Fernand Forest

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
MonacoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Fernand Forest
Fernand Forest en 1910.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
MonacoVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction
Vue de la sépulture.

Pierre dit Fernand Forest est un inventeur français, né à Clermont-Ferrand le [1] et mort à La Condamine (Monaco) le .

Spécialiste de la propulsion, il a joué un rôle important dans l'histoire de l'automobile. Il est notamment considéré comme l'un des précurseurs du moteur à explosion. S'il a lui-même principalement expérimenté ses créations mécaniques sur des bateaux, leurs applications ont concerné non seulement la navigation à moteur, mais aussi l'automobile et l'aviation.

Il est aussi l'inventeur de la roue à rayons tangents, même s'il n'a jamais pu tirer bénéfice de cette invention[2].

Fernand Forest.

Fils d'Étienne-Félix Forest, un tapissier âgé de 23 ans, et de Marguerite Lamur[1], il devient très jeune ouvrier dans une coutellerie à Thiers. Il déclarera plus tard dans une interview au journal Lecture pour tous : « Je n'ai pas traîné sur les bancs où l'on étudie […] À 14 ans et demi, je quittai l'école primaire et entrai comme apprenti dans une coutellerie à Thiers […] la mécanique hantait mon sommeil[3]. » Quelques mois plus tard, il entame un apprentissage de mécanique à Clermont-Ferrand.

En 1868, il n'a que 17 ans et rejoint Paris, où il réussit à se faire embaucher comme ouvrier chez le constructeur de locomotives et de matériel agricole Cail. Talentueux, il se voit promu contremaître en seulement trois ans.

Vers 1871, il quitte Paris pour un tour de France, où il parfait son enseignement auprès d'artisans. En 1874, il revient à la capitale, où il suit les cours du Conservatoire national des arts et métiers. Il travaille le soir à ses inventions avec « le petit outillage de mécanicien [qu’il] avait conservé à grand peine[3] ».

S'il avait jusque-là travaillé indépendamment à ses inventions dans ses ateliers du quai de la Rapée à Paris ou à Maisons-Alfort[4], en 1874, il s'associe à Victorien Renard pour fonder une fabrique de cycles qui se révélera être un échec. C'est avec lui qu'il déposera son premier brevet le (addition du ), concernant un système de vélocipède géant à grande vitesse[5].

En 1880, il épouse Victorine Surugue, avec qui il a six garçons :

  • Louis (1881-1921), aviateur et qui travaillera un peu avec son père ;
  • Fernand (1883-1915), mort dans les tranchées ;
  • Victor-André (1886-1926) ;
  • Henri (1889-?)
  • Pierre-Marcel (1890-1940) ;
  • Pierre (1891-?) qui sera lui aussi inventeur, dans le domaine de l’aviation.

Tout au long de sa vie, Fernand Forest crée des inventions et dépose des brevets pour dix-sept d'entre elles mais, faute de pouvoir payer les redevances pour ceux-ci, il ne connaît jamais la fortune.

Il fonde en 1889 avec Stanislas Dominique Gillet l'entreprise de construction automobile Gillet-Forest.

En 1907, ruiné, il quitte ses ateliers parisiens[6] pour s'installer avec sa famille à Suresnes[7],[8], où ses meubles et outils sont saisis les 12 et . Le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur[9].

Le , lors d'une démonstration de canot à Monaco, son embarcation La Gazelle heurte des rochers sous-marins. Fernand Forest meurt d'une attaque cérébrale causée par le choc émotionnel, à l'âge de 63 ans. Après des funérailles à Monaco, sa dépouille est transférée au cimetière Voltaire de Suresnes, où il repose[10], dans une concession à perpétuité offerte par la municipalité ; elle octroie aussi une rente à sa veuve[11],[8].

Distinctions

Inventions

Le châssis de la première automobile à quatre temps (1890), moteur inventé par le français Fernand Forest.
Fernand Forest dans son atelier au milieu des années 1900, à côté de quatre gros pistons.
  •  : brevet en collaboration avec Victorien Renard pour un système de vélocipède géant à grande vitesse[12].
  •  : addition au brevet pour un système de vélocipède géant à grande vitesse.
  • 1880 : invention de la première magnéto d'allumage basse tension sans dépôt de brevet[13].
  • 1881 : invention du premier moteur à pétrole monobloc à quatre cylindres et à quatre temps, sans dépôt de brevet[14].
  •  : brevet pour un moteur à gaz perfectionné.
  •  : brevet pour un moteur à gaz.
  •  : brevet pour une valve cylindrique et régulatrice à orifices multiples applicable aux régulateurs de vitesse permettant de rendre variable la vitesse de régime des moteurs en général.
  •  : addition au brevet du moteur à gaz.
  •  : brevet concernant des perfectionnements sur le moteur à gaz.
  •  : il s’associe avec Pers pour créer un nouveau moteur à gaz perfectionné.
  • 1886 : invention du moteur à deux cylindres monobloc sans dépôt de brevet.
  •  : brevet pour un système de niveau à cadran dit « niveau Forest ».
  •  : brevet du moteur à gaz et à pétrole à cylindres rayonnants ainsi que du moteur à gaz ou à pétrole système compound[15] (ce dernier avec Gallice).
  •  : brevet pour un carburateur à huile lourde.
  • 1888 : invention du moteur à six cylindres en ligne sans dépôt de brevet.
  • 1888 : conception d'un moteur en étoile rotatif à sept cylindres (échec technique) sans dépôt de brevet.
  •  : certificat d'addition au brevet du pour le moteur à gaz ou à pétrole système compound.
  •  : certificat d'addition au brevet du carburateur à huile lourde.
  •  : brevet pour un bateau sous-marin.
  •  : Forest et Gallice déposent ensemble le brevet de perfectionnements dans les moteurs à gaz et à pétrole permettant d'utiliser complètement la détente des gaz provenant de la déflagration.
  •  : brevet pour une hélice à propulsion variable.
  •  : brevet d'un modèle de quadricycle automobile à pétrole.
  •  : brevet d'un nouveau système de carburateur pour moteurs à essence de pétrole et à alcool.
  •  : brevet d'un modèle de petit bateau sous-marin jouet.
  •  : certificat d'addition au brevet pris le pour perfectionnements dans les moteurs à gaz et à pétrole permettant d'utiliser complètement la détente des gaz provenant de la déflagration, un brevet de moteur à gaz à 2 temps à compression préalable et à grande détente et un brevet pour un nouveau moteur à compression et allumage variables, pouvant fonctionner au gaz, à l'essence, à l'alcool, etc.
  •  : brevet d'un dispositif de changement de vitesse applicable aux véhicules automobiles.
Fernand Forest en 1910.
  •  : brevet d’un distributeur cylindrique à orifices de grande section pour moteurs à explosion et le brevet d’un poste-caisson amovible applicable en particulier aux sous-marins, submersibles et généralement aux navires de toute sorte.
  •  : brevet de perfectionnements aux dispositifs de transmission d'un mouvement par friction.
  •  : son dernier brevet concerne les perfectionnements aux moteurs sans soupapes à distributeur cylindrique rotatif commun à plusieurs cylindres.

Si seules les dates des inventions pour lesquelles il a déposé un brevet sont connues, son dossier légionnaire[9] témoigne des inventions suivantes :

  • au ministère de la Guerre : par les voitures automobiles poids lourds et poids légers, treuils automobiles, ballons dirigeables et aéroplanes et par les moteurs Forest fournis aux écoles du génie de Versailles et de Sainte-Maxime.
  • au ministère de la Marine : pour les canots, vedettes et chalands, pour les sous-marins et submersibles munis de moteurs 6 cylindres, pour les postes photo-électriques du Potzie (?) et du Mengam (?) munis de moteurs Forest à 4 et à 6 cylindres.
  • au ministère du Commerce et de l'Industrie : pour les moteurs industriels actionnant les machines et les métiers, dans un grand nombre d’industries et par les nouveaux moyens de transports des marchandises.
  • au ministère de l'Agriculture : pour les moteurs Forest employés à élever l’eau dans les petites communes, les fermes, les châteaux ; les exploitations agricoles, les salins, la submersion des vignes, pour les moteurs actionnant les machines agricoles, batteuses, broyeuses, hache-paille, coupe-racines, pour les moto-pompes, les groupes électrogènes, les pompes à incendie, etc.
  • au ministère des Travaux publics : pour les nouveaux moyens de transport des matériaux, les appareils de levage à moteur et pour les moteurs employés aux travaux souterrains et sous-marin, notamment pour le toueur à pétrole à moteur Forest du canal du Nivernais.
  • au ministère des PTT : pour les voitures automobiles qui assurent le transport de lettres, imprimés et colis postaux, pour les moteurs employés par l'administration et pour les moteurs servant de télégraphes sans fil.
  • au ministère du Travail : pour la création de nouvelles industries, voitures et bateaux automobiles, dirigeables et aéroplanes qui occupent en France plus de 200 000 ouvriers de divers métiers.
  • au ministère des Colonies : pour les voitures et les canots automobiles, pour les moteurs employés dans nos colonies, et pour les moteurs servant à la télégraphie sans fil.
  • au ministère de l’Instruction publique : pour les moteurs Forest fournis aux établissements scientifiques : Collège de France, Sorbonne, Museum d’histoire naturelle de Paris, École polytechnique, École de physique et de chimie de la Ville de Paris, Observatoire de Paris, Conservatoire des arts et métiers, facultés des sciences de Toulouse, Bordeaux, Nancy et Alger.

Ouvrages

  • Fernand Forest, Les Bateaux automobiles, Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1906 (lire en ligne).
  • Fernand Forest, Sous-marin et submersible à la portée de tout le monde, Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910.

Postérité

Références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI