Estella Blain
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14e arrondissement de Paris, France
| Nom de naissance | Micheline Estellat |
|---|---|
| Surnom | Estella Blain |
| Naissance |
14e arrondissement de Paris, France |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 51 ans) Port-Vendres, France |
| Profession |
Actrice Chanteuse |
| Films notables |
Le fauve est lâché Angélique et le Roy La Bonne Tisane Les Dragueurs |
| Site internet | www.instagram.com/estellablainofficiel |
Estella Blain, de son vrai nom Micheline Estellat, née le à Paris et morte le à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), est une actrice, chanteuse, scénariste et autrice-compositrice-interprète française.
Déçue par le cinéma après des débuts prometteurs dans les années 1950, elle se réoriente vers la chanson dans les années 1960, en parallèle de sa carrière théâtrale. Dans les années 1970, elle se recycle à nouveau dans l'écriture de livres et de scénarios. Sa disparition tragique eut lieu le , à l'âge de 51 ans. Elle se serait suicidée mais ses proches réfutent vigoureusement cette théorie.
De 1953 à 1956, elle a été l'épouse de Gérard Blain, dont elle adopte le patronyme pour se doter d'un nom d'artiste en y associant son propre patronyme.
Origines familiales
Née d'une mère lorraine et d'un père basque d'une famille modeste, elle passe son enfance dans le quartier de Montmartre, tout près des studios Pathé-Cinéma au no 6 de la rue Francœur. Elle a une sœur, Jacqueline Estellat, un demi-frère, et une demi-sœur.
Elle a l'occasion de voir les allées et venues des artistes qui travaillent aux studios Pathé où de nombreux films sont tournés pendant l'Occupation.
Par ailleurs, elle sera envoyée avec sa sœur dans une famille paysanne pendant la guerre par sa mère. Elle écrira à celle-ci y avoir avoir vécu un drame personnel. De retour à Paris, elle fera un bref séjour en hôpital psychiatrique car elle n'était pas crue concernant ce qu'elle disait avoir subi.
Formation
Elle poursuit ses études jusqu'à la classe de Troisième et au brevet, vers 1944. Après la Libération, elle chante dans les rues et à la terrasse des cafés afin de gagner un peu d'argent.
Au début des années 50, elle s'inscrit au Cours Simon, le plus célèbre de l'époque, et le suit avec assiduité pendant quelques mois. Au sortir de cette institution, elle entre chez Gabrielle Fontan qui dispense gratuitement des cours de comédie à quelques jeunes gens, notamment Serge Reggiani, Rosy Varte, Roger Pigaut, etc.
Les années 1950 : la notoriété
Devenue une comédienne confirmée, elle commence très vite à travailler, d'abord au théâtre du Grand Guignol dans L'Énigme de la chauve-souris en 1953 aux côtés d'un débutant, Michel Piccoli (1925-2020). Elle est ensuite engagée par Jean-Louis Barrault, directeur du théâtre Marigny.
En 1953, Hervé Bromberger la fait jouer dans son premier film, Les Fruits sauvages. Elle se transforme physiquement. Brune dans ce premier film, elle redevient blonde comme dans sa jeunesse, et se fait refaire le nez. Contrairement à ce qui a pu se dire, Estella est une vraie blonde.
À la même époque, elle rencontre Gérard Blain (1930-2000) qu'elle épouse le 24 février1953 ; par la suite, elle se crée un nom d'actrice en utilisant leurs deux patronymes : Estella Blain.
Pendant toute sa carrière, elle enchaîne théâtre, cinéma et télévision. Elle commence aussi une carrière internationale, mais pour des seconds rôles ou bien dans des productions sans trop de portée.
Divorcée le 24 janvier 1956, elle se remarie le 7 novembre 1959 avec Michel Bonjean (frère de la comédienne Geneviève Page), soit 3 mois après la naissance de leur fils, Michel, en août 1959, ce qui n'est pas du tout conventionnel pour l'époque. La même année, elle achète à Montfort-l'Amaury une ancienne ferme entourée d'un jardin.
Les années 1960 : carrière en demi-teinte, diversification
Elle divorce à nouveau le 4 octobre 1963. Dans une interview radiophonique avec José Artur, elle estime que "Ce qui est important c'est que le temps où ça dure ce soit bien... des gens divorcés à notre époque il y en a beaucoup, surtout des actrices. ".
En 1964, elle signe chez CBS puis chez AZ et y enregistre ses propres chansons, qu'elle écrit paroles et musique. Elle réussit son examen d'entrée à la SACEM dès sa deuxième tentative. Son style est parfois mélancolique, parfois enjoué, on peut remarquer la diversité des orchestrations et des registres dans son œuvre musicale. Elle interprète ses chansons dans beaucoup d'émissions de télévision (Dim Dam Dom en , où elle chante Solitude). La moitié des chansons qu'elle a publiées ont été interprétées en télévision.
Elle joue à Bobino un sketch inédit, Sosie, avec Fernand Raynaud dans le spectacle de ce dernier. Elle chante 3 chansons en première partie du premier tour de chant de Nana Mouskouri en vedette à l'Olympia, aux côtés de Serge Lama. Elle donne la réplique à Serge Gainsbourg et à Hervé Vilard dans le film de Marcel Camus Vivre la nuit.
Elle mène en parallèle une carrière théâtrale, et joue dans bon nombre de films et téléfilms. Sur le tournage de l'un d'entre eux, Lumières dans la nuit, elle rencontre Jean-Paul Zehnacker, avec qui elle vit pendant 2 ans. Ils jouent ensemble le Faust de Johann Wolfgang von Goethe au Festival du Marais à Paris.
L’essoufflement des années 1970
En 1971 elle tourne un film avec l'acteur de cinéma turc Demir Karahan, qu'elle épouse en 3ème noces le à Montfort L'Amaury. Encore une fois le mariage est de courte durée. Leur divorce est prononcé le .
Un très bon ami sur lequel elle pouvait compter, Pierre Lazareff, directeur de France-Soir, meurt en , ce qui met un frein à sa carrière. Elle vit depuis des années dans un état de dépression nerveuse chronique et a pris l’habitude d'utiliser des médicaments antidépresseurs pour calmer ses crises d'angoisse.
En 1972, elle écrit intégralement le scénario d'une série télévisée en 13 épisodes de 26 minutes, Un enfant nommé Michel, dans lequel son fils unique, Michel Bonjean-Blain, joue le rôle principal. On ne la voit pas à l'image. Chaque épisode contient une chanson, dont elle écrit les paroles. Elle en interprète quelques-unes et également la chanson du générique. C'est son dernier enregistrement discographique. La série est tournée au Portugal et au Canada, qui la co-produisent. Bien que tournée intégralement en couleur, elle est diffusée sur la 1ère chaîne française de l'ORTF, qui a l'époque émet encore en noir et blanc. Elle sera diffusée également en Belgique et au Québec.
A partir de 1974, le cinéma ne s'intéresse plus du tout à elle, mais elle tourne encore occasionnellement des téléfilms. Le dernier L'Oiseau bleu, d'après le conte fantastique de Maurice Maeterlinck, est diffusé à la télévision le 25 , soit une semaine avant sa disparition. Elle prévoyait de créer un nouveau feuilleton télévisé, l'Enfant de la Pluie, pour lequel elle avait rédigé un scénario partiellement autobiographique. Elle a également écrit ses mémoires, intitulées Absence. Bien que le manuscrit ait été déposé à la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, il n'a jamais été publié.
Mort et funérailles
Le à 8 heures du matin, son corps est retrouvé sous un mimosa, dans le jardin de la maison où elle vit avec son compagnon d'alors, colonel en retraite, à Port-Vendres. Âgée de 51 ans, elle se serait suicidée avec l'arme à feu de celui-ci. Mais de nombreux doutes demeurent : il n'y eu ni enquête, ni autopsie, on ne retrouva pas de mot d'adieu... De plus, elle n'était pas dépressive à ce moment de sa vie. Elle avait rendez-vous en avec un producteur pour lui proposer le scénario de L'enfant de la pluie, dans lequel elle avait écrit un important rôle pour son fils afin de lui mettre le pied à l'étrier. Le scénario, dont il existe plusieurs versions, ne fut finalement jamais tourné.
Pour son dernier voyage, sa dépouille est transportée à Toulouse et incinérée au crématorium de Cornebarrieu en présence de nombreux artistes et gens de cinéma. Selon sa volonté, ses cendres furent dispersées dans la mer.
Postérité
Plusieurs films ont été édités en dvd, entre autres Vivre la nuit, où elle partage l'affiche avec Serge Gainsbourg, bien qu'ils ne chantent ni l'un ni l'autre[1].
Il n'existe aucun cd avec ses chansons. Toutefois, pour la première fois depuis sa mort, grâce à l'implication d'un de ses fans, 2 de ses disques ont été réédités et mis en ligne sur les plates-formes de streaming par Universal Music France le 6 mars 2026, soit après 54 ans d'absence du marché discographique. Le son a été remasterisé d'après les bandes originales. A cette occasion, une page Instagram officielle a été créée. De son côté, la famille fait progressivement digitaliser les nombreuses bandes conservées pendant des décennies par Estella et son fils, désormais décédé lui aussi, afin de commercialiser des titres inédits et des versions alternatives.
Le 9 avril 2026, pour la première fois depuis sa disparition, une chanson inédite est publiée, par sa famille, sur son compte Instagram.
Cinéma
- 1954 : Les Fruits sauvages de Hervé Bromberger : Maria Manzana
- 1954 : Escalier de service de Carlo Rim : Une copine de Léo
- 1955 : Tant qu'il y aura des femmes d'Edmond T. Gréville : Confidente d'Yvette
- 1957 : Les Collégiennes de André Hunebelle : Marthe
- 1958 : La Bonne Tisane de Hervé Bromberger : Thérèse
- 1959 : Le fauve est lâché de Maurice Labro : Nadine
- 1959 : Les Dragueurs de Jean-Pierre Mocky : Sylviane
- 1959 : Des femmes disparaissent de Édouard Molinaro : Béatrice
- 1960 : Colère froide de André Haguet : Catherine
- 1960 : L'Ennemi dans l'ombre de Charles Gérard : Violaine
- 1960 : Les Pirates de la côte (I Pirati della costa) de Domenico Paolella : Isabella
- 1960 : L'Auberge du Cheval-Blanc (Im weißen Rößl) de Werner Jacobs : Klärchen Hinzelmann
- 1961 : Tototruffa '62 de Camillo Mastrocinque : Diana
- 1963 : Le Tout pour le tout de Patrice Dally
- 1965 : La Corde au cou de Joseph Lisbona : Hélène
- 1966 : Angélique et le Roy de Bernard Borderie : Madame de Montespan
- 1966 : Le Diabolique docteur Z (Miss Muerte) de Jesús Franco : Nadja / Miss Muerte
- 1967 : Vivre la nuit de Marcel Camus : Nicole
- 1968 : La Puce à l'oreille (A Flea in Her Ear) de Jacques Charon : Defendant
- 1969 : Les Têtes brûlées (Cabezas quemadas) de Willy Rozier : Lucia
- 1971 : Les Nus de Salik Sencer (film tourné en Turquie, jamais sorti)
- 1972 : Le Franc-tireur ou Les Hasards de la gloire de Jean-Max Causse : La femme
- 1974 : Le Mouton enragé de Michel Deville : Shirley Douglas
Télévision
- 1955 : Une Enquête de l'Inspecteur Grégoire de Roger Iglésis, épisode : Meurtre Inutile
- 1966 : L'Écharpe téléfilm d'Abder Isker : Marianne Auclair
- 1968 : Au théâtre ce soir : La Duchesse d'Algues de Peter Blackmore, mise en scène Robert Manuel, réalisation Pierre Sabbagh, Théâtre Marigny
- 1968 : Lumières dans la nuit (tourné en couleur) : Françoise, rôle principal féminin
- 1968 : Tu retourneras à la poussière : Barbara, rôle principal féminin
- 1971 : Le Soldat et la Sorcière, téléfilm de Jean-Paul Carrère : Justine Favart
- 1972 : Les Sauvagines, série télévisée en 4 épisodes de 25 min, diffusée en 1973, de Jacques Villa : Jenny
- 1974 : Puzzle pour démons, téléfilm diffusé en 1976 : Séléna
- 1979 : La Dame aux coquillages, téléfilm de Charles Paolini : La dame aux coquillages
- 1981 : L'Oiseau bleu de Gabriel Axel, d'après Maurice Maeterlinck : La mère
Théâtre
- 1955 : Le Scieur de long de Marcel Moussy, Théâtre du Tertre
- 1957 : La Mamma d'André Roussin, mise en scène de l'auteur, Théâtre de la Madeleine
- 1960 : Hamlet de William Shakespeare, mise en scène Fernand Ledoux, Festival d'Alsace
- 1962 : Les Oiseaux rares de Renée Hoste, mise en scène Alfred Pasquali, Théâtre Montparnasse
- 1963 : C'est ça qui m'flanqu'le cafard d'Arthur L. Kopit, mise en scène Jean Le Poulain, Théâtre des Bouffes-Parisiens
- 1969 : Le lait de Barabbas, avec Rosy Varte
- 1973 : Les Femmes au pouvoir d'Élie-Georges Berreby, mise en scène Christian Chevreuse, Théâtre des Mathurins
- 1979 : La Cantate à trois voix de Paul Claudel, mise en scène Alexis Tikovoi, Festival L'Année des abbayes normandes