Frédéric Bazille

peintre français From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean Frédéric Bazille, né le à Montpellier (Hérault) et mort au combat le à Beaune-la-Rolande (Loiret), est un peintre impressionniste français.

Décès
Nom de naissance
Jean Frédéric BazilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Frédéric Bazille
Portrait de Frédéric Bazille par Étienne Carjat (1865).
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Jean Frédéric BazilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Période d'activité
Père
Fratrie
Marc Bazille (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Conflit
Mouvement
Maître
Genres artistiques
Influencé par
Œuvres principales
signature de Frédéric Bazille
Signature.
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.
Fermer

Biographie

Frédéric Bazille, Portrait d'Alfred Sisley (1867-1868), ancienne Collection Wildenstein, détruit durant la Seconde Guerre mondiale[1].

Frédéric Bazille naît dans une famille de notables protestants de Montpellier (Hérault), au no 11 Grand'rue (devenue Grand'rue Jean Moulin). Son père Gaston Bazille est agronome et sénateur ; sa mère Camille Vialars a hérité du domaine agricole de Saint-Sauveur à Lattes. Il entame des études de médecine pour complaire à ses parents. Mais dès 1859, il suit des cours de dessin au musée Fabre, dans l'atelier des sculpteurs Baussan père et fils[2], et dans l'atelier de peinture où il copie des maîtres anciens tel Véronèse[3].

En 1862, il part pour Paris. Sur le conseil de son cousin, le peintre Eugène Castelnau, il s'inscrit à l'atelier de Charles Gleyre où il perfectionne sa technique du dessin. Il y rencontre Claude Monet puis Auguste Renoir. Très vite, un groupe se forme autour d'Edgar Degas, Alfred Sisley, Édouard Manet, Berthe Morisot, Paul Cézanne, Camille Pissarro, Émile Zola et Paul Verlaine[4].

Il loue un atelier en 1864 puis en partage d'autres avec Renoir et Monet dès 1865. Désirant participer au Salon de 1866, il soumet deux toiles au jury : un sujet moderne, Jeune fille au piano, et une nature morte classique, Poissons. Comme il le pressentait, seule la seconde est acceptée[5],[4].

En 1865, il emménage rue Furstemberg avec Monet[6].

Ses toiles et celles d'autres artistes ayant été refusées au salon de 1867, il adresse le au surintendant des beaux-arts Émilien de Nieuwerkerke une pétition demandant la tenue d'un salon indépendant[7]. Le , dans une lettre à sa mère, il annonce son projet de louer un grand atelier pour exposer ses œuvres avec celles d'une douzaine d'autres artistes[7].

L'atelier de Bazille. Le peintre se tient au centre, face à lui Édouard Manet observe la toile ; Edmond Maître joue du piano. Peinture collaborative avec Édouard Manet, (1870), huile sur toile (98 × 128 cm), Paris, musée d'Orsay.

Courbet leur rend visite, admire Le Déjeuner sur l'herbe de Monet et la Jeune Fille au piano[8] de Bazille[9]. En , il s'installe rue Visconti où il accueille Renoir puis Monet. En 1867, il peint son atelier de la rue Visconti. Il partage alors les lieux avec Auguste Renoir et Alfred Sisley. Renoir le représente en train de peindre Le Héron (Musée Fabre de Montpellier)[10].

Renoir et lui louent ensuite un grand atelier dans le Quartier des Batignolles[11]. Bazille et Manet s'y représentent en 1870 dans L'Atelier de Bazille, qu'ils peignent ensemble[12]. La même année, Henri Fantin-Latour immortalise Bazille, vu de profil debout à droite, dans Un atelier aux Batignolles.

Frédéric se passionne aussi pour l'écriture, le théâtre, la musique et l'opéra. Il noue une solide amitié avec Edmond Maître, en compagnie duquel il assiste à des concerts[4].

Chez le galeriste-éditeur Alfred Cadart, il s'essaie à l'eau-forte. De cette tentative on ne connaît qu'une seule épreuve, La Vue de village[13].

Il passe généralement ses étés à Montpellier, dans la propriété familiale du domaine de Méric située face au village de Castelnau-le-Lez. Cet endroit sert de décor à quelques-unes de ses toiles comme La Robe rose (1864), Réunion de famille (1867) ou Vue de village (1868).

Le , après l'éclatement du conflit franco-prussien, il s'engage contre la volonté de ses proches au 3e régiment de zouaves, comme sergent fourrier puis sergent-major. Mortellement blessé au bras et au ventre à la bataille de Beaune-la-Rolande (Loiret)[4] en tentant de protéger des femmes et des enfants, il tombe en héros le , à l'âge de 28 ans.

Sa mort affecte profondément son ami Edmond Maître. Dans une lettre à sa famille, il écrit : « de tous les jeunes gens que j'ai connus, Bazille était le plus doué, le plus aimable[14] ».

Inhumation

Tombe de Frédéric Bazille à Montpellier.
Portrait présumé de Frédéric Bazille par Émile Defonds[15], Album de portraits cartes de visite ayant appartenu à Édouard Manet, Paris, BNF[16].

Il est inhumé au cimetière protestant de Montpellier. Le sculpteur Auguste Baussan réalise sa tombe[17],[18].

Postérité

Pierre-Auguste Renoir, Frédéric Bazille peignant à son chevalet (1867) ; on y reconnaît Nature morte au héron de 1867, Montpellier, musée Fabre.

Composée d'une soixantaine de toiles, l'œuvre de Frédéric Bazille tombe tout d'abord dans l'oubli.

En 1900, le critique et historien Roger Marx le découvre. Il inclut deux de ses tableaux dans sa rétrospective d'art français[19] organisée pour l'Exposition universelle de Paris.

Une timide résurrection s'amorce en 1926 grâce à l'historien d'art Henri Focillon[20]. Mais il faut attendre les années 1950-1960 pour que l'intérêt porté à sa peinture dépasse le cercle des initiés montpelliérains. Ses tableaux quittent alors la collection familiale pour les musées américains.

Dès qu'il le peut, le musée Fabre de Montpellier complète un fonds déjà riche. Il organise une exposition en 1992 puis, à l'été 2016, une rétrospective avec le musée d'Orsay et la National Gallery of Art de Washington[21]. Paul Perrin, co-commissaire de l'exposition[22], juge son œuvre à tout jamais « de jeunesse » — la sienne tout comme celle de l'impressionnisme.

Ce seraient les traits de Frédéric Bazille qu'aurait utilisés Auguste Bassan pour la statue de saint-Roch dans l'église du même nom à Montpellier[23].

Paysage au bord du Lez (1870), huile sur toile (138,4 × 201,9 cm), Minneapolis Institute of Art.

Lieux de mémoire

Plusieurs lieux portent son nom :

Œuvres

Expositions

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI