Historiographe de France
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Le titre d'historiographe de France a été donné sous l'Ancien Régime à des hommes de lettres chargés par le roi d'écrire l'histoire de la monarchie et du royaume de France.
L'origine de ce titre est incertaine. Paul-Martin Bondois indique que le Véronais Paolo Coimi (vers 1455-1529), connu en France sous le nom de Paul-Émile, « orateur et chroniqueur du roi », a pu être à l'origine de cette fonction en imposant une chronique officielle sous la forme latine et oratoire. Bernard de Girard seigneur du Haillan a écrit les annales officielle en français, faisant abandonner la forme latine. Sous Henri II, plusieurs écrivains ont été des chroniqueurs pour le roi : Jacques Bouju seigneur des Landes (1515-1577), Denis Sauvage (né en 1520), Pierre de Paschal (1522-1565).
Ce n'est qu'à partir de Charles IX qu'un brevet est décerné par les rois aux historiens appointés par la cour le titre et la charge d'historiographe de France.
En 1646, Charles Sorel a fait précéder l' Histoire du roy Louis XIII, composée par messire Charles Bernard, d'un traité De la charge d'Historiographe de France[1] montrant qu'il faut séparer l'historiographe de France dont le titre est unique, de celui d'historiographe du roi. Charles Sorel écrit que l'office unique créé par Henri III au profit de du Haillan, a été transmis successivement à Pierre Mathieu, Charles Bernard et à lui-même[2]. Cependant, on constate que les historiographes sont appelés indifféremment historiographes de France et historiographes du roi et que cette différence a disparu dans l'usage. Du vivant de du Haillan, Henri IV a donné le même titre à Nicolas Vignier, Jean de Serres, Pierre Mathieu, et quelques autres. Dans les listes qui sont données dans la littérature, il est souvent difficile de séparer les deux titres. Paul-Martin Bondois remarque qu'en 1649 on compte quatre historiographes : Charles Sorel, Jean Sirmond, Jean Le Brisacier, et Jean Puget de La Serre. Charles Sorel se désigne comme premier historiographe de France[3].
Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye a essayé d'en dresser la liste dans son Dictionnaire manuscrit des antiquités françaises, tome VIII, mais l'ouvrage inachevé n'est qu'une suite de notes informes et incomplètes.
Adolphe Chéruel, dans l'article Historiographe dans son Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France, tome 1, indique que les « historiographes sont des écrivains payés pour écrire l'histoire des princes et qu'il y a eu autrefois en France des historiographes brevetés, qu'on appelait tantôt historiographes de France, tantôt historiographes du roi : ces deux titres qu'on voulait distinguer, semblent se confondre »[4]. Cette définition est reprise par Ludovic Lalanne dans son Dictionnaire historique de la France, p. 994-995[5].
Liste des historiographes de France
- Gabriel Chappuis (vers 1546-1613), historiographe de France en 1596,
- Jean de Serres (1540-1598), principal du collège des arts de Nîmes en 1578, pasteur protestant à Orange en 1583, historiographe de France en 1596,
- Charles Bernard (1571-1640), il est nommé historiographe de France par Louis XIII à la mort de Pierre Mathieu, par brevet du ,
- Charles Sorel seigneur de Souvigny (1599-1674), succède à son oncle Charles Bernard comme historiographe de France, en 1635,
- De Billon, nommé historiographe de France et conseiller d'État en 1646[6],
- Jean Puget de La Serre (1600-1665), historiographe de France en 1652,
- Gilbert Saulnier du Verdier († 1686), historiographe de France en 1653,
- Pierre Louvet (1619-1681), peut-être historien de France en 1659,
- Jean Tarin (1590-1666), historiographe de France en 1663,
- Père Daniel (1649-1728), jésuite, historiographe de France en 1713,
- Jean-Daniel Schoepflin (1694-1771), historiographe de France en 1740,
- Voltaire, historiographe de France en 1745,
- Charles Pinot Duclos (1704-1772), historiographe de France en 1750,
- Jacob-Nicolas Moreau (1717-1803), historiographe de France en 1774.