François Grosse-Durocher
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| François Grosse-Durocher | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député de la Mayenne | |
| – (1 an et 23 jours) |
|
| Gouvernement | Assemblée législative |
| Député à la Convention nationale | |
| – (3 ans, 1 mois et 22 jours) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Chantrigné (Mayenne) |
| Date de décès | (à 74 ans) |
| Lieu de décès | Chantrigné (Mayenne) |
| Nationalité | |
| Parti politique | Gauche Montagne |
| Profession | Cultivateur |
| députés de la Mayenne | |
| modifier |
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François Athanase[1] Grosse-Durocher, né le à Chantrigné, mort le , Chantrigné, est un homme politique français.
Origine et famille
Le , à Chantrigné, naît François Grosse-Durocher, fils de Guillaume Grosse, sieur du Rocher (un lieu-dit situé sur la commune de Lassay, à la limite sud-est avec celle de Chantrigné), et de Françoise Raimbault[2]. Sa famille, originaire de Niort-la-Fontaine, possède des terres à Lassay, Thubœuf et Chantrigné, qu'il devient lui-même propriétaire et qu'il cultive. Sa sœur avait fait profession aux Couvent des Bénédictines de Lassay le [2].
En épousant Marie Leroux, il hérite également des biens de son beau-père en 1773. À partir de 1791, il réside au Bois Janvier, à Lassay[2]. Il dépose contre ceux qui avaient fait du tapage dans l'église de Lassay à l'occasion de la prestation du serment à la Constitution civile du clergé[2].
Administrateur
Il est avant la Révolution française, propriétaire et cultivateur[3] à Lassay-les-Châteaux. Il adopte les idées nouvelles[4], et se montre très hostile aux prêtres et aux nobles. Délégué à l'assemblée primaire du Mans, procureur-syndic puis maire de Chantrigné, il devient, le , membre du Conseil général du département de la Mayenne pour le district de Lassay[4]. Il recommande alors son fils à Michel-René Maupetit pour lui obtenir une bourse à Louis-le-Grand en faisant valoir son patriotisme[2].
Assemblée législative
Aux Élections législatives de 1791, il est élu le quatrième[5] des députés mayennais à l'Assemblée législative. Il approuve la suppression des titres de « sire » et de « majesté » et vote, suivant ses convictions républicaines[4], les décrets de novembre 1791 : contre les prêtres réfractaires et contre les émigrés.
Conventionnel (1792-1795)
Le , réélu par le département de la Mayenne aux Élections législatives de 1792, membre de la Convention[6], il prend place parmi le banc de la Montagne.
Lors du Procès de Louis XVI, il vote pour la culpabilité, rejette la ratification du peuple, au 3e appel nominal, il répond : Pour sauver ma patrie et punir le tyran, je vote la mort.. Il se prononce aussi contre le sursis[7]
| Députés | Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté générale de l'État ? | Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple ? | Quelle peine sera infligée à Louis ? | Y aura-t-il un sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet ? |
|---|---|---|---|---|
| Grosse-du-Rocher (François) | Oui | Non | La mort | Non |
Il s'oppose à la mise en accusation de Jean-Paul Marat[8] en [9] en indiquant Citoyens, je crois qu'il est impossible à un honnête homme de condamner Marat, sans l'avoir entendu. C'est pourquoi je dis qu'il n'y a pas lieu à accusation, quant à présent.[4].

Il ne prend part active aux événements événements des Journées du 31 mai et du 2 juin 1793, mais approuve de son vote l'expulsion des 32 députés Girondins[4].
La situation en Mayenne
Le , deux commissaires de la ville de Laval, Charles Jourdain-Durocher et Urbain Hubert, apportent à la Convention nationale une adresse[10] contenant une protestation énergique suite aux événements des Journées du 31 mai et du 2 juin 1793, contre l'expulsion des 32 députés Girondins[4], suscitant la colère des Montagnards. Au cours d’une séance agitée, Jourdain et Urbain Hubert assistèrent à une discussion houleuse dont ils constituaient le principal sujet[4]. François Grosse-Durocher et François Joachim Esnue-Lavallée les traitent de contre-révolutionnaires, d'aristocrates puants, d'amis de Pitt, de Cobourg et de Dumouriez[4]. Par leurs démarches et leur dénonciation, ils empêchent ces deux administrateurs d'obtenir des ministres et du comité de salut public l'assistance qu'ils étaient venus demander contre les chouans[11]. Certains députés allèrent jusqu’à réclamer leur arrestation et leur mise en accusation pour royalisme et contre-révolution. Leur situation devint critique, ils se trouvaient menacés d'un décret d'accusation, jusqu’à l’intervention du député René-François Lejeune, qui les fit évacuer avant la clôture des débats. Jourdain et Hubert reçurent pour mission de solliciter, auprès des différents ministres et du Comité de salut public, des renforts en hommes et en subsistances[4]. Ces secours devaient permettre de résister à l’avancée des troupes vendéennes, alors maîtresses d’Angers et menaçant le département de la Mayenne, ainsi que de contrer les rassemblements chouans, dont l’activité s’intensifiait aux alentours de Laval[4]. Accompagnés de six autres députés de leur département, les deux commissaires se présentèrent successivement aux ministères de la Guerre et de l’Intérieur, puis devant le Comité de salut public[4]. Ils y furent accueillis avec méfiance, les deux députés montagnards du département les ayant précédés et dénoncés comme royalistes et contre-révolutionnaires, refusant par ailleurs de les soutenir par leur présence[4]. Malgré ces obstacles, les efforts conjugués des autres députés permirent d’obtenir la promesse des secours demandés. Cependant, François Joachim Esnue-Lavallée et François Grosse-Durocher parvinrent finalement à en bloquer la mise en œuvre[12],[13]
Délégué de la Convention nationale, il se rend fréquemment en Mayenne, mais sans mission officielle[4], où il acquiert les biens de plusieurs nobles émigrés[2]. Profitant de cette position, il se proclame agent national et dirige le bureau des hypothèques de Mayenne et d’Ernée[2]. Il fait ainsi convoquer le Club des Jacobins (). C’est également à cette période qu’il s’empare du manoir du Grand-Coudray[1] à Chantrigné, suite à sa saisie au profit des biens nationaux, au détriment de Jean-Armand de Hercé, considéré comme émigré en Angleterre[2], et de la famille d'Héliand ( et ). Il en fait sa maison de campagne[1]. C'est pendant un de ces voyages en Mayenne qu'il eut l'occasion de sauver César Chevalier-Malibert[14]

Alexandre Bloch, 1888, musée des beaux-arts de Rennes.
Le 14 brumaire an II - , à la nouvelle de l'envahissement de la Mayenne par l'Armée catholique et royale, François Grosse-Durocher signe, avec Jacques-François Bissy[16], une adresse à ses concitoyens, dans laquelle les deux députés engagent leurs compatriotes à se défendre avec courage et à immoler les Vendéens et les Chouans[4]. La proclamation est lue à la Convention nationale, le , suscite les applaudissements de l'assemblée et est insérée dans le Bulletin officiel.
« Frères et amis, une horde de brigands vomie par le fanatisme infeste notre sol et cherche à y établir son repaire. Vous ne le souffrirez pas, braves républicains, vous allez vous lever en masse… Que veulent ces monstres ? vous ramener dans les fers… Qui conduit leurs pas ? des nobles insolents, des prêtres fourbes et avides… Un ramas de vils brigands n'est pas fait pour vous intimider… Aux armes !… il faut que Laval leur serve de tombeau, il faut que pas un n'échappe ! … . »
Jacques-François Bissy, demeuré dans la Convention nationale, écrit le 26 brumaire-: «L'on continue à être très prévenu contre le département. Nous faisons, Durocher et moi, tout ce qui est en nous pour lever cette maudite prévention. »[17]. Malgré la rétractation des autorités locales, les habitants de la Mayenne continuaient d’être accusés de trahison pour avoir laissé passer l'Armée catholique et royale[4].
Une réunion des députés montagnard

Il demande un congés à l'Assemblée pour des raisons de santé, lors de la séance du 16 fructidor an II ()[18]. Au mois d'octobre 1794, François Grosse-Durocher est à Lassay et se trouve encore absent le mois suivant[4], au mois de frimaire an III, lors lors de l'appel nominal sur le vote concernant la mise en accusation de Jean-Baptiste Carrier[19].

Gravure de Pierre-Gabriel Berthault d'après un dessin d'Abraham Girardet, Tableaux historiques de la Révolution française, Paris, BnF, département des estampes, 1802.
Au cours de l'insurrection du 12 germinal an III (), il soutient l'appel nominal de Laurent Lecointre sur la mise en accusation des « anciens terroristes », demande signée par cinquante de ses collègues[20] sur le décret de déportation de Billaud-Varennes, Collot d'Herbois, Bertrand Barère et Marc-Guillaume-Alexis Vadier[21]. François Grosse-Durocher siège parmi les « derniers Montagnards »[22],[23].

Le , il est accusé d’avoir réuni chez lui des députés montagnards dans le but de reconstituer le parti après la mort de Danton et Robespierre. Il se défend en affirmant avoir agi dans l’intérêt supérieur de la patrie[2]. Le 13 germinal an III (, il se défend de l'accusation de terroriste que Jean-Baptiste Michel Saladin avait portée contre lui. François Grosse-Durocher fut accusé d’organiser, en compagnie d’autres députés montagnards, des conciliabules chez lui dans le but de reconstituer ce parti politique[4]. Certaines voix allèrent jusqu’à réclamer son arrestation. Lors de sa défense, François Grosse-Durocher qualifia Jean-Baptiste Michel Saladin de calomniateur, tout en reconnaissant l’existence des réunions incriminées[4]. Il affirma cependant que celles-ci n’avaient d’autre objectif que la défense de l’intérêt général. Il précisa en outre que le Comité de Sûreté générale, informé de ces rassemblements, n’y avait vu aucun motif de réprobation[4]. Il obtient, sur la proposition de Jean-Lambert Tallien, que l'ordre du jour pur et simple soit adopté par la Convention nationale[24].
Retour en Mayenne
La Convention nationale dissoute, n'ayant pas été réélu[25] aux Élections législatives de 1795, après avoir quitté le corps législatif, François Grosse-Durocher revient s’installer à Mayenne. Il prend possession de la conservation des hypothèques de Mayenne, et s'installe dans l'hôtel de Châteloger, le [2].
Dans la nuit du 18 au , les Chouans de Louis de Frotté tentent de s'emparer de Mayenne par surprise. Ils réussisent à emporter le postę du Château de Mayenne[26] et occupent la place des Halles qu'il ne peuvnt toutefois dépasser[4]. Le poste du collège teint ferme et donne aux gardes nationaux le temps d'accourir. Au point du jour, les Chouans se retirent. Le général de brigade François Duport-Dutertre, qui se trouvait en convalescence à Mayenne, prit une grande part à la défense de la ville. Dans une brochure publiée peu de temps après, il désigne, François Grosse-Durocher comme participant courageusement à la défense de la ville, lorsque les chouans manquent de s'emparer de la ville[27].
François Grosse-Durocher est dénoncé auprès du Directoire du département pour avoir exercé à Mayenne une influence qui suscite la terreur parmi les véritables républicains avec François Dutertre et Juliot-Morandière. Il se retire alors au Grand-Coudray, où il paraît dès lors s'être occupé uniquement de l'administration de ses propriétés[4]. Almire Bernard[28], indique qu'il fit de l'ancien logis seigneurial une véritable forteresse où, avec les siens, il soutint plusieurs fois le siège des Chouans, ne sortant en jour qu'armé de pistolets et accompagné de deux chiens énormes. En mai 1799, il reçoitt et soigne chez lui le capitaine Jean-Daniel Œhlert quand il est blessé près d'Ambrières[2].
Il y décède le [2]. Entouré d’un enterrement civil, il aurait été inhumé dans le jardin de la propriété. Son fils, ancien officier au premier bataillon des volontaires avait obtenu sous le Premier Empire un poste de percepteur qu'il perdit à la Restauration[4].
Notes et références
- 1 2 3 Voir en ligne
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Les figures historiques du Bocage mayennais. François Grosse-Durocher, un révolutionnaire qui "épouvante"
- ↑ Bien que François Grosse-Durocher se dise cultivateur, ce n'était pas, à vrai dire, un paysan, mais plutôt un propriétaire vivant sur ses terres et s'occupant de les faire valoir.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Emile Queruau-Lamerie, Les Conventionnels du département de la Mayenne. Laval, Imprimerie L. Moreau, 1885. p. 86-84.
- ↑ Par 152 voix sur 292 votants.
- ↑ 3e sur 8, avec 349 voix sur 395 votants.
- ↑ Moniteur Universel de 1793, n° 18, 20 et 24.
- ↑ Appel nominal sur la question : Y a-t-il lieu à accusation contre Marat, membre de la Convention Nationale? page 77.
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Rapport des citoyens Jourdain et Hubert envoyés à la Convention nationale par les autorités constituées de Laval, le , pour porter l'adresse de cette commune. Laval, Michel Faur, in-4.
- ↑ On leur répondit : « Défendez-vous vous-mêmes. » .
- ↑ Emile Queruau-Lamerie, les Girondins de la Mayenne, appendice, pièce I, page 87.
- ↑ Mathurin Enjubault écrivait, le , aux administrateurs du département de la Mayenne pour rappeler les démarches qu'il avait faites avec ses collègues à l'effet d'obtenir des secours en argent et en grains, puis il ajoutait: Notre collègue (Grosse-Durocher, de compagnie avec Thoumin, ont barré nos opérations de manière que les Ministres de la Guerre et de l'Intérieur ne peuvent plus rien vous faire passer. Le motif de l'opposition est votre réunion avec certains départements qui n'adoptent pas certaines mesures prises le 31 mai et jours suivants. Je ne vous dissimulerai pas que la conduite de Grosse a occasionné des débats assez vifs entre nous.
- ↑ Recherché en tant que suspect, César Chevalier-Malibert avait pris la fuite et s’était réfugié dans la clandestinité aux environs de Mayenne. François Grosse-Durocher intervint alors pour faire cesser les investigations à son encontre. Il affirma détenir la certitude que César Chevalier-Malibert avait quitté le territoire national, une déclaration qui suffisit à mettre un terme aux recherches. Grâce à cette manœuvre, le proscrit put ainsi conserver sa cachette en toute sécurité.
- ↑ Il ne fut en réalité que blessé lors de cette bataille.
- ↑ Qui en fut sans doute le rédacteur.
- ↑ Lettre citée par M. Chardon: Les Vendéens dans la Sarthe. Tome 1er, p. 180.
- ↑ Voir en ligne
- ↑ Moniteur Universel de l'an III, no 67, du 7 frimaire.
- ↑ Françoise Brunel, « Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, vol. 229, no 1, , p. 385–404 (DOI 10.3406/ahrf.1977.1009, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Moniteur Universel de l'an III, n°200 du 20 germinal.
- ↑ Françoise Brunel, « Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, vol. 229, no 1, , p. 385–404 (DOI 10.3406/ahrf.1977.1009, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Michel Biard, Les derniers jours de la Montagne 1794-1795. Vie et mort des premiers irréductibles de gauche, Paris, Presses universitaires de France collection « Questions Républicaines », 2023, p. 184.
- ↑ Moniteur Universel de l'an III.
- ↑ Son nom se trouve cependant porté sur la liste supplémentaire fournie par les électeurs de la Guadeloupe. Moniteur Universel de l'an IV, no 157, du 7 ventôse.
- ↑ Où se trouvait le parc d'artillerie/
- ↑ Quelques réflexions du général de brigade Dutertre sur la guerre de Vendée et des Chouans. Au Directoire exécutif, à mes concitoyens. Paris, le 21 ventôse an IV, page 12, à la note. In-8 de 21 pages, s. n. d'imprimeur. Se trouve au Journal des Hommes Libres, chez R. Vatar et associés, rue de l'Université.
- ↑ Qui habita longtemps la région de Chantrigné.
Voir aussi
Bibliographie
- Emile Queruau-Lamerie, Les Conventionnels du département de la Mayenne. Laval, 1885.
Voir en ligne - « François Grosse-Durocher », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- « François Grosse-Durocher », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)