Gilbert Saulnier du Verdier est un polygraphe, auteur de plus d'une quarantaine d'ouvrages, des romans et des essais pour la plupart publiés à Paris entre 1622 et 1671[1].
Durant les années 1620 il produit pas moins de dix romans. En 1626, il entame le cycle du Roman des romans, annonçant plus de sept tomes. Dans son roman picaresque Le Chevalier hypocondriaque (1632), son héros est un mélancolique cherchant à imiter les aventures d’Amadis de Gaule à la suite d’une frustration amoureuse, et s’inscrit dans le sillage du Berger extravagant de Charles Sorel et de Don Quichotte[2]. Nicolas Heinsius le Jeune en fait une traduction en 1696, sous le titre Don Clarazel de Gontarnos, sans jamais mentionner l'auteur français[3],[4].
Frontispice de Abrégé de l'histoire des Turcs (Paris, 1665).
Duverdier se qualifie sur certains de ses livres d'«historiographe de France»[5], il publia par ailleurs plusieurs ouvrages de nature historique sur la Perse, la France, les Ottomans, l'Angleterre, l'Espagne ou la Rome antique. Son dernier ouvrage est une Histoire complète d'Alexandre le Grand (1671). On compte aussi quelques essais d'histoires et de chroniques contemporaines comme la Description exacte de l'état actuel de la France (1654), qui est en réalité une traduction, jugée maladroite, d'un essai de Justus Zinzerling[6], et Histoire de notre temps sous LouisXIV (1655).
Il perd sa fortune et, à partir de 1676, trouve refuge avec sa femme à l'asile de la Salpêtrière à Paris, où il meurt dix ans plus tard[1].
Notes et références
12Alexander Chalmers, The General Biographical Dictionary, vol. 30, 1812, p.293.
↑Françoise Poulet, «Le Chevalier hypocondriaque de Gilbert Saulnier Du Verdier (1632) ou la nostalgie du roman de chevalerie», in: Le Roman au temps de Louis XIII, Paris, Classiques Garnier, 2019, p.199-214.
↑Maurice Bardon, El Quijote en Francia en los siglos XVII y XVIII, Alicante, 2010, p.253-259.