Fontaine des Innocents

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Fontaine des Innocents
La fontaine en 2024.
Présentation
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Coordonnées

La fontaine des Innocents, d'abord appelée fontaine des Nymphes, est une fontaine située dans le 1er arrondissement de Paris, sur l'actuelle place Joachim-du-Bellay dans le quartier des Halles. De style Renaissance, elle a connu diverses modifications et a été déplacée à deux occasions. Elle est classée monument historique depuis [1].

Ce site est desservi par les stations de métro Les Halles et Châtelet.

La fontaine à l’époque du Moyen-Âge

Panneau Histoire de Paris
« Fontaine des Innocents ».

La première fontaine des Innocents, adossée à église des Saints-Innocents, à l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers (actuelle rue Berger), à une quarantaine de mètres au nord-est de son emplacement actuel, est établie vers au cours d'une période de forte croissance de la ville. Elle était alimentée par une conduite en terre cuite amenant les eaux des sources du Pré-Saint-Gervais qui desservait également le prieuré Saint-Lazare, le couvent des Filles-Dieu et la Fontaine du Ponceau[2].

La fontaine d'angle de la Renaissance

Cette fontaine est remplacée en sous le règne du roi Henri II, au même endroit, par un édifice sous forme de loggia, œuvre de l'architecte Pierre Lescot, décorée de sculptures de Jean Goujon. Elle célébrait à l'origine l'entrée du roi dans Paris au retour du sacre de Reims, notamment celles de Jean le Bon, de Charles V, de Charles VI, de Charles VII le et de Charles VIII le  : elle était une des étapes du parcours de la basilique Saint-Denis au palais de la Cité ou à la cathédrale Notre-Dame[3].

De forme rectangulaire et non carrée comme aujourd'hui, elle ne possédait donc que trois arcades ornées de cinq naïades : deux décorant l'arcade de la rue Saint-Denis, les trois autres sculptées sur les deux arcades donnant en retour d'angle sur la rue aux Fers. Un alignement de pilastres, d'ordre corinthien, encadrant chacune des arcades supportait une frise et un attique à fronton triangulaire. L'ensemble reposait sur un soubassement d'où l'eau s'écoulait par de petits mascarons.

Le tétrapyle de l'époque classique

À la fin du XVIIIe siècle, l'ensemble des cimetières de Paris sont vidés et remplacés par les actuels, situés à l'époque à l'extérieur de la ville. Le cimetière des Innocents, plus communément qualifié de charnier, qui jouxtait l'église des Saints-Innocents, est également vidé, à la suite de l'effondrement d'un muret dans une cave. L'église est démolie en et la fontaine se retrouve isolée dans un coin de l'espace dégagé, destiné à devenir un marché.

Elle est alors déplacée, puis installée au centre de la place récemment créée et baptisée à l'époque « place du marché des Innocents ». Un ingénieur nommé Six est chargé de la démonter, tandis que les architectes Poyet, Legrand et Molinos en conçoivent le nouveau plan de réédification. Ils décident de lui donner une forme d'un tétrapyle, c'est-à-dire un pavillon carré. Il devient donc nécessaire de sculpter une quatrième face à la fontaine, travail exécuté en par Augustin Pajou, qui s'efforce de retrouver la même inspiration que son prédécesseur.

Il sculpte donc trois naïades pour compléter les cinq de Goujon : les deux de la face méridionale et celle de gauche de l'occidentale. Les autres ornements sont confiés à Lhuillier, Mézières et Daujon.

Un lion est disposé à chacun des quatre angles. Le soubassement d'origine est remplacé par une suite de bassins superposés, prévus pour recueillir l'eau qui jaillit d'une vasque en bronze placée au centre du pavillon. Les trois bas-reliefs décorant le soubassement, menacés de rapide détérioration par l'écoulement de l'eau, sont démontés et déposés au musée du Louvre.

La fontaine est également coiffée d'une petite coupole constituée de feuilles de métal imitant les écailles de poisson.

Le déplacement de 1860

Lorsqu'en , un square est décidé pour remplacer le marché, devenu inutile à la suite de la construction des Halles par Baltard, la fontaine est encore déplacée de quelques mètres et recentrée dans l'espace réduit de moitié laissé à ce nouveau jardin public en 1860. Un soubassement de forme pyramidale, étagé de six bassins à bords arrondis, est ajouté sur chaque face. Le tout repose au milieu d'un bassin circulaire. Cette dernière transformation est confiée à l'architecte Gabriel Davioud.

La place Joachim-du-Bellay actuelle épouse dans les grandes lignes les dimensions de ce square supprimé en lors du réaménagement des abords des anciennes Halles transférées à Rungis.

Restauration en 2023-2024

Le principe d'une restauration de la fontaine, très dégradée, est annoncé en par Karen Taïeb, adjointe à la maire de Paris, chargée du patrimoine[4]. Les travaux, d'un coût estimé à 5 millions d'euros, sont réalisés en s'appuyant sur un protocole de restauration déterminé par un comité scientifique de restauration de la fontaine des Innocents. Les travaux commencent en et sont achevés un an après, avec sa remise en eau le [5],[6], juste à temps pour les visiteurs des Jeux olympiques de Paris .

Une exposition temporaire au musée Carnavalet[7] évoque ce chantier chargé d’histoire, de même qu’un long article du paru dans Le Moniteur[8].

La fontaine était asséchée depuis . À cause d’un tassement inégal des fondations de quelques millimètres « la majeure partie des débits se déversait vers l’ouest. Les remous et les lames d’eau accéléraient l’usure », rappelle Emmanuelle Philippe, conservatrice du patrimoine. L’objectif était de restaurer la fontaine, abimée par des décennies de pollution, d’intempéries et de corrosion du système hydraulique. Le local technique souterrain a été complètement revu avec la pose d’un variateur de débit et de puissance et le changement du traitement des eaux aux ultraviolets qui remplacent le chlore. Pour sa vision nocturne, une nouvelle mise en lumière indirecte et chaude par LED savamment dissimulées a été réalisée. Les cinq nymphes de Jean Goujon ont été déposées et remplacées par des copies en résine chargée en poudre de pierre.

Les nymphes originales, présentées au musée Carnavalet au printemps 2024 (au sein de l’exposition La Fontaine des Innocents, histoire d’un chef-d’œuvre), ont, à compter du , été mises en dépôt au sein des collections Renaissance du Petit Palais, où elles peuvent être admirées en accès libre et gratuit.

Les bas-reliefs de cette fontaine sont conservés au musée du Louvre.

Description des ornements sculptés

Notes et références

Voir aussi

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