Famille de Nervo
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| Famille de Nervo | ||
Armoiries de la famille. | ||
| Blasonnement | Écartelé : au I, de gueules au dextrochère armé d'argent tenant un badelaire du même et mouvant du flanc senestre ; aux II et III, d'azur au lion d'or ; au IV, d'azur à la tour ruinée à senestre d'argent, au chef du même chargé d'une croisette de sinople ; à la croix d'or brochant sur l'écartelé | |
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| Période | Depuis le XIVe siècle | |
| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Titres obtenus | Baron | |
| Demeures | Château de la Montmarie Hôtel de Nervo |
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| Charges | Conseiller secrétaire du roi, préfet, sous-préfet, professeur des universités, maire, président de fédération, conseiller général, écrivain | |
| Fonctions militaires | Contre-amiral, général de brigade, chef de bataillon | |
| Récompenses civiles | Ordre du Lion et du Soleil Ordre du Nichan Iftikhar Ordre du Médjidié Ordre des Palmes académiques Ordre de Sainte-Anne Ordre de Charles III Ordre de la Couronne d'Italie Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand Ordre de Vasa Ordre de Saint-Ferdinand |
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| Récompenses militaires | Ordre royal et militaire de Saint-Louis Ordre de la Légion d'honneur Croix de guerre 1914-1918 |
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| Preuves de noblesse | ||
| Montres | 9 janvier 1810 (baronnie d'Empire) 26 décembre 1818 (baronnie héréditaire) |
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La famille de Nervo est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de la Suisse, qui s’établit à Lyon au début du XVIIe siècle. Elle compte parmi ses membres de nombreuses personnalités, notamment des préfets, officier généraux, écrivains, industriels ou encore pianiste de renom.
En anthroponymie française nervo : est un nom de lieu issu de l'agglutination des mots d'ancien français ner et val qui signifie la vallée noire ; c'est-à-dire mal exposée[1].
Conformément aux conventions de la langue française relatives à l'usage de la particule, le mot « Nervo » étant monosyllabique, le « de » se conserve même quand le nom n'est pas précédé du prénom ou d'un titre de civilité[2].
Histoire
Origines
La famille est d’origine suisse, elle trouve son origine dans un hameau proche d’une vallée sombre et boisée (val noir) située à Prez-vers-Siviriez[3], dans la Glâne fribourgeoise, à deux pas de Romont, où elle est citée dès la fin du XIVe siècle[3]. Elle s'établit par la suite à Bouloz dans le canton de Fribourg où elle apparaît dès la première moitié du XVIe siècle et semble avoir possédée la noblesse dès cette époque[3],[4].
Les Archives de l'État de Fribourg conservent un acte provenant de la châtellenie de Rue, qui constitue la plus ancienne trace connue du nom « de Nervauz ». Ce document, daté du , mentionne Rolet, fils du défunt donzel Humbert Pachot de Nervauz, ainsi que son épouse Henriette, elle-même fille de feu Jean Lucens, bourgeois de Moudon. Le couple y cède à Jean de Prez, donzel et fils du chevalier Aymon de Prez, l’ensemble de leur dîme de Vaudrens pour la somme de 60 livres lausannoises[5].
Ce texte révèle que le lignage portait originellement le nom « Pachot », remplacé par la suite par « de Nervaux », dérivé du hameau où la famille était établie. Le terme « donzel » désigne, à l’époque, un jeune noble issu d’une lignée chevaleresque n’ayant pas encore reçu l’adoubement.
Le fait qu’Henriette soit issue d’une famille bourgeoise de Moudon laisse supposer que les « Pachot de Nervauz » jouissaient déjà d’un statut social élevé. Par ailleurs, la présence d’un replat pierreux sur le site de Nervaux suggère l’existence ancienne d’un édifice maçonné ; ce lieu est d’ailleurs parfois désigné comme le « pré du château ». La représentation d’une tour sur certaines armoiries familiales semble renforcer cette hypothèse[5].
Installation en France
La famille s’établit à Lyon au début du XVIIe siècle où on les trouve marchands sans qualificatifs de noblesse au début du XVIIe siècle. En 1617, deux frères, Jean et François de Nervo quittent Porsel (Fribourg) pour s’installer à Lyon. Ils y travaillent l’or et l’argent destiné aux broderies sur les soies et étoffes précieuses produites à Lyon et qui font sa réputation. Ce métier aujourd’hui disparu a pour nom “maître tireur escacheur d'or”[4].
En 1704, une Cour des Monnaies est créée à Lyon, pour réprimer les fraudes ayant cours tant dans les émissions de monnaies que dans les métiers ayant trait aux métaux précieux. Afin d’attirer les candidats à cette charge judiciaire, il fut décidé que les familles qui conserveraient cette charge durant 20 ans seraient anoblies. En 1751, l’un des fils de Jean, Barthélémy (né en 1677), âgé de septante-cinq ans, fait l’acquisition d’une charge de “Conseiller secrétaire du roi près la Cour des Monnaies” et permet à la famille de Nervo d’entrer ainsi dans la noblesse lyonnaise[5].
La famille de Nervo est citée en 1936 par Augustin Hamon dans son ouvrage « Et voici les 200 familles… »[6].
Création de la baronnie
Le , Christophe Olympe de Nervo est fait baron d'Empire sur majorat par lettres-patentes du de l'Empereur Napoléon I. Sous la Restauration, il passe contre-amiral en 1814 et est fait baron héréditaire par ordonnance royale de Louis XVIII du [7].
Elle appartient aux familles subsistantes de la noblesse française. Elle adhère à l'Association d'entraide de la noblesse française, en 1947[8].
Personnalités
Membre de la famille
- Hélène de Montgeroult, née de Nervo (02/03/1764 à Lyon - 20/05/1836 à Florence), compositrice et pianiste française, reconnue comme étant une des meilleures interprètes de piano-forte et improvisatrices de son temps.
- Christophe Olympe de Nervo (18/09/1765 à Paris - 30/10/1835 à Saint-Germain-en-Laye), contre-amiral de la marine française, maire de Saint-Germain-en-Laye, membre de la Société des Cincinnati, pris part à la guerre d'indépendance des États-Unis, 1er baron de Nervo.
- Gonzalve de Nervo (06/04/1804 à Paris - 22/05/1897 à Paris), écrivain, historien, officier de l'armée espagnole, maire d'Étampes-sur-Marne, 2e baron de Nervo.
- Fernand de Nervo (03/07/1836 à Paris - 18/04/1883 à Paris), sous-préfet, préfet de la Haute-Loire, d'Eure-et-Loir et de l'Allier, attaché de cabinet auprès du prince Napoléon.
- Robert de Nervo (03/09/1842 à Paris - 24/08/1909 à Dammarie-les-Lys), industriel, administrateur de société, vice-président de la PLM ou l'UIMM, président du comité des forges de 1903 à 1907, conseiller général du canton d'Olliergues, commanditaire du château de la Montmarie, 3e baron de Nervo.
- Robert Marie de Nervo (13/01/1895 à Paris - 20/04/1917 à Chauny), fils de Prosper de Nervo et le petit-fils de Robert de Nervo, élève de l’école polytechnique et sous-lieutenant au 113e régiment d’artillerie lourde, à été grièvement blessé à Essigny-le-Grand le . Il meurt le lendemain, à l’hôpital de Chauny, à l’âge de 22 ans. Mort pour la France, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume et reçut également la Croix de guerre 1914-1918, avec deux citations : l’une à l’ordre de la division (), l’autre à l’ordre de l’armée (). Sans descendance, il avait épousé le Berthe Le Noir de Becquincourt[9].
- Jacques de Nervo (31/08/1897 à Margency - 27/06/1990 à Neuilly-sur-Seine), industriel, homme d'affaires, administrateur de société, président de Fédération française de polo et du polo de Paris, combattant de la Première guerre mondiale.
Personnalités apparentées
- André Marie Gautier de Montgeroult (13/11/1736 à Paris - 02/09/1793), général de la Révolution française, époux de première noces d'Hélène de Montgeroult.
- Édouard Dunod de Charnage (05/05/1783 à Besançon - 6/04/1826 à Paris), administrateur, haut fonctionnaire, époux de dernière noces d'Hélène de Montgeroult.
- Horace His de la Salle (11/02/1795 à Paris - 28/04/1878 à Neuilly-sur-Seine), érudit et collectionneur d'art, enfant unique de la marquise de Montgeroult.
- François-Auguste Fauveau de Frénilly (14/11/1768 à Paris - 01/08/1848 à Gratz), poète, homme politique, beau-père de première noces de l'amiral de Nervo.
- Prosper de Barante (10/06/1782 à Riom - 21/11/1866 à Dorat), écrivain et homme politique, beau-père de Gonzalve de Nervo.
- Césarine d'Houdetot (27/09/1794 à Pamplemousses - 26/12/1877 à Dorat), écrivaine, belle-mère de Gonzalve de Nervo.
- Louis Charles Taillevis de Périgny (08/10/1766 à Saint-Domingue - 11/06/1827 à Paris), homme politique, beau-père d'Inès de Nervo, fille de l'amiral de Nervo.
- Léon Talabot (05/02/1796 à Limoges - 23/09/1863 à Soisy-sous-Montmorency), maître de forges, député, beau-père de Robert de Nervo.
- Robert Lemaignen (15/03/1893 à Blois - 03/041980 à Paris), militaire, chef d'entreprise, commissaire européen, époux d'Yvonne de Nervo, petite-fille de Robert de Nervo.
Demeures et châteaux
- Château de la Montmarie, situé au lieu-dit de la Montmarie à Olliergues.
- Hôtel de Nervo, situé 17 rue de la Charité à Lyon.
- Portail d'entrée de l'Hôtel de Nervo
- Conciergerie de l'Hôtel de Nervo
Titres et honneurs
Toponymie
Plusieurs voies sont nommées en hommage à la famille et notamment suite au passage ou action de certaines membres notables. Il existe des « rue de Nervo » ou « rue Nervo » dans l'Aisne comme à Étampes-sur-Marne[10] ou bien dans le Puy-de-Dôme comme à Gerzat[11]ou Peschadoires[12].
On recense aussi une « allée Robert de Nervo » dans le Nord à Escaudain[13], une « avenue du Commandant Prosper de Nervo » à La Baule-Escoublac en Loire-Atlantique[14], ou encore un arrêt de bus « Nervo » sur la ligne des transports en commun de Château-Thierry.