Gestion des déchets radioactifs en Belgique
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La Belgique a mis en service entre 1974 et 1985 sept réacteurs pour une puissance cumulée de 5824 MW ce qui représente autour de 50 % de l'électricité produite dans le pays. La politique d'arrêt du nucléaire a été annoncée en juillet 1999 avec l'arrêt de tous les réacteurs après 40 ans d'exploitation. En 2015, une prolongation de leur durée de vie de 10 ans a été actée. Ces réacteurs produisent des déchets radioactifs depuis leur mise en route jusqu'à leurs arrêts définitifs cependant aucune solution pérenne de gestion n'a encore été trouvée.
L'Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF) est l'organisme belge chargé de la gestion des déchets radioactifs (équivalent de l'ANDRA en France).
Selon les estimations fondées sur les données disponibles au , la quantité de déchets conditionnés que l'ONDRAF aura à gérer d'ici 2070 est estimée aux volumes suivants :
- 70 500 m3 de déchets à faible activité et courte durée de vie (Catégorie A) ;
- 8 900 m3 de déchets d'activité moyenne (Catégorie B) ;
- de 2 100 à 4 700 m3 de déchets de haute et très haute activité (Catégorie C).
Entreposage
L'entreposage consiste en la mise en colis des déchets dans le but de les récupérer pour les étapes futures de leur gestion[1] :
- Pour les déchets de faible activité : permettre la désintégration des radionucléides pour atteindre un niveau si bas qu'ils ne sont plus considérés comme radioactifs
- Recueillir et accumuler une quantité suffisante de déchets radioactifs avant leur transfert vers un autre lieu pour le traitement, le conditionnement ou l'enfouissement.
- Réduire la production de chaleur pour les déchets de haute activité
Les déchets radioactifs en Belgique sont temporairement stockés sur le site de la société publique Belgoprocess à Dessel. Les quantités entreposées sont les suivantes[1] :
- 432 m3 de déchets de haute activité ;
- 3 885 m3 de déchets de moyenne activité ;
- 18 601 m3 de déchets de faible activité.
Les déchets de haute activité représente un faible volume (1,4 % de tous les déchets) mais ceux-ci contiennent la large majorité des radionucléides (98% de la radioactivité totale). Ils sont en majorité composé de déchets issus des centrales nucléaires belges vitrifiés après retraitement à l'usine de La Hague (France)[1].
Actuellement, les éléments de combustibles usés sont temporairement stockés sur les sites des centrales nucléaires de Doel et Tihange[1] :
- Doel : entreposage à sec dans des conteneurs entreposés dans un building spécifiquement conçu à cet effet.
- Tihange : les éléments usés sont entreposés dans des piscines sur site. Le même projet de building qu'à Doel a été retoqué[2].
En 2019, le centre de stockage est presque plein, avec 50 000 fûts et n'a pas encore obtenu un permis pour construire une extension[3].
Les déchets de faible activité
Pour les déchets de faible activité, l'ONDRAF a étudié, avec des partenariats locaux, des projets de stockage en surface ou en couche géologique (Mol, Dessel, Fleurus). Après un vote du conseil communal de Fleurus qui a mis fin au processus de consultation engagé dans cette commune, le gouvernement décide le de retenir la candidature de la commune de Dessel (en partenariat avec Stora)[4]. L’ONDRAF dépose une demande d’autorisation auprès de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) en 2013, puis un dossier d’évaluation de sûreté en 2019. L’AFCN rend un avis favorable début 2023 et un arrêté royal, publié en mai, autorise les travaux de construction qui pourraient débuter en 2024[5].
En 2016, la Belgique s'est engagée à enfouir les déchets nucléaire luxembourgeois à faible activité mais à longue durée de vie d'abord de manière temporaire et puis de manière définitive lorsque les solutions techniques le permettront[6].