Fatima Bernawi
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فوزي النمر (d) |
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Fatima Mohammed Bernawi (arabe : فاطمة برناوي), née en 1939 à Jérusalem (Palestine mandataire) et morte le au Caire (Égypte), est une militante de la cause palestinienne. Membre du Mouvement pour la liberté palestinienne, elle est la première femme à avoir organisé une opération en Israël et la première à avoir été arrêtée et détenue par l'Armée de défense d'Israël.
Distinctions
Fatima Bernawi est née en 1939 à Jérusalem d'un père nigérian et d'une mère palestinienne-jordanienne dans ce qui est alors la Palestine mandataire[1]. À l'âge de neuf ans, elle subit la Nakba et part dans un camp de réfugiés à Amman[2], ce qui forge son engagement politique pour le reste de sa vie[1]. Sa famille revient à Jérusalem en 1960 et s'installe dans le quartier africain de la ville[3].
Travaillant pour la Saudi Aramco en tant qu'infirmière, elle n'est pas autorisée à leur faire des injections à cause de la couleur de sa peau[4].
Elle rejoint le Fatah à l'âge de 18 ans et devient un membre actif du mouvement de libération de la Palestine dans les années 1960. Son engagement s'inscrit dans l'histoire familiale car son père a pris part aux révoltes arabes en Palestine mandataire en 1936 [3]. Selon Amal Kawar, qui a interviewé 34 Palestiniennes pour son étude Daughters of Palestine, Bernawi est l'une des quatre seules à avoir rejoint un mouvement de résistance en tant que membre de la guérilla avec de se tourner vers la politique. Les quatre autres sont Leïla Khaled, Aisha Odeh et Rasmiyeh Odeh[5]. Sa mère et sa sœur sont arrêtées pour avoir mené une opération de guérilla, la première passant un mois en prison et la deuxième un an[6].
En , elle pose une bombe dans le cinéma Zion à Jérusalem-Ouest pour protester contre un film célébrant la guerre des Six Jours[7]. La bombe n'explose pas et elle est arrêtée par l'Armée de défense d'Israël et condamnée à la prison à vie[1]. Elle est alors la première femme palestinienne à être emprisonnée par Israël après la défaite de la guerre des Six Jours[3]. Bien qu’elle ait été condamnée à la prison à perpétuité, Bernawi est libérée le lors d’un échange de prisonniers, après avoir purgé dix ans de détention, elle est alors obligée de s'exiler au Liban[2]. Elle fut expulsée en 1979, mais revint ensuite au sein du parti politique Fatah.
De retour dans la bande de Gaza en 1994[3], elle travaille avec Yasser Arafat pour créer la Palestinian Women's Police à Gaza qui compte en 2022 532 membres[1]. En 1996, elle était « la femme la plus haut placée dans la milice du Fatah et… cheffe de la section féminine de la police au sein du gouvernement palestinien autonome dans la bande de Gaza et à Jéricho »[8].
Vivant en Égypte, elle continue de militer pour la libération de la Palestine jusqu'à sa mort. Elle épousa un ancien prisonnier originaire d’Acre, Fawzi al-Nimr, qui fut libéré en [9].
Le , elle est décédée à "l’hôpital de Palestine" au Caire, à l’âge de 83 ans[10], et fut ensuite enterrée à Gaza le [11].
Le , Bernawi est décorée par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de l’Étoile d’honneur militaire, « en reconnaissance de son rôle pionnier dans la lutte » et « pour le bien public ». Bien que l’attentat pour lequel elle fut honorée ait échoué, Bernawi affirma qu’il s’agissait d’un succès, déclarant : « Ce n’est pas un échec, car il a suscité la peur dans le monde entier. Chaque femme qui porte un sac doit être fouillée avant d’entrer dans un supermarché, n’importe quel lieu, les cinémas et les pharmacies. »[12]
Bernawi fut également honorée aux côtés de Mahmoud Bakr Hijazi et Ahmad Moussa Salama à l’occasion de la Journée des prisonniers palestiniens, le . Elle fut décrite comme « l’une des premières femmes palestiniennes à adopter [les moyens de] l’autosacrifice armé après le début de la révolution palestinienne moderne, lancée par le Fatah le 1ᵉʳ . Elle fut la première jeune Palestinienne arrêtée par les forces de sécurité israéliennes, et la première femme prisonnière inscrite dans les registres du mouvement des prisonnières [palestiniennes]… »[13],[14]
Références
- 1 2 3 4 (en) « On Fatima Bernawi, Women's Struggle, and Black-Palestinian Solidarity », sur Institute for Palestine Studies (consulté le )
- 1 2 (en) « First Palestinian woman jailed by Israel dies », Middle East Monitor, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 (en) « First ever Palestinian woman detained by Israel passes away », sur The New Arab, (consulté le )
- ↑ (en) Amal Kawar, Daughters of Palestine, SUNY Press (lire en ligne), p. 11
- ↑ (en) Amal Amireh, « Between Complicity and Subversion: Body Politics in Palestinian National Narrative », The South Atlantic Quarterly, , p. 769 (lire en ligne [PDF])
- ↑ (ar) « " فاطمة برناوي " أول أسيرة وبداية الحكاية », Palestine Behind Bars, (lire en ligne)
- ↑ (en) Mildred Europa Taylor, « This woman of Nigerian descent was the first female Palestinian militant jailed in Israel », sur Face2Face Africa, (consulté le )
- ↑ « Wayback Machine » [archive du ], sur www.sunypress.edu (consulté le )
- ↑ (ar) « في يوم المرأة العالمي فاطمة البرناوي: أول أسيرة في الثورة الفلسطينية المعاصرة - وكالة قدس نت للأنباء » [archive du ], sur وكالة قدس نت للأنباء (consulté le )
- ↑ (en) The New Arab Staff, « First ever Palestinian woman detained by Israel passes away », The New Arab, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (ar) لندن-عربى21 05:13 Pm 0 شارك, « تشييع جثمان أولى أسيرات الثورة الفلسطينية في قطاع غزة », sur عربي21, (consulté le )
- ↑ (en) Itamar Marcus and Nan Jacques Zilberdik, « Abbas awards terrorist with "Star of Honor" | PMW Analysis », sur palwatch.org, (consulté le )
- ↑ (en) « Palestinian Authority President Mahmoud 'Abbas Awards Medals Of Honor To Fatah Terrorists », sur MEMRI (consulté le )
- ↑ (en) « Palestinian Authority President Mahmoud 'Abbas Awards Medals Of Honor To Fatah Terrorists », sur MEMRI (consulté le )