Gaston Laplace
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Lieu-dit La Saussaz à Saint-Michel-de-Maurienne
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(à 32 ans) Lieu-dit La Saussaz à Saint-Michel-de-Maurienne |
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Française |
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Gaston Ernest Désiré Laplace (1885-1917) est un graveur français né le dans le 12e arrondissement à Paris (75) et mort le au lieu-dit La Saussaz à Saint-Michel-de-Maurienne(73).
Jeunesse et formation (1885-1913)
Né d’un père charcutier (Clément Eusèbe Laplace 1851- ?) et d’une mère femme de chambre (Anne Alexandrine Baudouin 1858- ?)[1], Gaston Laplace se forme très jeune à la gravure. Il se rend dans des musées afin de réaliser des copies de grands artistes tels qu’Harmensz van Rijn Rembrandt[2] ou Jean-François Millet[3]. Très vite, il se spécialise dans la représentation d’ouvrages architecturés.
Il est appelé pour son service militaire durant l’année 1905[4]. Il est recruté au 3e bureau de la Seine (75) et porte comme matricule le numéro 2157[5]. Il intègre le , le 101e régiment d'infanterie[5]. Le , il est affecté à la 4e section de secrétaires d’état-major et du recrutement en raison de ses palpitations cardiaques et de son hypertrophie[5]. Il rejoint ensuite la 20e section de secrétaires d’état-major et du recrutement[5]. Il passe dans la réserve active de l’armée le [5]. Le , il est affecté comme graveur au Pyrénée géographique de l’armée[5]. En effet, à la fin du XIXe siècle, l’armée française entreprend la révision de l’ensemble de sa cartographie pyrénéenne[6]. Gaston Laplace est chargé de réaliser de nouvelles cartes représentant les topographies des chaînes montagneuses, les différentes fortifications françaises et les lignes de défenses. Il y est affecté jusqu’au [7].
Le , il épouse à Paris (75) Marguerite Suzanne David (1893-1988) une jeune pianiste[1].
En 1913, il collabore avec l’écrivain Pierre Guerquin (1880-1967) pour un livre intitulé Le hameau de Marie-Antoinette. L’ouvrage est composé de 15 pages et comporte 11 eaux-fortes de Gaston Laplace, représentant divers pavillons du Hameau de la Reine Marie-Antoinette à Versailles[8]. Le tirage a été limité à 76 exemplaires[5]. Les différentes fabriques sont représentées avec une très grande précision et un très grand sens du détail.
- Couverture du livre Le Hameau de Marie-Antoinette, écrit par Pierre Guerquin (1880-1967) et illustré par Gaston Laplace (1885-1917) en 1913.
- Le Moulin du Hameau de Marie Antoinette. Illustration extraite de l'ouvrage Le Hameau de Marie Antoinette.
- Le Colombier du Hameau de la Reine Marie Antoinette à Versailles. Illustration extraite de l'ouvrage Le Hameau de Marie Antoinette.
- Probablement, la porte menant à la Ferme du Hameau de Marie Antoinette. Illustration extraite de l'ouvrage Le Hameau de Marie Antoinette.
Engagement dans la Première Guerre mondiale (1914-1917)
Il est rappelé dans l’armée active par le décret de mobilisation générale du [9]. Il rejoint la 20e section de secrétaires d’état-major et du recrutement, le [10]. Son affectation dans ce service auxiliaire est maintenue par une décision de la Commission de réforme de Montmirail, le , en raison de ses troubles cardiaques fonctionnels[10].
Il existe peu d’informations sur la 20e section de secrétaires d’état-major et du recrutement. Elle était hors région militaire, dépendait du Gouvernement militaire de Paris et se situait dans la caserne Babylone, au n° 49 rue de Babylone, dans le 7e arrondissement de Paris[11]. Le parcours détaillé de Gaston Laplace en tant que soldat n’est donc pas connu, sauf à travers ses dessins[12].
Il est probable que Gaston Laplace ait été missionné par l’état-major afin de rendre compte par ses dessins des différents dégâts infligés aux villes touchées par le conflit[13]. Cette théorie expliquerait pourquoi le graveur a représenté principalement des villes détruites par les combats entre 1914 et 1917.
En , Gaston Laplace se rend à Reims afin de dessiner la ville, mais surtout la cathédrale de Reims surnommée « cathédrale martyre », martyrisées par l’occupation et les bombardements allemands dès les premiers jours de la guerre[14]. Durant 1915, il se rend dans divers villages meurtris par la Bataille de la Marne (1914) ( Bétheny, Saint Thierry et Cauroy)[15] et par la Bataille d’Arras ( Arras, Ablain-Saint-Nazaire, Mont-Saint-Eloi et Souchez)[16]. En 1916, il dessine les villes martyres de Verdun et de Combles[16]. En 1917, il est envoyé sur le Front italien.





Les dessins de Gaston Laplace ont pu être utilisés à des fins de propagande antigermanique dans la presse et dans des expositions fondées sur l’exaltation du patrimoine architectural et artistique meurtri[17]. Ses dessins de ruines s’inscrivent, dès le début du conflit, dans la guerre des images[18]. Les dessins de ruines ont un double objectif : documenter les traces matérielles d’un conflit armé aussi bien sur des habitations de quartiers que sur des monuments historiques ; dénoncer les « crimes »[19] de l’armée allemande contre les monuments historiques détruits et ravagés malgré les prescriptions normatives édictées par la Première (1899) et la Seconde conférence de La Haye (1907)[16]. Durant la Première Guerre mondiale, le patrimoine dévasté est un puissant argument de propagande contre l’ennemi, dans le but de rallier la population française contre l’armée allemande. En , certains de ses dessins de villes meurtries en ruines sont exposés au musée Leblanc à Paris[20].
Dernières années et postérité
En , il obtient une permission pour voir sa famille à Paris. Le , vers 22h30, il prend place à bord du train PLM ML 3874[21] en gare de Modane. Le train quitte la gare à 22 h 47. Lors de la descente dans la vallée, le train s’emballe et déraille au lieu-dit La Saussaz à Saint-Michel-de-Maurienne (73). Gaston Laplace meurt, son corps n’a pas pu être identifié. Ses restes, ainsi que ceux des 276 autres soldats non identifiés, sont transférés à la Nécropole nationale de la Doua et inhumés dans la tombe collective 37, Carré E, rang 4.
Il est déclaré présumé décédé le [22] dans l’Accident ferroviaire de Saint-Michel-de-Maurienne et rayé des contrôles le [9]. Un avis de disparition C.H.F est émis le [5]. Il ne sera définitivement déclaré mort pour la France qu’en 1919. Le , une aide de secours de 150 francs est accordée à sa veuve[5].
Afin de faire connaître les œuvres de son mari, sa veuve fait acquérir plusieurs de ses œuvres par diverses institutions comme le Fonds national d'art contemporain (déposé par la suite en dépôt au musée du Louvre) ou encore La Contemporaine.
Son nom est mentionné sur plusieurs plaques commémoratives et dans plusieurs livres d’or[23] :
- Plaques commémoratives 1914-1918 de l'Église Saint-Sulpice 6e arrondissement Paris (75) ;
- Plaques commémoratives 1914-1918 de la mairie du 6e arrondissement Paris (75) ;
- Plaques commémoratives pour les 20 arrondissements de Paris (75) faisant office de Monument aux Morts ;
- Livre d'or du ministère des pensions 6e arrondissement Paris (75) ;
- Livre d'or de la société des artistes Français 8e arrondissement Paris (75).
Œuvres dans les collections publiques
La Contemporaine, bibliothèque, archives et musée des mondes contemporains, possède 53 de ses œuvres.
- Reims, portail de la cathédrale, , 16 x 12 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000488.
- St.Thierry (Marne), , 15,7 x 11,7 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000497
- Reims, couvent des Cordeliers, , 11,1 x 15,1 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000484
- Reims, rue Cérès, , 15 x 11,1 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000485
- Reims, rue de Lille, , 11 x 14,8 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000483
- Reims, rue de la gare, , 15 x 11,1 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000486
- Bétheny (Marne), , 21 x 16,5 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000670
- Cauroy (Marne), , 21 x 16 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000501
- Bétheny (Marne), , 21 x 16,5 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000671
- Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), , 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000493
- St. Thierry (Marne), , 16,5 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000672
- Crugny antique (Marne), , 15,6 x 11,7 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000498
- Reims, Impasse St. Jacques, , 11,4 x 15,4 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000482
- Hôtel de Ville de Bétheny (Marne), 1915, 20,9 x 16,1 cm, plume et encre de Chine sur carton, OR 004520
- Albert, le Café de la musique (Somme), 1915, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000490
- Combles (Somme), 1915, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000491
- Biaches (Somme), 1915, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000492
- Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), 1915, 17 x 26 cm, crayon, craie et fusain, OR F3 000494
- Mont-Saint-Eloi (Pas-de-Calais), 1915, 26 x 17,5 cm, crayon, craie et fusain, OR F3 000495
- Paysage de guerre, 1915, 13 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000502
- Herbeville (Seine-et-Oise), 1915, 26 x 17 cm, craie et pastel, OR F3 000503
- Herbeville (Seine-et-Oise), 1915, 17 x 26 cm, craie et pastel, OR F3 000504
- La sucrerie (Souchez, Pas-de-Calais), 1915, 16 x 25 cm, craie, crayon, fusain et sanguine, OR F3 000505
- Erches (Somme), 1915, 26 x 17,5 cm, craie, crayon et fusain, OR F3 000506
- Clermont-en-Argonne (Meuse), 1915, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000507
- Nomény (Meurthe-et-Moselle), 1915, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000508
- Fresnes-en-Woëvre (Meuse), 1915, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000509
- Vermandovillers (Somme), 1915, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000510
- Mont-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), 1915, 21 x 16 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000511
- Arras, 1915, 21 x 16,5 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000667
- Ablain-St.-Nazaire (Pas-de-Calais), 1915, 21 x 16,5 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000668
- Combles (Somme), 1915, 21 x 16,5 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000669
- Vassogne (Aisne), 1915, 16,5 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000673
- Verdun, place d'armes, , 11 x 15,2 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000521
- Verdun, bords de la Meuse, , 11,1 x 14,9 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000518
- Verdun, L'évêché, , 14,9 x 11 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000514
- Verdun, rue Mazel, , 21 x 16 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000512
- Verdun, rue Basse, , 15 x 11,1 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000516
- Verdun, place Mazel, , 11,1 x 15,1 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000522
- Verdun, rue Cheviste, , 17 x 26 cm, aquarelle, crayon, fusain et pastel, OR F3 000526
- Verdun, rue des Hauts-Degrés, , 15 x 11 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000520
- Verdun, rue St.Pierre, , 11,1 x 15 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000524
- Verdun, Belleville, , 11,1 x 14,9 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000515
- Verdun, rue Anart, , 10,9 x 15 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000517
- Reims, rue de Dijon, , 15,7 x 11,5 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000487
- Combles (Somme), , 15,7 x 11,8 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000489
- Combles, le bois Doré (Somme), , 25,5 x 17 cm, crayon, fusain et pastel, OR F3 000496
- Sailly (Somme), , 16,5 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR FL 000674
- Le fort de Vaux, 1916, 16 x 21 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000513
- Verdun, 1916, 17 x 26 cm, aquarelle, crayon, fusain et Pastel, OR F3 000525
- Verdun, faubourg St.Pierre, l'église, , 15,1 x 10,8 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000519
- Crugny (Marne), , 15,8 x 11,5 cm, encre de Chine, plume et aquarelle, OR F3 000499
- Sermaize (Marne), 21 x 16 cm, encre de Chine et plume, OR F3 000500
Le Musée Carnavalet possède :
- Façade de l'église Saint-Séverin, entre 1900 et 1914, 29,9 x 11,6 cm, eau-forte, G.16607 ;
- Saint-Etienne du Chardonnet, entre 1900 et 1914, 18,9 x 12,2 cm, eau-forte, G.16608 ;
- Saint-Etienne du Mont, entre 1900 et 1914, 18,2 x 11,2 cm, eau-forte, G.16609 ;
- Saint-Germains des Près, entre 1900 et 1914, 30,4 x 15,2 cm, eau-forte, G.16610 ;
- Notre-Dame de Paris, façade latérale nord, entre 1900 et 1914, 17,3 x 13,7 cm, eau-forte, G.16611 ;
- Façade d'une église de Paris, entre 1900 et 1914, 19 x 10,3 cm, eau-forte, G.16612 ;
- Saint-Germain de Charonne, entre 1900 et 1914, 17,2 x 11,7 cm, eau-forte, G.16613 ;
- Abside de Saint-Eustache, les Halles, entre 1900 et 1914, 16,6 x 13,2 cm, eau-forte, G.16614 ;
- Saint-Nicolas des Champs, entre 1900 et 1914, 20,2 x 12,8 cm, eau-forte, G.16615.
Le Musée du Louvre, département des arts graphiques, possède :
- Tête de vieille femme d'après REMBRANDT Harmensz van Rijn, entre 1900 et 1914, 60 x 46 cm, eau-forte et burin, Chalcographie 6671 C/ Recto ;
- Portrait de vieillard d'après REMBRANDT Harmensz van Rijn, entre 1900 et 1914, 53,3 x 38,1 cm, eau-forte, aquatinte et burin, Chalcographie 6672 C/ Recto ;
- Vieille maison à Quimperlé, entre 1900 et 1914, 26 x 40 cm, eau-forte, Chalcographie 6750 C/ Recto ;
- Vieille maison à Quimperlé, entre 1900 et 1914, 25,9 x 40 cm, eau-forte ?, Chalcographie 6750 G/ Recto ;
- Le vieil hôtel de Ville d'Amiens, début XXème siècle, 34,3 X 23,6 cm, eau-forte ?, Chalcographie 6776 G/ Recto.
Au Petit Palais, musée des Beaux-arts de la ville de Paris :
- Extérieur de la cathédrale de Reims, 1915, 49,7 x 32,3 cm, encre noire et carton, PPD3528 ;
- Le moulin de la Mue, 1er quart du 20e siècle, 40 x 48,8 cm, eau-forte, aquatinte et papier vélin, PPG3186 ;
- Le moulin de la Mue, 1er quart du 20e siècle, 40 x 48,8 cm, eau-forte, aquatinte et papier vélin, PPG3187 ;
- Le moulin de la Mue, 1er quart du 20e siècle, 40,5 x 49 cm, Cuivre aciéré, PPG3638 ;
- Le pont romain, 1er quart du 20e siècle, 52,5 x 40 cm, eau-forte et aquatinte, PPG3189 ;
- Le moulin de la Mue, 1er quart du 20e siècle, 40 x 48,8 cm, eau-forte, aquatinte et papier vélin, PPG3183 ;
- Porche en ruine, 1er quart du 20e siècle, 39 x 48 cm, eau-forte, aquatinte et papier vélin, PPG3188 ;
- Le moulin de la Mue, 1er quart du 20e siècle, 40 x 48,8 cm, eau-forte, aquatinte et papier vélin, PPG3185 ;
- Le moulin de la Mue, 1er quart du 20e siècle, 40 x 48,8 cm, eau-forte, aquatinte et papier vélin, PPG3184.