Longue de 773 km, elle débute sur la côte du golfe de Guinée, remonte vers le nord sur environ 300 km, puis oblique à l'est sur 35 km avec de prendre une direction nord-est. La rivière Beffa marque cette frontière sur sa partie centrale[1].
Histoire
Le Borgou et le tracé des frontières.
Le Borgou est un point de friction, à la fin du XIXesiècle, entre pour les puissances coloniales de l'époque, la France et la Grande-Bretagne. Les Français sont soucieux de donner au Soudan un accès au golfe de Guinée, pénètrent depuis la côte à l'intérieur du Dahomey et cherchent à signer des accords avec les royaumes locaux. Les Britanniques, eux, veulent s'assure la maîtrise du commerce sur le Bas Niger. L'administrateur de la Royal Niger Company, George Taubman Goldie qui s'y est vu attribué un rôle majeur par le Gouvernement britannique, craint que l'arrivée des Français ne mettent en péril la société. Les forces britanniques, menées par Frederick Lugard, arrivent en premier dans la région le et signe un traité avec des représentants du roi à Nikki, dès le . Les Français, arrivés plus de deux semaines plus tard, parviennent à signer un traité avec le roi lui-même, ce qui les conduit à contester celui des Britanniques. Des négociations entre les deux puissances s'engagent en 1896, mais Jules Méline, qui assure la Présidence du Conseil en France depuis avril, est intransigeant, et les discussions n'aboutissent pas[2].
Les Français avancent donc et entrent à Boussa en alors que Goldie y a des droits reconnus pour sa compagnie depuis 1885, et que la ville, située sur le Niger, est stratégique pour son activité. Les Britanniques avaient d'ailleurs tenté, sans succès, de contrer les Français en considérant le roi de Boussa, en tant que sultan du Borgou, pour valider un accord pour l'ensemble de la région. Chamberlain, le ministre britannique des Colonies, engage alors un bras de fer en faisant intervenir la troupe, mais avec une stratégie de positions, mais sans chercher l'affrontement. Chamberlain donne comme instruction à Lugard de veiller à installer un établissement britannique à côté de chaque établissement créé par les Français. Jugée périlleuse, car sujette à incidents, cette vision est contestée par Lugard qui l'applique toutefois en 1898. La méthode est néanmoins jugée rapidement trop risquée par Salisbury pour des enjeux qu'il considère secondaires. Le , une convention franco-britannique est donc signée et met fin à l'escalade, reconnaissant aux Français un accès au Niger et le contrôle de l'ouest du Borgou. Les Français, en contrepartie, renoncent à leurs ambitions à l'est. Les Britanniques ont ainsi les mains libres pour s'assurer un vaste territoire, issu du sultanat de Sokoto, qui deviendra plus tard le nord du Nigeria[2]. Cette convention définit la frontière depuis le golfe de Guinée jusqu'au fleuve Niger[3].
Deux hommes devant une barrière avec un panneau Stop - près de la frontière avec le Bénin (alors appelé le Dahomey), Nigeria - 15 février 1962
Événements
Officiellement, les conflits frontaliers ont été résolus en 2009[4] avec la création d'une commission mixte bénino-nigériane de délimitation des frontières. Mais des incidents perdurent comme ceux d' causés par des militaires nigérians à Malanville. Cette ville du nord du Bénin, bien que frontalière avec le Niger mais très proche du Nigeria, est un des principaux points de trafic entre le Nigeria et le Bénin, principalement d'hydrocarbures (kpayo)[4]. Elle est majoritairement peuplée par la communauté Yoruba[4], un des principaux peuples du Nigeria.
Dromadaires en déplacement à Segbana (frontière Bénin-Nigeria)
Notes et références
↑Djibril Debourou, La société baatonnu du Nord-Bénin:: Son passé, son dynamisme, ses conflits et ses innovations, L'Harmattan, coll.«études africaines», 610p. (lire en ligne), p.49
12Henri Wesseling, Le Partage de l’Afrique, Folio, , 840p. (ISBN978-2-07-042116-9), p.399-408