Gloucester (race bovine)
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L'origine
L'histoire de la race kerry fait référence au bétail noir amené au Néolithique par les Celtes[2]. La gloucester pourrait provenir de cette population, métissée plus tard avec des bovins scandinaves amenés par les Vikings.
L'âge d'or
Les vaches rouges du Gloucestershire étaient étroitement apparentées aux races disparues Glamorgan et Castlemartin du sud du Pays de Galles, et probablement aussi aux races rouges d'Angleterre centrale et du sud de l'Angleterre[1]. Elle est connue depuis le XIIIe siècle dans le comté de Gloucestershire. Elle était réputée pour son lait transformé en fromage, pour son aptitude maternelle à élever ses veaux et sa viande de qualité. Les effectifs de la race ont crû avec la renommée de son fromage. Au XVIe siècle, un marché important de fromage et beurre est créé à Gloucester. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le fromage est vendu jusqu'à Londres.
Le déclin
Entre 1745 et 1756, une épidémie de peste bovine ravage les troupeaux. La production s'effondre et la région entière est sinistrée. Matthew M. Milburn dans son ouvrage The Cow. Dairy Husbandry and Cattle Breeding de 1851 affirme que la vieille vache Gloucester étant quasiment éteinte, il s'agit davantage d'un mélange des différentes races locales qui ont effacé toute trace de la race d'origine[3]. Milburn présente l'exemple d'un tel croisement réussi, selon lui, celui de M. Drinkwater S. Hayward qui commence par croiser un taureau Gloucester ordinaire avec une vache Alderney[4], et ayant ainsi obtenu un lait riche, il introduit un taureau Durham[5] pour améliorer la conformation générale, la taille et la qualité de la viande. On obtient ainsi un troupeau composé à moitié de Durham et à moitié de Gloucester et d'Alderney[3]. Pour retrouver un troupeau productif rapidement, des vaches sont achetées dans le nord du pays. Ce sont des longhorns. Elles démontrent rapidement leur capacité laitière et leur potentiel boucher est supérieur aux « vieilles » gloucester. Elles sont, par ailleurs, plus rentables en élevage intensif qui débute avec l'exode rural. Le sort des gloucesters est scellé, les effectifs chutent.
Cependant, quelques farouches partisans de la jolie vache noire misent encore sur sa conservation. En 1909, le duc de Beaufort forme un troupeau à Badminton et présente quelques Gloucester à l'Exposition royale, où ils suscitèrent l'intérêt[1]. La Société d'élevage (Breed Society) est créée ainsi qu'un livre généalogique est ouvert en 1919, afin d'arrêter les croisements: 130 animaux sont acceptés dans 14 élevages. La race fut gravement menacée par l'épidémie de fièvre aphteuse en 1923-1924, et des races laitières extérieures furent utilisées pour la remplacer. En 1950, le troupeau de Badminton est dispersé: les propriétaires étaient lassés des problèmes d'infertilité. D'autre propriétaires jettent l'éponge. En 1951, il ne reste qu'une cinquantaine de Gloucester pures, réparties dans seulement deux troupeaux. En 1966, à la dissolution de la Breed Society, le troupeau de 170 Gloucester (en partie croisé avec des Frisonnes et des White park) de la ferme du comte Bathurst fut dispersé, et en 1972, le troupeau de 33 têtes (contenant un peu de Jersiaises) des sœurs Dowdeswell à Wick Court, qui avait été maintenu isolé dans un méandre de la Severn, est également dispersé[1].
Le renouveau
En 1973, à l'initiative de Charles Martell, le livre généalogique est rouvert avec 70 animaux sur 20 exploitations. La société d'élevage est recréée, avec Robin Otter comme président et sous le patronage d'Earl Bathurst[6]Ils sont 165 en 1981. 1994 est l'année où l'on fête les 75 ans de l'ouverture du herd-book. En 1996, un logiciel est créé pour répertorier les différentes familles et gérer au mieux la consanguinité. En 1998, une marque est déposée pour être apposée sur les produits issus de cette race. En 2000, sur le registre racial sont inscrites 700 têtes. En 2001, l'épidémie de fièvre aphteuse fait resurgir les craintes. Une centaine d'animaux disparaissent, mais le reste est sauf, permettant de continuer le travail déjà accompli. En 2002, 642 animaux sont inscrits, dont 24 taureaux. Le prince de Galles élève des gloucesters dans son domaine de Highgrove et en fait ainsi la promotion[7].
En 2021, Le Rare Breed Survival Trust[8] déclare que le nombre de bovins de race Gloucester a diminué de moitié entre 2006 et 2020[9].
Morphologie
Le standard de la race, détaillé dans la première série de livres généalogiques, était très précis sur certains points, comme le museau, le palais et le dessus de la langue foncés, la peau fine et jaune, le nez romain et les oreilles grandes et poilues. Cependant, une certaine variation est apparue au sein de la population reconstituée suite à l'introgression du XXe siècle, notamment au niveau de la couleur de base. Le corps devait être acajou foncé (brun foncé ou brun-noir) avec la tête et les membres noirs, les taureaux présentant généralement une couleur plus foncée que les vaches. Après 1972, les bovins ont montré une variation de couleur considérable, allant du rouge clair au noir. Une raie de mulet blanche s'étend du milieu du dos jusqu'à la queue et l'écusson, et longe le ventre jusqu'au poitrail[6]. La queue est blanche. Elle possède de fines cornes à pointe noire, souvent recourbées vers le haut. Elle est de taille moyenne : 125-135 cm au garrot. Le taureau pèse 750 kg, la vache 500 kg[10].
Sa couleur et sa ligne blanche font penser aux vaches scandinaves. Il ne serait pas surprenant qu'elle soit, à l'origine, une race du rameau Celtique, croisée avec une race du rameau nordique apportée par les Vikings. Elle ressemble par de nombreux points à la race française bordelaise. Peut être ont-elles une origine commune?
Aptitudes
C'est une race mixte[11]. Son lait très riche a donné ses lettres de noblesse au double Gloucester, un fromage local, bien qu'il soit aujourd'hui produit avec le lait d'autres races.
La relance de la race s'est accompagnée de la redécouverte d'un fromage ancien, le Stinking Bishop, élaboré majoritairement avec du lait de gloucester[12].