François Dutertre

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Décès (à 77 ans)
Versailles (Yvelines)
OrigineDrapeau de la France France
François Dutertre
François Dutertre

Naissance
Mayenne
Décès (à 77 ans)
Versailles (Yvelines)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade

François Dutertre, né le à Mayenne[1] et mort le à Villebernier, est un général des guerres de la Révolution et du Premier Empire. Il a plus alimenté la rubrique des faits divers par ses délits, vols, escroqueries. Il est connu pour son rôle controversé dans les guerres de Vendée et pour avoir commandé l’escorte des « fructidorisé » vers Cayenne en 1797.

Les frères Dutertre, originaires de Mayenne, sont trois figures controversées de la Révolution française, connues pour leur rôle dans les excès révolutionnaires, les exactions et leur implication dans les troubles politiques de la fin du XVIIIe siècle. François Dutertre, dans son ouvrage Départ du temple, pour Cayenne, publié en 1800, cherche à rejeter les atrocités qu'on lui reprochait[2], et accuse ses ennemis politiques, les Royalistes et les Chouans de sa région[3] de chercher à la compromettre en raison de ses opinions républicaines[3].

Avertissement

La similitude des patronymes a conduit à des erreurs dans plusieurs dictionnaires biographiques, où les rédacteurs ont confondu le général François Dutertre avec le maréchal de camp, général François Duport-Dutertre[4] (1741-), frère[4] de Marguerite-Louis-François Duport-Dutertre, et auteur en 1797 de la brochure : Quelques réflexions… sur la guerre de Vendée….. Cette confusion a induit en erreur plusieurs historiens s’étant intéressés à la Révolution française, et est aussi à l'origine de François Dutertre, lui-même, qui jouant sur son homonymie et en étant un imposteur[5] , s'attribuera par exemple l'écriture de cette brochure[6], et dont il se dit parent, mêlant dans sa biographie, des parties qui concerne Duport-Dutertre. Il n'est pas non plus à confondre avec Alexandre-Maximilien du Tertre[7].

Origine

  • René Dutertre, poupelier, époux de Renée Hunault
    • François Dutertre, époux de Catherine Courtais, puis de Perrine Lafond
      • 2. Alfred Gustave François Dutertre (, Belleville-), capitaine commandant de gendarmerie à Saumur, chevalier de la Légion d'Honneur en 1888[8]
    • René-Jean Dutertre
    • x Dutertre
    • x , épouse d'Armand Tripier de la Grange[9]

Biographie

Origine

François Dutertre est né à Mayenne[6] dans une famille modeste. Il est d’abord marchand de volailles avant de se tourner vers le brigandage et le trafic illégal[2]. En 1789, il est condamné pour le vol d’une boutique de pharmacien, dont il revend les produits en Bretagne. Il est condamné à deux ans de prison ou même de bagne[2].

Militaire

Sa présentation.

« Un républicain qui a exposé cent fois sa vie pour sa patrie un républicain couvert de blessures un homme libre qui n'a souillé sa vie par aucun crime, et dont les propriétés ont été envahies à plusieurs reprises par les brigands; un républicain qui a fait un pacte avec la liberté et qui est incapable de violer ce pacte ne peut ni ne doit descendre dans la tombe sous le manteau de l'ignominie il doit laisser pour la postérité des notes précieuses dont les historiens sauront faire un usage salutaire.[6]. »

Il indique avoir avant la Révolution française, servit dans le Régiment Royal des Vaisseaux du au [6], où il acquiert ses premières expériences militaires[6] dans les Antilles[10]. En 1789, il est condamné pour le vol d’une boutique de pharmacien, dont il revend les produits en Bretagne. Il est condamné à deux ans de prison ou même de bagne[2]. Marié, il indique avoir acquis une certaine aisance financière grâce à l’héritage de sa femme, qui a perdue une habitation à Basse-Terre en Guadeloupe[6], près du Fort L'Olive, qui rapportait plus de 100 000 francs de revenus[6]. Il obtient son congés militaire le [10].

Gracié par la Révolution française, il s’engage dans l’armée et gravit rapidement les échelons, devenant capitaine puis général de brigade[2]. François Dutertre indique qu'il participe à la Journée du 10 août 1792, où il est blessé[6] en cherchant à défendre la personne du roi[11].

Il indique qu'il rejoint ensuite les bataillons de fédérés, puis est promu sous-lieutenant des grenadiers par ses compagnons d’armes le [6]. Il gravit rapidement les échelons militaires, devenant capitaine au Premier bataillon de l'Orne le [6]. Il est chargé le , de conduire de Mayenne à Alençon quarante-trois Vendéens[12], abandonnés dans les hôpitaux.

Il indique qu'il est devenu adjudant général proclamé sur le champ de bataille[13], puis enfin général de brigade provisoire en 1794[6] (9 brumaire an III[3]), nommé par Jacques Garnier dit Garnier de Saintes[10] et confirmé à la même date par le Comité de Salut public[10], ses promotions sont justifiées par ses blessures (dix-neuf au total) et son courage au combat, notamment lors des campagnes contre les chouans en Vendée[6] où il participe à la répression des soulèvements contre-révolutionnaires. Il indique avoir reçu dix-neuf blessures au combat, dont trois graves[6]. Le titre de général de brigade lui est reconnu plus tard le 22 fructidor an V[3]. Il est forcé de cesser ses fonctions suite à ses blessures et autorisé à demander sa retraite le [10].

Merlin de Douai

« J’ai reçu, général, et j’ai lu avec le plus vif intérêt, le jugement du 4 de ce mois, que vous m’avez adressé ; il est toujours agréable, pour un ami de la liberté, de voir un de ses défenseurs décharge honorablement des inculpations dirigées contre lui. Salut et fraternité. MERLIN. .[6]. »

François Dutertre était général de brigade en résidence à Aumont (Loire) quand il acquiert comme bien national le prieuré de Couptrain[14]. Il est condamné pour vol en 1796[15]. Il donne des renseignements sur les chefs Chouans de la région de Fougères[6] aux membre du Comité de Salut public le 22 messidor an III. Le 29 germinal an IV, il est rendu un jugement par contumace à Mayenne qui le condamna à un an de fers[6] pour complicité de dilapidation de deux voitures de bois appartenant à la République[16]. Il est déchargé de cette accusation le 14 brumaire an V[6]. A la date du 14 thermidor an IV, Philippe-Antoine Merlin de Douai, ministre de la justice, soumettait au Directoire un arrêté renvoyant François Dutertre devant un conseil militaire de Paris[17]. François Dutertre dénonce dans ses écrits les agissements de MM. Moullin, président du tribunal criminel, et de François Midy, substitut du procureur public, qu’il accuse de persécutions politiques[18]. Le cinquième conseil de guerre prononça l’annulation du premier jugement et déchargea François Dutertre d’accusation, le 4 brumaire an IV. François Dutertre indique avoir été le gardien du donjon du Temple, lorsque que Sidney Smith y était incarcéré[6].

Le 19 fructidor an V[19], il redevient général de brigade dans la 17e division militaire dirigée par Pierre Augereau[6]. Le 20 fructidor an V, il rejoint l'Armée de Rhin-et-Moselle[6]. Sa nomination arrive au moment où lui était confiée la délicate mission de conduire les déportés politiques[3].

Rôle dans la déportation de Fructidor

La déportation

En septembre 1797, après le Coup d'État du 18 fructidor an V, il est chargé par le Directoire[20], et choisi par Pierre Augereau, de conduire à Rochefort, puis Guyane, à Sinnamary, dix-huit personnalités politiques, suspectées de sympathie pour les royalistes, et condamnées à la déportation, parmi lesquelles Charles Pichegru, François Barthélemy, Jean-Pierre Ramel, André-Daniel Laffon de Ladebat, François Barbé-Marbois et d’autres figures accusées de complot contre la République. Sa mission, délicate et politiquement sensible, consiste à assurer la sécurité des déportés tout en les traitant avec humanité, malgré les instructions strictes et les risques d’attentats ou d’évasions[6].

Conduite de l’escorte

« Barras, prévenu, accourut au balcon, suivi de ses invités, et leur montra Pichegru, trois jours auparavant, le rival de Moreau, de Hoche et de Bonaparte, Barthélemy, son collègue, Villot, Delarue, Ramel et tous ceux enfin qu'un écart de fortune ou qu'un oubli de la Providence venait de mettre à sa disposition. Au milieu des éclats de rire d'une joie bruyante, les déportés entendirent Barras recommander à Dutertre, l'homme d'Augereau, d'avoir bien soin de ces messieurs ; ce à quoi Dutertre répondit: Soyez tranquille général. Alexandre Dumas. »

François Dutertre quitte Paris le 22 fructidor an V () avec une escorte de cent chasseurs à cheval du 21e régiment de chasseurs à cheval[3]. Les déportés sont transportés dans des charrettes en forme de cages de fer, conçues initialement pour les prisonniers « babouvistes » de Vendôme[3]. Malgré les conditions difficiles, François Dutertre indique qu'il veille à ce que les déportés soient nourris correctement, logés dans des locaux décents (lorsque possible), et traités avec respect[6]. Il indique qu'il autorise les visites des épouses et des proches, et s’oppose aux excès de ses subordonnés, notamment des adjudants-généraux Jean Christophe Colin de Verdière et Pierre-Joseph Guillet, qu’il accuse de vouloir nuire aux déportés[6].

Mort d'un déporté de Fructidor en Guyane, gravure (1802).

En réalité, le voyage par terre de Paris à Rochefort en cages de fer, puis par mer vers Cayenne pour les condamnés, dans des conditions particulièrement inhumaines[21], dure plus de deux mois. Selon plusieurs sources, sa mission est réalisée avec indélicatesse et férocité[2],

Journée célèbre du 18 fructidor an V de la République : Jean-Pierre Ramel au jardin des Tuileries. Eau-forte de Pierre-Gabriel Berthault d'après Abraham Girardet (1802).

Accusations et controverses

François Dutertre est accusé d’avoir mal traité les déportés, d’avoir détourné des fonds[22], ou d’avoir comploté contre eux. Il se défend vigoureusement, publiant des mémoires et des pièces justificatives pour prouver sa bonne foi et son respect des instructions[6]. Il souligne avoir dépensé de sa poche pour améliorer les conditions de transport et d’hébergement, et avoir empêché plusieurs tentatives d’assassinat ou d’évasion[6].

Révocation et arrestation

Le 1er jour complémentaire an V (), le Directoire le relève de son commandement et ordonne son retour de Lusignan à Paris. Sur le chemin, il est insulté, agressé, et finalement arrêté à Poitiers, puis incarcéré à Paris[6] à la Prison de l'Abbaye, puis au Val-de-Grâce[6] comme un criminel d'état[6]. Il est accusé de détournement de fonds et de complicité de dilapidation, mais est finalement disculpé et libéré après quatre mois de détention, grâce à l’intervention du ministre de la guerre et à la publication de son compte rendu financier, approuvé par les autorités[6]. Il est pensionné pour ses blessures et ses services, mais sa réputation reste entachée par les polémiques autour de la déportation de Fructidor[6]. Il se défend d’avoir été un bourreau, affirmant avoir agi en soldat républicain, respectueux des ordres et de l’humanité[6].

Convention thermidorienne

Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux

« Du 5 vendémiaire de l'an 6 de la république française une et indivisible, Le directoire exécutif arrête sur la demande du général en chef de l'armée du Rhin le général de brigade Dutertre sera employé à l'une ou l'autre de ces armées. Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux.[6]. »

Disposant de protection, François Dutertre est rendu à la liberté après quatre mois de détention et envoyé par Pierre Augereau à l’Armée du Rhin sur les ordres du général François Joseph Lefebvre[3] qui commandait l'aile gauche. Il fut, le 4 brumaire an VI, autorisé à demander sa retraite pour blessures et infirmités constatées, avec une pension de 3000 livres.

Il est dénoncé par les députés mayennais le pour avoir exercé à Mayenne une influence qui suscite la terreur parmi les véritables républicains avec François Grosse-Durocher et Juliot-Morandière[4]. Il est également soupçonné d’utiliser sa position pour s’enrichir illégalement, notamment par l’acquisition massive de biens nationaux (terres d’émigrés et d’églises)[2]. Sa femme, Catherine Courtet, obtient contre lui une sentence de divorce le [2]. Le , il est enfermé à la Prison de l'Abbaye[10] par décision du Directoire du en vertu de laquelle il avait été ramené de Poitiers à Paris escorté de deux gendarmes[10].

Consulat

Suite au Coup d'État du 18 Brumaire, il reçoit l'ordre de quitter Paris le et de se retirer à Mayenne le [10]. Le , après des propos séditieux qui avaient déterminé de lui ordonner de quitter Paris dans trois jours. Il n'a pas satisfait à cet ordre; depuis la notification qu'il en a reçue, ses injures contre le Consulat ont été plus véhémentes et publiques[23]. Il cesse d'être considéré comme militaire, est suspendu de son traitement de réforme, arrêté et emprisonné à la Prison de l'Abbaye.

Il est envoyé en surveillance à Douai le [10]. Il est ensuite envoyé à Menin en raison des propos qu'il avait tenus contre le préfet et le commandant d'armes de la place de Douai Louis Jean Dessaubaz[10]. Autorise à revenir à Paris le , il est remis au traitement de réforme[10]. Il est ensuite exilé à Chaumont[10].

En l’an X (1802), il est impliqué dans des spéculations financières douteuses, achetant des bons de l’an VIII à bas prix[24].

Premier empire

Il est mis à la retraite le [3]. En 1804, à l'époque du Sacre de Napoléon Ier, il est exilé à Douai, et placé sous la surveillance du commandant de cette place. Cet exil semble avoir pour motif le refus qu'il donne à son adhésion à l'élévation de Napoléon Bonaparte à la dignité impériale[11].

Le Premier Empire le met en surveillance à Domfront (Orne) en 1806, malgré ses protestations de dévouement et ses rapports policiers[2]. Le , il est à nouveau devant le tribunal de Mayenne avec un nommé Noël pour escroqueries[2] et condamné à 2 ans de prison[10]. Il s'échappe, et quitte la France pour l'Allemagne[15] à la suite de l'Armée[10]. Il parcourt successivement l'Autriche, la Hongrie, et la Prusse[10].

Il est décrété d'arrestation par Napoléon Ier et suspendu de sa retraite impériale le par décret impérial[10]. Arrêté à Breslau en 1811, puis à Bautzen en décembre 1811, il passe en Italie, où il se fait remarquer pour des propos sur ses relations avec Georges Cadoudal, Charles Pichegru et Jeanne de Valois-Saint-Rémy, comtesse de La Motte-Valois[10]. Il était accompagné d'une personne se disant Mademoiselle de Polignac. Il est arrêté à Trieste[25],[26] le [27], et reconduit en France par la Gendarmerie et enfermé à Lyon[10]. Il est indiqué dans son arrestation que dès que son état de santé le permettra, on le conduira à Mayenne, pour y être jugé[27].

Maréchal Pierre Augereau, duc de Castiglione par Robert Lefèvre.

Il est remis en liberté le , et réintégré dans sa pension de retraite. Il est employé en 1814, dans l'armée de Lyon commandée par le maréchal Pierre Augereau. Il se retire à Avignon en congés de convalescence le , « Vu ses blessures » et ses infirmités constatées[11]. Il y commet à nouveau des escroqueries, et donne des signes d'aliénation mentale[10].

Restauration

Il revient à Paris sous la Première Restauration, et se fait dès lors appeler Duport-Dutertre. En mars 1815, il est lieutenant à la 4e compagnie du 4e bataillon des Volontaires royaux pendant les Cent-Jours de Vincennes[10], organisés par le maréchal Charles du Houx de Vioménil. Il en est licencié, ainsi que ce bataillon[11], le .

La famille des Dutertre.

« La famille des Dutertre serait-elle destinée à être sacrifiée ? car le premier ministre de la justice, sous la révolution, en 1790, (Duport-Dutertre) était mon parent; il a été guillotiné, sans jugement, le 8 frimaire an II; il n'avait commis d'autre crime que d'être patriote.[6]. »

Plus tard, en 1816, il tente de se faire passer pour un parent du général François Duport-Dutertre et sa compagne, Catherine Courtet[28], se prétend baronne de Broglie. Parti de Verdun, où il résidait depuis le , en 1818 avec une fille qui logeait dans sa maison, il y laisse le souvenir d'une vie scandaleuse, s'occupant constamment de faire des dupes et y réussissant quelquefois.[5]. Il est à Soissons en 1820 où le procureur du roi s'inquiète de sa présenceet demande au ministre de la Guerre des renseignements sur le sieur Dutertre[5]. En 1824, sa présence est signalée à Blois, où il est à nouveau accusé d'escroqueries au préjudice de plusieurs personnes[5] et à d'autres peines pour avoir exercé la médecine sans autorisation. Il est condamné à 10 ans de prison en 1825[15] et 10 ans de surveillance. Il demande à la Chambre des Pairs d'appuyer une demande de grâce auprès du Roi. Sa trace est retrouvée à Versailles en 1838. Il vivait encore à Versailles le [10]. Il avait repris le nom de « Du Port du Tertre » , patronyme flatteur mais un peu trop connu dans cette ville pour ne pas provoquer de l'étonnement et des soupçons[5]. Il se promenait en portant à sa boutonnière le ruban de la Légion d'Honneur[5], qu'il n'a jamais obtenue.

Arrivé à Villebernier dans le Maine-et-Loire, après l'L'insurrection de mai 1839, François Dutertre fait partie de la liste des personnes les plus dangereuses pour la Monarchie de Juillet établie par le sous-préfet de Saumur[29].

Les circonstances de sa fin de vie restent inconnues[2], et comporte des parts de légendes : Robert Julien Billard de Veaux indique dans ses Mémoires que, placé depuis à Saint-Malo, il y abandonna sa femme avec laquelle il se serait réconcilié et ses enfants[30]. L'Abbé Angot indique qu'il arrive à Paris sous le nom de Dutertre de la Bouverie[31]. Il est possible que ce soit son fils qui soit secrétaire de Jacques-Joseph Corbière, Ministre de l'Intérieur sous la Restauration[2].

Ses frères

René-Jean Dutertre

Il est juge du district de Laval. Il réside rue des Juifs, dans le faubourg Saint-Martin, avec Pierre-François Pottier (agent national) et René Edon (administrateur du district)[2]. Accusé avec ses complices de vols, d’exactions et de réquisitions sans mandat, il est notamment impliqué dans le pillage des maisons et des caves de plusieurs notables et ecclésiastiques, dont Urbain de Hercé, Michel Thoumin de Vauxponts, Jean-René de Chappedelaine et d’autres[2].

Le troisième frère

Son prénom n’est pas précisé dans les sources[2]. Il est administrateur du district de la Mayenne. Considéré comme encore plus dangereux que le juge, il est décrit par les députés Michel-René Maupetit, Louis-François-Laurent Segrétain et Mathurin Enjubault comme l’un des instigateurs de la collision sanglante entre la garnison de Laval et une colonne de l'Armée d'Italie en nivôse an VI. Il accuse en février 1796 le général Jean Lecamus de pactiser avec les Chouans et d'avoir laissé surprendre Mayenne par son incurie. Il est condamné pour calomnie par le conseil de guerre, mais parvint à faire casser cet arrêt[2].

Il est également accusé, avec son frère René-Jean, d’être un pilier des derniers Montagnards, visant à renverser la Constitution du 5 fructidor an III, et de mener une conduite crapuleuse, dénonçant sans motif et semant la terreur parmi les citoyens[2]. Les deux frères (René-Jean et l’administrateur) sont destitués le 17 germinal an VI () pour leur rôle dans ces troubles « comme chef du parti anarchique à Laval et pour sa conduite crapuleuse. »

François Duport-Dutertre.... ?

Le Journal Le Commerce annonce la mort du maréchal de camp Duport-Dutertre, à Villebernier le , à l'âge de 83 ans[32]. L'acte de décès [33] concerne bien François Dutertre Duport, général en retraite, né à Mayenne, fils de René Dutertre et de Renée Hunault, décédée à Angers, veuf en premier mariage de Catherine Perrine Courtais de la Bouverie, décédée à Paris, et époux de Perrine Michelle Lafond, âgée de 27 ans.

Il avait participé à la Prise de Sainte-Lucie en 1778, Prise de la Grenade en 1779, et la Prise de Tobago en 1781[32]. Il rejoint ensuite les bataillons de fédérés, puis est promu sous-lieutenant des grenadiers par ses compagnons d’armes le . Il combat à la Bataille de Hondschoote, au mois de septembre 1793, et y est blessé[11]. Il sert dans l'Armée de l'Ouest et est blessé lors de la Bataille du Mans en décembre 1793[10]. Il y reçoit une nouvelle blessure, en enlevant un drapeau à l'ennemi[11]. Il se trouva à la Bataille de Fleurus, sous le général en chef Jean-Baptiste Jourdan, et y reçoit encore une blessure, le [11].

Employé à la Grande Armée, en 1809, il y sert sous les ordres du maréchal Jean Lannes, et est blessé à la Bataille de Wagram, le [11]. Il a successivement servi sous Charles François Dumouriez, Adam Philippe de Custine, Jean-Baptiste Jourdan, Jean Nicolas Houchard, François Séverin Marceau, Antoine Charles Louis de Lasalle et Pierre Augereau. Couvert de vingt-deux blessures au combat, il s'était retiré au fond d'une campagne où il vivait d'économies et de privations[32]. Sans fortune, il laisse à sa mort, sa veuve, et son enfant encore en bâs-age dans des conditions miséreuses[32].

Pour l'Abbé Angot, c'est au vrai au vrai Duport-Dutertre que l’on doit attribuer la rédaction d’une lettre adressée à François-Antoine de Boissy d'Anglas ainsi que d’une brochure intitulée Quelques réflexions… sur la guerre de Vendée….[34], que s'attribuera François Dutertre. Ce dernier, en convalescence à Mayenne, il y attendait sa retraite tout en participant activement à la lutte contre les Chouans, au moins depuis le , et encore le , lorsque Louis de Frotté tenta de s’emparer de la ville. Il joua un rôle déterminant dans l’organisation de la défense en pleine nuit[34]. Le , il avait dénoncé au président du Directoire exécutif, à Paris, la nomination de Lambleux, suspecté de favoriser les Chouans, comme agent près de l’Administration du canton de Mayenne ; cette nomination fut finalement annulée[34]. Il avait également écrit à Lazare Carnot pour recommander François-Guillaume d'Halancourt, adjudant général dans le canton de Château-Gontier, le qualifiant de « brave officier, nécessaire dans un endroit où les Chouans dominent »[35].

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

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