Acre (Israël)
ville israélienne, anciennement palestinienne et mamelouk
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Acre (en hébreu עַכּו Akko ; en arabe عكّا ʿAkkā ; connue aussi sous le nom de Saint-Jean-d’Acre, et Ptolémaïs dans l'Antiquité) est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d'un port en eaux profondes.
| Acre (he) עַכּוֹ – (ar) عكّا | |
Héraldique |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| District | District nord |
| Région historique | Galilée |
| Maire | Shimon Lankri (en) (1998– ) |
| Démographie | |
| Population | 49 614 hab. (2022) |
| Densité | 3 666 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 32° 55′ 16″ nord, 35° 04′ 08″ est |
| Superficie | 1 353,3 ha = 13,533 km2 |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | http://www.akko.org.il/ |
| modifier |
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Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépend administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d'Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce, florissant dans l'Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance.
Lieux remarquables
En raison notamment du prestige de l'héritage historique légué par les différentes civilisations qui se succédèrent dans cette cité, Acre est membre de l'Organisation des villes du patrimoine mondial (UNESCO).
Il est notamment possible d'observer :
- les restes de la forteresse des Hospitaliers datant de l'époque des Croisés (XIIIe siècle), dont un réfectoire monumental et un tunnel conduisant de la forteresse au port ;
- les fortifications successives de la ville ;
- le caravansérail ou Khan al-Umdan (18e siècle) ;
- la mosquée Al Jezzar ;
- la citadelle, face au large, a été ravagée en 1291 et les Ottomans ont achevé de la démanteler au XVIIIe siècle, réemployant toutes les pierres pour construire la muraille maritime ;
- plusieurs lieux saints du bahaïsme, dont la Villa de Bahjí où est enterré Bahá’u’lláh, le fondateur de la religion bahaïe ;
- la synagogue tunisienne Or Torah.
Histoire d'Acre
Antiquité
Le port de pêche d'Acre est une étape pour le cabotage de port en port le long de la côte phénicienne. Il est proche de Tell Abou Hawam, situé à l'embouchure du Kishon, capable d'accueillir de plus grands voiliers qui font du commerce avec l'Anatolie, Chypre et l'Égypte[1].
Cette ville de Galilée connaît une présence humaine continue depuis Sur le plan historique, elle fut mentionnée pour la première fois sous le règne du pharaon Thoutmosis III (/) et son nom apparaît également plus tard dans la Bible hébraïque sous le nom de Akko (Juges 1, 31) puis sous le nom de Ptolémaïs dans le premier livre des Maccabées (I Macc 5,15), ainsi que dans le Nouveau Testament dans les Actes des Apôtres (21, 7a – Voyage de saint Paul vers Jérusalem).
En l’an 700 avant l’ère chrétienne, elle est dominée par les Assyriens avant d'être intégrée, trois siècles plus tard, aux territoires conquis par Alexandre le Grand, puis au IIIe siècle av. J.-C. par Ptolémée II, souverain d’Égypte qui débaptisa son nom en Ptolémaïs. Ce nom sera conservé jusqu’au Moyen Âge.
Situé, à l'origine, à 1 kilomètre de la côte, sur la rive du fleuve Na'aman, le port de pêche d’Acre se déplace, au IIIe siècle av. J.-C., vers son site actuel qui occupe le promontoire gréseux qui forme la limite nord de la grande baie de Haïfa[2].
Vers 52-54 sous le règne de l'empereur Claude, elle devient colonie romaine[3] sous le nom de Colonia Claudii Caesaris[4]. Il s'agit de la deuxième ville du Proche-Orient à obtenir ce statut après Beyrouth plus de 60 ans plus tôt[5].
Aux Ve – VIe siècles, l'église construite dans le district d'Acre, à Shavey-Zion, comporte une croix en mosaïque de pavement, malgré l'interdiction des empereurs Théodose II puis Valentinien III de représenter la Croix au sol[6].
Conquête arabe et période des croisades
Dans la continuité de l'Empire romain, la ville d'Acre fait partie de l'Empire byzantin avant d'être conquise en 638 par les Arabes, qui la rattachent successivement aux califats omeyyades, abbassides puis fatimides[7].
Au début des Croisades, la ville est prise le par Baudouin Ier de Jérusalem, roi de Jérusalem. C’est le début de la parenthèse qui donne un nouveau nom à Acre. Avec l'installation des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, la ville devient connue sous le nom de Saint-Jean-d'Acre. La ville est reprise par Saladin le , elle est reconquise le [8], lors de la troisième croisade, par les rois Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion. C'est de Saint-Jean-d'Acre que Richard Cœur de Lion s'embarque le quittant la Terre sainte pour son voyage de retour. Ce dernier nécessite 17 mois[9].
La reconquête de la ville en 1291 par le sultan d'Égypte al-Malik al-Ashraf met fin définitivement à la présence des Européens en Terre sainte[10],[11] et clôt la période des croisades. C'est une des causes du projet Rex Bellator.
Saint-Jean-d'Acre retrouve alors le nom d'Acre.
Dans l'Empire ottoman

Annexée par l'Empire ottoman en 1516 avec le reste de la Syrie, Acre est rattachée à la province de Sidon. De 1740 à 1775, elle est le centre d'une principauté semi-indépendante fondée par le cheikh bédouin Dahir al-Umar ; mais celui-ci est vaincu et tué par les Ottomans en 1775. Acre, fortifiée par Dahir al-Umar, remplace Sidon comme capitale de l'eyalet, rôle qu'elle conserve jusqu'en 1841.
Pendant la période ottomane, de nombreux ordres religieux s'installent à l'intérieur de la ville qui est un des points de passage du pèlerinage en Terre sainte, notamment les ordres mendiants, franciscains et dominicains.
Capitale de l’eyalet de Sidon
Vers 1700, la population d’Akka est d’environ 400 habitants : c’est alors un modeste village de pêcheurs. Elle connait tout au long du 18e siècle un fort développement, attirant de nombreux migrants de différentes communautés, et particulièrement des chrétiens, qui sont majoritaires tout au long du siècle[12]. Ce fort développement est dû au commerce du coton brut, dont les exportations décuplent au 18e siècle. L‘essentiel du commerce est tenu par les Français[13]. La ville bénéficie aussi du choix de Dahir al-Umar d‘en faire sa capitale[14]. En 1746, il déplace la capitale de l’eyalet de Sidon à Akka. Il commence immédiatement par faire fortifier la ville avec un mur de 7 mètres de haut et un mètre de large. Il transforme la forteresse ottomane en palais, tout en lui ajoutant une tour fortifiée. Enfin, il ordonne la construction du Busta ou sérail d’où il administre la province[15].
Cette croissance se matérialise dans la construction de bâtiments religieux. À la mosquée al-Senan déjà existante, s‘ajoutent au début du siècle la mosquée al-Ramal, en 1748 la mosquée al-Ma‘allaq et la mosquée al-Zaituna en 1754. En 1774, Djezzar Pacha fait construire, en ayant recours au travail forcé, la plus grande mosquée d‘Acre[14]. De 1730 à 1770, cinq églises sont construites ou agrandies : celle des Franciscains, l‘église Saint-Georges des grecs-orthodoxes, celle des maronites, les églises Saint-Jean et Saint-André des grecs-catholiques[14]. Ces constructions, qui répondent à la croissance de la population, sont accompagnées de constructions liées à la croissance économique de la ville. Un seul khan (caravansérail) existe en 1700, le khan Faranj (des Français). S‘ajoutent sous Dahir al-Umar le khan Sharawada, le khan Shuna, construit en 1765, et un bazar, l‘actuel souk Al-Abyad. Djezzar Pacha double la taille du khan Sharawada, fait construire le khan al-Umdan et le souk al-Jazzar[15]. Enfin, deux bains publics sont construits, l‘un sous Dahir al-Umar, l’autre sous Djezzar Pacha, qui fait ajouter un aqueduc[15].
Cependant, le commerce du coton périclite à la fin du 18e siècle : du côté turc, les exigences fiscales de Djezzar Pacha conduisent les paysans à abandonner leurs terres et donc entraînent une réduction de la production. Mais c‘est principalement la concurrence des autres producteurs qui mène le port d‘Akka à la ruine. Alors que le sud-ouest de la Syrie représentait 40 % du coton méditerranéen au début du siècle, les régions de Salonique et Smyrne deviennent de sérieuses concurrentes. Les productions du Brésil et des Indes occidentales achevèrent de réduire la part du coton syrien dans les approvisionnements européens dans la seconde moitié du siècle[16].
En 1760, une épidémie de peste tue environ un tiers des habitants, mais la population de la ville continue à croître ensuite[17].
En fin de période, le consulat de France est transféré de Saïda à Acre, en 1785[18]. La ville a alors environ 25 000 habitants. Cette même année, une épidémie de peste frappe la ville, qui tue probablement un habitant sur trois. Elle est suivie dans l’hiver par une famine où périssent également plusieurs milliers de personnes[19].
Siège de Bonaparte

La ville redevient un point stratégique lorsque, le , le général Napoléon Bonaparte, à la tête de l'armée française d'Égypte, commence le siège de Saint-Jean-d'Acre, point d'arrêt de l'expédition de Syrie. Du côté des assiégés, la garnison ottomane est commandée par Djezzar Pacha (« le Boucher »), conseillée par Antoine de Phélippeaux, officier d'artillerie émigré, ancien condisciple de Napoléon à l'École royale militaire de Paris, et reçoit le soutien d'une flotte britannique commandée par l'amiral William Sidney Smith. Les Français sont mal pourvus en artillerie (l'artillerie de siège, acheminée par mer, est bloquée par la présence navale anglaise) et provisions ; ils trouvent peu de soutien dans la population locale hormis les Zaydani (en) (la tribu de Dahir al-Umar) et une partie des chiites. Après huit assauts, ils doivent renoncer[20]. Pendant le siège, les Français détruisent l’aqueduc[15].
Reprise musulmane
Après la retraite des armées françaises, Djezzar Pacha fait réparer les murs de la ville et renforcer les défenses : le mur est élargi, des douves sont creusées, des tours ajoutées[15].
Une nouvelle épidémie de peste frappe Akka en 1806[21]. La population diminue jusqu’à tomber à 2000 vers 1850, avant d’augmenter à nouveau dans la seconde moitié du siècle. Les guerres, les épidémies de peste, le tremblement de terre et les famines sont parmi les causes de cette chute, mais le principal facteur est le déclin économique[22]. Les incursions bédouines dans les campagnes appauvrissent l’arrière-pas d‘Akka[23]
L’aqueduc n’est réparé sous Sulayman Pacha qu‘en 1815[15]. En 1831, tout commerce maritime a cessé à Acre, au profit d’Haïfa et Sidon[14]. Un nouveau khan est construit en 1810 pour les petits marchands venant avec un âne alimenter le commerce du quotidien. En 1817, un incendie ravage le bazar Zahir al-Umar. Il est reconstruit, plus petit (64 boutiques au lieu de 110)[15].
Au début du 19e siècle, la population juive augmente pour atteindre quelques centaines de personnes puis se maintient autour de 100 tout au long du siècle. Cette hausse puis ce rapide déclin est dû à la protection d’Haïm Farhi, le vizir de Djezzar Pacha puis de Sulaiman Pacha (en). Farhi est assassiné en 1820, les Juifs perdent leur protecteur et la plupart quittent la ville[24].
Le , pendant la Première guerre égypto-ottomane, le général égyptien Ibrahim (fils de Méhémet-Ali Pacha) donne le premier assaut sur la ville défendue par le gouverneur ottoman Abdullah Pacha (en). Dix jours durant, assauts et bombardements se succèdent sans résultat. Le , nuit de Baïram, Ibrahim ordonne le déclenchement d'un bombardement général de la ville. Conduit avec plus de maîtrise, celui-ci se poursuit sans interruption six jours et six nuits. Finalement, le , Ibrahim lance une attaque simultanée sur les trois points les plus vulnérables de la ville. La population rend les armes et envoie une députation à Ibrahim pour demander grâce[25].[réf. à confirmer]
En 1837, un tremblement de terre (en) participe au déclin de la ville, ainsi que le bombardement par les Britanniques en 1840[15].
C'est dans cette ville que fut exilé et mourut Mirza Husayn Ali Nuri (1817-1892), surnommé Bahá'u'lláh et fondateur du bahaïsme, dont Acre abrite plusieurs lieux saints aux côtés de Haïfa.
En 1887, la population d’Acre est de 9800 habitants dont 6850 musulmans, 1775 chrétiens grecs-orthodoxes, 790 chrétiens grecs-catholiques, 165 catholiques romains, 140 juifs et 80 maronites[19].
Au XXe siècle

Mandat britannique
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. Acre et ses faubourgs sont conquis le 23 septembre 1918 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations[26].
Dès les années 1920, le Fonds national juif acquiert des terres dans la région d’Acre, mais la population juive de la ville ne dépasse pas les 700 habitants. Acre, en déclin depuis des siècles, n’avait plus que 6400 habitants en 1922. Elle bénéficie d’un plan de développement avec la création d’une zone industrielle, une zone résidentielle, des transports vers Haïfa. Une ferme expérimentale est aussi implantée au nord de la ville sur des terres publiques. Outre le jardin potager modèle et l’école d’élevage de poules, elle pratique l’élevage de chevaux arabes et devient un des principaux employeurs de la région. Parmi les travailleurs, se trouvaient les prisonniers de la prison d’Acre au bon comportement, les élèves de la Boy Reformation School réinstallée à Acre et les élèves de la Kaduri Tulkarem, principale école d’agriculture pour jeunes Arabes[26].
Un plan de drainage des marais de Na'amien à proximité de la ville est rédigé en 1931, mais non mis à exécution, les Britanniques jugeant que son coût (6000 livres palestiniennes) n’était pas en rapport avec le faible nombre d’habitants touchés par la malaria[26]. En 1936, Henry Kendall rend un projet de planification urbaine pour Acre, conservant la vieille ville et la reliant à de nouveaux quartiers. Le jardin des Baha'is est prévu pour la création d’une zone industrielle, ce qui est évité par les Baha'is en l’ouvrant à la fréquentation publique. Dès 1933, les monuments datant de l’époque des Croisés sont déclarés sites protégés[26]. À cette époque, Acre se modernise, avec la création de clubs de sports, de deux lycées (highschool), de cinémas. Mais le manque d’investissements des autorités mandataires est criant : la ville est surtout connue pour son passé et sa prison, « la Bastille du Moyen-Orient »[26].
Acre sert de base à l'armée britannique pendant la campagne de Syrie. L’armistice de Saint-Jean-d’Acre est conclu dans cette ville au début de la Seconde Guerre mondiale , le 15 juillet 1941 : il met fin (après de violents combats) à l’autorité du régime de Vichy sur la Syrie mandataire[réf. nécessaire]. En 1943, une épidémie de typhoïde se déclare à Acre, menaçant les troupes de l’Empire britannique. Cette épidémie donna une impulsion décisive à l’engagement d’une politique d’assainissement de la ville[26].
En 1944, l’architecte Percy Winter rédige un nouveau plan d’urbanisme, imprégné de son point de vue coloniale : il se concentre sur la vieille ville et son potentiel touristique, avec de nombreux monuments dans un petit périmètre, à proximité d’une plage de sable fin[26].
Sa citadelle est connue en Israël et à l'étranger pour avoir été un centre de détention britannique avant la création de l'État hébreu. Parmi ses plus célèbres prisonniers figurent Vladimir Jabotinsky, le père de la droite politique israélienne, ainsi que Yitzhak Shamir et Shlomo Ben-Yosef, un membre de l'Irgoun, qui y fut exécuté.
Guerre civile et invasion de la Palestine par les armées arabes. Expulsion des Arabes
En 1948, la ville compte 12 000 habitants.
Le plan de partage de la Palestine a prévu son incorporation à l'État arabe[27]. Après l'éclatement de la guerre civile, la population d'Acre est fortement augmentée des Arabes qui ont échappé aux massacres à Haïfa[28]. Le jour même de l’annonce du plan de paix, les Juifs commencent une campagne de terreur dans les quartiers arabes visant à en faire fuir leurs habitants. La Haganah et l’Irgoun (milice nationaliste) lancent des barils plein d’explosifs dans les rues ; un autre type d’opération consiste à renverser des tonneaux plein d’un mélange d’essence et d’huile, qui est ensuite enflammé.
Au début de mai, la Haganah lance une opération de guerre biologique, en introduisant les germes de la typhoïde dans l’aqueduc qui alimente en eau la ville, constatée par la Croix-Rouge. L’épidémie touche des centaines de personnes ; 55 soldats britanniques sont transférés à Port-Saïd, et le 6 mai, le bilan est de 70 morts. En même temps, la Haganah bombarde la ville, et diffuse des messages par haut-parleurs : « Rendez-vous ou suicidez-vous. Nous allons vous détruire jusqu’au dernier ». Les habitants prennent la fuite, et l’armée israélienne pille intégralement les quartiers arabes, pillage constaté par l’ONU[29].
Le , soit la veille de la déclaration d’indépendance d’Israël, la Haganah lance l’opération Ben-Ami dans l’ouest de la Galilée visant à la conquête d'Acre et de toute la plaine côtière jusqu'à la frontière libanaise. La brigade Carmeli prend la ville le [27]. À leur entrée les 5 000 habitants restants sont pour la plupart des réfugiés venant de Haïfa. Les mois qui suivirent, les autorités israéliennes débattirent de l’option du transfert de ces gens vers Jaffa mais rejetèrent cette option[27]. Par contre, 5000 immigrants juifs furent logés dans des maisons arabes confisquées par le biais de la loi sur la propriété des absents[30].
Période israélienne
Au recensement israélien de 1948, 13 500 des habitants arabes de la ville sont absents. Il ne reste qu’un peu plus de 2000 Palestiniens de la ville, plus environ 1000 Palestiniens réfugiés des villages de la région. Ils sont confinés dans la vieille ville, transformée en ghetto, et soumis à la loi martiale israélienne, pour une période limitée (1948-1951) par rapport au reste du pays. L’ensemble des biens immobiliers des Arabes ayant quitté la ville sont confisqués au titre de la loi sur la propriété des absents, transférés au Gardien de la propriété des absents dès 1950 puis à l’Autorité de développement, afin de loger les immigrants juifs. Ils sont aujourd’hui gérés par la société immobilière d’État Amidar (en)[31].
Une ségrégation de fait s’installe, la plupart des Palestiniens étant confinés dans la vieille ville ou le nouveau quartier de logements sociaux de Wolfson[31].

La ville est peu à peu judaïsée, les Palestiniens et le passé arabe de la ville étant effacé (dans les noms de rue, la promotion touristique). Les bâtiments de la vieille ville logeant des Palestiniens sont négligés par le bailleur social. Amidar expulse aussi des centaines de familles[31].
Des émeutes opposant les habitants palestiniens (musulmans ou chrétiens) et israéliens secouent la ville, comme lors du Ramadan et du Yom Kippour de 2008[32] ou lors de l’intifada de l’Unité, en mai 2021, qui avaient abouti à des condamnations de manifestants à des peines de prison allant jusqu’à 10 ans[33].
Religions
La ville contient de nombreux lieux de culte de différentes religions.
La spectaculaire synagogue tunisienne Or Torah entièrement tapissée de mosaïques se trouve près du port.
La vieille ville compte six mosquées[34], la plus grande et la plus impressionnante de toutes, la Mosquée Al Jazzar, la plus grande d’Israël en dehors de la région de Jérusalem. Les autres mosquées de la ville : al-Majdala (Mosquée des villageois de Majdal), al-Zeituna (son nom est associé aux oliviers qui étaient à l’époque plantés dans sa cour), al-Ramel, al-Bahar et al-Mu’aleq et une zaouïa, El-Shadhuliyya[35]. Ainsi que cinq églises de différentes confessions chrétiennes[36] : l’église franciscaine Saint-Jean, où se déroulent la plupart des cérémonies et est généralement ouverte aux visiteurs et aux croyants, l’église Saint-François, qui est également franciscaine, l'église grecque-melkite-catholique Saint-André, l’église maronite et l’église grecque-orthodoxe Saint-Georges.
La ville abrite aussi le Mausolée de Baháʼu'lláh, qui est le lieu le plus sacré pour les baha'is et représente leur Qibla ou direction de prière.
Art et culture
La ville est une cité côtière entourée de vieux remparts en pierres qui abrite de nombreux trésors patrimoniaux, historiques et religieux.
On y trouve un site souterrain connu sous le nom de tunnel des Templiers : dans le passé, ce passage en pierres aboutissait à la forteresse des Hospitaliers défendant le port d'Acre pour permettre aux pèlerins d'accomplir leur voyage en Terre sainte. Il reste aujourd'hui un symbole de coopération et de persévérance.[réf. nécessaire]
Le marché d'Acre illustre bien le réseau de cultures orientales et occidentales sur lequel la ville portuaire a été fondée et continue de prospérer. On y propose différentes nourritures locales : pâtisseries orientales, épices préparées sur place, produits frais, poisson encore vivant...
Vers le sud du marché, se trouve la synagogue Ramchal et la maison de l'artiste Chaim Parchi, deux lieux qui complètent ce pôle culturel.

Musée
Dans la forteresse bâtie au XVIIIe siècle par le pacha ottoman Ahmed el-Jazzar, où durant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques emprisonnèrent les résistants nationalistes et les soldats juifs de la Haganah, l'ancienne prison centrale de Palestine est aujourd'hui devenu un musée à la mémoire de ces détenus, dont certains furent exécutés.
Bien culturel
La vieille ville est classée « Site antique » aux termes des dispositions de la loi de 1978 relative aux antiquités par l'UNESCO[37].
Le lieu est géré conjointement par la municipalité d'Acre, l'entreprise publique Old Acre Development Company, une administration publique et l'Administration israélienne des antiquités qui conseille tout aménagement en consultant la population locale, afin d'adapter des aménagements modernes et de garder la ville vivante[37].
Dans la fiction
Acres est l'une des trois villes où se déroule l'intrigue du jeu vidéo Assassin's Creed.
Personnalités nées à Acre
- Ahmad Yamani (1924-2011), homme politique palestinien.
- Ghassan Kanafani (1936-1972), écrivain, journaliste et militant palestinien.
- Raymonda Hawa-Tawil (1940), journaliste et femme de lettres, belle-mère de Yasser Arafat.
- Ahmed Hassan, père de Rima Hassan, juriste et femme politique palestinienne.
- Zoulikha Abou Richa (1942), poétesse et féministe jordanienne.
- Raida Adon (1972), actrice et plasticienne.
- Mahmoud Shalaby (1982), acteur.
Jumelages
| Ville | Pays | Période | ||
|---|---|---|---|---|
| Bielsko-Biała[38] | Pologne | |||
| Brégence[38] | Autriche | |||
| Deerfield Beach[39] | États-Unis | |||
| La Rochelle[38],[40] | France | depuis | ||
| Nagykanizsa[38] | Hongrie | |||
| Pise[38] | Italie | |||
| Recklinghausen[38] | Allemagne | |||
| Saint-Mandé[41] | France | depuis le | ||
| Trakai[42],[38],[43] | Lituanie | depuis | ||
Le , en raison de la guerre menée par Israël à Gaza, le Conseil municipal de La Rochelle a voté en majorité pour la suspension de son jumelage avec la ville d'Acre[44].


