chevet de la nouvelle église, achevée en décembre 1876, était visible depuis le boulevard Charlemagne[réf. nécessaire].
À la fin des années 1950, la présence de cette vaste parcelle attire les promoteurs immobiliers privés. Le , le gouvernement belge fait une offre de 2,38 millions d'euros avec en plus un échange de propriétés contre un terrain de 26 hectares dans le domaine d'Argenteuil à Waterloo. L'ensemble du complexe monastère et scolaire déménage, laissant l'État Belge acquéreur de la propriété, rue de la Loi, pour y construire le centre administratif de l'union européenne[3]
Le couvent Van Maerlant
Aujourd'hui, le couvent des Dames de l'adoration perpétuelle se situe rue Van Maerlant dans le quartier Léopold, toutefois cela n'a pas toujours été le cas. Elle est passée d'une simple chapelle aux instances de la communauté européenne.
En 1455, une chapelle est bâtie rue des sols près du Mont des arts (quartier Terarken). Elle est construite par Gilles Van den Berghe avec les autorisations du Pape Eugène IV. Plus tard, le bâtisseur construit un hôtel de maître accolé à la chapelle. Celui-ci est vendu par les descendants du constructeur au prince Henin-Liétard dont la petite fille épouse le comte Salazar, ce qui donnera le surnom de « Saint-Lazaire » à la chapelle.
En 1735, la chapelle est rénovée en style néo-classique. La baronne d'Hoogvorst rachète la chapelle Saint-Lazaire et l'hôtel particulier en 1847. Elle y place l'ordre des Dames de l'Adoration Perpétuelle fondé par Anna de Meeûs.
C'est en 1858 que la baronne y rajoute une église en briques rouges de style « néo-ogival » .
À Bruxelles, en 1908, les grands travaux pour construire la jonction nord-midi commencent, ce qui a comme conséquence la destruction de l'ilot entre la rue des sols et la rue Ravenstein où se trouvent l'église, l'hôtel des maîtres et la chapelle des Dames de l'Adoration perpétuelle. L'expropriation de l'ordre les amène à créer une réplique de l'église en briques rouges et de la chapelle Saint-Lazaire, à côté d'un nouveau couvent dans la vallée du Maelbeek.
À la suite des deux grandes guerres, les travaux de la jonction nord-midi sont temporairement arrêtés. L'ancien bâtiment des sœurs devient alors un auditoire pour l'université libre de Bruxelles en 1923.
La finalisation du chantier reprend après la Seconde Guerre mondiale. La chapelle et l'hôtel de maître ne sont totalement détruits qu'en 1955. Il existe donc deux chapelles identiques à Bruxelles pendant près de 50 ans. Les sœurs, de moins en moins nombreuses, ne sont plus capables de s'occuper du couvent et déménagent en 1974 dans un lieu plus adapté. Les bâtiments vivent à partir de cette date une sombre période durant laquelle ils sont abandonnés, des messes noires y sont célébrées et l'intérieur subit de nombreuses dégradations.
Jusqu'en 1989 où le CFE rachète le complexe dans l'intention de simplement garder la chapelle et de détruire le reste pour y créer des bureaux. Cependant l'administration bruxelloise les oblige à garder la totalité des façades et le volume du couvent existant.
En 1993, ils font appel au groupe d'architecte AA pour réaliser la reconversion du couvent. La reconversion/restauration débute en 1994 et s'étend jusqu'en 1999.
C'est en 2000 que les bureaux sont occupés par la commission européenne, qui y installe une bibliothèque deux ans plus tard.
Les dames de l'adoration perpétuelle
Anna-Marie-Pauline de Meeûs (1823-1904) fonde le petit institut (qui deviendra de droit pontifical en 1872) des Dames de l'Adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement avec son amie Léopoldine de Robiano.
Tout commence en 1843, lorsque Anna de Meeûs, alors âgée de 20 ans, visite la sacristie de l'église d'Ohain, elle est frappée par son état déplorable et trouve sa vocation. Elle imagine une association qui maintienne la foi par l'adoration.
L'association s'installe à Bruxelles mais aussi à Gand, Anvers, Bruges, Namur, Tournai et Mons (et même en dehors de la Belgique, en Europe, en Asie, en Australie ou encore aux États-Unis où elle porte le nom de Tabernacle Society).
En 1857, elle s'installe rue des sols, dans l'ancien hôtel Salazar (seules quelques religieuses et novices) mais sera transférée rue Van Maerlant à cause des travaux de la jonction nord-midi.
Cette congrégation est particulière par la très forte présence aristocratique, en effet la famille de Meeûs fait partie de la noblesse belge.
L'appellation Dames au lieu de sœurs est une prétention, cela démontre l'appartenance à « l'aristocratie conventuelle ».
À partir de 1969, elles prennent le nom de Religieuses de l'Eucharistie.
Reconversion du couvent
Depuis 1989, un projet de reconversion est pensé pour le couvent abandonné mais ce n'est qu'en 1994 que les travaux de reconversion débutent avec le groupe d'architectes AA. Une des premières transformations est le rajout d'un volume dans la cour intérieure qui permet de la transformer en un atrium protégé d'une couverture de verre et d'acier. Un autre grand changement est la division en plusieurs étages de l'ancienne église du couvent. En effet, la bibliothèque se trouve au quatrième niveau qui se situe à quelques mètres du plafond de l'ancienne partie sacrée (le cœur). La charpente du toit de l'église est remplacée par un système de poutres et de tirants en acier. Ils permettent une extension de la bibliothèque sous les combles.
Les ouvertures en arc brisé sont épousées par un châssis noir qui reprend la forme exacte de l'arc.
Le seul élément qui est restauré dans l'état d'origine est la petite chapelle St-Lazaire, appelée aujourd'hui chapelle pour l'Europe ou Chapelle de la Résurrection, qui est accolée à l'ancienne église. Elle est officiellement consacrée le par l'archevêque de Malines-Bruxelles, le cardinal Godfried Danneels.
Édifices publics et communautaires
Outre les dames de Berlaimont, qui implantent dès 1864 un pensionnat pour filles sur le site de l'actuel complexe éponyme, plusieurs communautés religieuses investissent le quartier : celle des dames de la Retraite, qui fondent deux établissements scolaires, ainsi que la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion, responsables de deux institutions médicales. Deux autres communautés, les Sœurs Gardiennes de l'Eucharistie et les Sœurs Franciscaines de la Sainte-Famille, étaient installées côte à côte au boulevard Clovis, dans des bâtiments aujourd'hui démolis, conçus respectivement en 1900 et 1910. Entre la rue Leys et l'avenue de la Renaissance s'implante en outre une communauté dominicaine, qui y édifie, de 1901 à 1906, un couvent et une église.
Le quartier nord-est se dote en outre progressivement d'institutions éducatives. Avant l'urbanisation, un orphelinat pour filles s'implante à l'angle de la rue du Noyer et de l'avenue de Cortenbergh (architecte Vanderrit, 1869) ; il est aujourd'hui démoli. À la même époque est érigée, le long de la rue du Caillou, future rue des Éburons, l'école communale no 9 (architecte J. Segers, 1864).
Avant d'accueillir les enfants des bourgeois du nouveau quartier, cette école était destinée à scolariser ceux des petites gens du quartier Granvelle.
Entre 1899 et 1908, pas moins de sept institutions scolaires voient le jour : l'École militaire, conçue à partir de 1899 en bordure du parc du Cinquantenaire ; une école primaire (architecte E. Reposeur, 1899) et un pensionnat catholique (architectes E. et L. Reposeur, 1902), érigés respectivement rues Charles Quint et des Confédérés ; des locaux scolaires aménagés en 1902 par le cercle de Saint-Josse, au n° 21 de la rue John Waterloo Wilson ; deux écoles moyennes, l'une de filles, l'autre de garçons, conçues en 1904 par l'architecte Edmond De Vigne. Une seconde école primaire communale, dessinée par l'architecte Théo Serrure en 1902; et enfin une école communale ménagère, créée en 1908. Il faut attendre 1921 pour que soit conçue une crèche dans le quartier. Elle est dessinée par l'architecte de la Ville F. Malfait, face à l'Athénée Max-Carter.
Symbole de l'excellence des conditions d'hygiène du quartier, un Institut chirurgical s'implante en plein cœur de celui-ci, au square Marie-Louise, le complexe est géré par les Sœurs de Notre-Dame de la Compassion. Quatre ans plus tard, ces dernières commandent au même architecte la Maternité Sainte-Anne, implantée juste derrière l'Institut, rue Boduognat no 13-17. Désaffectés, les deux complexes font actuellement l'objet de projets de réaffectation.
Le bâtiment du Berlaymont

Contexte historique et politique
Après la seconde Guerre mondiale, Bruxelles est passée du rang de capitale nationale à celui de centre politique et économique international, faisant passer à la fin du XXe siècle la surface totale de bureaux à une superficie de {{unité[6275000|m|2}}, soit un quart du bâti total. La majeure partie de cette surface est réalisée dans le quartier Léopold. À la suite d'une croissance particulièrement rapide des administrations européennes, le gouvernement belge conclut à long terme des contrats de locations avec les promoteurs immobiliers pour relouer ensuite les immeubles aux institutions européennes à prix avantageux.
Cette situation présentait des désavantages spatiaux et financiers, et le gouvernement proposa de construire un centre administratif prestigieux capable de réunir toutes les institutions européennes.
Cette décision trahit le souci de consolider les chances pour Bruxelles de perdurer comme siège unique. En 1958, face aux réserves du président de la commission Européenne quant à la construction d'un nouveau centre administratif à Bruxelles, le gouvernement belge souhaite accélérer la procédure et décide, de sa propre initiative et à ses frais, de construire un « centre administratif Europe ».
Lucien de Vestel est désigné pour concevoir ce Nouveau Centre administratif emblématique, assisté par Jean Gilson du groupe Alpha et les frères Polak, qui réaliseront entre autres le World Trade Center au quartier Nord et exécuteront la construction de l'Atomium à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1958. Lucien de Vestel, en bons termes avec le maitre de l'ouvrage (le ministère des travaux publics), est également familier du quartier Léopold et de ce type de mission après avoir achevé l'extension du Musée d'Histoire naturelle dans le parc Léopold, ainsi qu'un projet urbanistique dans les alentours de la gare du Luxembourg.
Le site
Bien que les autorités belges aient impliqué des représentants des institutions européennes dans les étapes préliminaires du processus de conception, elles choisissent de manière unilatérale le quartier Léopold comme site de construction, en ignorant les recommandations de la ville de Bruxelles en faveur du plateau du Heysel.
Ce choix part du principe que les instances européennes se rallieraient plus facilement à une stratégie de regroupement qu'à une relocalisation complète.
À la fin des années 1950, il n'y avait toutefois plus de place pour un programme d'une telle ampleur dans une zone aussi densément construite que le quartier Léopold. Le grand jardin de l'Institut des Dames de Berlaymont, dans la rue de la Loi, était le seul espace libre offrant une superficie adéquate, et occupé jusqu'alors par l'un des plus anciens et des plus prestigieux pensionnats de Bruxelles, fondé en 1625.
L'ilôt complet, bien que compris entre la rue de la Loi, la rue Archimède, le boulevard Charlemagne et la rue Stevin, est relativement exigu pour accueillir 5 000 fonctionnaires. La hauteur du bâtiment ne pouvant pas excéder les 50 mètres de hauteur, rend la parcelle encore moins adaptée à un programme si colossal.
Caractéristiques architecturales
Le plan en étoile à quatre ailes inégales autour d'un noyau de circulation central rappelle l'immeuble de l'UNESCO, dont la construction venait de s'achever à Paris, et qui avait lui aussi été frappé par des restrictions de hauteur. D'importantes parties du programme du Berlaymont furent en conséquence installées en sous-sol : un parking d'une capacité de 1632 voiture, deux restaurants pouvant servir 2400 repas par jour et deux énormes volumes pouvant être compartimentés à l'aide de cloisons motorisées en plusieurs salles.
L'aspect le plus innovant du bâtiment Berlaymont est, sans conteste, son aspect structurel. Les douze plateaux sont en effet suspendus à des poutres Préflex en porte-à-faux, qui reposent à leur tour sur un noyau en béton en forme de croix, avec des bras asymétriques de 9 m de largeur et de longueur variable. Les espaces de bureaux sont situés entre ce noyau et les murs-rideaux ; le noyau central abrite les archives, les salles de réunion, les sanitaires et les cages d'ascenseur.
La poutre Préflex avait été imaginée par l'ingénieur belgo-polonais Abraham Lipski en 1950. Cette poutre consistait en un profilé d'acier précintré à haute limite d'élasitcité, dont la semelle tirée est bloquée par un béton de haute qualité. Grâce à sa résistance et à sa rigidité exploitant de manière optimale les propriétés de l'acier et du béton, elle permettait de grandes portées avec des hauteurs de construction minimales. La poutre Préflex fut appliquée dans toute une série de bâtiments remarquables de la Région bruxelloise, dont la tour du Midi.
Une précaution particulière fut apportée en matière de résistance au feu. En raison du système structurel de plateaux suspendus, tous les câbles et éléments de plancher en acier furent emballés dans l'amiante, comme il était d'usage à l'époque. Alors que cette attention sécuritaire fut saluée positivement par la presse spécialisée à l'époque, c'est précisément cet aspect qui allait conduire vingt ans plus tard à l'évacuation et au démantèlement du complexe.
La proximité immédiate d'un grand nombre d'axes ferroviaires et routiers, des lignes de métro, constituent autant de sources de vibration et de bruit. Les salles de réunion souterraines furent donc conçues selon le principe du « box in box », visant à rendre l'espace intérieur structurellement indépendant de l'enveloppe extérieure.
Polémique
Bien que le concept structurel autorisait une durée de construction théorique de 24 mois du fait que toutes les composantes de construction aux étages pouvaient être pré-fabriquées pendant la pose des fondations, la réalisation du complexe s'étala sur huit années (1962-1970). Toutefois l'épisode le plus sujet à polémique fut l'opération de désamiantage du bâtiment. En 1991, le bâtiment est évacué par les fonctionnaires européens pour permettre son désamiantage, et par la même occasion, organiser sa rénovation. La fin des travaux, prévue pour 1995, n'aura lieu qu'en 2004, entrainant des coûts faramineux assumés dans leur totalité par l'État belge. Pendant que le contribuable belge payait l'ardoise colossale du gouffre de ces travaux interminables (parfois estimés à 45 milliards d'euros), les promoteurs louaient à prix d'or d'autres bureaux à la commission européenne. L'opacité du mauvais déroulement des travaux, sujets à de nombreux sabotages, et la confusion d'intérêts entre le privé et le public au sein même de la SA Berlaymont 2000 ont fait couler beaucoup d'encre dans la presse belge.
Bâtiment Berlaymont
Le bâtiment du Berlaymont fut construit entre 1963 et 1969 sur le terrain de l'ancien couvent des Dames de Berlaymont, un pensionnat pour jeunes filles aujourd'hui situé à Waterloo. Il était le premier bâtiment construit lors de l'implantation des services des Communautés Européennes à Bruxelles, il est aujourd'hui le siège de la Commission. Il accueille quelque 3000 fonctionnaires. Conçu par les quatre architectes Lucien de Vestel, Jean Gilson, André Polak et Jean Polak, le bâtiment, qui se veut emblématique, est en forme d'étoile à quatre branches inégales. Le système structurel de l'édifice est ingénieux : les étages sont suspendus à une structure partant du sommet du noyau central du bâtiment.
En 1991, de lourds travaux de désamiantage et rénovation sont entrepris. Le bâtiment est finalement ouvert à nouveau 13 ans plus tard, en 2004. Il présente une façade neuve, modernisée et à l'image symbolique du bâtiment.
Comme la plupart des bureaux construits dans les années 1960, il présentait de gros problèmes de confort, notamment thermique. Dans son cas, il était impossible d'ouvrir les fenêtres car l'ensemble du bâtiment était climatisé. Il était bien trop énergivore et l'intérieur manquait de lumière naturelle.
La nouvelle façade est composée d'une double paroi : la façade intérieure est un mur rideau performant et les nouvelles fenêtres sont désormais ouvrantes. La façade extérieure est constituée de lamelles de verre mobile, recouvertes d'un film imprimé de points blancs extérieur et noirs sur leur face intérieure. Ce système offre une perméabilité à la lumière optimale tout en réduisant l'éblouissement. La rotation de ces lamelles est gérée par ordinateur grâce à une petite station météo présente sur le toit du bâtiment, afin de s'adapter au mieux aux conditions climatiques en temps réel. En hiver, ce dispositif limite les déperditions de chaleur. En été, il agit en écran solaire. Il sert également de barrière acoustique contre les bruits de la circulation dense du quartier.
Bâtiment Charlemagne
Le bâtiment Charlemagne, conçu en 1967 par l'architecte Jacques Cuisinier, fut également l'un des premiers bâtiments construit pour accueillir les institutions européennes à Bruxelles. Il se situe à l'intersection du boulevard Charlemagne et la rue de la Loi, entre le jardin de la Vallée du Maalbeek et le bâtiment Berlaymont, construit la même année. Tous deux avaient été construits pour accueillir les premiers services de la Commission Européenne. Il devient cependant le siège du secrétariat du Conseil de l'Union Européenne en 1971.
En 1995, le Conseil déménage au bâtiment Juste Lipse, permettant une rénovation du bâtiment. Sa superficie est augmentée et sa branche centrale est réduite et arrondie. L'architecte allemand Helmut Jahn chargé du dessin de la nouvelle façade extérieure. À sa réouverture en 1998, la Commission Européenne prend occupation des lieux.
Le Résidence Palace
Le Résidence Palace est un ancien immeuble d'appartements de luxe style Art-Déco. Il a été rêvé par le promoteur Lucien Kaisin et dessiné par l'architecte Michel Polak dans les années 1920.
Son bâtiment principal abrite aujourd'hui un centre de presse international tandis que l'autre aile, située sur la rue de la Loi, fait partie de Europa, le nouveau siège du Conseil européen conçu par le bureau belge Samyn.
L'avant-projet
Tout commence en 1920, lorsque Lucien Kaisin, homme d'affaires spécialisé dans la promotion immobilière fait l'acquisition d'une série de biens implantés rue de la Loi. La parcelle de 1,5 hectare qui est en bordure de chemin de fer ne lui coûte pas grand-chose à l'époque. La guerre qui venait de se terminer avait mené à une pénurie de logements et les habitudes des riches bruxellois commençaient à changer : ils quittaient leurs maisons unifamiliales pour s'installer dans des appartements. L'idée du promoteur fut alors de « remédier à la crise du logement consécutive à la guerre, particulièrement pour l'aristocratie et la haute bourgeoisie ».
L'homme d'affaires entreprend dès lors un voyage pour dénicher l'architecte qui réalisera ses idées. En Suisse, à Montreux, il découvre « Riant-Château » et c'est l'architecte de ce bâtiment, Michel Polak, qu'il choisira pour dessiner son projet : « construire le plus prestigieux complexe d'appartements de luxe en plein cœur de Bruxelles ».
Michel Polak est directement intéressé. En 1921, c'est la crise en Suisse. L'architecte ne reçoit que peu de commandes. Le projet de Lucien Kaisin est pour lui une chance de relancer sa carrière d'autant plus qu'il a de l'expérience dans ce genre de projet colossaux et luxueux. En Suisse, il a déjà dessiné des hôtels de luxe, des hôpitaux, des bâtiments pour la poste, des villas...
Le Résidence Palace
Les premiers plans du Résidence Palace sont dessinés à Montreux dès 1921. De son côté, l'ingénieur Alexandre Sarrasin prépare les plans techniques du bâtiment. Un lourd travail de fondation a également dû être réalisé en raison de la mauvaise qualité du sol bruxellois : les ingénieurs ont eu recours à 2458 pieux Franki.
Le bâtiment sera finalement construit de 1922 à 1927. Il est composé de 5 blocs : les blocs A, B et C abritent les appartements familiaux, le bloc D correspond aux garages tandis que le bloc E héberge les vieux célibataires. S'articulant autour de patios intérieurs et d'une cour au centre du complexe, l'agencement des bâtiments fait penser à un morceau de ville autonome. Ces blocs sont ensuite divisés en 10 quartiers et 180 appartements qui vont de 3 à 20 pièces. Cet imposant ensemble s'élève jusqu'à 10 niveaux au-dessus du sol. Il s'inspire fortement des gigantesques palaces new-yorkais où on retrouve déjà beaucoup d'éléments décoratifs Art-Déco.
Ce premier ensemble d'immeubles d'appartements de luxe de Bruxelles se veut à la pointe du confort moderne : distribution d'eau chaude et froide, électricité, chauffage central, monte-plats, gaine à ordures, etc. C'est également une véritable ville dans la ville : en plus des logements, le Résidence Palace offre une multitude de services pour que les résidents disposent de tout à proximité. On pouvait donc y voir : deux restaurants, une salle de théâtre, une salle de projection, salles de réunions, piscine, salle de gymnastique, une banque et des coffres, un bureau de poste, un coiffeur, des garages, court de tennis et jardins à la française en toiture, en plus de nombreux commerces divers.
Au niveau spatial, la disposition des appartements reprend les principes de base de la maison individuelle : séparation des fonctions vie privée, réception et service. L'architecte a également préféré que les séjours donnent sur la rue intérieure du complexe plutôt qu'ils bénéficient d'une orientation en fonction du soleil. Cette orientation sur la rue recrée permet d'offrir des perspectives ménagées par les soins de l'architecte plutôt que d'avoir des vues sur l'intérieur des îlots.
De l'ouverture du Résidence Palace jusqu'à la guerre
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Le , le public et la presse sont invités à venir découvrir le Résidence Palace. Les visiteurs sont agréablement surpris. Le complexe connait un énorme succès : au début, ils avaient plus de demandes que d’appartements disponibles. Toutes les grandes familles de Belgique s’y déplacent.
On voit également une élite cosmopolite s'y développer. Il s'y croisait des nobles, des diplomates étrangers, des banquiers, des écrivains, des officiers...
Mais le succès ne durera pas longtemps. On remarque un déclin à partir de 1933-1934. Certains diront que c'est la crise économique, d'autres pensent que le projet était surdimensionné pour une ville comme Bruxelles ou encore que cette « utopie aristocratique » était trop ambitieuse.
Ça n'empêchera pas Michel Polak lui-même d'y habiter quelques années jusqu'en 1941 où l'armée allemande arrive et donne huit jours aux résidents pour quitter les lieux. Les allemands y installeront leurs bureaux pendant la guerre.
En 1944, ce sont les troupes anglaises qui y établiront leur camp de base.
Après la guerre
Le complexe ne retrouvera jamais son affectation d'origine. En 1947, la S.A. Résidence Palace cédera l'ensemble des immeubles à l'État belge qui y installent différents ministères. Les changements majeurs se font avec l'arrivée des institutions européennes à Bruxelles dans les années 1960.
On construit le tunnel du cinquantenaire, le Berlaymont et on détruit également une série de maisons situées rue Juste Lipse et rue de la Loi ce qui dévoile les façades arrière du Résidence qui étaient peu travaillées car cachées.
Ce sont les fils de Michel Polak, André et Jean, qui se chargent donc de créer des nouvelles façades. Ces dernières, en plus d'améliorer l'image du Résidence, doubleront sa capacité en ajoutant à peu près 400 bureaux. En 1988, les blocs B et D sont démolis pour laisser place au futur siège du Conseil Européen, le Juste Lipse. En 2001, le bloc E sera vendu à la société LEX2000 qui en fera du logement.
C'est aussi cette année que l'on aménagera un centre de presse international dans le bloc C. Étant donné la position stratégique du Résidence Palace, le conseil des ministres décide d'installer dans le bâtiment C des infrastructures pour journalistes afin qu'ils soient installés à proximité des institutions belges et internationales.
En 2004, l'entrée et le couloir du bloc A et les façades du complexe sont classés. C'est également à ce bloc A que l'architecte Samyn viendra adosser son projet Europa, terminé en 2016 et qui accueille aujourd'hui le nouveau siège du Conseil Européen.
De l'ouverture du Résidence Palace jusqu'à la guerre
En aout 2004, le secrétariat général du Conseil européen, assisté par l'UIA (Union Internationale des Architectes), lance le concours pour le nouveau siège du conseil européen et du conseil de l'union européenne. Plusieurs implantations ont été envisagées, notamment le site du plateau du Heysel et l'îlot Comines-Froissart. C'est finalement au sein du Bloc A du Résidence Palace que sera édifié le battement pour le sommet, le site ayant comme avantage la « proximité immédiate du siège d'autres institutions européennes, en l'occurrence le siège de la commission (Berlaymont) et celui du Conseil des Ministres (Juste Lipse).
L'objet du concours porte alors sur la « restructuration, l'extension, la rénovation du Bloc A du Résidence Palace » et est remporté par l'association Samyn&Partner (BE), Studio Valle Progettazioni (IT) et Buro Happold (UK). Le groupe Van Acker&Partner obtient la seconde place et Groep Planning la troisième.
La proposition de Phillipe Samyn et ses associés est d'abord une rénovation respectueuse du bâtiment en partie classé. À cela, le groupe rajoute une salle de pas perdus qui manque bâtiment historique.
Cette nouvelle extension vient refermer le Bloc A en forme de L par un carré en verre. Les façades, réalisées à partir de châssis recyclés en chaîne, de simple vitrage et provenant des 27 pays de l'union européennes, forment un patchwork. Il est symbole d'unité, de diversité culturelle, mais aussi d'un souci pour le futur et des questions de développement durable.
À travers l'enveloppe on entrevoit le cœur du battement, une « lanterne » qui se dévoile pleinement la nuit. Ce volume en forme elliptique à l'aspect sablé comporte les nouvelles fonctions liées au conseil européen. Enfin, l'artiste Georges Meurant intervient à l'intérieur du bâtiment par l'ajout de carrés de couleurs qui viennent animer les spatialités, en contraste avec la volumétrie du bâtiment.
Les tunnels et la connexion à l'autoroute E40
Aujourd'hui, l'ensemble des passages souterrains du quartier Belliard, Loi, Luxembourg est composé de plusieurs tunnels distincts reliés entre eux. Ils permettent de connecter la rue de la Loi, la rue Belliard, l'avenue de la Joyeuse Entrée (le long de l'avenue de Cortenbergh), l'avenue de Tervuren (par le Tunnel du Cinquantenaire), le boulevard Auguste Reyers ainsi que l'autoroute E40 via un vaste réseau routier souterrain. L'édification de ces différentes voies de circulation s'est faite au cours de plusieurs décennies et son processus a été régulièrement interrompu par les contestations citoyennes.
Lors de la construction de l'échangeur Reyers, ses plans initiaux prévoyaient de diriger la circulation en provenance du centre vers l'avenue de Roodebeek qui aurait dès lors dû être considérablement élargie pour y loger une trémie de tunnel. Ce à quoi la commune de Schaerbeek s'est fermement opposée à cause des expropriations qui auraient été nécessaires pour la réalisation de tels travaux. L'administration des Routes a alors proposé la construction de deux tunnels sous la voirie existante épargnant ainsi les immeubles riverains. La trémie d'accès à l'autoroute devait alors être installée avenue de Cortenbergh et le tunnel devait déboucher au niveau de la place des Gueux. Mais dans la mesure où cette proposition nécessitait également la démolition partielle d'un quartier densément peuplé, la Ville de Bruxelles a proposé de concentrer la percée autoroutière le long de l'avenue de Cortenbergh dont les deux tunnels devaient, idéalement, pouvoir être prolongés du boulevard Reyers jusqu'à l'avenue Michel-Ange où ils seraient reliés au tunnel de la rue de la Loi. Cependant, les réserves techniques des ingénieurs ont amené une autre solution à voir le jour : un tunnel de pénétration en direction du centre passant sous la rue Franklin, allant des boulevards jusqu'à la rue Archimède, au pied du Berlaymont. Cette solution permettait la pénétration de l'autoroute tout en épargnant de lourdes démolitions.
Mais au cours des années qui suivirent, certaines divergences sur l'attitude à adopter face à cette nouvelle proposition sont apparues au sein du conseil communal de la Ville. « Le tunnel risquait d'agir comme une pompe aspirante de la circulation là où sa dispersion par les voies de circulations aurait été plus appropriée1 ». Dès lors, ils proposaient de mettre l'avenue Cortenbergh à double sens, de créer de nouveaux parkings de dissuasion et de transférer le reste des financements à l'achèvement du ring et au développement du métro.
Entre-temps, l'administration des Routes ayant déjà terminé le tunnel sous l'avenue de Roodebeek, lui cherchait une issue. Deux solutions sont alors envisagées : « convertir le tunnel existant à l'exploitation d'une ligne de tram depuis Evere et Woluwe vers le centre ou le faire déboucher sur une seule bande en direction de la ville sur le flanc du tunnel existant vers les faubourgs, l'avenue de Cortenbergh étant remise à double sens ». C'est au mois d' que l'administration des Routes annonça le choix de cette deuxième solution. Les travaux ont débuté trois ans plus tard, en 1979 et ont nécessité plus de deux ans avant leur mise en service. Par la suite, le tunnel vers les faubourgs sera prolongé jusqu'à la rue Belliard et l'avenue Cortenbergh sera réservée à l'accès vers le centre de la ville.
Aujourd'hui, l'ensemble des passages souterrains est composé de plusieurs tunnels distincts en forme de ‘Y'. La partie principale et la plus ancienne – le tunnel de Cortenbergh – passe sous l'avenue de Cortenbergh, l'avenue de Roodebeek et le boulevard Auguste Reyers. Sa première branche s'amorce au niveau de la rue Belliard, passe sous la rue Froissart et le rond-point Schuman. C'est à ce niveau là que se connecte sa seconde branche, elle-même reliée au tunnel du Cinquantenaire, qui débouche sur la rue de la Loi. Ce réseau souterrain permet aujourd'hui de connecter le trafic automobile à l'autoroute E40 et le Ring de Bruxelles (R0), assurant une connexion rapide du Quartier européen vers l'aéroport (Brussels Airport, situé à 8 km), Louvain et Liège (à l'est), Anvers et les Pays-Bas (au Nord), Namur et Luxembourg (à l'est).
Notes et références
- ↑ Carola Hein, Bruxelles l'européenne: capitale de qui? ville de qui?, Lettre volée, (ISBN 978-2-87317-290-9, lire en ligne)
- ↑ Agora, PCD Ville de Bruxelles - Quartier Nord-Est – Dossier de Base Septembre 2000, 1 ère partie : situation existante issue du dossier de base - 1. Situation existante de fait, (lire en ligne), p. 19-23
- ↑ Thierry Demey, « L'implantation des communautés Europeennes », dans Bruxelles, capitale en chantier, tome2: De l'Expo '58 au siège de la C.E.E., Bruxelles, Paul Legrain, , p. 188
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- L. Delhaye, M. Dumont, J-M. Helson, J. Houde, M? Lacour, C. Moureau, D. Peron, G. Van Beeck, Morphologie urbaine à Bruxelles, Bruxelles, 1987.
- Th. Demey, Bruxelles, capitale de l'Europe, Bruxelles, Badeaux, 2007, p. 226-233
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