Fouage de Bretagne
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Le fouage de Bretagne est une version locale de l'impôt médiéval et moderne appelé fouage dans le royaume de France, en vigueur dans le duché de Bretagne (939-1532), puis dans la province de Bretagne (1532-1789).
Le fouage (en latin médiéval focagium), dont le nom vient du mot latin focus, signifiant « foyer » et donnant en français médiéval « feu »[1], est un impôt direct, ordinaire ou extraordinaire, levé sur les feux (foyers fiscaux) roturiers.
En Bretagne, il donne lieu en 1426, sous le règne du duc Jean V, à une sorte de recensement de la population du duché, la « réformation des fouages », qui concerne d'ailleurs aussi bien les nobles que les roturiers.
Au Moyen Âge, la décision du duc de Bretagne de procéder à une levée de fouage extraordinaire n'est possible qu'après consultation et avis des États généraux de la finance réunis à Nantes, siège ducal et ville d'où émanent le pouvoir et les directives centrales. Ces États ne sont pas permanents. Ils sont effectivement convoqués au moins tous les deux ans en ce qui concerne les questions financières et ont vu leur rôle grandir au fur et à mesure des besoins croissants du duché en argent. Leur pouvoir est cependant limité : le duc leur soumet les ordonnances générales ainsi que la ratification des traités, mais il peut se passer de leur accord excepté pour les impôts publics tel que le fouage qui doit être voté et accepté au préalable par les États. Par ailleurs, le montant du fouage est fixé lors de la réunion de ces mêmes États, entre les délégués des 3 ordres et les représentants du pouvoir ducal. À l'inverse de la taille, le fouage est un impôt de quotité, c'est-à-dire qu'il est calculé en fonction d'un taux qui est fixé à l'avance.
Le fouage est levé par diocèses[1]. De plus, les évêchés étaient eux-mêmes subdivisés en ce qu'on appelait des « recettes de fouage » dans le but de rapprocher le receveur de l'impôt du contribuable. Cela montre que pour récolter l'impôt, l'administration financière utilise les structures géographiques déjà en place depuis longtemps et donc solidement établies (excepté pour le diocèse de Dol, beaucoup plus récent par rapport aux autres). Ces évêchés, de par leur dimension, leur stabilité et leur cohérence géographique, font donc office de circonscriptions financières aux levées de fouage dans le duché. Le fait que cette entité territoriale soit précisément délimitée et regroupe divers fiefs facilitait effectivement le prélèvement du fouage au niveau local.
Au Bas Moyen Âge, la levée de fouage était très souvent prévue sur deux termes dans l'année, c'est-à-dire prélevée à deux moments distincts séparés par un intervalle de pratiquement six mois. En effet, la première levée était prévue le et concernait en général la moitié de la somme prévue. Le deuxième prélèvement quant à lui était fixé à la fête de la Saint-Michel, c'est-à-dire le de la même année et prenait donc en compte la moitié restante du fouage. Les levées de fouage étaient donc basées sur le calendrier agricole et identiques aux usages alors en vigueur dans le reste de l'Occident chrétien. En effet, le correspond à la période de Pâques et au début des semailles de printemps et le à la fin des récoltes, deux dates très significatives pour la paysannerie qui associait l'événement à la levée de fouage.