Folies Bergère

théâtre dans le 9e arrondissement de Paris From Wikipedia, the free encyclopedia

Le théâtre des Folies Bergère est une salle de spectacles parisienne située 32, rue Richer dans le 9e arrondissement et inaugurée le .

Faits en bref Surnom, Type ...
Folies Bergère
Description de cette image, également commentée ci-après
La façade des Folies Bergère en 2011.
Surnom Les Folies
Type Cabaret music-hall
Lieu 32, rue Richer, Paris 9e
Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 52′ 27″ nord, 2° 20′ 42″ est
Architecte Jean Plumeret
Inauguration
Capacité 1 720 places
Structure-mère groupe Lagardère
Direction Frédéric Jérôme
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1990)[1].
Site web www.foliesbergere.com

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Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le [1].

Historique

La façade vers 1900.

En 1860, un grand magasin de literie est ouvert sur un ancien terrain qui appartenait à l'hôpital des Quinze-Vingts. Le , l'acteur et directeur de théâtre Louis Montrouge[2], qui venait de quitter les Folies-Marigny, inaugure à sa place une nouvelle salle de spectacle, le théâtre-café des « Folies Trévise », rebaptisées rapidement « Folies Bergère »[3], [4],[5]

« Samedi dernier, le théâtre-café des Folies-Bergère, rue Bergère, a donné sa soirée d'inauguration. La salle est vaste – elle jauge 1 200 places – aérée, aussi élégante que possible, mais sa sonorité a paru défectueuse. Les dégagements sont nombreux et commodes. La scène est machinée. Le tout revient à 350 000 francs; les frais se montent à près de 1 000 fr. par jour. Le spectacle d'ouverture se composait de deux opérettes, dont l'une, le Docteur Purgandi, due à la collaboration de M. Dufresne, pour le livret, et de M. Robillard, chef d'orchestre, pour la partition, est très-réussie et prestement enlevée par de véritables artistes; d'un ballet, où l'on a revu avec plaisir l'excellent mime Paul Legrand ; de chansonnettes, spirituellement dites par M. Luce, Mmes Noble, Massue, etc., et des débuts des très-remarquables mandolinistes milanais, M. et Mme Armanini, une attraction réelle. L'orchestre est bon; M. Robillard, musicien qui a fait ses preuves, le dirige fort bien. Il y a là bien des éléments de succès pour les nouvelles Folies-Bergère; la route leur est donc toute tracée. »

 Revue et gazette musicale de Paris, 9 mai 1869[6].

Le nom choisi fait référence aux folies, maisons de divertissement au XVIIIe siècle puis salles de spectacle, et au nom des rues de Trévise puis Bergère, mitoyennes de la rue Richer. Cela explique l'absence de « s » à Bergère et permet d'avoir un nom comportant 13 lettres par superstition[7]. Il est conçu comme un « café-spectacle » où le public assiste à des représentations théâtrales, à des opérettes ou à des tours de chant, tout en buvant et en fumant[2].

Le théâtre d'origine est conçu comme une maison d'opéra par l'architecte Jean Plumeret, dans le style éclectique qui caractérise la fin du Second Empire[réf. souhaitée].

En 1871, Léon Sari transforme l’établissement. Il crée un immense jardin d'hiver. Les spectateurs sont libres de circuler pendant les représentations dans les différents espaces[2].

En 1886, Édouard Marchand, à la tête des Folies Bergère, invente la revue de music-hall à grand spectacle. Il engage la danseuse américaine Loïe Fuller[2].

En 1912 a lieu la première apparition sur scène d'une femme totalement dénudée[8].

De 1918 à 1966, Paul Derval (1880-1966) dirige l’établissement qui est entièrement restructuré en 1926. La salle est agrandie et agrémentée d'une magnifique façade Art déco, due à Maurice Pico[2]. Le bas-relief central représente la danseuse russe Lila Nikolska (1904-1955), vêtue en tout et pour tout d'un chapeau-cloche, accessoire féminin indispensable de l'entre-deux-guerres.

Paul Derval note l'importance des plumes dans les costumes des danseuses : « Les plumes, c'est une responsabilité de poids qu'il ne faut pas prendre à la légère »[8]. En 1936, pour mener la revue En super folies, il fait revenir Joséphine Baker de New York et demande à Michel Gyarmathy, un jeune hongrois tout fraîchement débarqué de son Balassagyarmat natal, d'en dessiner l'affiche[réf. souhaitée].

En , Antonia Derval, femme de Paul Derval, transmet ses pouvoirs à Hélène Martini, « l'impératrice de la nuit », qui, vingt-cinq ans auparavant, avait été « mannequin nu » aux Folies Bergère après avoir été déportée en camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale[8].

La façade, rénovée et dorée en 2012.

En , le théâtre des Folies Bergère est racheté par le groupe Lagardère avec la participation de Jean-Marc Dumontet[9]. L'année suivante, Hélène Martini met en vente 6 000 costumes créés au music-hall entre 1974 et 2002[8]. La façade du théâtre est rénovée et le bas-relief, recouvert à l'origine de feuille de cuivre, est entièrement redoré[10].

En 2013, Lagardère devient l'unique détenteur des Folies Bergère. La salle est désormais dirigée par Frédéric Jérôme, également le directeur du Casino de Paris depuis 1989[11].

Le y est organisée une soirée en hommage à l'« esprit Charlie » et aux dessinateurs tués lors de l'attentat contre Charlie Hebdo en 2015[12].

En 2020, Lagardère met en vente les Folies Bergère ainsi que l'ensemble de ses activités spectacles, comprenant aussi le Casino de Paris et le Bataclan, mais les trois grands noms du secteur, les Français Fimalac Entertainment et Vivendi et l'Américain Live Nation Entertainment, refusent l'offre de 70 millions d'euros jugée disproportionnée[13].

Le groupe Lagardère, contrôlé depuis 2022 par la famille Bolloré[14], détient à ce jour toujours la majorité des droits d’exploitation des Folies Bergère[15].

Programmation

Revues

  • 1922 : Folies sur Folies
  • 1930 : De la folie pure
  • 1935 : La Folie d'amour
  • 1955 : Ah! Quelle folie
  • 1975 : J'aime à la folie

Les Folies Bergère dans la culture

L'établissement, symbole de la vie nocturne parisienne, est régulièrement cité depuis sa création dans la littérature et les arts.

Littérature

  • Émile Zola évoque l'atmosphère de l'établissement dans Nana (1880) comme un haut lieu du plaisir de la Troisième République ;
  • Dans Bel-Ami (1885), Guy de Maupassant fait du lieu le théâtre de l'ascension sociale de Georges Duroy. Le protagoniste, alors modeste employé au chemin de fer du Nord, y découvre l'univers du journalisme et du demi-monde ;
  • Colette, qui s'y est elle-même produite comme danseuse et mime, livre une chronique des coulisses et de la vie des artistes dans L'Envers du music-hall (1913) ;
  • Dans son roman La Fin des ambassades (1953), qui se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, le diplomate Roger Peyrefitte rend compte de la réputation internationale des Folies Bergère[16] ;
  • L'album Les Folies Bergère (2012) de Zidrou et Francis Porcel rend hommage au lieu en le plaçant au cœur de l'imaginaire des soldats dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

Peinture

Édouard Manet, Un bar aux Folies Bergère (1881-1882).

Le lieu est immortalisé par Édouard Manet dans son dernier chef-d'œuvre, Un bar aux Folies Bergère (1882), qui capture l'esthétique du bar et du promenoir avec son célèbre jeu de miroirs.

Cinéma / Télévision

Personnalités liées au lieu

La danseuse et chorégraphe Carmen Tórtola Valencia.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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