Godefroy Sidler
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| Domicile |
Genève (à partir de ) |
| Activités |
Valet (à partir du ), conservateur de musée (à partir de ) |
Godefroy Sidler, né le à Ottenbach, une bourgade industrielle (canton de Zurich, Suisse) et décédé le à Lausanne (Suisse), est entrée au service de Gustave Revilliod le . Les années passées à son service font de lui, en 1882, du premier conservateur du Musée Ariana, pour vingt ans. Les deux hommes ont tissé une relation forte, basée sur une confiance mutuelle qui évolua vers une vraie complicité[1].
Carrière
Issu d'une famille travaillant dans l'industrie de la soie, il commence à travailler très jeune pour sa famille mais il rêve de se rendre en Suisse francophone et d'y apprendre la langue[2].
Peu après le décès de ses parents, morts respectivement en 1855 et 1856, il quitte Ottenbach pour Zurich, ville dans laquelle il effectue pendant deux ans un travail laborieux, sans doute dans une filature[3]. En 1864, il est fait citoyen de Genève et se marie à Suzanne Pelletier, femme de chambre de profession[4]chez Henri Dansse-Melly.
Un accident survenu lors de son arrivée dans la cité de Calvin l'aurait fait séjourner à l'hôpital municipal. Ce séjour permit la rencontre entre Godefroy Sidler et la famille Revilliod.
Godefroy Sidler entre au service de Gustave Revilliod le lorsqu'il a 22 ans. Il débute en tant que valet de chambre puis comme homme de compagnie auprès d'Ariane Revilliod, avec laquelle il pratique la broderie. À la mort de Philippe-Léonard Revilliod en 1864, il devient l’intendant de Gustave Revilliod, attiré par la sensibilité artistique de Godefroy Sidler ses broderies[1]et son goût pour les arts. Dans ce nouveau rôle, il est chargé de l’acquisition d’objets destinés à enrichir la collection personnelle de Gustave Revilliod, témoignant de la confiance que ce dernier lui accorde. Il exécute de nombreuses tâches en lien avec le domaine et la gestion de Varembé ou avec les collections, ce qui lui permet d'affirmer davantage son statut. Il se voit également confier la gestion du domaine de Varembé, ainsi que la maîtrise d’ouvrage du futur Musée Ariana.
Concernant le parc, il en reçoit l'organisation et même la direction en 1865, mais il n'en est pas le fondateur. Par exemple, il a mis en place un dispositif de camouflage de la voie ferrée grâce à la plantation de deux arbres en 1889 et 1890[5]. Il suit les déplacements de son ami Gustave Revilliod et l'accompagne dans de nombreux voyages. Toutefois, seuls Aix en 1868, Suez en 1869, l'Italie en 1863, 1870 et 1877 ou encore la ville de Vienne sont documentés[6]. Grâce à ces périples, il précise son goût et enrichie ses connaissances dans les arts décoratifs. Il devient le connaisseur de nombreux marchands d'art comme Angela Fleuriot en 1877 ou encore Emma Robellaz qui le désigne comme un véritable amateur d'art. Au début, il n'est qu'un intermédiaire, répondant aux commandes de Gustave Revilliod. Il faut attendre 1881 pour que Godefroy Sidler soit davantage impliqué dans la construction du Musée Ariana en assumant les fonctions de surveillant, s'assurant la diligence des ouvriers et de Grobéty, entrepreneur et architecte du chantier de l'Ariana. Il endosse aussi le rôle de trésorier.
En 1882, il est désigné comme conservateur du musée, mais c’est seulement après le décès de Gustave Revilliod en 1890 que cette nomination devient officielle pour une durée de vingt ans, conformément aux dernières volontés de son employeur et ami. Il reçoit ce titre grâce à son engagement dans l'aménagement des salles du musée, dont les portes sont ouvertes au public en 1884. A noter que c'est à partir de 1885 qu'il obtient l'autorisation d'approvisionner l'Ariana, suivant son goût et ses propres choix, notamment à propos des acquisitions de céramique. Godefroy Sidler devient ainsi le premier titulaire de ce poste de conservateur. Par testament, Gustave Revilliod lui lègue une somme de deux cent mille francs, le mobilier de la demeure de Varembé ainsi que le droit d’y résider afin de rester à proximité du Musée Ariana[7]. Pendant l'hiver 1888-1889, le bâtiment, son contenu et même la construction de la loge du gardien seront dirigés et supervisés par Godefroy Sidler.
Cette même année 1890, Sidler s'embarque dans un long périple qui l'amène de Londres, en Suède, en Norvège, au Danemark, en Allemagne, aux Pays-Bas afin d'acquérir de la céramique pour le Musée Ariana[8]. Le dernier contact entre Gustave Revilliod et Godefroy Sidler est daté du lorsque Revilliod part du domaine de Varembé pour se rendre au Caire, où il décèdera à la fin du mois.
Malgré le décès de son ami, Godefroy Sidler assure pendant vingt-ans la conservation de l'ensemble des collections du musée. Il rédige un catalogue raisonné, et assure l'entretien du domaine et du parc. Durant son mandat, il va tenter de présenter l'héritage de Revilliod et l'esprit dans lequel le Musée Ariana a été conçu[9].
Décès
Godefroy Sidler décède le lors d’un déplacement à Lausanne. Conformément à ses dernières volontés, il est inhumé dans son village natal. Son épitaphe, rédigée en allemand, porte l’inscription suivante : « Hier ruht unser guether Mitbürger Gottfried Sidler geb[oren] hier den 15. Februar 1836, gest[orben] in Varembé bei Genf den [date manquante], Mithelfer und Conservator des Kunstmuseums Ariana. » La traduction en français est : « Ici repose notre cher concitoyen Gottfried Sidler, né ici le 15 février 1836, décédé à Varembé près de Genève le [date manquante], collaborateur et conservateur du Musée d’art Ariana. » Cette épitaphe souligne l’importance qu’il attachait à sa fonction de conservateur du Musée Ariana[10]. Sa fortune est évaluée à 140 000 francs, comprenant des investissements dans les fonds suisses et également des bien immobiliers. Son héritage est partagé entre ses nièces, petites-nièces, ses neveux, les employés de Varembé et également avec sa commune natale.