Florentin Ficatier
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| Baron de l'Empire (dès 1808) |
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Pierre Victor Alexandre Ficatier (1803-1880) |
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Florentin Ficatier est un général français de la Révolution et de l'Empire créé baron de l'Empire, né le à Bar-le-Duc dans le Duché de Bar et mort le à Saint-Nicolas, dans le département de la Meurthe.
Origines familiales
Florentin Ficatier naît le à Bar-le-Duc, chef-lieu du duché de Bar alors détenu par Stanislas Leszczynski de Pologne. Il n'est tout juste âgé que d'un an lorsque le duché est annexé à la couronne de France à la mort de Stanislas, le .
Il est le fils de Nicolas Ficatier, huissier royal, et son épouse Françoise Comble. Il est ainsi l'aîné d'une fratrie d'au moins cinq frères et sœurs. L'une de ses sœurs vécut dans l'entourage de la reine Hortense de Beauharnais, fille adoptive de Napoléon Ier[1].
La famille Ficatier est fort connue à Bar-le-Duc, originaire de la Meuse et le plus souvent de la ville de Revigny-sur-Ornain[2]. C'est une famille de riches commerçants, de militaires et d'artisans[1].
Par son père, Florentin Ficatier est le cousin germain d'un futur lieutenant au 12e régiment d'infanterie légère, né vers 1784 et décédé en 1856[2]. Il est aussi cousin de Rémy Ficatier, né en 1745 et décédé en 1812, propriétaire de multiples biens dans la région barroise et élu des conseils municipal et d'arrondissement de Bar-le-Duc à compter de l'an VIII[1],[2]. Ce dernier a fait construire et a habité la Maison dite Château Nicolas, aujourd'hui intégrée à l'internat du Lycée Raymond Poincarré à Bar-le-Duc[3].
Débuts au régiment d'Angoulême (1781-1789)
Ficatier entre en service à l'âge seulement de 16 ans, le , comme simple soldat dans le régiment de Savoie-Carignan, devenu régiment d'Angoulême en 1785. Il y est nommé successivement caporal le et sergent le [1].
Le , en pleine révolution française, il est congédié par ancienneté et retourne dans ses foyers[4].
Campagnes de l'armée révolutionnaire (1791-1804)
Le , Ficatier est élu lieutenant-colonnel en chef du 3e bataillon de volontaires de la Meuse, avec comme lieutenant en second le futur maréchal Oudinot, de deux ans son cadet. Les deux hommes sont nés et se sont côtoyés à Bar-le-Duc.
Au 3e bataillon de volontaires de la Meuse, Ficatier et Oudinot commanderont notamment le futur maréchal Rémy Joseph Isidore Exelmans, alors seulement âgé de 16 ans[5]. Le bataillon est composé de 549 volontaires choisis parmi les 1 182 inscrits des districts de Bar-le-Duc et d'Étain, est passé en revue à Verdun le , inspecté à Charleville-Mézières en décembre, puis successivement envoyé à Rocroi au titre de l'armée du Centre et à Aubenton pour s'équiper. Le bataillon passe ensuite la majeure partie de l'année 1792 en garnison à Metz, où il est augmenté de 215 autres volontaires[6].
Au mois de , Ficatier devient capitaine, transmet le commandement du bataillon à Oudinot, et part faire avec bravoure les campagnes de 1792 à l'armée du Centre et de 1793 à l'armée de la Moselle[4]. Il combat dans cette dernière en tant que capitaine d'infanterie légère à la légion de la Moselle, anciennement légion de Kellerman[7]. Atteint du scorbut, il doit néanmoins être considéré démissionnaire le , malgré ses vives protestations[1].
Retiré dans son département en Meurthe, Florentin Ficatier se marie alors avec Marie-Victoire Houssard-Dumesnil à Nancy. Ils auront un fils dix ans plus tard, du nom de Pierre Victor Alexandre Ficatier[8], qui deviendra auteur[9], sous-lieutenant au 25e régiment d'infanterie, puis général, honorant ainsi la tradition militaire des Ficatier[10].
Le , sa santé rétablie, Ficatier est remis en activité comme officier de confiance auprès de son ancien tandem, le général Oudinot, avec lequel il fait les campagnes des ans III à VI aux armées du Rhin (1794-1795), de Sambre-et-Meuse (1796-1797), et d'Angleterre (1798)[7]. En l'an VII, il passe à l'armée d'Helvétie (1798-1799) et y est nommé chef de bataillon le à la 2e demi-brigade d'infanterie de ligne. Le , il se signale par sa bravoure et son dévouement à la bataille de Zurich, où il est blessé d'un coup de feu au pied droit.

Il passe ensuite avec Masséna à l'armée d'Italie. Il donne à cette période de nouvelles preuves de son courage et de ses talents militaires, notamment à l'affaire du 10 avril 1800, dans la rivière de Gênes, où il reçoit un coup de feu à la jambe droite et est fait prisonnier par les Autrichiens. Échangé quelques jours après, il continue de servir à l'armée d'Italie et est nommé chef de brigade par le général en chef Masséna le . Le , il reçoit le commandement du 72e régiment d'infanterie de ligne, celui-là même que Napoléon avait commandé personnellement à Marengo. Il combat alors à la bataille de Pozzolo[7]. À l'issue de la campagne, il est cité comme l'un des plus braves officiers de l'armée d'Italie[7],[1].
De retour en France après le traité d'Amiens, il tient garnison à Nancy de l'an X à XII. Le , il devient membre affilié de la Loge Saint-Jean de Jérusalem, une loge maçonnique basée à Nancy[11]. Son nom réapparaît dans les listes d'une autre loge dite Saint-Frédérick des Amis Choisis[12]. Il quitte ensuite Nancy pour tenir garnison au camp de Saint-Omer durant les ans XII et XIII (1803-1805). Il est fait chevalier de la Légion d'honneur durant cette période, le , devient colonel et passe officier du même ordre le [7].
Il est appelé à participer à la cérémonie du sacre de Napoléon Ier, tenue le 2 décembre 1804[13].
Campagne d'Allemagne (1805)
Le , le colonel Ficatier et son 72e régiment de ligne composent la division Legrand du 4e corps de l'Armée des côtes de l'Océan, qui attend un éventuel débarquement en Angleterre[14]. Dix jours plus tard, l'Armée des côtes de l'Océan devient la Grande Armée et entreprend finalement la campagne d'Allemagne face à la Troisième Coalition.
Le 72e de ligne du colonel Ficatier ne pénètre néanmoins pas immédiatement en Allemagne avec les quatre divisions du maréchal Soult, car il est personnellement désigné le par Napoléon Ier afin de maintenir la garde du camp de Boulogne-sur-Mer et sa flottille, indispensables aux ambitions britanniques de l'Empereur[14]. Le , Napoléon Ier écrit au maréchal Berthier[15]:
« Mon cousin, vous ferez connaître aux colonels du 21e, 22e et 72e de ligne que mon intention est de les appeler à l'armée ; que je leur donne une marque de confiance en leur laissant la garde d'un dépôt aussi important que la flottille de Boulogne, mais qu’avant le mois prochain, ils seront appelés au Rhin ; qu'ils continuent donc à tenir leurs corps en haleine et à les fortifier. »
Campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807)
Le , Napoléon Ier commande à son frère le Roi de Hollande que le 72e de ligne du colonel Ficatier et le 65e de ligne le rejoignent pour Wesel, de manière qu'ils y soient arrivés le [16],[17]. Par des lettres successives du et du , il redirige respectivement 160 fantassins du 72e de ligne de Nimègue vers Berlin puis le reste vers Mayence[18],[19],[20].
Le , le 72e de ligne du colonel Ficatier intègre ainsi l'Armée du Nord et le 8e corps du maréchal Mortier, qui se trouve être rassemblé autour de Mayence[21],[22]. Le , l'Empereur intègre Ficatier et ses fantassins à la division Verdier qui, avec la division Oudinot, constitue sous le commandement de Lannes le corps de réserve de la Grande Armée[23],[24]. Le , l'Empereur assure au maréchal Lannes que sa seconde division, composée du 72e de ligne, sera pleinement constituée devant Dantzig d'ici le et, le , lui commande de la faire camper en bataillon carré à la distance au plus de deux lieues de la Forteresse teutonique de Marienbourg sur la route de Christburg[25],[26].
Siège de Dantzig
La ville de Dantzig cède au siège le . Le grenadier François Pils note dans son journal de marche que le 72e de ligne s'y distingue en étant le premier à prendre les armes face à une tentative de sortie des assiégés sur le village de Langfuhr. Ficatier et ses fantassins soutiennent le choc de la cavalerie russe et permettent de refouler l'infanterie prussienne[27].
Bataille de Heilsberg
Le , Napoléon et sa garde impériale, accompagnés des corps de Davout et de Lannes que sert le 72e de ligne du colonel Ficatier, viennent au secours du corps de Ney lors de la bataille de Heilsberg. Ficatier arrive avec Lannes dans la nuit, et tâche avec lui de déborder la droite des Russes du général Bennigsen. Ce dernier ordonne le l'abandon du camp retranché, ouvre la route de Königsberg, ville royale de Prusse, et se replit sur Friedland.
Bataille de Friedland
Le , le corps de Lannes et les deux bataillons du 72e de ligne du colonel Ficatier sont à l'avant-garde de l'armée française en route d'Eylau pour Domnau, puis pour le territoire de Friedland à une quarantaine de kilomètres de Königsberg. La Division de grenadiers d'Oudinot est en tête de colonne et rencontre les Russes de Bennigsen dans la nuit, à Posthenen (de), qu'elle retient[28].

Le maréchal Lannes, fort de ses 20 800 combattants, arrive au matin du et commande l'engagement initial. Le 72e de ligne du colonel Ficatier est alors toujours sous le commandement du général de brigade Harispe et du général de division Verdier[29], eux-mêmes aux ordres de Lannes dont le stratégème est d'étirer les lignes afin de sembler plus nombreux qu'en réalité. Cette manoeuvre permet aux fantassins de tenir du petit matin jusqu'à l'arrivée de Napoléon à midi[30]. Ficatier et ses fantassins sont maintenus au centre du dispositif par l'Empereur, face-à-face avec les Russes et avec pour objectif de les briser en deux ailes afin de ne se concentrer que sur leur moitié gauche[31]. L'attaque commence vers 17 heures lorsque le maréchal Ney est envoyé droit devant en direction du village de Friedland. Il y pénètre et permet l'encerclement des Russes, acculés contre le ruisseau du Moulin et par l'Alle. C'est là que les troupes de Lannes et le 72e de ligne du colonel Ficatier entament une charge à la baïonnette[31]. La victoire est acquise vers 22 heures et demie.
Le colonel Ficatier est néanmoins gravement blessé au cours de la bataille[1],[4].
Élévation à la noblesse d’Empire et au grade de général de brigade (1808)
À la suite de la campagne de Prusse et de sa blessure à la bataille de Friedland, le colonel Ficatier passe plusieurs mois en Lorraine en congé de convalescence[1].
Le traité de Tilsit signé et la Quatrième Coalition défaite, Napoléon Ier de retour à Paris soustrait le 72ème au commandement du roi de Hollande et l'affecte à la garnison d'Anvers, par courrier du [32].
Ficatier obtient alors coup sur coup une dotation de 4.000 francs sur des biens réservés en Westphalie le , le titre de baron de l'Empire le , et le grade de général de brigade le [1]. Le , rétabli de ses blessures, il est réemployé au camp de Boulogne-sur-Mer[1].
Campagne d'Allemagne et d'Autriche (1808-1809)

Le , il est de nouveau affecté à son ancien tandem barrois, le général de division Oudinot, et obtient le commandement de la 3e brigade d'élite de sa Division de grenadiers[33],[7]. Il se maintient au commandement de la même brigade lorsqu'il passe à l'armée du Rhin, le , dans la seconde division de grenadiers que commande le général de division Claparède pour Oudinot. Il s'y trouve toujours au déclenchement de la campagne d'Allemagne et d'Autriche, le [34].
La brigade Ficatier combat ainsi le à la bataille de Landshut, le à la bataille d'Eckmühl, puis le à la bataille de Ratisbonne toujours avec la division Claparède et désormais pour le VIIe corps du maréchal François Joseph Lefebvre[35],[36],[7]. Ficatier combat de nouveau le à la bataille d'Ebersberg, en avant-garde avec la division Claparède sous les ordres du maréchal André Masséna[37],[36]. Dans sa correspondance à l'Empereur, Masséna rapporte que Ficatier eut le chapeau percé d'une balle lors de la bataille et fait l'éloge de son sang-froid[38]. Le , Ficatier est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur[4].
Dans la nuit du 21 au , Ficatier arrive ensuite avec ses troupes pour combattre à la bataille d'Aspern-Essling sous le commandement de Claparède et Oudinot, pour le IIe corps du maréchal Jean Lannes qui y sera mortellement blessé[39],[40],[41].
Ficatier combat enfin à la bataille de Wagram, du 5 au , à la tête d'une brigade d'élite de la seconde division du général Georges Frère du IIe corps d'Oudinot. À la suite de la victoire française, Ficatier verra les bâtons de maréchal remis à son bînome de la première heure, le général Oudinot, qu'il aura servi tout au long de cette campagne[42],[43],[36],[44].
Campagne d'Aragon et de Catalogne (1810-1812)
Le , depuis le palais impérial de Compiègne, Napoléon Ier affecte Ficatier à la Campagne d'Aragon et de Catalogne et signe : « J'approuve que les généraux Salme, Ficatier, Lorencez soient envoyés en Catalogne »[45]. Il y est d'abord à la tête d'une brigade sous les ordres du général Macdonald[46].
Siège de Tarragone
Au sein de l'armée de Catalogne, Ficatier prend ensuite part au siège de Tarragone, de mai à , notamment à la tête de la brigade Salme après que plusieurs officiers importants dont Salme lui-même y eussent trouvé la mort. Avant l'assaut de la ville, Ficatier est chargé de commander les environs de Constanti où est installé le quartier-général français. Alors que les Espagnols tentent une attaque sur le couvent retranché de la Virgen de la Sierra, des habitants venus des colines de Reuss paraissent en armes pour les soutenir. Ficatier est chargé de les faire dissiper et prend des otages dans les villages, ce qui fait succès, avant de les relâcher en les exhortant à la confiance et à la tranquilité[47].
Ficatier est ensuite chargé de l'assaut du Fort Olivo (ca), dont la prise est jugée indispensable avant toute attaque sur la ville basse. Malgré les mauvaises dispositions faites par les ingénieurs français, la difficulté d'accès et la supériorité des assiégés, Ficatier réussit à s'en emparer le en faisant emprunter à ses troupes l'ouverture mal fortifiée de l'aqueduc. Il envoie ensuite ses hommes assister le général Habert dans la prise de la ville haute. Son succès lui vaut d'être cité pour son zèle et son dévouement[48],[49],[50].

Après la victoire française, Ficatier est d'abord chargé d'escorter le général espagnol vaincu, Juan Senén Contreras (de), de la ville voisine de Reus à son nouveau lieu de détention à Lérida. Dans ses mémoires, Contreras prétend alors que Ficatier a été victime des intrigues qui régnaient au quartier-général de Suchet et a été disgracié après le siège de Tarragone[49]. En réalité, Ficatier continue de prendre part à la campagne d'Aragon et de Catalogne.
Le , Ficatier obtient le gouvernorat militaire de la ville de Tarragone[51]. Le , il ordonne ainsi aux chanoines de la cathédrale de dresser la liste des personnes les plus honorables de la ville puis, le , nomme depuis la Casa Montoliu (ca) les cinq nouveaux conseillers et chanoines qui travailleront à rétablir l'ordre et reconstruire Tarragone[52]. La nouvelle administration est chargée de recenser les habitants, ré-ouvrir les voies, nettoyer les rues et superviser la police civile[53]. En , Ficatier transmet la charge du gouvernement militaire de Tarragone au général Bourgeois afin de pouvoir aller rejoindre Suchet sur le front à Valence[53].
Bataille de Sagonte

Le , la brigade Ficatier est alors composée du 121e régiment d'infanterie de ligne et du 2e régiment de la Légion de la Vistule et marche aux côtés de la brigade Robert pour la division Musnier[54],[55]. La brigade Ficatier combat avec la division Musnier à la bataille de Sagonte du , qui se solde en une victoire décisive sur Blake malgré l'infériorité numérique des Français[56]. Jusqu'au , la brigade Ficatier est alors chargée d'assurer la défense de la ligne de communication au nord de Valence, à Segorbe et Oropesa, dont dépend entièrement le ravitaillement des hommes de Suchet partis pour la ville de Valence.
Siège de Valence

À quelques jours de l'attaque sur Valence, Suchet rappelle de Catalogne toute la division Musnier, y compris la brigade de Ficatier[57]. La veille de l'attaque, Ficatier est toujours au commandement du 121e régiment d'infanterie de ligne et du 2e régiment de la Légion de la Vistule et fait partie de la colonne d'investissement de Valence. Dans la nuit du 25 au , ses troupes sont au cœur de la stratégie d'enveloppement de Suchet et doivent frapper Valence au nord et au centre. Au matin du , la brigade Ficatier est engagée au nord-est de la ville. Au soir, les Français ont pris pied sur la rive sud du Turia et le positionnement de Ficatier menace la retraite ennemie. Au matin du , la coalition espagnole tente un repli général sur la ville tandis que les Français l'encerclent et préparent le blocus de la rive nord[57],[58].
Ce même néanmoins, et sans qu'il soit précisé si Ficatier est blessé, ce dernier est mis en disponibilité en vue de son retour en France[59],[4]. Les troupes espagnoles sont repoussées à deux reprises les jours suivants, et la ville de Valence capitule le . Ses blessures et infirmités le relèguent alors à des commandements à l'intérieur et le contraignent à demander des congés répétés. Le , il est employé dans la 15e division militaire et reçoit, le , le commandement de la 5e brigade des gardes nationales actives[1],[4].
Campagne d'Allemagne (1813)
Le , au Corps d'observation d'Italie du général Bertrand, Ficatier est de nouveau sur le front et commande l'une des deux brigades de la division Merle. Il se trouve ainsi à la tête de plus de 5 500 fantassins des 137e et 156e régiments d'infanterie de ligne[60]. Au , Ficatier et sa brigade sont à la division Lorencz. Le , il reçoit le commandement d'une autre brigade de presque 8 000 fantassins de divers régiments, en binôme avec le général de brigade Cohorn. La brigade Ficatier et Cohorn est alors à la 22e division Friederichs, pour le VIe corps du maréchal Marmont[61].
Le , la brigade Ficatier et Buquet combat à la dévastatrice bataille de Lützen, aussi dite de Groß Görschen, qui se solde en une victoire coûteuse pour l'Empereur[62]. Quelques jours plus tard, les 20 et , la brigade combat de nouveau cette fois à la bataille de Bautzen, aussi dite de Wurschen[63]. L'avancée du VIe corps pendant la bataille pousse les Prussiens à la retraite et assure une victoire française tout aussi coûteuse en hommes que la précédente. Ces évènements inciteront Napoléon à accepter un armistice temporaire le avec le tsar Alexandre et le roi Frédéric-Guillaume III.
Le , le général Ficatier rend le commandement pour raisons de santé. Il est admis à la retraite le , à l'âge de 48 ans[4]. Son bînome, le général Cohorn, trouvera la mort à la défaite de Leipzig le .
Sous la France des Bourbons (1814-1817)
Le général Ficatier se rallie aux Bourbons au cours de la Première Restauration. Il est formellement cité avec son titre de baron parmi les adhérents aux actes du Sénat et du Gouvernement provisoire de Charles-Philippe de France, en date du [64]. Il se voit accorder la croix de chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII, le , mais il ne reçoit néanmoins pas le poste qu'il sollicitait à la Maison du Roi[1],[4]. Il continuera d'être cité avec son titre de baron dans l'Almanach royal jusqu'à son décès[65].
Au retour de Napoléon Ier durant les Cent-Jours, Ficatier accepte les fonctions de chef de légion de la garde nationale sédentaire de l'arrondissement de Nancy[1],[4],[66].
Il se retire finalement à Saint-Nicolas-de-Port durant la Seconde Restauration, et y décède le à l'âge de 52 ans[1].
Dotation
- Le , donataire d'une rente de 4 000 francs sur les biens réservés en Westphalie[4].
Armoiries
| Figure | Nom du baron et blasonnement |
|---|---|
| Armes du baron Florentin Ficatier et de l'Empire, décret du 19 mars 1808, lettres patentes du 10 septembre 1808, commandeur de la Légion d'honneur
D'or ; au trois chevrons d'azur ; quartier des barons militaires brochant sur le tout - Livrées : bleu, rouge, jaune. (aperçu). |
Hommages
Malgré ses nombreux faits d'armes, il compte parmi les généraux de l'Empire oubliés de l'Arc de Triomphe[67].
Son nom a néanmoins été donné à une rue de Courbevoie, la rue Ficatier[68].

Souvenir historique
La Gazette Nationale du a reproduit les écrits suivants du colonel Ficatier, alors commandant du 72e de ligne, datés du et envoyés au Ministère de l'ntérieur en réaction à la catastrophe de la poudre à canon de Leyde du [69]:
« Monseigneur, j’ai l’honneur de vous offrir, au nom du régiment sous mes ordres, trois jours des appointemens de MM. les officiers, et deux jours de la solde des sous-officiers et soldats, pour aider à secourir les victimes du malheur arrivé à la ville de Leyde.
Je vous prie, Monseigneur, d’avoir la bonté de vous employer auprès de S. M. le roi de Hollande, afin qu’elle daigne accepter ce faible don, et par là faire jouir le régiment de l’avantage de faire un acte d'humanité, en coopéiant au soulagement des infortunés que cette catastrophe a faits.
J’ose vous assurer, Monseigneur, que la nouvelle de ce sinistre événement a vivement affecté le régiment, qui a séjourné pendant longtems dans la ville de Leyde, et qui a reçu tant de marques de bonté de ses habitans.
Le régiment vous en aura une éternelle reconnaissance, ainsi que moi, Monseigneur, qui ai l'honneur d’être avec respect, etc. »
D'autres écrits signés par Florentin Ficatier ont été mis aux enchères le vendredi , sous la dénomination "Florentin FICATIER [Meuse 1765 – 1817] / Certificat S, Lieutenance du Piémont, an 9 / Certificat S, Nancy, an 11"[70].
D'autres écrits encore, toujours signés par Florentin Ficatier, ont été mis aux enchères le dans un lot regroupant les documents de multiples officiers, sous la dénomination "BREVETS ET CONGÉS MILITAIRES. 12 P.S., 1793-1801 ; in-fol. ou oblong in-fol., la plupart en partie impr. et ornés de vignettes emblématiques, cachets encre et cire rouge, un sur vélin"[71].
Un article écrit par Alexandre Martin pour le Bulletin mensuel des Sociétés des Lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc et Commercy de , relate enfin que l'auteur s'est vu remettre un souvenir de Nicolas Ficatier, père de Florentin Ficatier, par l'un de ses descendants. La pièce est une petite image de piété représentant d'un côté Sainte-Élisabeth de Hongrie, et de l'autre l'inscription suivante[72]:
« La présente image appartient à moi, Nicolas Ficatier, garçon demeurant à Revigny, dans la grand'cour près de l'église. Je prie ceux ou celles qui la retrouveront pour la remettre. Je les satisferai bien de leur peine. Je leur donnerai un gros pàté fort bien assaisonné, si j'en peux trouver, et puis du vin assez pour les bien rassasier, pourvu qu'il n'en fallut pas beaucoup. (Illisible). Mon Dieu, je vous aime de tout mon coeur, parce que vous êtess infiniment digne d'ètre aimé. J'aime mon prochain comme moi-même par rapport à vous. 1744. Sainte Élisabeth, priez pour nous, s'il vous plait ».
Famille et descendance
Le fils du général-baron, Pierre Victor Alexandre Ficatier, a continué de porter le titre de noblesse impériale de son père, implicitement reconnu lors de la Restauration[1],[73],[74]. Il eut avec son épouse Marie Céleste Doussine une fille, Marie Louise Hortense Ficatier, et publia divers ouvrages consacrés aux campagnes de l'Empire[75].

Le baron Ficatier est également apparenté à Nanine Marie Ficatier, mère de Lucien Poincaré et Raymond Poincaré, ce dernier présidant la IIIe République lors de la Première Guerre mondiale[76].
Enfin, le baron Ficatier est aussi un parent de Georges Ficatier, né à Paris, qui s'illustre par les armes lors de la Première Guerre mondiale. Capitaine au 109e régiment d'infanterie à Chaumont, il est cité pour avoir mené trois compagnies au contact immédiat des troupes allemandes durant plus d'un mois et dans des conditions particulièrement délicates. Il est ainsi nommé Chevalier de la Légion d'honneur le , sur rapport du Ministre de la guerre, et reçoit la Croix de guerre[77].