Mathurin Enjubault

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Date de naissance
Lieu de naissanceBallée (Mayenne)
Date de décès (à 60 ans)
Mathurin Etienne Enjubault
Fonctions
Député de la Mayenne

(3 ans, 1 mois et 22 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député au Conseil des Cinq-Cents

(1 an, 7 mois et 7 jours)
Député au Corps législatif

(2 ans, 6 mois et 6 jours)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Ballée (Mayenne)
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Ballée (Mayenne)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Profession Notaire
députés de la Mayenne

Mathurin, Étienne Enjubault, né le à Ballée (Mayenne) et mort le dans la même ville, est un homme politique français, député de 1792 à 1802.

Avertissement

La similitude des patronymes a conduit à des erreurs dans plusieurs dictionnaires biographiques, où les rédacteurs ont confondu le conventionnel Mathurin Enjubault avec René Enjubault de la Roche[1]. Cette confusion a induit en erreur plusieurs historiens s’étant intéressés à la Révolution française.[2] d'Antoine-Vincent Arnault, publiée entre 1820 et 1825. Cette méprise persiste dans certains travaux historiques, soulignant l’importance d’une distinction rigoureuse entre les deux personnalités[1].

Origine et famille

Il n'aurait pas de lien de parenté, à la connaissance de l'Abbé Angot, avec la famille lavalloise dont le nom est quelquefois écrit Anjubault, mais un jugement du 24 floréal an IV réforme cette orthographe[3]. Il est le fils de Mathurin-René Enjubault et de Madeleine Noyer, laquelle épousa en secondes noces Pierre Pichon. Mari de Françoise Leconte, il déclare le avoir quatre enfants, dont deux filles en pension à la Flèche et un fils sous-lieutenant à l'armée de Rhin-et-Moselle[4].

Le Droit

Il fait son droit, s'établit à la Cropte comme notaire en 1770[5], exerçant aussi à Saint-Denis-du-Maine et à Préaux et traitant encore, en 1777, avec la veuve de Jacques Garot, notaire au Buret, pour jouir de sa charge. Le , dans un acte où il prend le titre d'avocat et notaire royal, il se porte adjudicataire d'un banc de quatre places dans l'église de la Cropte[3].

Révolution française

Fonction communale

Syndic de la paroisse, il rédige le cahier de doléances de 1789 dans un esprit révolutionnaire[3]. Maire de sa commune[5], puis membre du Conseil général du département de la Mayenne le . Mathurin Enjubault s'est fait remarquer dans le pays par son appui à la constitution civile du clergé[5]. Il montre son hostilité contre Louis Bigot[6], son curé[3]. Mathurin Enjubault entre un jour à l'église pendant que Louis Bigot était en chaire, et le somme d'avoir à prêter ce serment à la constitution civile du clergé[5]. Mais le curé Louis Bigot refuse et, quelques jours après, craignant les persécutions du maire, quitte sa cure pour aller se réfugier en Angleterre[7].

Conventionnel (1792-1795)

Il est élu aux Élections législatives de 1792, membre de la Convention le . Il est placé dans le Comité de secours publics[5]. Il siège dans les rangs de la Plaine et ne prend que rarement la parole[5].

Lors du Procès de Louis XVI, il vote pour la culpabilité, rejette la ratification du peuple, vote la mort du roi avec «sursis à l'exécution jusqu'au moment où les puissances étrangères envahiraient notre territoire»[8]. Il se prononce aussi sur le sursis[9]

Députés Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté générale de l'État ? Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple ? Quelle peine sera infligée à Louis ? Y aura-t-il un sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet ?
Enjubault (Mathurin) Oui Non La mort avec sursis jusqu'au moment où les puissances étrangères envahiraient notre territoire ; dans le cas contraire, examen par la Convention s'il n'y a pas lieu à commuer la peine Oui

Dans un ouvrage de 1798[10], l'opinion de Jacques-François Bissy est reproduite avec l'adhésion de deux de ses collègues de la Mayenne, dont Mathurin Enjubault, en des termes différents de la rédaction publiée par le Moniteur, bien que le sens général n'en soit pas modifié :

« Je vote pour la mort, mais en même temps je demande comme mesure de sûreté générale, qu'il soit sursis à l'exécution jusqu'à l'instant où les tyrans colisés feraient une nouvelle irruption sur le territoire de la République et si, au contraire, les puissances étrangères reconnaissaient son indépendance et que, par ce moyen la paix fût assurée, je demande que la Convention Nationale, ou la législature qui à cette époque era en fonctions, examine s'il est avantageux de commuer la peine. Je déclare que mon vœu est indivisible. « SERVEAU. ENJUBAULT. BISSY. » »

Il ne se trouvait déjà plus en communauté d'idées avec le parti dominant. Le , il se prononçait dans un vote motivé pour la mise en accusation de Jean-Paul Marat[11],[12] en indiquant Comme je déteste les provocateurs au meurtre, au pillage et à la dissolution de la Convention nationale; que je déteste également les tyrans, sous quelque dénomination que ce soit, ainsi que ceux qui veulent soutenir leur cause; comme Marat, contumax, est en révolte avec les lois, je dis oui.[5].

Il désirait rentrer au pays et reprendre des fonctions moins risquées. Le notariat de Meslay était alors l'objet de son ambition. Les administrateurs du département, auxquels il venait de procurer 300 livres de poudre, le lui promirent[3]. Le , Mathurin Enjubault renouvela sa demande, prétextant que la Convention allait prochainement terminer ses travaux[13]

Il n'en est pas ainsi mais l'ex-notaire se sépare nettement de ses collègues montagnards François Grosse-Durocher et François Joachim Esnue-Lavallée. Le , deux commissaires de la ville de Laval, Charles Jourdain-Durocher et Urbain Hubert, apportent à la Convention nationale une adresse[14] contenant une protestation énergique suite aux événements des Journées du 31 mai et du 2 juin 1793, contre l'expulsion des 32 députés Girondins[1], suscitant la colère des Montagnards. Au cours d’une séance agitée, Jourdain et Urbain Hubert assistèrent à une discussion houleuse dont ils constituaient le principal sujet[1]. François Grosse-Durocher et François Joachim Esnue-Lavallée les traitent de contre-révolutionnaires, d'aristocrates puants, d'amis de Pitt, de Cobourg et de Dumouriez[1]. Par leurs démarches et leur dénonciation, ils empêchent ces deux administrateurs d'obtenir des ministres et du comité de salut public l'assistance qu'ils étaient venus demander contre les chouans[15]. Certains députés allèrent jusqu’à réclamer leur arrestation et leur mise en accusation pour royalisme et contre-révolution. Leur situation devint critique, ils se trouvaient menacés d'un décret d'accusation, jusqu’à l’intervention du député René-François Lejeune, qui les fit évacuer avant la clôture des débats. Jourdain et Hubert reçurent pour mission de solliciter, auprès des différents ministres et du Comité de salut public, des renforts en hommes et en subsistances[5]. Ces secours devaient permettre de résister à l’avancée des troupes vendéennes, alors maîtresses d’Angers et menaçant le département de la Mayenne, ainsi que de contrer les rassemblements chouans, dont l’activité s’intensifiait aux alentours de Laval[5]. Accompagnés de six autres députés de leur département, les deux commissaires se présentèrent successivement aux ministères de la Guerre et de l’Intérieur, puis devant le Comité de salut public[5]. Ils y furent accueillis avec méfiance, les deux députés montagnards du département les ayant précédés et dénoncés comme royalistes et contre-révolutionnaires, refusant par ailleurs de les soutenir par leur présence[1]. Malgré ces obstacles, les efforts conjugués des autres députés permirent d’obtenir la promesse des secours demandés. Cependant, François Joachim Esnue-Lavallée et François Grosse-Durocher parvinrent finalement à en bloquer la mise en œuvre[16],[17]

Sa modération de ses votes dans le procès du Roi, devaient rendre suspect aux Jacobins, le sauva pendant la Terreur[5]. Mathurin Enjubault se fait oublier et s'éclipse pendant la Terreur jusqu'à la Chute de Robespierre[1]. Le 3 frimaire an III (), Mathurin Enjubault vote la mise en accusation de Jean-Baptiste Carrier[18] le , et prit plusieurs fois la parole au mois d'avril pour demander des poursuites contre les anciens membres du Comité de salut public. Au mois de germinal suivant, il prendt plusieurs fois la parole dans la discussion qui s'ouvrit sur les poursuites à exercer contre les anciens membres du Comité de salut public, Billaud-Varennes, Collot d'Herbois, Bertrand Barère et Marc-Guillaume-Alexis Vadier[5].

Nommé inspecteur aux procès-verbaux le , il signe jusqu'en septembre un grand nombre de décrets[3] du 9 prairial an III au 30 vendémiaire an IV[5].

Conseil des Cinq-Cents

Il est réélu député lors des Élections législatives de 1795 au Conseil des Cinq-Cents. Le Moniteur universel mentionne la part prise par Mathurin Enjubault à diverses discussions pendant ses législatures successives au Conseil des Cinq-Cents[1]. Il fait partie de diverses commissions et prononça plusieurs discours contre ses anciens adversaires les terroristes[3].

Le 13 frimaire an IV, il demande l'ordre du jour sur la pétition des épouses de Jean-Marie Collot d'Herbois et Jacques-Nicolas Billaud-Varenne demandant le paiement des indemnités dues à leurs maris, le décret de déportation rendu contre ceux-ci ayant été rapporté[19].

Le 17 frimaire an IV, il insiste pour faire ordonner par l'Assemblée Nationale la lecture de la dénonciation portée contre Paul Cadroy, Chambon et Jacques Mariette[20]. sont dénoncés par une pétition de Marseille qui les accuse d'avoir favorisé les massacres commis par la compagnie de Jéhu et du Soleil, et d'avoir couvert le massacre des jacobins incarcéré au fort Saint-Jean. La dénonciation est rejetée comme calomnieuse[21],[22].

Le 18 fructidor an V, il réclame la radiation de la liste des individus désignés pour être déportés, de Roguier-Malizay[23]. Le 25 fructidor an V, il combat le projet d'établir un nouvel impôt de cent millions à percevoir sur les plus forts contribuables de chaque commune[24].

Il avait été désigné par le sort pour sortir de cette assemblée le 1er prairial an V. Aussi, dès le 18 pluviôse de cette même année (), s'était-il adressé aux administrateurs du département de la Mayenne pour demander à être nommé en prévision de l'expiration de son mandat, il indiquait aux administrateurs de la Mayenne de lui procurer une étude, non à la Cropte, où sa maison isolée[25] l'exposerait aux vengeances des Chouans, mais à Ballée, en remplacement du citoyen Leboucher décédé. Il faisait valoir, pour obtenir cette nomination, les désirs de ses concitoyens. Sa demande fut agréée le [5].

Retour au Conseil des Cinq-Cents

Son mandat est renouvelé aux Élections législatives de 1797 et aux Élections législatives de 1798 en place de Joseph-Pierre Louveau qui avait été invalidé[3]. Il est réélu aux Élections législatives de 1799 pour 3 ans. Il prit plusieurs fois la parole[5].

Le 19 floréal an VII, il propose de valider les élections du département de la Moselle[26]. Le 3 messidor an VII, il fait un rapport pour l'établissement d'un pensionnat près l'Ecole centrale de Poitiers[27]. Le 25 messidor an VII, il demande l'ordre du jour sur la dénonciation portée contre Joseph-Jean Lagarde, secrétaire-général du Directoire exécutif[28]. Le 27 frimaire an VII, il prend la parole pour s'opposer à la nomination, par la voie du sort, des officiers de santé appelés à faire partie des conseils de révision, le sort pouvant désigner des hommes inhabiles ou des ennemis de la République[29]

Le , il n'oublia pas, en demandant des secours contre les insurgés de la Mayenne, de faire l'éloge de sa commune de Ballée qui avait repoussé l'attaque de Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont lors de la Bataille de Ballée, et réclama des indemnités pour les citoyens dont les maisons avaient été incendiées[3].

Corps législatif

Rallié au Coup d'État du 18 Brumaire, il fut choisi par le Sénat conservateur aux Élections législatives de 1800, comme député de la Mayenne au nouveau Corps législatif. Il siège au Corps législatif jusqu'en 1802[5].

Le et en , les électeurs le proposèrent encore, mais il ne fut pas accepté par le Sénat. Le notaire de Ballée était conseiller d'arrondissement de Château-Gontier[5] pour le canton de Grez-en-Bouère quand il mourut, le . Il avait quatre enfants en 1802[3].

Plusieurs rapports de Mathurin Enjubault ont été imprimés par ordre du Conseil des Cinq-Cents pendant sa Législature : L'un concerne le placement de l'administration municipale de Beaumont-Pied-de-Bœuf à Ballée; un second, l'acquisition par la ville de Laval d'un verger dépendant du Couvent des Bénédictines pour augmenter le champ de foire; un troisième, la réunion de la commune d'Haudainville au Canton de Dieue (Meuse); etc...

Références

Sources

Liens externes

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