Fernand Ledoux
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Villerville (France)
photographie du studio Harcourt.
| Naissance |
Tirlemont (Belgique) |
|---|---|
| Nationalité |
Belge (d'origine) Française (naturalisé) |
| Décès |
(à 96 ans) Villerville (France) |
| Profession | Acteur |
| Films notables |
La Bête humaine Volpone Goupi Mains Rouges Les Visiteurs du soir Papa, Maman, la Bonne et moi Peau d'Âne |

Fernand Ledoux est un acteur français d'origine belge, né à Tirlemont, en Belgique, le , mort à Villerville (Calvados), le .
Son arrière-grand-père paternel était cocher de Napoléon Ier et, après les adieux de Fontainebleau, il partit vivre en Belgique où il fit souche[1].
Jacques Joseph Félix Fernand Ledoux, de son nom de scène Fernand Ledoux, est le fils de Joseph Ledoux, grossiste en vins belge, et d'une Française, Florentine Loos[2], fille de dentellière. Il fait ses études au collège de Tirlemont, puis au petit séminaire de Saint-Trond. Fernand Ledoux était bilingue, maîtrisant parfaitement le français et le néerlandais. Il a 17 ans quand éclate la Grande guerre.
Fernand Ledoux choisit la nationalité française de sa mère et, pendant la Première Guerre mondiale, s'engage dans l'infanterie. Il termine la campagne comme sergent mitrailleur.
Après l'armistice, en 1919, il arrive à Paris et commence à suivre les cours de Raphaël Duflos au Conservatoire national d'art dramatique. Il y obtient un deuxième prix de comédie. Il débute ensuite dans de petits rôles, en particulier à la Comédie-Française où il est engagé en 1921 par Maurice de Féraudy pour des petits rôles (on disait alors coryphée). Il y débute en tenant le rôle d'un paysan dans Monsieur de Pourceaugnac. De 1931 à 1942, il est sociétaire de la Comédie-Française.
Bien que ce soit le cinéma qui l'ait rendu populaire, avec près de 80 films tournés, il est avant tout homme de théâtre.
Jacques Feyder, qui l'a remarqué au Conservatoire, lui offre son premier rôle au cinéma dans La Faute d'orthographe en 1919. Il l'engage à nouveau dans L'Atlantide en 1921. On le remarque particulièrement dans La Bête humaine de Jean Renoir en 1938, et en 1941 Maurice Tourneur lui donne un très beau rôle de personnage ombrageux dans Volpone.
Entre-temps, en 1938, Pierre Dux, Fernand Ledoux et Alfred Adam ont ouvert un cours de théâtre dans un studio au dernier étage du Théâtre Pigalle.
Le , il est en mer au large de Dakar quand la radio du bord annonce le déclenchement de la guerre. Il revient à Paris, mais, âgé de 42 ans, il n'est pas mobilisable. Souhaitant se battre, il s'engage en dans le 212e régiment régional de Fontainebleau, d'où la retraite l'entraînera avec son corps jusqu'au village de Coudures dans les Landes[1].
En 1942, il cesse ses activités à la Comédie-Française pour éviter de jouer devant l'occupant, et se consacre exclusivement au cinéma. Cette même année, il est remarquable dans Goupi Mains Rouges de Jacques Becker et dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné.
En , après la Libération, il est inquiété un temps par la résistance, car il avait participé aux films de la compagnie Continental, aux capitaux allemands. Mais il est rapidement prouvé que cette participation était purement professionnelle et non politique. Entre 1940 et 1945, Fernand Ledoux est très populaire en France, et ces années correspondent sans doute à l'apogée de sa carrière d'acteur.
De 1950 à 1954, il revient à la Comédie-Française en tant que pensionnaire à statut spécial où il fait plusieurs créations saisissantes.
En 1956, il joue un rôle de Français moyen bougon, dans le film Papa, maman, ma femme et moi, avec Robert Lamoureux. De 1958 à 1967, il donne des cours de dramaturgie au Conservatoire national d'art dramatique. Il a notamment comme élèves Suzanne Flon, Claude Brosset, Guy Tréjan, Élisabeth Alain, Jacques Lassalle, Michel Duchaussoy et Jean-Paul Zennacker.
Il joue également dans quelques productions américaines, comme Le Jour le plus long en 1961, il interprète le rôle du professeur Charcot dans Freud, passions secrètes (film de John Huston,1962) et Le Jour d'après de Robert Parrish en 1964. Il tourne avec de grands réalisateurs comme Orson Welles, Jacques Demy (Peau d'âne (1970)), Claude Chabrol, et se retire des écrans après Mille milliards de dollars d'Henri Verneuil, en 1981. On le voit aussi dans de nombreux téléfilms. Il prit sa retraite en 1984.

Après la mort de l'acteur Charles Vanel, en 1989, il devient jusqu'à sa mort en 1993 le doyen des acteurs français. Comme pour Charles Vanel, entre 1989 et 1993, lors de ses anniversaires, il recevra la visite des équipes des journaux TV ou de la presse écrite, où il relatera ses souvenirs lors de reportages sur sa personne.
Fernand Ledoux se marie le avec Fernande Thabuy (1908 - morte en 1997), avec laquelle il a quatre enfants : Claude, Françoise, Thierry et Jacques[2]. En , son fils Jacques, surnommé Jackie, âgé de 6 ans 1/2, se noie accidentellement à Villerville[3].
Grand amateur de la côte normande, qu'il aimait peindre, il vécut à Pennedepie, puis à Villerville où il est mort à 96 ans. Il repose depuis auprès de son épouse et de son fils Jacques au cimetière de Villerville (Calvados).
Décorations
Filmographie
Cinéma
- 1918 : La Faute d'orthographe (court métrage) de Jacques Feyder
- 1919 : Le Carnaval des vérités de Marcel L'Herbier
- 1919 : Le Fils de monsieur Ledoux d'Henry Krauss
- 1920 : L'Atlantide de Jacques Feyder
- 1921 : Villa Destin de Marcel L'Herbier
- 1922 : Molière, sa vie, son œuvre de Jacques de Féraudy (Extraits de pièces de Molière)
- 1932 : L'Homme à la barbiche (court métrage) de Louis Valray : L'assistant du détective
- 1934 : Le Train de 8 heures 47 d'Henry Wulschleger : L'adjudant Flick
- 1935 : Les Souliers (court métrage) de Maurice Cloche
- 1935 : Folies-Bergère de Marcel Achard et Roy Del Ruth (version française de Folies Bergère de Paris de Roy Del Ruth, 1935) : François
- 1936 : Mayerling d'Anatole Litvak : Philippe de Cobourg
- 1936 : Le Vagabond bien-aimé de Curtis Bernhardt : Major Walters
- 1936 : Tarass Boulba d'Alexis Granowsky : Tovkatch, l'ivrogne
- 1938 : La Bête humaine de Jean Renoir : Roubaud, le sous-chef de gare et mari de Séverine
- 1938 : Alerte en Méditerranée de Léo Joannon : Martin
- 1938 : Altitude 3 200 de Jean Benoît-Lévy et Marie Epstein : Le docteur
- 1941 : Volpone de Maurice Tourneur : Corvino
- 1941 : Premier Rendez-vous d'Henri Decoin : Nicolas Rougemont
- 1941 : Remorques de Jean Grémillon : Kerlo, le bosco
- 1941 : L'Assassinat du Père Noël de Christian-Jaque : Noirgoutte, le maire
- 1941 : Premier Bal de Christian-Jaque : Michel Noblet
- 1942 : Le Lit à colonnes de Roland Tual : Porey-Cave
- 1942 : La Loi du 21 juin 1907 (court métrage) de Sacha Guitry : Maître Blanc-Bec
- 1942 : Les Visiteurs du soir de Marcel Carné : Le baron Hugues
- 1943 : Untel Père et Fils de Julien Duvivier : Le maire
- 1943 : La Grande Marnière de Jean de Marguenat : Carvajan, le vieil usurier
- 1943 : Goupi Mains Rouges de Jacques Becker : Léopold Goupi dit Goupi-Mains-Rouges
- 1943 : Des jeunes filles dans la nuit de René Le Hénaff : Auguste
- 1943 : Etoiles de demain (court métrage) de René Guy-Grand : Un professeur d'art dramatique
- 1943 : L'Homme de Londres d'Henri Decoin : Maloin, l'aiguilleur
- 1944 : Béatrice devant le désir de Jean de Marguenat : Le docteur Mauléon
- 1945 : La Fille aux yeux gris de Jean Faurez : Le père Christophe
- 1945 : Sortilèges de Christian-Jaque : Fabret, le lièvre
- 1946 : Fille du diable d'Henri Decoin : le docteur
- 1946 : La Rose de la mer de Jacques de Baroncelli : Romain Jardehu, le capitaine
- 1947 : Danger de mort de Gilles Grangier : Loiseau, le pharmacien
- 1948 : Éternel conflit de Georges Lampin : Le professeur Janvier
- 1948 : L'Ombre d'André Berthomieu : Firmin Blache, le crémier
- 1949 : Pattes blanches de Jean Grémillon : Jock Le Guen, le cabaretier
- 1949 : Le Mystère Barton de Charles Spaak : Beverley, le financier
- 1949 : Monseigneur de Roger Richebé : Piétrefond, historien archiviste
- 1949 : Histoires extraordinaires de Jean Faurez : Montrésor
- 1949 : Symphonie d'un destin (court métrage) de Georges Ferry
- 1952 : Les loups chassent la nuit (La ragazza di Triestre) de Bernard Borderie : Thomas Mollert, journaliste et chef de réseau
- 1953 : Un acte d'amour (Act of love) d'Anatole Litvak : Fernand Lacaud
- 1953 : Moïse (Documentaire) de Bernard de Pré : le narrateur
- 1953 : Masques et visages de James Ensor (documentaire) de Paul Haesaerts : le narrateur
- 1954 : Papa, Maman, la Bonne et moi de Jean-Paul Le Chanois : Fernand Langlois, professeur dans un institut public
- 1954 : Napoléon de Sacha Guitry : Lazare Carnot (scène coupée au montage)
- 1954 : La Barrique d'Amontillado (court métrage) issu du film Histoires extraordinaires de Jean Faurez
- 1955 : On ne badine pas avec l'amour de Jean Desailly
- 1955 : Fortune carrée de Bernard Borderie : le cadi
- 1955 : Les Hommes en blanc, de Ralph Habib : Dr Delpuech
- 1956 : Papa, maman, ma femme et moi de Jean-Paul Le Chanois : Fernand Langlois, professeur dans un institut public
- 1956 : La Loi des rues de Ralph Habib : Père Blain, le patron du bistrot
- 1956 : Les Aventures de Till l'espiègle de Gérard Philipe et Joris Ivens : Mr Claes, le père de Till
- 1957 : Celui qui doit mourir de Jules Dassin : Grigoris, le pope
- 1957 : Les Violents d'Henri Calef : Pierre Tiercelin, l'éclusier
- 1958 : Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois : Monseigneur Myriel (dans la première époque)
- 1958 : Christine de Pierre Gaspard-Huit : Weiring, le père de Christine
- 1959 : J'irai cracher sur vos tombes de Michel Gast : Horace Chandley
- 1960 : Carthage en flammes (Cartagine in fiamme) de Carmine Gallone
- 1960 : Recours en grâce de László Benedek : le curé
- 1960 : La Vérité d'Henri-Georges Clouzot : le médecin légiste
- 1961 : Le Grand Risque (The big gamble) de Richard Fleischer et Elmo Williams : le douanier
- 1962 : Le Jour le plus long (The Longest Day) de Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki et Darryl Zanuck : Louis
- 1962 : Freud, passions secrètes (Freud, the Secret Passion) de John Huston : Dr Charcot
- 1962 : Le Procès (The Trial) d'Orson Welles : le procureur de la cour de justice
- 1963 : Le Glaive et la Balance d'André Cayatte : le procureur
- 1965 : Le Jour d'après (Up from the beach) de Robert Parrish : Barrelmaker
- 1965 : La Communale de Jean L'Hôte : L'inspecteur
- 1968 : Sous le signe du taureau de Gilles Grangier : le juge
- 1970 : Peau d'âne de Jacques Demy : le roi rouge
- 1973 : Moi y'en a vouloir des sous de Jean Yanne : Sauveur Chouras
- 1973 : Bel Ordure de Jean Marbœuf : le gardien de prison
- 1973 : Les Granges Brûlées de Jean Chapot : le doyen des juges
- 1974 : Les Chinois à Paris de Jean Yanne : Frugebelle
- 1977 : Alice ou la Dernière Fugue de Claude Chabrol : le docteur
- 1977 : À chacun son enfer d'André Cayatte : le père de Bernard
- 1982 : Mille milliards de dollars d'Henri Verneuil : Guérande
- 1982 : Les Misérables de Robert Hossein : Gillenormand
Télévision
- 1950 : Le Malade imaginaire de Bernard Hecht (téléfilm) : Argan
- 1962 : Les Célibataires de Jean Prat (téléfilm) : Elie de Coëtquidan
- 1966 et 1968 : Au théâtre ce soir (série télévisée) : Kostia / Marinier
- 1966 : Au théâtre ce soir : Le Père de Mademoiselle de Roger-Ferdinand, mise en scène Fernand Ledoux, réalisation Georges Folgoas, Théâtre Marigny
- 1967 : La Route d'un homme (téléfilm) : le narrateur (voix)
- 1968 : Au théâtre ce soir : La Locomotive d'André Roussin, mise en scène de l'auteur, réalisation Pierre Sabbagh, théâtre Marigny
- 1968 : L'Orgue fantastique de Jacques Trébouta puis Robert Valey (téléfilm) : Hartmann
- 1973 : La Barque sans pêcheur (série télévisée) : le monsieur en noir
- 1975 : Le Père Amable de Claude Santelli (téléfilm) : Amable
- 1977 : Attention chien méchant de Roland-Bernard (téléfilm)
- 1978 : Le Devoir de français de Jean-Pierre Blanc (téléfilm)
- 1981 : Ursule Mirouët de Marcel Cravenne (téléfilm) : docteur Mignoret
- 1982 : Jules et Juju de Yves Ellena (téléfilm) : Jules
- 1984 : L'Héritage de Maurice Failevic (téléfilm) : le vieux paysan vigneron