Gestion de l'eau à Paris
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Bien que stratégique, l'approvisionnement en eau de Paris est resté très longtemps embryonnaire. L'alimentation en eau nécessite un réseau technique important qui évolue au gré de la croissance de la capitale française.
Période gallo-romaine
Paris s'est construite et s'est développée en grande partie grâce à l'eau de la Seine. Malgré la présence de ce fleuve la traversant de part en part, l'eau devient vite un bien rare : sa qualité étant altérée par la pollution inhérente à toute concentration humaine en milieu urbain. La ville a connu quatre grandes périodes d'adduction d'eau, c'est-à-dire l'action de dériver l'eau d'un lieu pour l'amener à un autre : à l'époque gallo-romaine, au Moyen Âge, à l'époque moderne et à l'époque de la révolution industrielle au XIXe siècle. Cette dernière marque un tournant essentiel dans l'approvisionnement en eau de la cité et pose les jalons du service public de l'eau actuel.

Les Romains ont installé le cœur de leur ville sur la rive gauche de la Seine, approximativement sur l'emplacement du quartier latin[1].
La ville romaine de Lutèce est structurée par son fleuve. L'axe principal de la ville, le cardo maximus traverse le fleuve et fait le lien entre la rive gauche, le chapelet d'îlots formant l'île de la Cité, et la rive droite. Le cardo maximus est la section urbaine d'une route qui permet de franchir la Seine. Il n'est donc pas étonnant de voir, rive gauche comme rive droite, d'autres routes importantes s'y greffer pour bénéficier de ce franchissement. Ainsi, cette cité apparaît comme une « ville-pont » prenant place dans le réseau routier de la Gaule romaine.
Initialement, les besoins en eau des habitants de Lutèce peuvent être satisfaits par des moyens dits traditionnels, c'est-à-dire par l'utilisation des cours d'eau, de puits ou par le recueil des eaux de pluie. L'eau est en partie puisée dans la Seine et ses affluents comme la Bièvre sur la rive gauche. Cependant, de nouveaux aménagements sont réalisés par la suite, tels que des fontaines et des thermes publics, accroissant les besoins en eau de la population de Lutèce, qui apprécie grandement ces infrastructures. Pour alimenter leur ville en eau, les Gallo-romains construisent, au cours des Ier siècle et IIe siècle, l'aqueduc de Lutèce. L'eau est acheminée depuis des points de captage situés à l'extérieur de la ville : sur les collines de Rungis, L'Haÿ-les-Roses, Cachan et Bagneux. L'aqueduc est long de 16 km, et est protégé de l'extérieur par des dalles de pierre. Il conduit chaque jour près de 20 000 m3 d'eau. Dans l'aqueduc, l'eau des sources telle celle de Rungis, est canalisée par un système gravitaire, et sert à alimenter les fontaines publiques et les thermes publics, qui sont très appréciés des Lutéciens[1].
Un peu d'eau est aussi prélevée au nord de la Seine : dans les eaux de Belleville.
Au Moyen Âge

Au Moyen Âge, les puits des maisons parisiennes, certains encore utilisés au XIXe siècle, sont la première source d'alimentation en eau[2].
Au cours du XIIe siècle, deux aqueducs, dits des “Sources du Nord”, sont construits, celui du Pré-Saint-Gervais par les frères du prieuré de Saint-Lazare, celui de Belleville par les religieux de l'abbaye de Saint-Martin des Champs et de l'ordre des Templiers, à l'origine pour leur propre usage, ensuite également pour les fontaines publiques[3]. Philippe Auguste fait établir en 1182 la première fontaine publique de Paris, celle des Halles alimentée par l'aqueduc des sources du Pré-Saint-Gervais. Au cours du XIIIe siècle et du XIVe siècle, plusieurs fontaines publiques alimentées par ces aqueducs sont ouvertes sur la rive droite par le prévôt des marchands : fontaine du Ponceau, fontaine des Innocents, fontaine Saint-Leu, fontaine Maubuée, fontaine Saint-Julien-des-Ménestriers. Il en existait 17 à la fin du Moyen Âge dont 12 intra-muros qui délivraient environ 350 m3 en 24 heures (1,3 litre par habitant). Ces fontaines publiques n'assuraient qu'une faible partie de la consommation parisienne, fournie pour l'essentiel par les puits et par les porteurs, au nombre de 58 d'après le rôle de la taille de 1292, qui puisaient l'eau dans ces fontaines ou dans la Seine[4].
L'époque moderne
Durant le règne d'Henri IV, la pompe de la Samaritaine actionnée par le courant de la Seine est installée sous le pont Neuf complétée par deux autres pompes sous le pont Notre-Dame. Ces pompes gênent la circulation fluviale : c'est pourquoi, elles furent détruites au XIXe siècle.
Après la mort d'Henri IV en , sa veuve Marie de Médicis reprend le projet de son mari et assure la réalisation de l'aqueduc de Rungis qui prendra ses eaux dans le sud de Paris. Cet aqueduc reprend le tracé du premier aqueduc parisien datant de l'époque Gallo-Romaine. En 1628, l'eau de Rungis alimente alors la rive gauche de Paris avec la construction de 12 fontaines publiques.
Au XVIIIe siècle, la plus grande partie de l'eau provient encore de la Seine par les fontaines alimentées par ces pompes et par celle puisée dans le fleuve par les porteurs d'eau.
Toujours au XVIIIe siècle, sous l'Ancien Régime, est créée la Compagnie des eaux de Paris pour répondre aux besoins grandissants d'eau potable à Paris et à la suite de l'invention de la pompe centrifuge.
En 1778, les frères Périer créent la “Compagnie des eaux de Paris” qui puise l'eau de la Seine par des pompes à feu amenée dans des réservoirs de décantation à Chaillot en rive droite et dans le quartier du Gros-Caillou sur la rive gauche et obtiennent de Louis XVI le droit d'installer des canalisations sous le sol des rues de Paris pour ravitailler les particuliers moyennant paiement d'une redevance ce qui constitue le premier service public et commercial de distribution d'eau à domicile à Paris. Pendant la Révolution les frères sont controversés et sont contraints de vendre à l'État leur concession en 1813. Les installations servant à la distribution d'eau deviennent alors municipales.
À la veille de la Révolution, les ingénieurs, architectes et médecins, défendent pour la capitale la réalisation d'un réseau de distribution des eaux et d'égouts. Les égouts s'étendent alors sur 20 km pour 600 km de rues. Les transformations effectuées restent très limitées. Certaines activités insalubres sont éloignées des centres-villes ainsi que les cimetières, mais les rectifications urbaines ne sont pour l'instant qu'un projet. En 1792, l'intervention des ingénieurs dans la gestion des eaux urbaines débute avec la création de la fonction « d'ingénieur hydraulique de la commune », fonction qui permet de surveiller la distribution des eaux urbaines[réf. souhaitée].
La politique des grands travaux au XIXe siècle

Au XIXe siècle, sous Napoléon III, un an après le coup d'État du 2 décembre 1851 où il crée le Second Empire, est créée la Compagnie générale des eaux.
Au XIXe siècle, avec une augmentation globale de la population, l'État met en œuvre une politique de grand travaux visant une amélioration générale du plan sanitaire dans la capitale[5]. Dès 1802, Napoléon Bonaparte veut améliorer l'alimentation en eau à Paris et lance le projet de construction du canal de l'Ourcq. Celui-ci est achevé en 1822 et permet d'acheminer de l'eau dans les villes plus au nord de Paris. Ce canal est à l'origine d'une forte augmentation des ressources en eau à disposition du service des Eaux. Le canal de l'Ourcq alimente de nombreuses fontaines à Paris. Parallèlement, en 1808 est achevé le bassin de la Villette et en 1824 le canal est mis en exploitation. Ces aménagements augmentent la quantité d'eau produite et cette quantité est multipliée par 10 entre 1800 et 1825. Avec l'augmentation du nombre de fontaines, la consommation journalière d'eau passe de 28 à 110 litres d'eau par personne entre 1830 et 1850. Dès 1807 est créé le service des eaux et canaux pour la gestion des eaux de Paris. Ce service est confié à des ingénieurs des Ponts et Chaussées.

Malgré toutes ces nouvelles installations, les épidémies de Choléra reviennent et déciment la population parisienne. L'insalubrité des eaux de surface de la Seine et du canal de l'Ourcq sont mis en évidence. Et ce, malgré, une rectification de l'espace urbain qui se met en place dès le XVIIIe siècle, à la suite d'une demande de médecins néo-hypocratiques et pré-hygiénistes dans le domaine de la voirie de l'eau et des égouts. Le nettoyage des rues ne suffit pas, il faut également évacuer les eaux usées. Sous le mouvement des hygiénistes, se multiplient les fontaines publiques. Il y a une modification du profil des rues en chaussées fendues, au profit de chaussées bombées qui comprennent deux ruisseaux latéraux pour faciliter l'évacuation des eaux usées. Ces deux ruisseaux latéraux séparent les ruisseaux d'un nouvel équipement urbain, le trottoir. Ce nouveau profil de rue amène donc une séparation de toutes les circulations : voiture, piétons, eaux propres, et eaux sales. Les ingénieurs ne sont pas directement à l'origine de ces changements, ils ont puisé leur inspiration chez les médecins qui ont défini que le milieu jouait un rôle primordial au regard de la santé. À cette époque en ville, il y a une surreprésentation de la mortalité. Le médecin Claude Lachaise décrit en 1822 que la probabilité de la vie au moment de la naissance est de 8 ou 9 ans pour Paris, tandis qu'elle serait de 20 à 21 ans pour la France entière. Paris est à l'époque une ville construite dans un milieu boueux et organique avec des rues rarement pavées, où l'eau circule très peu. Les médecins décrivent et dénoncent les conditions de l'insalubrité urbaine. L'eau devient donc le vecteur de l'insalubrité urbaine lorsqu'elle est stagnante, et celui de la propreté lorsqu'elle est vive. Puis, la quête d'eau pure au xıxe siècle devient une préoccupation majeure, avec la découverte de la présence de microbes dans l'eau des fontaines[6].

En 1833 une nouvelle technique voit le jour, celle des puits artésiens. Ces derniers sont inspirés d'une technique des moines de l'Artois qui creusaient encore plus profondément les puits déjà existants afin de mettre l'eau sous pression et pour permettre à celle-ci de remonter en geyser. Cette technique est un succès au milieu du 19e siècle, mais elle s'essouffle rapidement au début du XXe siècle car les performances diminuent rapidement.
Henry Darcy, nommé à la tête du service municipal en 1848, explique que le réseau d'alimentation en eau londonien est doublement privé, contrairement à Paris où celui-ci est doublement public car il est conçu et géré par l'administration, et est dédié à l'espace public. On note cependant que sous la monarchie de Juillet, mise en place en 1830, l'État cherche à faire passer la distribution en eau sous le domaine privé afin de développer des abonnements auprès des habitants en espérant faire des recettes. Finalement en 1854, seulement un cinquième des immeubles d'habitations parisiens est connecté au réseau d'alimentation en eaux, alors que dans la capitale Britannique ce taux s'élève à plus de 94 % des immeubles d'habitations. Ce chiffre assez faible s'explique par le coût causé par les vidanges nécessaire pour les cuves qui récupèrent les eaux usées dans les immeubles. Celles-ci doivent être vidées régulièrement par des entreprises privées, qui transforment ensuite le contenu en engrais pour les agriculteurs. Ce type d'intervention est très coûteux pour les propriétaires qui préfèrent donc ne pas relier leur immeuble au réseau d'alimentation en eau. Darcy met finalement en place une formule permettant de définir la quantité d'eau nécessaire au nettoiement. Au milieu du XIXe siècle, l'eau de nettoyage absorbe donc les trois quarts de la capacité de distribution.

Entre 1852 et 1869, Eugène Belgrand a impulsé des grands travaux fait par les services techniques de la ville de Paris. Le réseau d'eau a ainsi augmenté de 850 km et sa longueur totale a doublé. À cette même période, les eaux ménagères sont autorisées à rejoindre les égouts de Paris, et les eaux des vannes aussi sous certaines conditions. Ce nouveau système est gagnant pour tous : la mairie de Paris améliore les conditions de vie de ses habitants avec des conditions d'hygiène qui s'améliorent, et peut quant à elle réinvestir la taxe qu'elle touche sur l'écoulement de l'eau pour agrandir le réseau des égouts de Paris. Cette taxe imposée par la mairie coûte moins cher au particulier que de payer une entreprise privée pour vidanger l'immeuble.
Belgrand lance un projet novateur, celui de créer deux réseaux d'alimentation en eau indépendants, l'un destiné à l'alimentation des habitants, l'autre destiné à l'alimentation des fontaines publiques, à l'embellissement et la propreté de la ville.
En 1855 Haussmann et Belgrand ont l'autorisation de principe du Conseil de Paris pour alimenter la capitale en eau de source. Belgrand devient directeur du Service des Eaux de la Ville de Paris en 1856 et met en place le double réseau d'eau public et privé dès 1859[7].
En 1860, avec l'annexion des communes proches de Paris, la capitale s'agrandit. Une entreprise privée, la Compagnie générale des eaux est chargée d'aller chercher de nouveaux abonnés dans les nouveaux quartiers Parisiens, et de gérer les relations entre le service d'eau et les clients, en réalisant des branchements de ces nouvelles habitations sur le réseau de la ville. Entre 1860 et 1870, durant la période de Belgrand, des champs d'épandage sont créés pour permettre de dépolluer la Seine progressivement afin d'offrir aux habitants une eaux moins chargée en polluants[réf. souhaitée]. Le premier est ouvert à Gennevilliers. Haussmann juge que les eaux de l'Ourcq et de la Seine sont impropres à la consommation des habitants[8]. Il propose donc d'aller chercher des eaux de source bien plus loin de la capitale pour ensuite les distribuer aux habitants. Ce système se mettra en place à partir de 1865, et d'autres vagues d'aménagements se succéderont jusqu'en 1900[réf. souhaitée].
En 1875 la consommation d'eau par jour et par habitant a triplé par rapport à 1854. À la fin des années 1870 apparaissent les premiers compteur d'eau[9] pour lutter contre le gaspillage de masse. Les habitants bien qu'ayant un accès illimité à l'eau, payent désormais une redevance proportionnelle au nombre de litres d'eau consommés.
Sous la Troisième République, le Crédit lyonnais crée le la Lyonnaise des eaux.
En , sur l'avis des ingénieurs du service des eaux, le Conseil municipal de Paris décide d'appliquer à la capitale française un système d'assainissement déjà adopté par de nombreuses grandes villes mondiales : le tout-à-l'égout[10]. Les eaux pluviales et eaux-vannes seront recueillies dans le même réseau d'égouts. En 1894, deux ans après une épidémie de choléra qui causera la mort de 700 personnes, ce système devient obligatoire après le vote d'une loi au parlement. De plus, une loi interdit aux Parisiens de déverser directement leurs eaux usées dans la Seine est instaurée. En 1883, la première usine destinée à pomper les eaux de la Seine est construite à Ivry-sur-Seine. Le même type d'usine est ouvert quai de la Rapée six ans plus tard.
La gestion de l'eau parisienne au XXe siècle

En 1900 seulement 32 % des immeubles sont concernés par le tout à l'égout, mais en 1920 ce pourcentage passe à 73 %. Il faudra attendre encore dix ans pour que la presque totalité des habitations parisiennes en soient pourvues. Mais certains propriétaires s'opposent à ce nouveau système d'assainissement. Les juges ont considéré que le droit de propriété empêchait les pouvoirs politiques d'imposer aux propriétaires sans l'accord explicite de ces derniers, la réalisation de travaux spécifiques au nom de l'hygiène publique. En 1900, avec une consommation moyenne par habitant par jour de 228 litres, Paris devient une des villes les mieux alimentées en eaux potable en Europe, laissant Londres derrière elle. Au début du XXe siècle avec les travaux de Louis Pasteur, ce second réseau devient réservé à l'entretien de la ville, et les fontaines sont raccordées au réseau d'eau potable.
Jusqu'en 1984, la gestion du service des eaux de Paris fonctionne en régie municipale[11].
La production et la vente d'eau potable représente — malgré un prix très bas — une manne financière essentiellement utilisée pour financer d'autres domaines de la gestion municipale. Cette gestion se fait alors au détriment de l'investissement, entraînant l'accroissement des fuites du réseau parisien[11].
En , sur la base de ce niveau élevé des fuites du réseau public, le maire de Paris, Jacques Chirac — qui a fondé le RPR avec Jacques Monod, PDG de la Lyonnaise des Eaux — confie par affermage la gestion, la distribution et la facturation de l'eau à la Compagnie des eaux de Paris (CEP), filiale de Veolia, chargée de la rive droite et à Eau et Force – Parisienne des Eaux (EFPE) filiale de la Lyonnaise des Eaux (Suez) chargée de la rive gauche[12]. Un groupement d'intérêt économique est constitué le , géré par la Compagnie générale des eaux, rachetée par Véolia[11].
Finalement, en 1987 la mairie de Paris décide de créer une société d'économie mixte pour assurer la production d'eau potable pour la capitale : la Société anonyme de gestion des eaux de Paris (SAGEP), dont la transparence de la gestion sera contestée[12]. Le capital de cette entreprise est majoritairement détenu par la Mairie de Paris (70 %) puis intégralement depuis 2007[13]. Cette société prend le nom d'Eau de Paris en 2005. En 2008, le conseil de Paris décide finalement de « remunicipaliser » le service de l'eau parisien. L'établissement public à caractère industriel et commercial créé à cet effet s'occupe à partir de 2009 de la production et du transport de l'eau. Eau de Paris devient en 2010 l'opérateur municipal du service public de l'eau, et assure aussi sa distribution[14].
Historique du tracé hydrographique à Paris
L'évolution du tracé hydrographique à Paris à beaucoup évolué entre l'époque Romaine et le XIXe siècle. Le tracé hydrographique a réduit de siècle en siècle. De manière générale, le tracé est resté concentré dans le centre de la capitale. L'axe commun à travers les siècles est l'axe de la Seine. Au XIXe siècle le tracé hydrographique parisien réduit considérablement mais s'étale vers le Nord de la capitale avec l'ouverture du Canal Saint-Martin et du canal de l'Ourcq.
Aujourd'hui les seuls axes hydrographiques visibles restant correspondent aux axes du XIXe siècle.

Historique du tracé des égouts parisiens

Les Romains sont les premiers à avoir construits des égouts à Paris, sous l'actuel boulevard Saint-Michel. Mais les premiers égouts parisiens à fossés sont construits au XIVe siècle. L'évacuation des eaux usées prend de plus en plus d'importance à Paris avec l'augmentation de sa population. Les conduits originels sont concentrés dans le centre de la capitale, avec un grand conduit connu sous le nom de « Grand Égout » qui longe la rive droite de la Seine. Les égouts se développent de siècle en siècle et couvrent de mieux en mieux la capitale. Au début du XIXe siècle le tracé des égouts parisiens évolue principalement vers le sud de Paris. Il faut attendre l'arrivée du Baron Haussmann en 1850 pour voir le réseau se développer. Aujourd'hui les égouts sont présents dans tous les quartiers de la capitale, et représentent 2 500 kilomètres de long[15].
L'approvisionnement en eau à Paris aujourd'hui
L'approvisionnement en eau implique la mise au jour d'une ressource en eau de qualité, son captage, son transport, son traitement et sa distribution collective par un réseau public et individuelle (plomberie domestique), avant sa consommation[16]. À Paris, l'approvisionnement en eau est issu à parts égales de cours d'eau telles que la Seine et la Marne et de sources situées jusqu'à 150 km pour les plus éloignées. Paris est une ville de plus de 2 200 000 habitants. De plus, environ 1 000 000 personnes travaillent chaque jour dans la capitale. Les besoins quotidiens en eau sont massifs. Pour satisfaire la demande des usagers, 514 000 m³ d'eau potable en moyenne sont mis en distribution chaque jour[17].
Captage de l'eau
L'alimentation en eau potable à Paris est assurée à parts égales par le prélèvement des eaux souterraines c'est-à-dire provenant des sources et puits, et les eaux dites superficielles issues de la Seine et des rivières[18].
Les différentes sources souterraines se situent principalement au sud-est de Paris dans les régions de Sens, Provins, Fontainebleau, et à l'ouest, près de Dreux. Dans la mesure du possible, l'eau captée est amenée à Paris par force gravitaire, via des aqueducs. En cas d'impossibilité, des usines de pompage, implantées près des lieux de captage, relèvent les eaux qui sont ensuite acheminées jusqu'à Paris, par gravité.
Les eaux superficielles sont captées dans la Seine et la Marne. Elles sont traitées dans deux usines de potabilisation situées dans le sud-est de la région parisienne à Orly pour la Seine et à Joinville pour la Marne[17].
Transport de l'eau potable à Paris
De nos jours, l'ensemble des eaux souterraines acheminées à Paris viennent de trois aqueducs : celui de l'Avre, du Loing et de la Vanne. Il transportent de l'eau captée à plus de 150 km de la capitale. L'eau rendue potable est ensuite stockée dans sept grands réservoirs dont cinq à Paris et deux en proche banlieue : Ménilmontant, Montsouris, Saint-Cloud, L'Haÿ-les-Roses, Les Lilas, Belleville et Montmartre.
Traitement de l'eau potable à Paris
L'eau n'est que partiellement consommée par l'usager. En grande partie, elle ne fait que transiter en se polluant. L'approvisionnement en eau ne peut donc être dissocié de la collecte et de l'épuration des eaux usées. Six étapes successives permettent d'avoir une eau potable : le dégrillage, la clarification, l'ozonation, le charbon actif en grain, les ultraviolets et la chloration.

Distribution de l'eau potable à Paris
L'eau de la capitale est issue de zones géographiques diverses. L'origine des sources et la topographie jouent un rôle important dans sa distribution. L'eau est amenée gravitairement dès que cela est possible.


