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Gérard Blain

acteur et réalisateur français From Wikipedia, the free encyclopedia

Gérard Blain, né le à Paris où il est mort le , est un acteur, réalisateur et scénariste français.

Nom de naissance Gérard Ernest Zéphirin Blain
Nationalité Française
Faits en bref Nom de naissance, Naissance ...
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Biographie

Enfance

Gérard Blain est issu d'une famille parisienne depuis plusieurs générations. Il est très jeune quand son père, architecte en chef de la ville de Paris, délaisse le foyer familial. Les relations de Gérard Blain avec sa mère et sa sœur deviennent alors conflictuelles. Il quitte l'école à 13 ans sans même avoir le certificat d'études primaires et commence une vie mouvementée d'enfant de la rue, livré à toutes sortes de difficultés dans le Paris de l'Occupation. L'année de ses 14 ans, alors qu'il travaille comme garçon d'écurie à Maisons-Laffitte, il est victime d'une agression sexuelle de la part d'un homme[1]. À 14 ans, il fait un bref séjour dans les FFI. Il dira lui-même « Depuis mon enfance, je me considère avec la société en état de légitime défense ». Cette enfance malheureuse sera un des sujets récurrents de ses films, notamment Un enfant dans la foule, film aux accents autobiographiques[2].

Débuts

Il commence par hasard à faire de la figuration dans des films, remarqué pour sa « belle petite gueule ». C'est Julien Duvivier qui, en lui donnant enfin un rôle consistant dans Voici le temps des assassins, alors qu'il a 26 ans, le lance définitivement dans le monde du cinéma. Du fait de son allure de jeune rebelle, il est présenté dans les médias comme le « James Dean français »[3]. Il rencontre les réalisateurs de la Nouvelle Vague, notamment Jean-Luc Godard et Claude Chabrol, nés la même année que lui. Il devient vedette avec Le Beau Serge réalisé par Claude Chabrol, avec qui il tourne ensuite Les Cousins. Il travaille également pour le cinéma italien, où il tient la vedette dans plusieurs films au début des années 1960. Il joue dans le film hollywoodien Hatari aux côtés de John Wayne et prétend lui avoir appris à tenir une winchester[4]. Toutefois, ne pouvant s'adapter au vedettariat à l'américaine, il refuse de signer un contrat et revient en France.

Ses idées de sur le cinéma se heurtent à un certain conformisme qu'il rejette. C'est un acteur rebelle, moralement intransigeant, nostalgique des « valeurs disparues », en révolte permanente contre son temps[3]. Associé à la Nouvelle Vague, il n'en déclare pas moins plus tard que « la Nouvelle Vague, c'était du bidon, à part Godard »[5].

Passage à la réalisation

Insatisfait de son métier d'acteur, il décide de s'exprimer en passant à la réalisation et signe en 1971 le film Les Amis. Gérard Blain se veut un puriste du cinéma, préférant les acteurs amateurs aux professionnels, partisan de l'épure des plans et d'un son maîtrisé, hostile à tout effet artificiel. Son cinéma est extrêmement influencé par celui de Robert Bresson, qu'il admire. Il tourne en tant que réalisateur une dizaine de films, dont deux sont sélectionnés pour le Festival de Cannes, mais il n'arrive jamais à obtenir un véritable succès populaire. Bien que son partenaire à l'écran Jean-Claude Brialy ait écrit plus tard que Blain, suite à l'abus sexuel qu'il avait subi, faisait montre d'« une haine farouche envers les homosexuels »[1], plusieurs de ses films en tant que réalisateur, notamment Les Amis, traitent du thème de l'homosexualité de manière sensible. Un enfant dans la foule, qui montre un jeune adolescent négligé par sa famille connaitre des expériences sexuelles « plus ou moins tarifées » avec plusieurs hommes et une femme, s'inspire directement de l'expérience vécue par Gérard Blain[6].

Certains considèrent Gérard Blain comme un « anarchiste de droite », en raison de son anticonformisme éthique. En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix »[7], lancée par le collectif Non à la guerre[8]. Il considère aussi que la France est sous une trop grande influence américaine et fait savoir son soutien à Jack Lang quand celui-ci, nouveau Ministre de la culture, refuse d'aller au Festival du cinéma américain de Deauville : « Il faut que monsieur Lang sache bien qu’en boycottant le festival de Deauville, il a réveillé en nous l’espoir d’une libération culturelle. Il n’a plus le droit de nous décevoir »[9]. Son film Pierre et Djemila, présenté au festival de Cannes 1987, aborde les questions de l'immigration, de l'intégration et du racisme à travers l'histoire d'amour tragique entre deux adolescents, un Français et une Maghrébine. Le film est cependant accusé de racisme car l'un des coscénaristes, Michel Marmin, est un membre de la Nouvelle Droite[10]. Atteint par cette polémique, Gérard Blain reste ensuite plusieurs années sans tourner pour le cinéma[11].

Vie privée

Il a été successivement marié aux actrices Estella Blain (1953 à 1956) et Bernadette Lafont (1956 à 1959), puis à Monique Sobieski (1960 à 1966) avec qui il a eu un fils (Paul, 1960), enfin à Marie-Hélène Bauret (1966 à 2000) avec qui il a eu deux autres fils (Régis et Pierre).

Mort

Le , Gérard Blain décède des suites d'un cancer à l'âge de 70 ans[12],[13]. Il est inhumé au cimetière de Saint-Cloud.

Filmographie

Acteur

Réalisateur

Théâtre

Distinctions

Récompense

Sélections

Bibliographie

  • Anne-Claire Cieutat et Michel Cieutat, Le Cinématographe selon Gérard Blain, Paris, Dreamland, coll. « Ciné films », , 223 p. (ISBN 978-2-910027-81-0)
  • Nicolas Azalbert, « Gérard Blain, légitime défense », Cahiers du cinéma, no 696, , pp. 88-95

Notes et références

Liens externes

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