Famille de Saint-Alary
From Wikipedia, the free encyclopedia
cadette (éteinte)
| Famille de Saint-Alary | |
| Branches | aînée (subsistante)
cadette (éteinte) |
|---|---|
| Période | depuis le XVIe siècle |
| Demeures | Château de Charras |
| Charges | planteur, docteur en médecine, juge de paix, greffier |
| Fonctions militaires | mousquetaire, corsaire, officier de milice |
| Récompenses militaires | Ordre national de la Légion d'honneur, Ordre national du Mérite |
| modifier |
|
La famille de Saint-Alary, anciennement Saint-Alary, est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française originaire de Saverdun en Ariège où elle est représentée dès le XVIe siècle. Fixée aux Antilles au XVIIe siècle, elle a constitué l'une des fortunes les plus importantes et les plus durables des familles de planteurs à la Guadeloupe avec son habitation d'origine, devenue l'usine Gardel, toujours en activité bien que sortie de la famille[1].
Onomastique et origine
La famille de Saint-Alary portait anciennement le nom « Saint-Alary[2]. » La branche cadette a parfois porté le nom de « Saint-Alary Gardelle » et de « de Gardelle de Saint-Alary »[2]. Certains de ses membres ont porté les titres de courtoisie de comtes et de vicomtes de Saint-Alary[2],[3].
La famille est originaire de la ville de Saverdun en Ariège et a pour auteur Jean Saint-Alary, marchand protestant, père d'Élie Saint-Alary, qui épouse Magdeleine Deville en 1650[2]. Son descendant, Benony Saint-Alary, ayant abjuré le protestantisme, est le premier du nom à s'établir au Moule en Guadeloupe, où il est officier de milice et commissaire député du quartier du Moule[2]. Ses deux-fils, Pierre-François Saint-Alary (1759-1809) et Benjamin François Saint-Alary Gardelle (1761-1809), ont formé les deux branches principales de cette famille. La branche aînée est subsistante[2] et la cadette s'est éteinte avec Louise Joséphine Amélie de Saint-Alary, mariée en 1885 à Pierre Marie Louis Antoine, vicomte Roederer[2].
Branche cadette de Gardelle (éteinte)
L'auteur de la branche cadette, Benjamin François Saint-Alary Gardelle, était propriétaire de l'habitation Sainte-Marie, dite Gardelle, au Moule[2],[1]. L'histoire de l'habitation, devenue l'usine Gardel en 1869[4], est marquée par la forte personnalité de ses dirigeants : Evremond I, Evremond II et Evremond III de Saint-Alary[1]. « Evremond I Saint-Alary doit sa fortune à la subvention publique ayant suivi l'abolition de l'esclavage. Ses deux fils se partagent l’héritage en 1860, l’un à Marseille, l’autre à la Guadeloupe, et renforcent le poids du réseau familial. Evremond II dirige l’usine jusqu’en 1889, puis la confie au propriétaire de l’usine voisine lorsqu’il regagne la métropole. L’appui de la maison de commerce familiale marseillaise et la rigueur de la gestion garantissent l’expansion. Sauf exception, les dirigeants réinvestissent leurs profits dans l’affaire, ce qui constitue un autre trait original de Gardel et permet sa modernisation. L’expansion du domaine est rapide. Les 300 hectares des années 1860 ne suffisent plus à produire assez de canne pour satisfaire les commandes. Contractant avec les propriétaires d’habitations voisines puis rachetant des habitations rendues insolvables par la crise sucrière des années 1870-1880, Gardel s’étend sur 1000 hectares en 1884 et possède une voie ferrée de 25 km en 1902[1]. »
En 1902, Evremond III de Saint-Alary transforme l’usine en Société anonyme des Sucreries de Moule pour éviter d’être responsable sur ses fonds propres et confie son administration à son cousin le comte Henri de Chazelles, propriétaire de l'habitation Marly à Sainte-Anne (Guadeloupe), en grande difficulté financière[1].
Le comte Evremond III de Saint-Alary (en) (1868-1941) est l'un des plus grands éleveurs de chevaux de course français[3] et le propriétaire du Haras de Saint-Pair-du-Mont (Le Cadran, près de Camembert)[3] ; la course et le prix Saint-Alary, fondés en 1960, lui rendent hommage[3]. Le à Maisons-Laffitte (âgé de 23 ans), il connaît sa première victoire avec le cheval Boabdil (acheté à réclamer). Il acquiert Omnium II en 1893 qui lui procure dix-sept victoires dont le Prix du Jockey Club, le Prix Gladiateur et deux fois le Prix du Conseil Municipal. « Tous ces chevaux portèrent les couleurs (casaque rayée jaune et marron, toque idem) d'Evremond de Saint-Alary, tout comme Comrade (acheté par lui en Angleterre) lauréat en 1920 du Grand Prix de Paris et de la première édition du Prix de l'Arc de Triomphe. D'autres élèves d'Evremond de Saint-Alary vont s'illustrer entre les deux guerres mondiales : Ksar (Prix du Jockey Club et Arc de Triomphe, deux fois, 1921,1922), Kantar (Arc de Triomphe 1928) et Le Ksar (Deux Mille Guinées 1937), tous les trois vendus par lui. Mais conservés et courant sous ses couleurs se distinguent aussi Kandy (Mille Guinées 1932), Samos (Arc de Triomphe 1935) et Porphyros (Prix du Conseil Municipal 1940)[3]. »
En 1923, il chargea l'architecte Paul Farge d'édifier un hôtel particulier au 33, rue d'Artois à Paris (8e) appartenant aujourd'hui au groupe Barrière[5].
Evremond de Saint-Alary fut aussi un membre influent de la Société d'encouragement dont il fut membre du comité et commissaire de 1931 à 1938[3]. À sa mort, Evremond de Saint-Alary lègue le haras de Saint-Pair-du-Mont à Mlle Frémont-Tousch[3]. Il eut une liaison avec la célèbre demi-mondaine Liane de Pougy qui le cite dans ses Mémoires d'une grande horizontale[6] : « je me moquais de ce pauvre Mac Mahon qui m'aimait trop, que j'ai ruiné et brouillé avec sa femme (...). J'avais une liaison, subordonnée à la sienne, avec Evremond de Saint-Alary, celui-là même qui a gagné le Grand prix il y a trois jours. Saint-Alary pouvait m'en remontrer pour la déloyauté, l'astuce, l'intrigue et le mensonge ! Il m'a prix huit mille francs –– il était joueur –– d'une liasse de dix mille que m'avait donnée Mac Mahon et ne me les a jamais rendus, sous prétexte « qu'il avait dépensé beaucoup d'argent » pour moi. C'est une raison ce n'est pas une excuse. Il y a bientôt trente ans de cela. Nous ne nous rencontrions sans doute plus au passage, mais lorsque nous nous croisions autrefois dans Paris, je fixais froidement M. de Saint-Alary sans incliner la tête, alors qu'il détournait son regard en esquissant le geste de se découvrir[6]. »
Personnalités
- Pierre François Saint-Alary (1759-1809), mousquetaire[2]
- Benjamin François Saint-Alary Gardelle (1761-1809), mousquetaire, corsaire sous le Premier Empire contre les Anglais, sous le nom de Gardel de Saint-Alary[2]
- Pierre Eugène Saint-Alary (1810-1901), lieutenant au premier régiment de dragons en garnison à Versailles en 1844, capitaine, en 1846 ; chevalier de la Légion d’honneur 10/12/1857 (ministère de la Guerre), retraité à Louviers (Eure)[2]
- Charles Léopold de Gardelle, vicomte de Saint-Alary (1832-1881), greffier du tribunal de paix du Lamentin (Guadeloupe) puis juge de paix de Saint-Esprit (Martinique)[2]
- Emmanuel Louis Émile Evremond de Saint-Alary (né en 1874), directeur de la Banque de la Basse Terre (Guadeloupe)[2]
- Nicolas Evremond I Saint-Alary (1783-1871), propriétaire de l'habitation Gardelle puis Gardel au Moule (Guadeloupe)[1]
- Louis Benoni Evremond II de Saint-Alary (1821-1901), propriétaire de l'usine Gardel au Moule (Guadeloupe)[1]
- Marie Eugène Evremond III de Saint-Alary (1868-1941), propriétaire de l'usine Gardel au Moule (Guadeloupe), éleveur de chevaux et propriétaire du Haras de Saint-Pair-du-Mont en Normandie[1],[3]
- Arsène-Henry de Saint-Alary (1846-1920), dit Henri de Sta, dessinateur, illustrateur et caricaturiste[7]
- Marie Antoine Stéphane Gérald de Saint-Alary (1919-2017), administrateur en chef des affaires d'outre-mer, adjoint au maire de Biot, chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre national du Mérite[8]
- Arnaud de Saint-Alary (1978)[9]
Propriétés
La famille de Saint-Alary a notamment possédé :
- l’habitation Gardel à Moule (Guadeloupe)[1] ;
- le château de Charras à Charras (Charente)[2] ;
- le Haras de Saint-Pair-du-Mont au lieu-dit du Cadran, près de Camembert (Normandie)[3];
- un hôtel particulier au 33, rue d'Artois à Paris (8e)[5].
Alliances
Les principales alliances de la famille sont[2] : Constantin (1780), Lemercier de Maisoncelle de Richemont (1803), Claret (1807), Brufler de La Laurencie de Charras (1848), Sargenton (1866), Roederer (1885).