Germaine Pican
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| Germaine Pican | |
Germaine Pican dans le magazine Elle en 1946. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Sénatrice française | |
| – (1 an, 10 mois et 30 jours) |
|
| Élection | 8 décembre 1946 |
| Circonscription | Seine-Inférieure |
| Groupe politique | COM |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Germaine Louise Émilienne Morigot |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Malaunay |
| Date de décès | (à 99 ans) |
| Lieu de décès | Bois-Guillaume |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | PC-SFIC/PCF (dès 1936) |
| Profession | Institutrice |
| modifier |
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Germaine Pican, née le à Malaunay et morte le à Bois-Guillaume, est une femme politique française. Membre du Parti communiste français, elle est conseillère de la République de la Seine-Inférieure de 1946 à 1948.
Jeunesse
Diplômée de l’école normale, Germaine Morigot exerce la profession d’institutrice dans la commune de Maromme[1]. En 1923, elle épouse André Pican, instituteur lui aussi. Le couple a deux filles[2].
Elle adhère au Parti communiste au moment du Front populaire et mènera toujours la lutte politique sous sa bannière[2].
Seconde guerre mondiale
Pendant l’Occupation de la France par l'Allemagne nazie, Germaine et son mari s’engagent dans la Résistance. Le , à la veille de l’invasion de l’Union soviétique par les troupes hitlériennes, Germaine est arrêtée à son domicile. D’abord incarcérée au palais de justice de Rouen, elle est remise aux autorités allemandes du Frontstalag 122 de Royallieu, dans le complexe d’internement de Compiègne[3].
Dans l’espoir de l’amener à rejoindre son mari — alors secrétaire régional du Parti communiste clandestin — les Allemands la libèrent, avec six autres militantes, le . Elle retrouve André à Paris. Mais celui-ci, peut-être dénoncé, est arrêté le ; Germaine est, à son tour, arrêtée peu de temps après[3].
Le , elle est incarcérée à la prison de la Santé. C’est là qu’elle revoit brièvement André, au petit matin du , quelques instants avant qu’il soit fusillé pour faits de résistance[4], au mont Valérien.
Le , Germaine est transférée au fort de Romainville. Le , elle est à nouveau envoyée au camp de Compiègne-Royallieu, puis déportée dès le lendemain dans le convoi dit des 31000 à Auschwitz avec 230 autres femmes — dont Charlotte Delbo. Elle sera affectée aux cuisines de Raisko, puis renvoyée à Birkenau pour avoir essayé de faire passer des oignons à ses anciennes compagnes de Birkenau[5].
Elle trouve dans les marais un corbeau mort qu'elle partage avec ses compagnes de détention. Leur solidarité leur permet de survivre pendant leur captivité[5]. Elle réussit à intégrer le kommando Raisko avec Marie Elisa Nordman, Cécile Charua, Charlotte Delbo, Lulu, Carmen et Madeleine Dechavassine[5]. Raisko est un laboratoire qui est destiné à produire du caoutchouc à partir de kok-saghiz[6]. Cette affectation améliore leur quotidien : elles peuvent se laver, reçoivent des vêtements et des chaussures propres et la nourriture y est meilleure.
Elle est envoyée à Ravensbrück en puis à Mauthausen en , d'où elle est libérée le et rapatriée en France le [7].
Carrière politique
De retour en France, elle reprend ses activités politiques et est élue conseillère de la République de la Seine-Inférieure en 1946. Elle est membre de la commission des pensions, puis de celle de la famille[8]. Non réélue en 1948, ni en 1952, elle reprend son métier d'enseignante jusqu'à sa retraite en 1955[7].
Elle continue ensuite à assumer des responsabilités au sein du PCF au plan fédéral, prenant notamment en charge la commission d'éducation. Elle est secrétaire départementale de l’Union des femmes françaises de 1953 à 1958[7].
Jusqu’à son décès le à Bois-Guillaume, elle reste pleinement engagée au sein du PCF et continue d’intervenir inlassablement dans les établissements scolaires pour témoigner[1].
Distinctions
Elle est récipiendaire des décorations suivantes :
Chevalière de la Légion d'honneur (1985)
Officière de la Légion d'honneur (2000) (décret du publié au JORF n° 282 du )
Médaille de la Résistance française (décret du )
Par ailleurs, elle est homologuée adjudante dans la Résistance intérieure française[7].
Une plaque a été posée sur la maison familiale et la résidence pour les personnes âgées de Maromme porte le nom du couple[1].